Culture : Ramune, la limonade japonaise 

Ah, la limonade, une boisson parfaite pour l’été. Mais au japon, elle a quelques particularités.

Cela commence par la bouteille, en verre, avec un bouchon étrange et surtout une forme bien particulière. Il s’agit de ce qu’on appelle le « Codd Neck« , du nom de son inventeur qui réalisa ce procédé au 19ème siècle pour les boissons pétillantes. Le Japon est parmi les derniers à l’utiliser. A l’intérieur, il y a donc une bille de verre qui va faire étanchéité avec la pression du gaz à l’intérieur et un joint caoutchouc. Pour l’ouvrir, il y a un petit appendice plastique qu’il faut enfoncer d’un coup sec ce qui donne un bruit particulier.

Ramune est le nom générique pour Limonade et vient de la prononciation du nom en japonais (oui, le R est proche du L en prononciation). Il y en a de tous les aromes, mais c’est souvent avec un goût plus sucré que chez nous, un peu chimique pour notre palais. Hasard du magasinage/shopping, je suis tombé sur une bouteille dans une grosse chaine de distribution française. C’est la marque Kimura qui exporte ça et ils n’ont pas pris de risque en choisissant le goût « citron ». Enfin citron japonais, hein.

La bouteille en verre est lourde mais ne fait que 200ml. On enlève le scellé plastique et on donne un coup avec la paume de la main pour l’ouvrir. La bouteille « crie ». Et on voit la bille en haut qui bouche le tout. Il faut attraper le coup pour boire ça mais c’est sur que c’est sécurisé. Si on renverse la bouteille, ça limite la catastrophe. Au niveau du goût, c’est typiquement du soda comme on trouve en Asie, aussi bien en Chine, Vietnam ou Corée. Pourtant, passé la surprise, ce n’est pas si écoeurant qu’on pourrait le penser. Evidemment, l’import coûte cher, par rapport à une bouteille classique. Mais ce petit moment de dégustation a un coté régressif et nous fait partir à la fois au Japon et en enfance.

Certains gamins cassent la bouteille pour récupérer la bille, ce qui en fait aussi une boisson populaire. Pourtant, ces bouteilles sont recyclées dans des consignes, comme nous avions autrefois dans certains magasins. On la trouve aussi par correspondance en France à un peu plus de 2 euros.


Tagged: alimentation, geek, japon, lifestyle

Un coup de gueule qu’on m’a demandé de relayer.

C’est la première fois que je relaye un coup de gueule d’une connaissance du monde du libre qui m’a demandé un coup de main au passage.

J’ai rédigé le message suivant à sa demande. Je le recopie verbatim. pour vous faire prendre conscience d’un problème chronique du monde du libre.


La communauté doit se réveiller : le cri du coeur d’un petit mainteneur !

Ceci est le cri d’un coeur d’un petit administrateur qui s’efforce de maintenir un service de qualité digne de ce nom.

Je trouve inadmissible que la Quadrature du net ou Framasoft soit obligés de faire régulièrement des appels au dons.

Je ne suis pas le seul à faire de l’hébergement gratuit de documentations et d’autres services. Ce qui n’est pas gratuit à entretenir et à maitenir en vie.

Il faut savoir que j’ai eu un retour presque nul sur les plus de 300 000 visiteurs uniques pour juin 2017.

Il m’est aussi impossible de réunir une somme d’environ 50€ pour financer les serveurs à compter de septembre 2017.

Au vu du manque de reconnaissance criant de la communauté qui préfère l’insulte, la critique et les guerres stériles plutôt que d’aider les administrateurs, les mainteneurs et associations oeuvrant pour le bien de tous, pas étonnant que certains abandonnent.

À titre d’exemple, nous avons OpenSSL. Le logiciel est géré par une petite équipe avec un budget ridicule en comparaison des services rendus et sans aucun rapport avec son importance et son emploi dans le domaine de la sécurité. Qui irait acheter en ligne sans passer par un site en https ? Et qui https dit généralement OpenSSL…

Je n’écarte pas la possibilité de fermer mes services, car je ne pourrais tenir éternellement avec mes finances. En effet la fréquentation monte en flèche et j’ai besoin de serveurs pour tenir la charge et continuer de proposer à un service digne de ce nom (chargement dans les 2 à 3 secondes qui suivent la demande).

Je tiens à préciser que Lagout.org n’est qu’un projet parmi d’autres comme l’hébergement des ISO de la Manjaro Tux’n’Vape et le petit forum de Parrains Linux.

J’espère que vous avez compris mon coup de sang qui est celui d’un petit admin parmi tant d’autres et qui n’est pas le seul à constater amèrement de ce manque de reconnaissance.

