Ikigai

Il y a une notion japonaise que j’aime particulièrement : l’ikigai. D’après ce que j’ai compris, cela signifie un sentiment de plénitude où l’on est content de ce qu’on est, et qu’on a confiance dans la vie. Où il y a une certaine acceptation du monde. L’ikigai, est donc un sentiment de grâce, que l’on doit rechercher en où, afin de se sentir en équilibre avec le monde qui nous entoure, ce qui nous donne une raison de vivre, de se lever le matin. C’est une combinaison de quatre facteurs : vous faites quelque chose dont vous êtes doué (on retrouve ici une idée d’excellence), ce que vous aimez faire, ce qui est utile à la société, et cerise sur le gâteau, que vous en vivez (payé pour cela).

Je vais donc me poser quatre questions :

  • Qu’est-ce que j’aime faire ?
  • Quels sont les domaines dont je suis doué ?
  • Qu’est-ce qui peut être utile à la société ?
  • Comment pourrais-je être payé pour cela ? Si ce métier n’existe pas, comment l’inventer ?

Qu’est-ce que j’aime faire ?

J’aime faire un travail de recherche d’information, c’est-à-dire lire, trier, synthétiser… J’aime aussi jouer de la musique (flûte à bec). J’aime aussi les défis intellectuels et essayer de comprendre certains mécanismes de nos sociétés : pourquoi on fait ça de telle manière et pas autrement ? Comment imaginer un autre cadre de fonctionnement ?

Quels sont les domaines dont je suis doué ?

J’aime écrire du contenu pour transmettre de l’information. J’ai une vitesse de frappe élevée. J’ai aussi une relative aisance orale. Je vulgarise apparemment bien.

Qu’est-ce qui peut être utile à la société ?

Je pense que l’un des défis majeurs de notre société est l’accès à une bonne éducation pour tous, fille comme garçon, riche comme pauvre.

Comment pourrais-je être payé pour cela ?

Et pourquoi pas être prof ? Un professeur me recommande de passer l’agrégation, et j’ai envie de faire une thèse. Pourquoi pas faire ça ? Enseigner, du collège à la fac, ça peut être une bonne perspective.

Et vous, quel est votre ikigai ?

Reconstruire le monde

De nombreux ami·e·s-s sont en désarroi et je les comprends. Il est vrai qu’il est difficile de choisir entre un capitalisme haineux envers les pauvres et un fascisme haineux envers les étrangers. En somme, des idéologies rejetant l’altérité, et voulant un conformisme parfait. Doit-on subir ces injonctions « souhaite être milliardaire », « soit patriote ». C’est dur de choisir, parce qu’elle remet en cause quelque chose d’essentiel lorsqu’on est humain : la solidarité. Lorsqu’il y a haine, la solidarité s’étiole.

Les aspirations de notre génération sont l’antithèse de ces paradigmes. Nous nous considérons comme citoyens du monde. Nous souhaitons découvrir l’autre. Nous ne souhaitons pas être riches, mais heureux. Nous voulons préserver la planète des ravages de l’humain. Nous voulons être libres : libre de l’asservissement de la société de consommation, libre d’un nationalisme diviseur, libre de penser ce que l’on veut, libre de s’aimer. Nous voulons plus de justice sociale, car pour nous un humain reste un humain, qui doit rester digne et ne pas être essentialisé à sa force de travail ou à son statut de minorité. Nous voulons une répartition juste des richesses, car nous pensons qu’il y a des riches tellement riches qu’ils ne pourront pas tout dépenser en une seule vie, et des pauvres tellement pauvres qui ne savent pas s’ils pourront survivre le lendemain. Nous voulons que « liberté, égalité, fraternité » ne soit plus seulement des mots, mais se traduisent aussi en actes.

Nous ne voulons pas de cette société. Nous la refusons. Nous la rejetons. Il y a un moyen de lutter contre cela. Cela ne passe pas par les urnes : vous pensez vraiment résoudre un problème par ce qui l’a engendré ? Il faudra néanmoins voter pour le moins mauvais, cette fois. Mais on trouvera d’autres moyens de changer le monde.

