Et dire que je me plaignais récemment de mordant de l’actualité linuxienne…

Il faut le dire, depuis plusieurs semaines, l’actualité linuxienne était d’une platitude et d’un manque d’intérêt proche de celui de l’intrigue du 10000e épisode du soap opera « Les Feux de l’Amour » (épisode diffusé le 27 septembre 2012, la série ayant été lancée le 26 mars 1973 et toujours en tournage au moment où j’écris cet article, soit 44 ans plus tard).

Bref, vous voyez un peu l’ambiance… 🙂

Vous connaissez le proverbe : « Il faut se méfier de l’eau qui dort » ? La semaine qui vient de s’écouler vient de le prouver. Depuis le lundi 22 mai 2017, il y a eu trois annonces qui m’ont fait comprendre que les affaires recommençaient.

Commençons par la descendante de la distribution du célèbre magicien de comics, j’ai nommé la Mageia. Après des péripéties sur lesquelles je ne reviendrai pas, l’équipe a fini par accoucher de la release candidate de sa version 6… Comme je l’avais précisé dans mon billet du jeudi de l’Ascension, il venait de geler en Enfer. Depuis, les notes de publication sont disponibles en français.

Tant mieux pour elle, mais je dois préciser ceci : vu qu’elle n’est à la base d’aucune dérivée, quand elle disparaitra – car aucune distribution n’est éternelle – l’impact sera limité. Il y aura bien entendu les personnes qui l’utilisent qui se retrouveront le bec dans l’eau.

Il faut savoir connaître les limites de son influence. Bien sûr, cela me ferait mal de voir disparaître une distribution historique dont les origines remontent à 1998… Mais comme disait Georges Clemenceau : « Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés. »

La disparition de la Debian GNU/Linux ou encore de la Red Hat sera quand même plus douloureuse quand elle arrivera, non ?

Nous arrivons donc à la sortie de la Devuan GNU+Linux 1.0. Oui, le fork technico-rageux de la Debian GNU/Linux est enfin disponible dans sa première version stable. Faire un fork pour un des éléments les moins visibles d’un système d’exploitation avec le noyau lui-même, pourquoi pas…

Donc, la Devuan GNU+Linux 1.0 est sortie. Developpée depuis novembre 2014 (soit 2 ans et demi), elle pointe enfin le bout de son nez.

Pour compenser la sortie plus que tardive du projet, le projet annonce que ce sera une version LTS. Pourquoi pas ? Mais je pense qu’annoncer la sortie d’une première version finale à quelques semaines ou quelques mois de la sortie de la version majeure suivante de sa source, c’est un brin tardif.

Je comprends que des personnes par idéologie conchient systemd jusqu’à la quinzième génération de sa descendance. Chacun ses plaisirs après tout. « Peu importe que le chat soit blanc ou noir. Tant qu’il attrappe les souris, c’est un bon chat. » (Deng Xiao Ping)

Une phrase m’a fait tiquer dans l’annonce du projet Devuan.

[…]Our team will participate in providing patches, security updates, and release upgrades beyond the planned lifespan of Debian Jessie.[…]

Traduction rapide ?

[…]Notre équipe participera à la fourniture de correctifs, aux mises à jour de sécurité et à la mise à jour des mises à jour au-delà de la durée prévue de Debian Jessie.[…]

Il est vrai que sortir un fork pour uniquement remplacer le système d’initialisation et mettre deux ans à le faire, ça laisse dubitatif sur la taille de l’équipe de développement et sa disponibilité. Je ne demande qu’à y croire, mais je suis comme l’apôtre Thomas, je ne crois que ce que je vois.

Ce qui m’amène au dernier point, en relation avec l’annonce de la Devuan Jessie. Debian GNU/Linux, l’honorable ancêtre née en 1993, vient d’annoncer qu’une date de sortie prévisionnelle pour la Debian GNU/Linux 9 (alias Stretch) est prévue pour… le 17 juin 2017 !