Librement votre,

Lagout.


Maintenant, vous êtes au courant. Comprenne qui voudra ou qui pourra !

Les projets un peu fou du logiciel libre, épisode 14 : Doomsday, le port deluxe pour Doom, Heretic et Hexen…

Pour noël 1997, l’équipe d’id Software rendit public le code source de Doom, en le plaçant sous GPLv2. Cela permit de porter le jeu un peu partout, que ce soit sur des ordinateurs censés ne pas le supporter – comme les Amiga par exemple – mais aussi d’améliorer les versions existantes : rajout de la vue à la souris, support de modèles 3D (comme ceux de Quake), textures lissées, graphismes haute-définition, et plein de bonnes choses.

Il y a eu des projets par la suite comme Freedoom (dont j’ai parlé dans le premier épisode de cette série) pour proposer en complément du moteur libéré des niveaux qui soit aussi libres (au sens entendu par la Free Software Foundation).

Parmi les ports des moteurs, on trouve des ports qui veulent reproduire les sensations de la version d’origine, comme Chocolate Doom mais aussi des ports qui veulent pousser l’expérience au maximum, et je demande ici Doomsday (anciennement JDoom).

Ici on tape dans le lourd. Si on pousse Doomsday dans ses derniers retranchements, à savoir : modèles en 3D, textures lissées en haute résolution, vue à la souris (comme pour Quake), il faut penser à passer au i7 avec une carte style Nvidia GTX 1080 et 16 Go de mémoire au minimum 🙂

On peut dire que ce port est très complet, voire même complexe. On peut tout configurer. Autre point intéressant, on peut faire fonctionner :

  1. Doom (version shareware et complète)
  2. Ultimate Doom (celle qui comprend le quatrième épisode, « Thy Flesh Consumed)
  3. Doom 2
  4. Final Doom
  5. Heretic (version shareware et complète)
  6. Heretic, Shadow of the Serpent Riders
  7. Hexen (version shareware et complète)
  8. Hexen, Deathkings Of The Dark Citadel
  9. Chex Quest

Et j’ai dû en oublier quelques uns. Mais le mieux est de vous montrer le monstre en action.

Comme vous avez pu le voir, Doomsday est vraiment un moteur luxueux pour les titres mythiques que sont Doom, Heretic et Hexen. Oui, ça ramait pas mal, est-ce liée à ma vieille machine ? À la gourmandise de Doomsday ? Aux deux ? En tout cas, c’est un boulot monstrueux qui a été abattu pour produire un tel logiciel… Après, je préfère encore ce bon vieux gzDoom qui fait tout aussi bien le boulot 🙂

Blog : Génération(s)

Au départ, j’avais prévu de parler d’Algorithmes, les nouveaux bouc-émissaires pour tous nos problèmes, d’APB* à l’IA qui va tuer des métiers, en passant par celle des … jeux. Et puis mon petit sujet de la semaine m’est venu en discutant avec un collègue revenu d’une grosse semaine à Tokyo…

J’ai trouvé mon maître en émulation (ok, c’est pas dur)…. Le gars est tellement fan de Final Fantasy qu’il a tous les épisodes du 1 au IX en émulation sur son smartphone. Je rappelle quand même que le IX, c’était sur 4cd, à l’époque, ce qui fait plus de 2Go à chaque fois. Il a beau être plus jeune que moi, il a curieusement les mêmes références coté jeux vidéo. C’est étonnant comme cela sert parfois de passerelles entre générations. Je vois ce jeunot de Genma (:p) qui s’interroge là dessus, sur ce qu’il est, sur comment communiquer. Et bien parfois ça se présente comme ça, par hasard, par une passion, un hobby. Je parlais japon puis on est passé à Square Enix, Konami… et on parle alors comme des anciens combattants de la PSX (oui, ça s’appelait comme ça, à l’époque, la playstation). On a même parlé Bayonetta et Dark Souls, c’est dire comment ça dérive.

Dans mon article sur les émulateurs sur Android, je n’avais justement pas parlé de cette console emblématique d’une génération de joueurs : La Playstation. Déjà parce que je n’avais pas trouvé d’émulateur performant et « libre » ou gratuit. Qu’à cela ne tienne, je me suis fendu de quelques euros et j’ai mis en concurrence ePSXe et FPse (je n’ai pas encore décidé lequel est le mieux…) qui nécessitent tous les deux de récupérer un fichier de bios scph1001.bin. Une simple recherche vous amènera vers le fichier qui va bien, parce que je ne me vois pas récupérer ça dans ma console qui prend la poussière…. Pas plus que numériser mes ISO correctement d’ailleurs à partir de tous les CD originaux que j’ai gardés. Et me voilà donc à démarrer Gran Turismo d’un coté et Final Fantasy VII de l’autre. Pour le premier, il faut s’accrocher pour diriger avec précision une voiture en tactile sur un téléphone, même si j’ai passé la licence B et gagné une course après plusieurs essais. Mais pour le second, aucun problème et rien que la cinématique du début m’a donné des frissons avec la musique de Uematsu.