Non, ça se passe par ce qui est plus profond en nous : la spiritualité. Nous devons tisser des liens d’amitié durables avec nos ami·e·s. Créer des havres de paix, où l’unité et la concorde seraient les valeurs cardinales. Créer des refuges dans ce monde de brutes, pour pouvoir survivre.

Nous devons réinventer le monde, et surtout agir. Victor Hugo disait que l’utopie était le futur en devenir. Imaginons de nouveaux modes de partage, de pensée… Bref, reconstruisons le monde ! Détachons-nous de ces ruines encore chaudes, de ce chaos. Mettons en culture ces friches, tant agricole qu’intellectuelle ! Le changement du monde passe par l’éducation : apprenons à nous frères, à nos sœurs, à nos enfants, à nos parents… ces valeurs qui nous animent. Inventons les alternatives pour changer ce monde ! Entraidons-nous pour recréer un tissu d’humanité dont l’étoffe nourrira nos espoirs.

Je voudrais vous partager un petit texte qui me touche particulièrement, et qui me sert de cap : « L’amélioration du monde peut s’accomplir par des actes purs et bons, par une conduite louable et convenable. »

Macron, dégage !

Macron le sauveur ? Non. Marre de ce programme néolibéral à la morne noix de nœud. Le mec, il veut réformer les retraites. OK, si ça l’amuse. Mais le problème, c’est qu’on va bosser plus, pour gagner moins au final. Au bien sûr, pas pour tous : les plus de 50 ans restent sur l’ancien modèle.

Il veut aussi remettre en place pour le service militaire. Oui, mettons les jeunes en chair à canon. Les vieux par contre, ça reste bien au chaud.

Et on en parle de l’écologie ? Contradictoire et anti-écolo. Bien sûr, on se gave comme pas possible avec les ressources, on pollue bien et après nous le déluge. Ce sont les générations suivantes qui payent les pots cassés. Nous quoi.

Avec Macron, les perdants se sont les jeunes. À force de prôner une idéologie égoïste et de tout prendre sans laisser aux autres, il y en a qui reste sur le carreau. Les jeunes, qui n’ont pas forcément envie de devenir milliardaire ou devenir l’esclave d’un capital trop riche. Fait gaffe Macron, parce qu’à force de tout nous prendre, on risque de n’avoir plus rien à perdre, sauf nos chaînes !

Pour qui voter ?

Élisée Reclus, éminent géographe anarchiste, disait que voter, c’était abdiquer. Ces élections pour les présidentielles de 2017 est certainement historique. En effet, on est sûr d’avance, selon le discours médiatique et selon les sondages d’opinions, que le duel final se retrouvera contre l’extrême-droite. Et que, par esprit républicain, on allait sauver la démocratie en votant pour son opposant.

Alors pour qui voter ? Parmi les stars du système, on retrouve à ma gauche Hamon et Mélenchon. À ma droite, on retrouve Macron, Fillon et Le Pen. Voici un petit tour d’horizon.

Hamon et Mélenchon propose peu ou prou le même programme : plus de social et une prise en compte de l’écologie politique. En bref, plus de social (ce qui est un peu le minimum requis pour la gauche…) et se dire que finalement, la croissance, ce n’est pas si top pour la survie de notre espèce. Mélenchon n’a pas un programme d’extrême-gauche, contrairement ce que présentent les médias : son volet économique est simplement keynésien. Alors oui, ça tranche avec le néolibéralisme ambiant, mais c’est simplement un programme social-démocrate de tout ce qui peut être plus classique.