Pour résumer l’annonce de l’équipe Debian :

  1. 3 juin 2017, dernière limite : les bugs restants marqués comme bloquants seront ignorés ou enlevés de la liste.
  2. 9 juin 2017 : la branche testing de Debian est gelé, et les correctifs ne passeront qu’au compte goutte.

Je sais très bien que les utilisateurs de Debian GNU/Linux ne sont pas des morfales qui se jettent sur la nouvelle version majeure stable dès sa sortie, et qu’attendre la sortie de la version x.1 est une bonne idée.

Cependant, cette annonce donne un sacré coup de pied dans les roustons du projet Devuan… Donc, en gros, la Devuan aura été à jour sur le plan de la version dite « stable » durant… moins d’un mois !

Autant dire que l’annonce de la deuxième bêta de la DFLinux « 2 » par Arpinux et sa fine équipe interpelle de plus en plus ma curiosité 🙂

J’attends donc de voir ce que la semaine du 29 mai 2017 va nous envoyer dans la tronche 🙂

« The Machine and the Beast » d’Alwaid : un bon deuxième album… Ça fait plaisir.

J’avais connu le groupe lillois Alwaid – consommons national pour une fois 🙂 – avec leur premier album « Lacus Somnorium ». J’en avais parlé en avril 2015.

Après avoir sorti leur deuxième LP le 13 mai 2017, j’ai pu enfin télécharger la version numérique étant un des financeurs sur Ulule. J’espère que le groupe proposera bientôt l’écoute de leur deuxième album sur leur page bandcamp. Je modifierai l’article en conséquence.

L’album est constitué d’une dizaine de pistes, 11 si on sépare l’introduction et la première « Amphisbeana ». L’album dure un peu plus de 56 minutes. Donc, ce sont des pistes d’une bonne durée.

Dès la première courte piste, on sent que l’on va avoir du lourd à se mettre dans les esgourdes ou si vous préférez vos cages à miel… C’est confirmé avec les pistes « Amphisbeana », « When Giants Wake » ou encore « Monsters by Gaslight » On a du metal symphonique dans ses canons les plus classiques. Après le sommeil dans leur premier album, le deuxième s’attaque à la vue de la civilisation par le groupe.

Entre le chant clair féminin et le chant guttural qui s’invite de temps à autre, ça décoiffe. L’ambiance est lourde, comme sur la piste « The Whale » ou encore « The Lord of Cities ». Mais qui a dit que le metal était une musique légère ? 🙂

Comme le groupe l’avait annoncé dans le descriptif de la page de financement sur Ulule, le côté symphonique est poussé dans ses retranchements avec la présence de chants lyrique sur de nombreuses pistes. Ou encore en introduction comme pour « Sang Noir » qui est un de celles qui m’a accroché le plus l’oreille à la première écoute.

Vous voulez la ballade de l’album metal ? C’est « So the Song Went (Silent o’Moyle) » avec une introduction qui prévient que ce sera copieux par la suite… La piste qui suit « Idle Riddles and Rhymes » pourrait aussi être qualifier de ballade, même si du chant guttural s’invite aux deux tiers de la piste. On dit jamais deux sans trois ? La piste « Fractalized », avant-dernière de l’album continue à proposer un côté plus léger à l’album. Une respiration bienvenue après des pistes qui ont été pas franchement légères.

Ce n’est au final que reculer pour mieux sauter avec l’ultime piste « The call of the Wild » qui termine l’album dans un sacré feu d’artifice…

On sent que le groupe a voulu dépasser les limites égratignées dans leur premier opus… Et c’est réussi. Le deuxième album est toujours le plus dur à faire. Ça fait plaisir d’avoir un groupe qui réussit à passer cet écueil avec succès.