La première séquence de jeu de FFVII….sur mon mobile!

Ce n’est pas que de la nostalgie car c’est là qu’on remarque que ce qu’on vit dans son adolescence et sa vie de jeune adulte, marque durablement. Parfois c’est le grand frère qui refile sa vieille console et qui contamine le plus jeune. Idem pour la musique, les BD, les livres… On oublie comment cette transmission entre générations peut se faire. J’ai été surpris récemment par un gamin en apprentissage qui écoutait de vieux groupes et connaissait bien ses classiques, tout en écoutant la dernière merde chiée par NRJ. Ou bien on parle de Pokemon, les premiers épisodes pas le Go, un jeu dont l’age d’or a été il y a 15 ans…. C’est là aussi qu’on voit que le jeu vidéo s’est banalisé. Si ma génération a été la génération des gamers, ensuite on a une période plus casual, et maintenant plus mobile, avec des manières de jouer différentes. Si j’entreprends de parler de vieux jeux, avec quelques parallèles sur ce qui sort sur Mobile, c’est aussi parce qu’il y a des passerelles entre générations. Pas sur qu’on parlera avec autant de passion du temps passé sur Snapchat, Facebook, Twitter…. mais ce sont aussi des passerelles entre générations.

D’ailleurs, il y a des générations d’utilisateurs de réseaux sociaux aussi. Il y a ceux, comme moi, qui ont connu les débuts de ces trucs avant d’en voir les travers rapidement et de les fuir, au bout du compte. Il y en a d’autres qui sont arrivés alors que c’était bien installé et d’autres qui trouvent sans doute ça déjà « Has Been ». J’ai effectivement l’impression que ça se scinde beaucoup plus qu’avant, même si presque « tout le monde » a un compte de tortionnaire de caprin, histoire de…. Même les sites de rencontres se subdivisent en niches, générations, castes. Un anneau, pardon, un réseau pour les gouverner tous, disait un magicien. Je crois qu’on s’est bien planté. Alors pour réunir les générations, il vaut mieux aller voir du coté culturel et ludique.

Je lisais une interview de Matmatah qui revenait en festival cette année. Ils revoient des têtes connues dans les premiers rangs mais aussi des jeunes dont ils se demandent comment ils peuvent les connaître… La transmission est étonnante. Et blog, vidéos, podcasts sont aussi des moyens de transmissions entre générations. Si Cyrille utilise son marronnier habituel sur le sujet, je suis  moins pessimiste que lui sur l’avenir de l’écrit, comptant sur l’effet de mode. On appellera ça autrement que blog (ah les marketeux me feront toujours marrer), peut être mais ça reviendra en parallèle des autres médias, le temps de trouver la place. Je me vois mal faire une vidéo en improvisation totale comme ce billet, par exemple, ou parler à un micro avec ma voix de …. four à micro-ondes. (je vous laisse essayer l’immitation). Je vois que Frédéric, quand il n’écrit pas des sagas pour un futur feuilleton avec Ingrid Chauvin (:p), se consacre à faire découvrir des perles d’OS peu connus. Si ce n’était sa capture d’écran trop riquiqui et à mes yeux, je trouve ça parfait justement comme transmission… Surtout qu’on subit la dictature de la nouveauté dans les moteurs de recherche et … dans les normes du web.

Et il est temps de conclure, justement…Et dans transmission, il y a Trance (oui, elle est capilotractée, celle là)

*: Admission post bac, le bouc émissaire qui fait oublier qu’on n’a pas investi dans les universités pour créer des places, que les parents et les enfants sont souvent irréalistes et mal conseillés dans leur demande, allant dans des filières sans avenir ou débouchés suffisants et que les critères sont d’une hypocrisie crasse…


Tagged: émulateur, émulation, geek, jeu video, Réflexion

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac. Uniquement culturel, comme précisé dans le billet du mercredi 19 juillet.

Bon week-end !

Vieux Geek, épisode 92 : Netscape 6.0, la pire erreur du petit monde des navigateurs internet.

Dans l’épisode 28 de la série vieux geek sorti en 2014, je parlais des premiers Netscape que j’ai connu, dont Netscape 3 sorti en 1996…

Nous sommes dans la première guerre des navigateurs qui bat son plein. Netscape Corporation sort une horreur du nom de Navigator 4 alias Communicaor en 1997, ce qui forcera l’entreprise à ouvrir le code source de ce qui devait devenir Navigator 5.0 en mars 1998. Le code source de cette version 5 sera abandonné au bout de 6 mois, et ce qui devait devenir le moteur de rendu Gecko fut lancé.