On peut saluer que la « gauche institutionnelle », avec les deux sensibilités, prend en compte les thématiques d’une écologique politique, elle qui est restée pendant longtemps productivisme. Bien sûr, il existe des nuances entre les deux partis, due à leur positionnement qu’ils cherchent à incarner. Je tiens à souligner les termes positionner et incarnation, tel des acteurs qui jouent un rôle : en effet, les divisions entre les deux hommes sont bien minces. Les deux sont passé par le PS, et en 2009, ils faisaient partie de la même motion. La seule différence est seulement dans l’Europe : l’un veut conserver l’union européenne et l’autre veut en sortir. Personnellement, je suis mitigé sur ce sujet, et je ne sais pas où mon cœur balance. Oui, je critique fortement cette Union européenne néolibérale, mais cela reste pour moi quelque chose de vital. Dans se monde multipolaire, il faut créer les États-Unis d’Europe, avec une armée européenne, des universités européennes, un vrai parlement européen (avec un réel pouvoir), une vraie politique européenne cohérente. Pour moi, la solution est dans l’union et non dans la division : il faut mutualiser nos forces, car nous sommes bien seuls : les États-Unis ne veulent plus de l’Europe, la Russie y est hostile (plus facile de battre contre un ennemi divisé), la Chine rachète nos terres agricoles… et l’Union Africaine est encore trop jeune, mais j’ai de bon espoir pour elle. Il faut créer une Union Européenne sociale, écologique… L’Europe est le premier pas vers l’internationalisme, vers l’unité du genre humain. Je ne suis pas d’accord à un retour aux frontières françaises : je suis un citoyen du européen et du monde avant d’être un citoyen français.

Personnellement, je pense qu’il faut cesser cette guerre fratricide entre les deux volets à gauche. Il faut un vrai débat sur les points sensibles, comme l’Europe. Certes, cela ne se fera pas dans le cadre des présidentielles, il nous reste que peu de temps. Je vois, ici et là, des initiatives pour rassembler, converger les luttes. Cela a peut-être commencé avec Nuit Debout, ou même un peu avant, mais cela s’accélère. Heureusement, on est plus du temps des années 1930 : Jan Valtin, dans son livre « Sans patrie ni frontières » racontait comment staliniens et hitlériens s’associaient pour s’attaquer aux réunions du SPD.

Que dire des autres candidats ? Macron, la « révolution » en continuant la même politique néolibéral depuis 30 ans, et qui conduit à des frustrations et à la montée de vote populiste ? Fillon, une politique conservatrice ? Le Pen, une politique réactionnaire ? Très peu pour moi. Si l’un des trois gagne, ça sera une telle catastrophe que la gauche française, à l’instar ce qui se fait aux États-Unis face à Trump, sera obligé de s’organiser pour contrer tous ensemble et mettre de côté nos querelles de clocher.

Pour 2017, adoptez un chaton !

Bientôt la nouvelle année : il est temps de prendre les bonnes résolutions ! Aujourd’hui, on comprend tous l’intérêt d’utiliser le réseau des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) : nouer une relation de confiance avec l’agriculteur du coin, qui, en échange d’un produit de qualité, permet de faire vivre un modèle économique alternatif à Monsanto et à l’agroindustrie qui nous fait manger plein de produits chimiques !

Mais savez-vous qu’il existe un équivalent pour nos usages numériques ? Ce sont les CHATONS. Avant toute chose, laissez-moi vous expliquer pourquoi il est important de réfléchir sur nos usages numériques.

Vous le savez certainement, utiliser un outil n’est pas forcément neutre. Derrière les outils qu’on utilise se cache des entreprises (Facebook, Google, Microsoft, Amazon, Apple…) dont le but premier n’est pas de rendre service à l’humanité, mais bel et bien de faire de l’argent. Beaucoup d’argent. Juste pour information, les premières capitalisations boursières ne sont plus des entreprises pétrolières, mais des entreprises de services numériques. Le pétrole, c’est tellement XXe siècle, maintenant, ce qui rapporte de l’argent, c’est vous. Plusieurs problèmes se posent. Tout d’abord, les problèmes d’espionnage et de vie privée. Vous allez me dire : oui, mais bon, je n’ai rien à cacher ! Je vous rétorquerais que dire qu’on se fiche de la vie privée parce qu’on a rien à cacher, c’est comme n’avoir rien à faire avec la liberté d’expression, car on a rien à dire ! La vie privée est un droit. Juste un exemple : Le nouveau président d’une grande puissance mondiale, Trump, veut faire une chasse aux sorcières pour ceux qui ont travaillé sur les mesures de CO₂ dans l’atmosphère. N’oublions pas sa fameuse idée pour ficher tous les musulmans. Le risque de tomber dans un État totalitaire n’est plus une lubie de paranoïaque, c’est une réalité. En France, on a un programme de surveillance impressionnant, et on légitime de nombreuses mesures liberticides sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Le ou la nouveau-elle président-e n’aura plus qu’à l’utiliser. Bien sûr, vous pensez que les entreprises ne vont pas collaborer. Ils l’ont fait dans le passé avec la NSA, et pourront le refaire s’ils retrouvent un intérêt financier.