Les projets un peu fous du logiciel libre, épisode 11 : Stone Soup, le GNU/Emacs des rogue-like…

S’il y a un type de jeu que j’aime bien pour tuer une heure ou deux, ce sont les rogue-like. J’en avais déjà parlé dans l’épisode 14 de la série « Vieux Geek » en juin 2013.

Il y en a un que j’ai connu récemment et qui fait monter le niveau en flèche. C’est le projet Stone-Soup, la continuation libre du projet Dungeon Crawl jadis développé par Linley Henzell et son équipe entre 1997 et 2005. Le projet battant de l’aile, le code est repris et est publié sous licence GPL v2.

Comme tous les rogue-like classique, on joue le rôle d’un aventurier qui doit descendre dans des niveaux mal fréquentés. Ici, on doit descendre jusqu’au 15e sous-sol, retrouver 3 des 15 runes de Zot, ainis que l’orbe de Zot et s’en sortir vivant.

Cependant, ici, on est en face d’un jeu des plus fouillés. Même si la version 0.20.0 est sorti le 25 mai 2017, le jeu est des plus complets.

Il y a environ 26 races différentes, 24 professions différentes (toutes n’étant pas accessibles à toutes les races), plus de 23 dieux à vénérer, sans oublier des sorts et des potions à foison.

Outre l’interface classique en mode texte, il y a aussi une version graphique avec des pavés pour rendre l’ensemble plus lisible. Si vous êtes sur Archlinux ou Manjaro Linux, je m’occupe de maintenant la dite version graphique sur AUR et pour les curieux, j’ai aussi rajouté la version de développement du jeu. Toujours sur AUR.

Mais le jeu n’est pas uniquement disponible pour les unix comme linux, mais aussi pour MS-Windows et Mac. Pour les fans de jeu en ligne, ça existe aussi. Seul point ennuyeux, le jeu est entièrement dans la langue de Shakespeare 🙁

Pourquoi ai-je parlé de GNU/Emacs dans le titre ? Simplement, c’est un clin d’oeil à l’éditeur de texte du projet GNU qui est tellement complet qu’une boutade courante est de dire que c’est un très bon système d’exploitation auquel il ne manque qu’un éditeur de texte 🙂

En vrac’ du pont de l’Ascension…

Étant donné que le pont du jeudi de l’Ascension commence tout juste, autant au profiter pour faire un court article 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet.

Côté culture ?

Bon pont de l’Ascension !

Où sont les passionné.e.s ?

L'entreprise dans laquelle je travaille est en pleine phase d'expansion. Nous recrutons, nous cherchons des profils et des spécialistes de tout type, le point commun étant le logiciel libre.

Dans les missions que j'ai au quotidien, j'ai entre autre celle de faire passer des entretiens techniques et d'évaluer les connaissances des candidats. Une équipe travaille au recrutement et on m'affecte donc des rendez-vous, on me transmet des CV de candidats que j'étudie avant de les recevoir.

Les profils que je reçois sont intéressants. Mais aucun ne se démarque vraiment. Les personnes répondent à mes questions, me disent qu'ils font de la veille - et heureusement pour quelqu'un qui travaille dans l'informatique. Mais il manque ce petit plus. Cette petite différence, cet élément différenciant. Ils utilisent des logiciels opensource par effet de mode, parce que c'est la technologie en vague ou celle que leurs missions leurs ont imposées. Je suis face à des profils qui font de l'opensource, moi je voudrais des adeptes du logiciel libre, et la nuance est importante à mes yeux. Tous ont des diplômes d'écoles d'ingénieurs. Ont des diplômes que je n'ai pas, ont très probablement de nombreuses compétences que je n'ai pas. Mais il manque ce petit plus….