Les mois passèrent et début 2000, toujours aucune nouvelle enthousiasmente de la part de l’équipe de Mozilla. Le projet avance à son rythme. AOL qui avait racheté Netscape fin 1998 perd patience.

Entre avril et novembre 2000, des bêtas de Netscape 6 sont publiées. Finalement, Netscape 6.0 sort… Et c’est une catastrophe. Le moteur est encore un peu jeune – il faut se souvenir que c’est basé sur Mozilla presque 0.6 ! – mais aussi lourd pour les machines de l’époque et pas franchement des plus stables. Mais il lui manque quelques fonctionnalités que l’on considère comme indispensables de nos jours… Mais autant vous montrer le monstre en question en vidéo. Pour rester homogène avec l’époque de sortie de Netscape 6.0, je me suis replié sur MS-Windows Millenium… Même si j’y ai échappé à l’époque, autant souffrir durant les quelques minutes qu’aura duré l’enregistrement de la vidéo 🙂

C’est un four monumental, surtout avec la palanquée de logiciels plus ou moins pourri fourni avec le navigateur… C’était sans compter sur la sortie d’Internet Explorer 6.0 durant l’été 2001…

Autant dire que si l’on voulait suicider ce qui restait de Netscape, AOL n’aurait pas fait mieux. Il faut attendre début 2002 pour que la première version considérée comme stable de Gecko sorte, comme je l’avais déjà dans l’épisode 13 de la série vieux geek publié en juin 2013.

Émission Blockbuster sur France Inter

Du lundi au vendredi à 11h, sur France Inter, par Frederick Sigrist Une plongée dans ces hits du cinéma / de la littérature, ces albums de légende, ces séries inoubliables…

Un Blockbuster est une œuvre qui a eu un succès mondial. A chaque émission son thème et on retrouvera des sujets divers et variés de Dallas à Harry Potter, de Zelda à Star Wars en passant par La Fièvre du samedi soir et Grease ou encore Millénium. Ce qui en fait une émission aux sujets divers et hétéroclites, ayant pour point commun d'avoir été un Blockbuster.

L'émission s'articule toujours autour d'un même format :
- présentation et discussions autour de l'œuvre avec des invités et spécialistes en rapport (ayant généralement écrit un livre sur le sujet ou assez lié).
- Son impact dans la culture populaire
- Petit jeu de type questionnaire autour des chiffres
- Interview et portrait d'un ou une geek sur le domaine
- Blind-test musical
Le tout entrecoupé de musique régulièrement (tous les quart d'heure) et rythmée avec des extraits musicaux (ça reste très radiophonique).

Cela dure un peu moins d'une heure et ça passe très vite, c'est une émission de qualité, un très bon divertissement de l'été en cette période où beaucoup de podcast font une pause estivale. Je prends plaisir à redécouvrir des œuvres très connues à travers d'autres regard. A écouter, c'est disponible ici : https://www.franceinter.fr/emissions/blockbuster.

Cinéma : La La Land de Damien Chazelle (2016)

Ce fut le gros buzz à Hollywood surtout après l’oscar du meilleur réalisateur de Damien Chazelle. Et comme le film musical, c’est mon truc, j’avais à la fois de l’angoisse et de l’envie. J’ai malheureusement dû tarder à le voir et ce n’est pas plus mal.

Je n’ai lu aucune autre critique, mais j’arrivais avec l’idée d’un film surcoté, comme le très moyen The Artist. Et je ne vais pas ménager trop longtemps le suspens : Il l’est… surcoté. Et en même temps, ce n’est pas ce que l’on croît, d’où cette chronique.

L’histoire : Une serveuse voulant devenir actrice et un pianiste de jazz voulant ouvrir son club, se rencontrent autour de quelques notes de musique, après des désillusions. Un couple se forme avec une volonté partager de réussir pour leur art. La première se lance dans un one woman show, le second se corrompt dans une tournée lucrative. Mais le couple peut-il tenir avec l’éloignement ?

Dès l’introduction, on sait qu’on va avoir un film musical. La scène de danse dans l’embouteillage est joliement filmée, mais il me manque déjà la folie, qui arrive seulement avec l’orchestre. Le chant manque de punch, la danse aussi, pour moi qui suit habitué aux films de Minelli, Donen, pour ne citer qu’eux. Et lorsque je vois que Chazelle cite les films de Demy (les parapluies de Cherbourg, les Demoiselles de Rochefort), je comprends alors. Effectivement, la découpe des chansons se rapproche de ce qu’a fait Michel Legrand. Il n’y a pas vraiment de refrain, mais un joli thème autour duquel on raconte une histoire. C’est aussi déroutant que l’original mais ça passe mieux en anglais, mais comme il cite aussi le Top Hat de Mark Sandrich, je me dis que je devrais y trouver mon compte.