Un autre problème est la centralisation et la fermeture. Si le service ferme, vous faites quoi ? Vous perdez tout, vous êtes dépendant d’une plateforme. Vous souvenez le bazar que c’était, quand Google a fermé Google Reader ? Il suffit que cela ne soit pas assez rentable pour fermer un service. Bienvenue dans le monde merveilleux du capitalisme.

Mais que peut-on faire ? Et si on utilisait des CHATONS ? Porté par des associations ou des particuliers, ils proposent des alternatives à ces produits. Ce sont des « logiciels libres », c’est-à-dire, dont le code source (la « recette ») est ouverte. Bien sûr, pour vous cela ne signifie pas grand-chose. Concrètement, ça donne quoi ? Vous pourrez avoir confiance dans un logiciel (dans le sens qu’ils ne vous espionnent pas) parce que d’autres l’auront relu pour vous, un peu sur le même principe que la relecture par les pairs pour les articles scientifiques. De plus, si un service ferme, d’autres pourront prendre la relève, car ils auront la recette. Que du bon ! Je prends un exemple : vous voulez coordonner un rendez-vous ? Au lieu d’utiliser Doodle, pourquoi pas utiliser Framadate.org ?

Oui, l’alternative existe. Il suffit juste de faire un petit effort, mais c’est comme aller dans une coopérative au lieu d’une grande surface : juste une question d’habitude !

Quelle messagerie instantanée libre ?

De nos jours, et notamment chez les jeunes, la communication passe souvent par le biais de clavardages. Ainsi, on note une forte utilisation de Facebook Messenger ou de Whatsapp. Néanmoins, derrières ces applications se cachent une entreprise privée, Facebook Inc. On pourrait utiliser Skype, mais on a la même pratique avec Microsoft. Et si on faisait une revue de ce qui existe dans le libre ? Pour cela, plusieurs critères :

  • la possibilité de clavarder ;
  • l’existence d’une application Android. En effet, le public, surtout jeune, passe beaucoup de temps sur le téléphone en guise de moyen de communication, grâce à son aspect nomade ;
  • la possibilité d’avoir la visioconférence (son et vidéo) ;
  • la possibilité de parler en groupe ;
  • des conversations chiffrées ;

Avec l’aide de mon ami Bricabrac, nous testons différents outils. Moi sur Android, lui sur son Arch.

XMPP

Nous utilisions jusque là XMPP, lui avec Pidgin, moi avec Conversations. Mais il faut avouer que cela n’est pas pratique : selon les serveurs, on n’a pas les mêmes options, les discussions de groupe sont laborieuses… Et il faut avouer que OTR, ce n’est pas très pratique.

Tox

Tox est un protocole en pair à pair, relativement récent, qui a fait beaucoup de bruit à sa sortie dans le milieu technophile. Il semble correspondre à notre cahier des charges. L’inscription sur Tox est facile : on trouve un surnom et on a une empreinte que l’on diffuse à nos ami-e-s. J’utilise Antox et lui qTox. L’interface nous plaît, c’est joli et intuitif. Néanmoins, sur Antox, ce n’est qu’un logiciel en bêta : il y a de nombreux bugs (impossible pour moi d’utiliser un avatar) et il semble qu’il ne soit pas encore implanté l’audiovidéo et les discussions de groupes. Il semble avoir des problèmes d’envois de messages quand le correspondant n’est pas en ligne.

Matrix.org

Matrix.org est aussi un protocole de chat, similaire à Tox. J’utilise Riot pour les tests sur Android. Premier point noir : il faut s’inscrire avec un mot de passe et un courriel : c’est tout de suite moins convivial. À première vue, Riot est un substitut moderne d’IRC : une liste de salons pour pouvoir discuter. Ce n’est pas ce que je recherche, je supprime et passe mon tour.