À côté de ça, je côtoie des personnes issues de parcours chaotique, des personnes autodidactes qui ont appris à apprendre l'informatique grâce aux possibilités et opportunités qu'offre le logiciel libre et ses quatre libertés. Grâce au partage de connaissances des uns et des autres via les wiki, billets de blog, forum, activités associatives et autres conférences... Des milieux que je connais bien et dans lesquels après avoir longtemps été passif, je suis devenu acteur à mon modeste niveau pour à mon tout partager mes connaissances et mon expérience acquise avec les années. Sébastien, pour ne citer que lui, est un bien bel exemple de cette réussite. Il fait des billets de qualité avec lesquels j'apprends beaucoup de choses. Ce que je cherche, c'est cette personne qui partage, qui contribue, qui diffuse, qui a une présence et une expertise dans le logiciel libre.

Alors, je profite d'avoir un réseau de personnes que je connais pour recruter et coopter. Deux nouveaux collaborateurs vont arriver dans quelques semaines, dont un qui sera dans mon équipe et pour lequel j'attends beaucoup, mais je sais qu'il sera à la hauteur et se dépassera (Et je l'aiderai pour ça). J'ai aussi de bon espoir pour Will, qui doit encore finir ses études et son alternance. Et pour toi Olivier. Quatre personnes d'ici la fin de l'année. Quatre personnes avec qui j'aurai plaisir à travailler car je sais ce qu'elles valent. Et toutes sont plus ou moins impliquées dans le logiciel libre, à leur niveau, et surtout sont des personnes qui ont ce petit plus, car passionnées.

Dans mon équipe, il y a déjà quelques beaux profils, dont un que que je voudrais prendre sous mon aile et l'aider à exploiter son potentiel. Oui Alex je pense à toi. Cela peut sembler prétentieux, mais je sais que j'ai enfin la maturité pour aider et encadrer d'autres personnes plus jeunes et moins expérimentées. Et c'est mon entreprise actuelle qui a vu ça en moi et su me mettre à la place qui me convenait.
Pour en revenir au recrutement et au titre de ce billet, tous ces profils compétents auxquels il manque le petit plus me font me poser les questions suivantes : où sont les passionné.e.s ? Où sont les autodidactes ? Où sont les personnes qui bidouillent et aiment ça ?

"Quand on a une famille on a moins de temps pour bidouiller et geek". Tel est le propose que me tienne quelques-uns de mes collaborateurs, presque désabusés. Alors je veux changer les choses, le secouer, apporter mon expérience, qui je suis, pour faire bouger les choses. Et la direction m'en donne les moyens et les opportunités.

Autre sujet, celui de la présence des femmes dans l'entreprise. Il y en a quelques unes, compétentes et talentueuses. On sait également que la parité est très difficile et encore plus dans le monde de l'informatique. Pour l'instant, je n'ai eu aucune candidate. Je n'aime pas trop et ne suis pas à l'aise avec les discriminations positives. Moi je vois l'être humain en face de moi. Qu'importe l'origine, le genre ou autre. J'ai un humain. Et pourtant, j'aimerais tant que des femmes soient recrutées et se sentent enfin valorisées pour leurs qualités techniques et personnelles, gagnent confiance en elles grâce à leur nouvel emploi. J'aimerais pouvoir dire à ma petite nièce quand elle sera plus grande que j'ai, à ma modeste échelle, contribuer à redonner aux Femmes la place qu'elles méritent dans la Société, en ayant dans mon équipe des femmes fortes et épanouies, compétentes qui font que des hommes auront remis en question leurs préjugés sexistes et misogyne en ayant travailler avec elles, sous leur direction… Oui c'est très probablement « le syndrome du protecteur » ou autre que verront certain.e.s d'entre vous vu que je suis un homme blanc éduqué cis etc. Mais celles et ceux qui me connaissent savent, je l'espère, que ce n'est pas le cas mais une vraie volonté de ma part d'aider, d'épauler et de soutenir l'autre.