Mais il y a le casting. Emma Stone n’est pas Ginger Rogers, mais surtout Ryan Gosling est très, très loin de Gene Kelly ou Fred Astaire. Vocalement, ça reste timide et coté danse, c’est lourdaud. Emma Stone a ce charme de girl next door et une grace supérieure, qui la sort du lot. Pour le reste, il n’y a pas grand chose à dire puisque l’essentiel des chansons est centré sur ces deux personnages. Chazelle marque donc une grosse différence d’avec ses ainés et c’est là que je me dis que ce n’est pas un film musical. La musique n’est là que pour la forme, car le film raconte autre chose. Il parle d’Hollywood, Chazelle faisant dire à son personnage de Sebastien (le pianiste), qu’Hollywood se souvient mais n’a aucune estime pour son passé. L’estime, il la montre à travers beaucoup de clins d’oeil cinéphiles, mais qui sortent aussi du domaine musical.Voilà qui flatte toujours le critique….

Chazelle ne fait pas non plus une romance, car le film tire trop en longueur. Il y a bien deux moments de grâce qui font penser à des classiques musicaux du genre (je vous laisse les trouver). Chazelle a un indéniable sens de l’image en jouant avec le cadrage et les couleurs. Mais il n’est pas un scénariste de romance, même si la trame est classique : Ils se détestent, se découvrent, s’aiment, se trahissent…La fin, vous la découvrirez. Chazelle a fait un film sur les artistes qui veulent percer à Hollywood. Il parle de ce qu’ils doivent sacrifier, ils parlent autant à ceux qui ont réussi et se retournent alors sur leur passé, qu’à ceux qui souhaitent réussir et ne savent pas comment. Il parle à la fois de la chance qu’il faut, mais aussi de l’énergie qu’il faut déployer ou bien encore des compromis qu’il faut accepter. Chacun des personnages incarne ces différents « moyens ». On comprend alors pourquoi cela aurait dû être son premier film avant Whiplash. Chazelle est plus musicien que metteur en scène de film musical. Malgré sa passion, il lui manque l’oeil du danseur, du chorégraphe. Il ne fait que plagier des classiques, même s’il le fait très bien.

Avec ce constat, le film peut décevoir. J’ai l’impression qu’il flatte le milieu dont il est issu mais oublie les fans des genres qu’il emprunte. Comme je pense aux meilleurs films musicaux, je suis déçu car je n’ai pas de scène qui sort vraiment du lot sans me rappeler autre chose, de mieux. Le propos du film me paraît brouillé par ces hésitations et ce manque de folie. Mais pour ceux qui n’ont rien vu de tout ça, et qui sont pourtant sensibles à la poésie du genre, à la sensibilité d’une comédie romantique, ça peut fonctionner. Par rapport à The Artist que je citais, cela fait moins dans l’esbroufe (oh, c’est un film muet!, cool). Le réalisateur est talentueux dans sa mise en image et n’a pas volé son oscar, quand même. Emma Stone n’a pas volé ses prix (C’est Bérénice Béjo qui aurait dû l’avoir, pour moi, dans le couple de The Artist) car elle dévoile un joli talent à se fondre là dedans, pour ceux qui doutaient encore d’elle. Maintenant, l’histoire fera le reste et on ne reparlera peut-être pas tant de ce film, mais des suivants de ce réalisateur doué.


Tagged: 2010s, Cinéma, comédie musicale, romance

Ah, l’erreur de vouloir analyser des notes de publications…

Vous trouverez juste après ce paragraphe mon analyse rapide en vidéo de l’annonce de publication de la sortie de la Mageia 6.

Je reviens ici sur certains points qui auraient pu être mal compris ou incompris.

Deux points me font dire que les notes de publication sont du plus pur langage marketing.  Du moins pour les technophiles 🙂

Le premier point concerne cette annonce, que je recopie ici verbatim, qui se situe aux alentours de 1 minute 45 de la vidéo :

GRUB2 comme chargeur d’amorçage par défaut

Une question me vient… Est-ce que Grub2 est à ce point récent que Mageia se vante d’y être passé avec sa nouvelle version ? Pas vraiment. Une recherche rapide m’a renvoyé vers un article de LinuxFr daté de juillet 2012 !

Une nouveauté vieille de 5 ans. Il faudra m’expliquer en quoi cette entrée est indispensable pour parler d’une distribution « fixed release » qui existe depuis juin 2011.