Ring

Ring est aussi un logiciel libre, affiché comme porté par le projet GNU. Il se base sur divers protocoles, dont SIP… La roue n’est pas réinventée, cela semble bien ! À l’inscription, on peut soit choisir un pseudo (en fonctionnalité expérimentale) soit directement créer un compte avec seulement un mot de passe. Notre identifiant est aussi un hash, comme avec Tox.

le WebRTC

On voit fleurir de nombreux services WebRTC : on envoie un lien et on peut avoir une visioconférence. Pas d’application Android spécifique, tout se passe dans un navigateur. Bien sûr, les conversations ne sont pas chiffrées, il y a pas de sauvegardes de contacts (cela se fait au fil de l’eau, ceux qui possèdent l’adresse du salon…). Je le mets ici néanmoins, car c’est une solution alternative à Skype et qui fonctionne plus ou moins (j’ai souvent eu des coupures dans mes conversations, c’était assez pénible). Parmi les services, on peut citer framatalk.org, meet.jit.si, appear.in, talky.io, jumpch.at

Conclusion : c’est pas gagné !

En conclusion que dire ? Les bêtas semblent prometteurs, malgré les différents bugs propres à une bêta (crash, manque de fonctionnalités…). Néanmoins, l’effet réseau ne fera pas quitter de sitôt les utilisateurs des applications propriétaires ! Un point gênant sont les identifiants peu attrayants, sous forme d’hash. Bref, des défauts, mais aussi des qualités, avec une belle interface graphique ! À voir sur la durée lequel séduira (les libristes) !

Mais que faire si on veut utiliser maintenant une solution fonctionnelle ? Pas le choix, soit on utilise des services propriétaires, soit on a du « moins bien ». Le logiciel libre n’est pas forcément gage de qualité ! Le meilleur compromis ? Un chat avec XMPP, de la vidéo avec WebRTC. Ou renoncer à ses principes, et faire à Rome comme les romains, c’est-à-dire passer par les réseaux propriétaires ☹ !

Perspectives d’un universitaire aliéné

Un ami se questionne, à juste titre, sur sa place et son rapport au monde. Pour résumer, et j’espère sans trahir sa pensée, on voit un dégoût du monde du travail actuel, aliénant et, qu’en dépit de son capital culturel accumulé, il y a une peur de trahir sa « conscience de classe » (moyenne), le modèle universitaire, bien qu’apportant de nouvelles connaissances, apporte ses propres aveuglements. Un questionnement se pose quant à son avenir, entre poursuivre dans la voie universitaire en espérant hacker le système, ou tourner le dos de manière radicale au système.

Sa question est en soi légitime : j’apprends des connaissances, mais comment les mettre en pratique ? Une science sans application concrète est bien sûr vaine et inutile, les connaissances devant améliorer notre condition ! Je tiens à souligner sa remise en question permanente, notamment avec le questionnement suivant « ne vais-je pas, inévitablement, oublier le fait que le statut d’universitaire m’aura apporté de nouveaux privilèges desquels jouir ? Aurai-je encore assez d’esprit critique pour prendre en compte cette position sociale dans ma vision afin de ne pas la voire biaiser par un enfermement dans une certaine bulle sociale ? ». À cela, je lui dirais que, indubitablement, le vrai esprit universitaire est celui de l’esprit critique, d’une remise en question des faits établis, bref, être un remise en cause. Après tout, et bien des personnes devraient se souvenir de cela, la vraie objectivité est la prise en compte de notre subjectivité intrinsèque. Ici, je me fais pas de soucis pour lui, il y a une remise en cause de sa condition même.