Alors, si tu te reconnais, si tu es doué.e et que tu le sais. Et même si tu doutes, car ne te penses pas à la hauteur, tentes quand même. Travailles et envoies ton CV et ta lettre de motivation. Et qui sait, peut être seras tu l.e.a passioné.e que je recherche.
Pour finir, vous renvoie vers mes différents billets :
- Premières semaines dans ma nouvelle vie
- Je suis chef d'équipe ; tu nous rejoins ?
- Vous voulez que vos employés s'épanouissent ?
- Pour travailler avec moi au sein de mon équipe...

Vieux geek, épisode 83 : Microsoft OS/2 1.30, le dernier effort collaboratif entre le papillon et Big Blue…

Avant de dire que j’ai fumé quelques substances illicites, il faut se souvenir de l’histoire mouvementé d’OS/2, qui survit de nos jours avec le projet Arca Noae.

1987 : Microsoft et IBM voyant que les limites du QDOS revampé par Microsoft en MS-DOS atteint ses limites, les deux entités se mettent au travail pour produire le successeur qui sera OS/2. Décembre 1987,OS/2 1.0 sort et n’est au final qu’une simple interface texte, même si le multitâche tant recherché par IBM et Microsoft est disponible.

Novembre 1988 : c’est la sortie d’OS/2 1.1 qui propose une interface graphique, Presentation Manager (qui a quelques ressemblances à ce que sera MS-Windows 3.0x en 1990)

Novembre 1989 : au tour d’OS/2 1.2, qui propose un système de fichier moderne, le HPFS, et dépasse la limite des 8+3 caractères pour les noms de fichiers.

1990 : des dissensions se font sentir entre les deux acteurs. MS-Windows 3.0 est sorti et son interface graphique proche de celle d’OS/2 fait du mal à IBM.

1991 : c’est la sortie d’OS/2 1.30.x, et la rupture est consommé entre les deux acteurs. Microsoft garde le code prévu pour OS/2 3.0 (qui deviendra MS-Windows NT comme évoqué dans ce billet vieux geek de février 2016), et IBM se lance à corps perdu dans le développement de sa version d’OS/2 2.0, qui contrairement à la génération 1.x sera 32 bits.

J’avais toujours eu envie de mettre la main sur la version Microsoftienne d’OS/2. En fouillant un peu, j’ai pu trouver quelques pépites : MS-OS/2 1.30.1 et des versions de MS-Word et MS-Excel pour OS/2.

Outre le fait que l’installation est particulièrement longue et laborieuse, il faut jouer au grille pain avec les diverses images de disquettes en serrant les fesses pour que tout aille jusqu’au bout.

L’écran de démarrage :

Le formatage de la partition :

Après une séance de jonglage avec les disquettes 🙂

L’installation de MS-Word… Rustique, non ?

Et celle de MS-Excel un peu plus agréable 🙂

Dans mes recherches, j’ai été infoutu de trouver des versions françaises des logiciels pour OS/2 🙁

Pour montrer les parentés visuelles, j’ai installé aussi une machine virtuelle avec un MS-Windows 3.0x, et des versions de MS-Word et MS-Excel dévolue à MS-Windows 3.0x…

Y a pas à dire, il y avait quand même des liens de parentés… Et dire que cela remonte à un quart de siècle déjà… Souvenirs, souvenirs 😀

Facebook, c’est vrai, c’est vérifié

Dans le présent billet, je voudrais parler de ce qui doit faire partie des bases de l'hygiène numérique et qu'il faudra donc que j'ajoute dans mes conférences, à savoir la manipulation que peuvent faire les différents sociaux et en particulier Facebook sur notre perception du monde.

Tout part d'une réflexion de mon beau-frère au repas de famille du dimanche midi "Je l'ai lu sur Facebook, ce que mettent les gens que Facebook c'est vérifié donc c'est vrai...". S'en est suivi un "Les médias sont manipulés par le gouvernement" pour justifier que les sources d'informations traditionnelles comme la télévision ne sont pas fiables et justifier que la source d'information soit Facebook dont je le rappelle les informations sont vérifiées.