Je me doute que migrer un gestionnaire de démarrage ne doit pas être hyper simple, mais mettre 5 ans pour le faire, ça fait un peu long 🙁

Deuxième point, aux alentours de la 5e minute, c’est l’annonce suivante :

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouvelle fonctionnalité, Mageia 6 prend en charge plus de 25 environnements de bureau et gestionnaires de fenêtres (les détails seront disponibles lors d’une prochaine publication sur le blog) !

25 ? Rien que le nombre est effrayant… Peut-on assurer le même niveau de qualité quand on multiplie par 25 le nombre d’environnement graphique plus ou complet ? Ça me fait un peu peur. Je ne suis même pas certain de pouvoir en lister autant, même avec 20 ans de libre dans les pattes…

Dénombrons les principaux environnements de bureaux, par ordre alphabétique :

  1. Cinnamon
  2. Enlightenment
  3. Gnome
  4. Lxde
  5. LXQt
  6. KDE/Plasma
  7. Mate Desktop
  8. Xfce

Pour les gestionnaires de fenêtres, par ordre alphabétique :

  1. Awesome
  2. Budgie Desktop
  3. BspWM
  4. Dwm
  5. Fvwm
  6. FluxBox
  7. i3
  8. OpenBox
  9. PekWM
  10. WindowMaker

J’en ai trouvé 18, si d’autres vous viennent à l’esprit, je suis preneur…

Peut-on imaginer, si la liste officiellement supportée est couverte ici,  que toutes les interfaces graphiques utilisateurs peuvent avoir le niveau de finition de l’environnement Plasma  ? Malgré les dénégations des développeurs, KDE a été l’environnement primaire de Mandrake Linux, puis de Mandriva Linux, donc par extension des deux soeurs ennemies qui en sont issues ?

Ouvrons une rapide parenthèse historique : Pour info, j’ai retrouvé cet article signé Gaël Duval pour Linux Weekly News datant de l’an 2000

Je cite l’article :

[…]At this time I also discovered a new graphical interface called KDE in it’s alpha stage of development. I kept on playing with Red Hat and KDE and in the same time I became more and more interested in learning how to rebuild a customized Linux distribution, with new packages and improvements. After a year of learning, and seeing that Red Hat definitely wouldn’t want to put KDE in their distribution I decided to release a new Linux distribution on the top of Red Hat Linux with KDE as default and several improvements that would make it easier to use. After all, it was GPLed so everyone could improve it and redistribute it! […]

Ce que l’on peut traduire par :

[…]À cette époque, j’ai également découvert une nouvelle interface graphique appelée KDE dans son stade alpha de développement. J’ai continué à jouer avec Red Hat et KDE et, en même temps, j’ai eu envie de plus en plus d’apprendre à reconstruire une distribution Linux personnalisée, avec de nouveaux paquets et des améliorations. Après une année d’apprentissage, et voyant que Red Hat ne voudrait certainement pas mettre KDE dans sa distribution, j’ai décidé de publier une nouvelle distribution Linux au dessus de Red Hat Linux avec KDE par défaut et plusieurs améliorations qui rendraient plus facile de utilisation. Après tout, c’était GPL pour que tout le monde puisse l’améliorer et le redistribuer![…]

Fermons cette parenthèse historique qui est un fait têtu. À moins d’avoir une équipe pléthorique digne de celle qui développe un OS comme MS-Windows, il faut répondre honnêtement par la négative. On ne peut pas assurer que toutes les interfaces seront impeccables et irréprochables.

Je concluais la vidéo en disant que cette version de la Mageia 6 est plus une volonté de rattraper le temps perdu suite à un développement torturé.

En lisant les notes de publications, j’ai été confirmé dans mon idée de ne pas consacrer un article complet et une vidéo sur la distribution en dehors de l’analyse fournie ici.

Cette distribution a son public ? Tant mieux pour elle. Cependant, j’ai comme l’impression que les notes de publication n’ont pas été suffisamment relues par les techniciens du projet. Sinon, ils auraient juste mis un truc du genre : « nous avons procédés à des mises à jour de certains composants clés, dont Grub2. »

Cela aurait moins fait langue de bois marketing… Enfin, je dis cela, mais je dis rien. N’étant pas dans le secret des dieux, ce n’est qu’une hypothèse que j’émets ici.

Je souhaite cependant le meilleur à la distribution, et surtout bien du courage aux mainteneurs pour sortir une Mageia 7 dans un délai de 18 mois, surtout si l’abandon des outils historiques comme la suite urpmi (qui date de la Mandrake Linux 7.0, vers 1999-2000) pour des outils plus modernes et plus adaptés comme dnf.