Ce fait dit, que faire . J’ai longtemps réfléchi sur comment je pouvais être le plus utile à l’humanité. J’ai décidé d’emprunter la voie de la recherche. L’acte d’accoucher une thèse, qui est sûrement une épreuve difficile d’un point de vue intellectuel, ne doit pas être fait pour s’élever socialement : être chercheur est un métier de plus en plus méprisé, face à une anti-science galopante et où la vérité n’est plus qu’une opinion parmi d’autres, et on ne gagne au final pas d’argent que cela. De plus, quelle reconnaissance, mais à part par les paires, de notre travail ? Non, on ne s’engage pas dans la recherche par orgueil, mais par passion. Seule la passion, celle de comprendre le monde, ou du moins une de ces facettes, peut nous faire tenir, au début pendant trois ans durant, sans vie sociale, à travailler sur un sujet pointu, lire la littérature sur ce sujet jusqu’à ad nauseam, écrire, réfléchir jour et nuit sur un sujet extrêmement pointu, puis écrire longuement le fruit de notre réflexion, et finalement confronter notre « bébé » dans l’arène avec d’autres personnes qui chercheront des failles logiques dans le raisonnement, non pas pour démonter, mais pour en tester la solidité. Tout ça pour quoi ? Repousser les connaissances. Et pour quoi faire . Apporter un éclairage, sinon des solutions, face à un problème que se pose l’humanité. Se questionner sur nos rapports humains, pourquoi il y a des dominations, de l’injustice… bref, entrer en résistance face à un problème donné. La recherche, c’est résoudre des problèmes pour mieux vivre.

Mais la recherche, ce n’est plus un monde à part. Le néolibéralisme, comme un poison, pousse à la compétitivité, écrire plus en moins de temps, publish or perish. Mais, à l’instar d’autres facettes de la société, ne peut-on pas réinventer la science ? Garder ce qui fait sa force, c’est-à-dire un regard critique sur le monde, tout en prenant un modèle autorisant à prendre son temps ? Bref, lutter, résister là où on est capable.

Je trouve dommage de « gâcher » ses capacités. Si on est doué dans un domaine, artistique, intellectuel ou manuel, il est normal, voir un devoir moral, d’essayer de faire de son mieux pour permettre, osons le dire, à l’humanité d’en profiter ! Offrir ce qu’on sait faire de mieux, n’est-il pas le meilleur des cadeaux ? Le remède souverain dans un monde jetable, pernicieux, conformiste, réducteur, où on encourage la médiocrité ?

Bref, choisit la voie qui te plaît le plus. Mais n’oublie pas cette question : comment je pourrais être utile au mieux à la société et comment contribuer à son bien-être et à son épanouissement ?

Les trumpettes de l’Apocalypse

Le Brexit, le non à l’accord de paix en Colombie, l’avènement de Trump à la présidence des États-Unis, la déstabilisation du Moyen-Orient, la main prise d’un système économique capitaliste opprimant les peuples et détruisant la nature… que des mauvaises nouvelles. On peut se lamenter face à ces évènements, qui menace chaque jour notre ordre mondiale. Petit à petit s’effrite notre monde, la vision de la démocratie libérale, nos systèmes de valeurs, nos institutions, et même notre enthousiasme pour le futur.

Néanmoins, nous devons pas perdre foi en l’avenir. L’Histoire nous a apprit que la roue tourne, plus rapidement que l’on croit, et que dans quelques années cela ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Rien n’est figé dans la pierre, et rien ne sert d’être fataliste. Il faut profiter de ces temps rudes, ces temps d’épreuves, pour puiser les forces nécessaires pour construire un monde nouveau. « Ces luttes stériles, ces guerres ruineuses cesseront et la paix suprême viendra ». Après tout, les plus belles fleurs ne naissent-elles pas dans du fumier, qui n’est que de la décomposition de la matière organique ? La beauté naît de la pourriture.

Courage les ami-e-s, bientôt notre utopie se réalisera ! Il suffit de voir toutes les belles énergies, partout dans le monde, qui se coordonnent pour combattre la morosité ambiante. Songez à la lutte pour la dignité humaine, l’écologie, l’égalité entre la femme et l’homme, pour plus de justice, la paix, la lutte contre l’oppression… la liste de ces actions est trop longue à énumérer. Mais petit à petit, pierre par pierre, se construit quelque chose de nouveau. Comme disait le poète Victor Hugo, « l’utopie est la vérité de demain ». Alors, courage et construisons ce demain ensemble !