Facebook et la bulle de filtre

Je pense que les lecteurs de ce blog sont familiers avec la notion de bulle de filtre, la manipulation que peut faire et fait Facebook en choisissant ce qui est mis en avant sur le mur. Pour vous en convaincre ou pour avoir une démonstration, je vous renvoie vers cet article (parmi tant d'autres) J'ai testé les algorithmes de Facebook et ça a rapidement dégénéré qui explique ça en suivant une démarche scientifique.

Notre propre bulle de filtre

Là où je veux en venir, c'est que nous même, en sachant la manipulation que fait Facebook, nous sommes nous-même dans une bulle de filtre.

J'avais noté dans un fichier texte cette simple phase Le navigateur intégré dans l'App Facebook est maintenant le principal navigateur sur smartphones. À méditer. Cette simple phrase montre bien que les usages de la majorité des personnes qui vont sur Internet ne sont pas les mêmes que moi qui aie un navigateur, Firefox, avec un certains nombres d'extensions, qui est mon propre serveur de cloud autohébergé... Pour beaucoup de personnes, Internet se résume donc à Facebook.

Par conséquence, moi qui suis sur Internet depuis bientôt 20 ans, qui suis geek, libriste, je suis moi-même enfermé dans ma propre bulle filtrante, vu que j'ai un usage d'Internet qui est fort différent de la plupart des personnes.

Que faut-il faire ? A quoi faut-il sensibiliser ?

Je pense qu'il est important d'avoir soi-même - et de faire comprendre le fait qu'il faille avoir - un regard et un esprit critique, qui est nécessaire de se faire son propre avis, en multipliant les sources.

Ce qui nous semble évident ne l'est pas pour beaucoup de personnes. Il faut donc expliquer les bases de l'hygiène numérique, faire comprendre sans que la personne se sente juger (voir à ce sujet ma conférence sur comment parler au grand public). Il faut expliquer les manipulations que fait Facebook, l'aisance avec laquelle il est possible de retoucher ou modifier une image ou une vidéo, qu'un texte peut très facilement aller dans le sens d'un propos ou d'un autre...

Il faut également sensibiliser à se trouver des sources fiables et de qualité, au fait que l'on peut faire confiance au travail de journalistes d'investigation.

En conclusion

Il faudra que j'ajoute dans ma liste de projets un support dédié à cette sensibilisation autour de Facebook. Il faudra que je fasse un travail de recherche, que je synthétise tout ça... Bref, y a du travail, des heures et des heures en perspective. Tout ça à cause d'une réflexion digne d'un propos au comptoir d'un bar :)

Vieux geek, épisode 82 : une interface à la MS-Windows 95 pour MS-Windows 3.1x…

J’ai pratiqué MS-Windows 3.1x durant près d’un an, entre 1995 et 1996, le temps d’avoir un ordinateur suffisamment équipé pour lancer la révolutionnaire version de l’OS pour grand public.

Outre le fait que Microsoft vendait le fait que c’était un OS 32 bits (partiellement au moins), il y avait cette interface qui faisait réver par sa simplicité.

Après être passé sous MS-Windows 95, j’ai suivi d’un oeil distrait l’actualité de son prédécesseur, et courant 1997, j’ai appris l’existence d’un projet qui permettait de recopier l’apparence de MS-Windows 95 sans avoir besoin de casser sa tirelire pour s’équiper suffisamment. C’était le projet Calmira. Développé entre 1997 et 2008, il a connu une deuxième vie à partir 1999, en devenant Calmira II. L’ultime version, utilisé pour la suite de l’article, c’est la 3.31 que que j’ai récupéré sur le site officiel.

Pour avoir quelque chose de consistant à me mettre sous la souris, j’ai pris une base MS-DOS 6.22, rajouté dessus MS-Windows 3.11, le support TCP/IP 32 bits pour MS-Windows 3.11, Win32s (pour avoir FreeCell) et Internet Explorer 5.0, dont j’ai déjà parlé dans un billet de début février 2016.