Pause Poésie : Brasier

L’incendie fait rage.
Le ciel s’assombrit
comme pour un orage.
Il se glisse dans un trou de souris.
Il observe ce qui se passe.
Le feu rougeoie autour,
les arbres trépassent .
Plus de vie alentours.
A t il commis un crime
pour voir tout détruit
du sol aux cimes
partout autour de lui ?
Ses yeux brillaient
pendant le brasier .
Les autres pleuraient
en perdant leur foyer
dans cette folie destructrice .
Ne s’est il pas découvert
des travers et des vices
un gouffre à jamais ouvert ?


Tagged: poème, poésie

En vrac’ rapide de milieu de semaine spécial informatique libre.

Oui, normalement, je publie un billet en vrac’ en fin de semaine, mais l’actualité du libre s’est récemment accéléré, donc voici quelques liens en ce milieu de semaine…

Je compléterai ce billet par un en vrac’ de fin de semaine qui sera uniquement culturel pour une fois !

Bonne journée !

Un peu d’auto-promotion : « Trois femmes : Marie ».

Je n’aime pas vraiment faire ce genre de billets, mais il faut parfois y passer et essayer de vendre ses propres créations.

À la mi-juin 2017, j’ai publié via Amazon (en format électronique sans DRM) et au format papier, et uniquement au format électronique sur Atramenta, la première partie d’une trilogie qui me tient à cœur depuis… le milieu des années 1990 !

C’est en gros l’histoire d’un homme des années 1960 au début des années 2010, via trois femmes qui ont marqués sa vie. Le premier tome nous propulse en 1968. Plus d’infos sur la vidéo ci-après.

Voila, c’est tout pour ce billet. Bonne journée !

De la différence

D'où je viens

Pour rappel, j'ai 38 ans, je suis donc un enfant des années 80, qui a donc passé une bonne partie de mon enfance devant les émissions télévisées, les films, les chansons et autres musiques passées à la radio. J'ai donc eu une enfance en France, et même si chaque vécu et particulier, je dirai que j'ai avant tout une culture européenne mais avant tout française (vu que j'ai suivi mon éducation en France), sur fond de culture mondiale américanisée (vue toute la pop-culture et films que j'ai vu), mixée à la pop-culture japonaise (vu tous les animes et manga que j'ai vu, puis les livres et autres documentaires sur le Japon que j'ai pu voir, de part mes centres d'intérêt).

L'autre

J'ai plaisir à discuter avec quelqu'un qui est totalement différent de moi, pour découvrir la culture de l'autre, son vécu, sa personnalité, ses origines et chasser les a priori, les idées préconçues... Quand je rencontre une nouvelle personne, je commence par poser quelques questions, pour en apprendre plus sur la personne, ce qu'elle aime, qui elle est. Et c'est d'autant plus vraie quand la personne a des origines tout autre que moi. Ces discussions m'apporte beaucoup d'enrichissement personnel.

Et pourtant

Et pourtant, quand je fais un peu le bilan de ma vie sociale (voir à ce sujet mon billet , je constate que je ne suis pas dans la diversité. Je suis dans ma bulle. Que ce soit de part mes activités professionnelles, associatives, je côtoie des personnes assez semblables à ce que je suis. Un cadre supérieur, éduqué, français, blanc. Par chance, mon entreprise est dans la diversité et nous avons un certain nombres de personnes d'origines diverses donc racisées.

Des différences de générations

Je le constate tous les jours, j'ai un certain âge, j'ai plus de 10 ans de différence avec certains de mes collègues. Cette différence d'âge, je la ressens avant tout dans la maturité professionnelle. Non pas dans la connaissance mais dans l'affirmation de soi, le fait de prendre certaines décisions. Certains diront que cela s'appelle l'expérience.

Mais je la ressens aussi dans les blagues, les références à la pop-culture (citations de films, musique, livres ou autres). Il y a une sorte de décalage entre ce qui m'a forgé moi, en terme de culture et de centre d'intérêt, et ce que la personne en face de moi connait.

Et c'est encore plus flagrant avec mes usages d'Internet, qui n'ont rien à voir avec ceux de tout une génération plus jeune que la mienne. Ce sera le sujet d'un prochain billet que je suis en train de rédiger. A suivre.

Trop de différence

Parfois, la différence est trop grande, trop importante. Il y a beaucoup de différence, il n'y a aucun point commun, aucun centre d'intérêt commun. Il y a comme une sorte d'incompréhension de l'autre qui s'instaure. Et je trouve ça dommage... Je trouve ça dommage car j'aimerais découvrir l'autre, en apprendre plus sur, mais ce n'est pas possible. L'autre ne sait pas ou ne veut pas partager, n'a pas de sujet de conversations qui m'intéresse, ou alors je ne sais pas capter son attention et l'intéresser...