L’amour platonique est-il une forme d’amitié ?

L’amour platonique est-il une forme d’amitié ? La question peut se poser tant il y a antinomie entre amour et amitié. Après un râteau, ne demande-t-on pas « peut-on rester ami ? » en guise de lot de consolation, l’amitié étant une forme amoindrie de l’amour. Ici, on ne va s’attacher qu’un seul versant de l’amour, celle platonique. Bien qu’il existe des interférences, un brouillage des frontières de plus en plus fréquent entre amitié et amour, songeons tout simplement aux « sex friends », il me semble plus intéressant de traiter l’ambiguïté qu’il y a entre amour platonique et amitié, et même de voir s’il existe non pas une différence de nature, mais de degré.

Pour Aristote, il existe trois formes d’amitié. La première est l’amitié en vue du plaisir, la seconde en vue de l’intérêt et la dernière l’amitié de la vertu. Pour Aristote, seule la dernière à grâce à ses yeux. Pour lui cette amitié est comme un miroir qui permet de voir tel qu’on est et donc permet de progresser. Toujours pour Aristote, il se distingue de l’amour, car il n’y a pas de relations de dépendance. Si on regarde d’autres penseurs, et qu’on recherche une définition de l’amitié proche de celle vertueuse proposée par Aristote, on retrouve cette idée de créer une relation affective et vertueuse.

Passons maintenant à l’étymologie. L’amitié vient du mot amistet, que l’on pourrait définir comme une « affection entre deux personnes en dehors des liens du sang ou de l’attrait des sexes ». Ici, ça devient intéressant. En effet, si on cherche à définir la notion d’amour platonique, on pourrait trouver une définition du style qu’on aime une personne pour ses qualités plutôt que pour la personne en elle-même.

Résumons donc. L’amitié vertueuse est le fait que deux individus noue une relation du fait de leur vertu, de leurs qualités. L’amour platonique elle, est un sentiment d’attachement du fait de la vertu de la vertu et des qualités de cette personne. Finalement, il n’y a point de contradictions entre amitié vertueuse et amour platonique, étant donné qu’ils sont soit les deux facettes d’une même réalité, soit deux noms différents pour définir le même objet. Allons plus loin. Ne dit-on pas que la vraie relation d’amour, pour qu’elle soit durable, doit être une relation d’amitié poussée à son paroxysme ? Et qu’au final, les liens entre amour véritable et amitié véritable sont nombreux ?

L’amour platonique est-il une forme d’amitié ? Assurément oui. Allons même plus loin, les liens entre amour (véritable) et amitié (vertueuse) sont extrêmement forte. On apprécie une personne pour son essence, sa vertu, tel un miroir qui nous aide à nous progresser. Ainsi, loin de l’idée reçue entre une dichotomie, voire une incompatibilité, entre amour et amitié, on voit ici que ces deux concepts sont plus intimement liés qu’il n’y parait. Ainsi, pour résumer notre propos, on peut dire que l’amour, comme l’amitié sont des échelles pour permettre de progresser de manière vertueuse. On retrouve ici une notion quasi-mystique, donnant des nouvelles dimensions à ces concepts.

Je remercie d’avance mon lectorat pour me pointer coquilles et erreurs de raisonnement que je n’aurais pas vu. Après tout, l’amour ne rend-il pas aveugle ?

Le blue du militant

Je crois que vais m’éloigner des milieux militants. Pas parce que les idéaux qui veulent défendre sont mal — au contraire, je trouve magnifique que des gens se lèvent contre l’injustice sous toutes ses formes — mais bien parce que je me retrouve pas sur la forme du militantisme tel pratiqué.

Le militantisme classique de gauche, marxiste ou post-marxiste, est en soi un militantisme de l’insurrection, et donc de la colère : ce mécanisme est décrit dans un excellent article du monde diplo, « Où va donc la colère ? ». On peut ressentir cela en lisant les textes des militants ; pourtant la colère n’est jamais une bonne conseillère : un slogan, suite aux attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015 disait justement « cœur chaud, tête froide ». La colère empêche de raisonner de manière objective, ou du moins suffisamment rationnel, mais fait plutôt apparaître les bas instincts.