J’ai fait ensuite chauffé mon ami Simple Screen Recorder pour montrer l’installation et la configuration de Calmira II.

Même si le site est toujours en ligne, il serait étonnant que l’outil soit encore très utilisé. Mais, à part les fans de MS-Windows en 16 bits, je ne vois pas 🙂

Saluons néanmoins le tour de force technique derrière le projet qui a dû rendre pas mal de services à l’époque.

Mate Revenge : encore une fois, la route de l’Enfer est pavée de bonnes intentions ?

Je connaissais le projet OBRevenge, une base archlinux avec une session OpenBox prête à l’emploi. J’en ai parlé début novembre 2016. Ma conclusion à l’époque ?

Comment conclure ? Quand j’ai vu pour la première fois le site de cette distribution, je me suis dit : « Oh, non ! Par pitié ! Pas une nouvelle DGLFI qui sera morte d’ici six mois ! »

J’ai cependant dépassé ma première impression. Modulo le fait plus que casse-bonbon qu’il faut batailler avec la ligne de commandes pour finir la traduction du système installé, ici on a un projet qui est plus proche de l’utilisable que de la bête DGLFI.

L’outil de configuration maison est sympathique et surtout fonctionnel. Après, c’est comme tout, il ne faut pas en abuser. Et pour reprendre ce que disait feu la marque Compaq dans les années 1990 : « À suivre… »

Six mois sont passés depuis, et le projet continue son bonhomme de chemin. Dans le but d’élargir son audience, deux saveurs ont été rajoutées début mai 2017 : une avec Mate Desktop, l’autre avec KDE.

Je n’ai pas retrouvé l’annonce pour la saveur KDE cependant.

J’ai donc fait chauffer mon ami wget pour récupérer l’ISO de la saveur Mate Desktop.

fred@fredo-arch ~/Téléchargements/ISO à tester % wget -c https://netcologne.dl.sourceforge.net/project/mate-revenge/materevenge-2017.05-x86_64.iso
–2017-05-20 10:11:51– https://netcologne.dl.sourceforge.net/project/mate-revenge/materevenge-2017.05-x86_64.iso
Certificat de l’autorité de certification « /etc/ssl/certs/ca-certificates.crt » chargé
Résolution de netcologne.dl.sourceforge.net… 2001:4dd0:1234:6::5f, 78.35.24.46
Connexion à netcologne.dl.sourceforge.net|2001:4dd0:1234:6::5f|:443… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 1237876736 (1,2G) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « materevenge-2017.05-x86_64.iso »

materevenge-2017.05 100%[===================>] 1,15G 3,16MB/s ds 6m 4s

2017-05-20 10:17:55 (3,25 MB/s) — « materevenge-2017.05-x86_64.iso » sauvegardé [1237876736/1237876736]

Puis, cela a été au tour de VirtualBox de faire de l’exercice.

Après un démarrage classique, on se retrouve pour la millionnième fois avec une présentation générale à la MacOS, en anglais, et surtout avec deux installateurs disponibles : le bon vieux Calamares dans sa version non-hybride, et l’installateur de la OBRevenge.

J’ai donc tenté le « Revenge Installer » pour lui laisser sa chance. Avant toute chose, j’ai configuré le clavier pour qu’il soit en français par la suite.

L’écran d’accueil de l’installateur nous indique que c’est une version 0.10 (que c’est rassurant !), que l’on peut utiliser le partitionnement automatique ou manuel. J’ai décidé de rester en mode automatisé pour tester l’outil dans les meilleures conditions 🙂

Après nous avoir demandé l’autorisation de trifouiller le disque et le partitionnement effectué, nous arrivons au choix de la locale à employer. C’est déjà gentil 🙂

Puis c’est au tour du clavier, et du fuseau horaire.

On continue avec le choix critique : on se base sur UTC (mono-démarrage) ou sur localtime (double démarrage avec MS-Windows) ?