Prendre de l'âge

Les différences de cultures, de génération etc. me font sentir que d'une certaine façon, je vieillis. L'écart d'âge se fait sentir. Encore quelques années et j'aurai passé plus de temps en couple que seul..., un exemple parmi tant d'autres...

Assez souvent, j'ai besoin de me retrouver dans mon petit cocon. Je vis dans la nostalgie mais surtout dans le nostalgeek, je rejoue encore et encore aux mêmes jeux, je fais du retrogaming pour jouer des jeux auxquels je n'avais pas encore joué. Et je suis à contrario dans la nouveauté, je regarde des nouvelles séries, des nouveaux films. Mais je revois aussi les anciens films que j'ai déjà vu des dizaines de fois et que je connais par cœur, plutôt que de voir une nouveauté, mais assez insipide, pâle remake d'un film que je connais par cœur...

Je ne suis pas dans le c'était mieux avant car ce ne l'était pas, c'était différent, autre chose, tout comme le futur sera différent, autre chose. Je trouve juste dommage qu'en prenant de l'âge, je m'éloigne de plus en plus de toute une partie de la population qui n'était pas née quand j'avais leur âge.

Et cela me pose un soucis car dans ma volonté de partager mes connaissances, d'aller vers eux, il faut que je m'approprie leurs codes, leurs façons de faire et de voir le monde, leurs usages des nouvelles technologies...

Conclusion

A la relecture de ce billet je me dis que je devrais peut-être prendre le problème sous un autre angle : pourquoi ne pas aborder les nouvelles générations comme j'aborde quelqu'un qui est différent de moi de part ses origines. Ces personnes seraient alors des personnes qui ont à partager, à m'offrir leurs vécues, leurs expériences, leurs connaissances et visions de la vie. Et à mon tour, je pourrais faire de même. Il faudrait que j'approfondisse la question dans cette direction.

Littérature : Le Lagon noir d’Arnaldur Indridason (2016)

Je ne sais plus qui m’avait conseillé d’aller voir dans les auteurs nordiques. Leurs thrillers et polars sont à la mode et j’ai un peu pioché au hasard d’un rayonnage.

Je suis donc parti pour l’Islande pour suivre cette enquête :

Reykjavík, 1979. Le corps d’un homme vient d’être repêché dans le lagon bleu, qui n’est pas encore aussi touristique qu’aujourd’hui. La victime serait tombée d’une très grande hauteur, peut-être a-t-elle été jetée d’un avion. En découvrant qu’il s’agit d’un ingénieur qui travaille à la base américaine de Keflavik, l’attention de la police se tourne vers de mystérieux vols secrets effectués entre le Groenland et l’Islande.

A priori, on est dans du classique avec la petite part de mystère qui fait tout envisager. Mais Indridason est plutôt habile car pour rompre l’ennui potentiel de son récit, il insère une autre enquête, sur la disparition d’une jeune fille depuis 25 ans. Nos héros sont deux policiers islandais : une dure à cuire expérimentée, Marion et un jeune policier ambitieux et torturé, Erlendur. Avec ce prénom et tous les noms des localités, nous voilà dans un exotisme glacé et inhabituel et qui m’a stimulé pendant un temps.

En effet, je connais assez mal ce pays ou j’en ai une image de paysages lunaires, de volcans, geysers et d’un peuple viking. Mais j’en avais oublié l’histoire de l’après guerre, cette occupation américaine, le long processus de redressement de l’économie etc…Ce n’est pas vraiment dans le livre mais il pousse à s’intéresser au contexte de l’histoire et à ce peuple. Là on se dit qu’Indridason a réussi son pari.

Et bien je suis plus mitigé. Car aussi habile soit-il dans sa mise en scène, les deux enquêtes sont vraiment sans surprises. La conclusion est d’une banalité à faire peur. On trouve trop rapidement le coupable et l’auteur n’essaie même pas la technique de la fausse piste. Erlendur est un personnage intéressant et bien traité mais Marion mériterait mieux, au même titre que Caroline, la policière militaire américaine. Comme le tout est forcément traduit, on ne peut pas dire que le style soit mémorable.

Pourtant, j’ai été happé au moins par une des histoire, jusqu’au deux premiers tiers du livre. Après, j’ai trouvé que ça tirait inutilement en longueur. Ce n’est pas ennuyeux mais ce n’est pas mémorable non plus. Un livre qui s’avère donc une honnête distraction mais qui, par son manque d’originalité (en dehors du contexte), n’ira pas peupler ma bibliothèque de relecture.

 


Tagged: 2010s, islande, littérature, policier