On a droit aux classiques réglages par la suite : création du compte utilisateur, mot de passe utilisateur et root, ajout d’un gestionnaire de démarrage.

Le processus de copie des fichiers et de configuration du système ? Un peu plus de 7 minutes. Pas mal.

Au démarrage suivant, nous sommes accueillis par un premier bug : le lightdm est en anglais. Le script d’installation serait-il encore un peu vert ?

Une fois connecté, l’outil Welcome est affiché. Avant de lancer une quelconque opération, j’ai vérifié mon intuition : pas de fichier /etc/vconsole.conf, et un fichier /etc/locale.conf au contenu incorrect 🙁

Je me suis aussi aperçu que ma demande de prise en compte de la localisation fr_FR.UTF-8 n’avait pas été faite 🙁

Un petit locale-gen plus tard, tout allait mieux. Pourquoi n’ai-je pas utilisé Calamares pour l’installation ?

Pas grave, je modifie et créé les fichiers corrects, tout en conservant l’outil welcome lancé au démarrage pour l’utiliser à l’ouverture de la session suivante.

Cerise pourrie sur le gâteau ? La capture d’écran suivante est suffisamment parlante. Si vous n’avez pas compris, c’est simple : non prise en compte du fuseau horaire souhaité.

J’aurais bien aimé rapporter des bugs sur le github du projet, mais je n’ai trouvé aucun composant concernant l’installateur de l’ISO en saveur Mate Desktop 🙁

Au démarrage de la connexion suivante, 4 mises à jour me sont proposées, basée sur le dépot dédiée de la distribution. Et les autres dépôts, ils sont où ? Notons la présence de l’espiogiciel enrobé dans un navigateur internet, j’ai nommé Google Chrome.

Pour contourner le problème, j’ai fait effectuer un petit yaourt -Syyu. Et miracle, 115 mises à jour disponibles !

Lorsque je demande l’installation des mises à jour, j’ai droit à une annonce concernant Calamares ? Bref, le script d’installation est à fuir comme la peste.

Les mises à jour effectuées, j’ai relancé l’ensemble. Enfin, tout était en français. Et j’ai donc lancé l’enregistrement de la vidéo.

Comme vous avez pu le constater, c’est un projet qui me fait dire : « Bof, ouais, pourquoi pas. » Mais il y a plusieurs facteurs qui rentrent en ligne de compte : on peut faire aussi bien, sinon mieux avec une Archlinux installée à la main ou avec Arch-Anywhere, voire une Manjaro Mate.

Autre facteur, c’est la petitesse de l’équipe. Sans oublier qu’il y a au moins deux outils phares proposés en version obsolète : l’outil de gestion de programmes et le menu déroulant.

Bref, si avec la OBRevenge, on était encore dans le justifiable, ici, on est dans la DGLFI type, mais qui part d’une bonne intention. Dommage 🙁

Blog : Pourquoi le logiciel libre ne dominera pas le monde (à moins que…)

C'est en parcourant des articles sur Mastodon, Cozycloud et autres que je me suis fait cette réflexion un point désespérante : Si logiciel libre voulait dominer le monde, c'est assez peu probable qu'il y arrive... Le professeur Borne, maître en poutrage d'ISO et de zombies, a eu l'occasion de chercher quelques solutions d'autohébergement, de NAS estampillées logiciel libre, sans trouver le truc clé en main qu'un utilisateur de solution privative chercherait. Admettons que ça se mérite, mais on a envie au moins d'avoir des hébergeurs proposant des solutions qui fonctionnent, surtout si ça vient du créateur du produit. L'exemple Cozy Cloud est frappant et Tristan Nitot est allé jusqu'à commenter un des articles parlant de son produit... Et pour moi, il n'a rien compris car il se place dans la position bancale qu'ont trop souvent les services commerciaux faisant appel à du logiciel libre.