Oui, on doit s’indigner face à l’injustice et faire quelque chose. Mais on doit dépasser ce stade. Pour moi, tout changement profond de la société doit passer par un changement de valeurs. On ne renversera pas le capitalisme en changeant un système socio-économique, mais en changeant les valeurs qui fondent ce système. Remplacer la compétition par la coopération, l’individualisme par la solidarité, la division par l’unité. On change le monde en se changeant soi-même. Dans les cercles militants, je ne retrouve pas cette aspiration profonde que j’ai en moi. J’ai l’impression que ce sont des personnes, de bonne foi, qui essayent de lutter contre des vagues, mais qui ont de plus en plus de mal.

Mais cet éloignement ne concerne pas la bonne volonté des cercles militants, mais de l’effet sur moi. Je n’ai pas envie de ressentir cette colère qui me grignote, mais j’ai envie d’être au contraire joyeux de participer à changer le monde, d’apporter ma petite pierre à un immense édifice.

Cet éloignement ne concerne pas seulement des affects, mais aussi le fond. Comme je disais plus haut, je me retrouve pas à ce simple changement socio-économique, hérité des théories matérialistes marxiste. Pour moi, le véritable changement doit être spirituel, c’est-à-dire concerner notre état d’esprit. Sans passer par les fondations, toute tache sera voué à l’échec à plus ou moins long terme.

Bref, je vais m’éloigner quelque temps du militantisme et voir autres choses. Lire autre chose que du Marx ou du Bookchin, ou d’auteurs qui s’en inspire. Bref, changer d’angle de vision pour aborder le problème autrement !

Une bonne tasse de thé

George Orwell, le fameux écrivain britannique, auteur de 1984, hommage à la Catalogne ou de la ferme aux animaux, a publié le 12 janvier 1946 un article dans le London Evening Standard, théorisant la fabrication d’une bonne tasse de thé. Voici une traduction maison. Vous pouvez bien sûr retrouver le texte original sur wikilivres.ca. Si vous constatez des coquilles ou une mauvaise traduction, faites-moi signe pour que je corrige ! Je tiens à préciser pour nos amis français : Eric Arthur Blair étant mort en 1950, il s’élèvera dans le domaine public qu’en 2020… C’est donc une traduction « pirate » ! Je souhaite remercier V. pour le travail de relecture et pour la correction.

Si vous cherchez la page relative au thé dans le premier livre de cuisine qui vous tombe sous la main, vous ne trouverez probablement rien ; tout au plus quelques instructions sommaires tenant en quelques lignes, ne donnant aucune ordonnance sur certains des points les plus importants.

Ceci est curieux, et pas seulement parce que le thé est l’un des principaux fondements de la civilisation de ce pays, de même qu’en Irlande, en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais aussi parce qu’il fait l’objet de violentes polémiques quant à la meilleure manière de le préparer.

Quand je regarde ma recette pour faire une tasse de thé parfaite, je ne trouve pas moins de onze points importants. Deux d’entre eux feront peut-être consensus, mais quatre autres points sont fortement controversés. Voici mes onze règles dont chacune est à considérer comme une règle d’or.

Tout d’abord, il faut utiliser du thé indien ou de Ceylan. Le thé de Chine possède des vertus à ne pas négliger de nos jours — il est économique et peut être bu sans lait — mais il n’est pas très stimulant. On ne se sent pas plus sage, plus courageux ou plus optimiste après en avoir bu. Quiconque a déjà prononcé cette expression rassurante « une bonne tasse de thé » désigne immanquablement du thé indien.

Deuxièmement, le thé doit être préparé en petite quantité, c’est-à-dire dans une théière. Le thé sortant d’une fontaine est toujours insipide tandis que le thé de l’armée, préparé à la marmite, a un goût de graisse et de chaux. La théière doit être faite de porcelaine ou de faïence. Les théières en argent ou en britannium donnent des thés de moins bonne qualité, les théières en émail sont encore pires ; étonnament, les théières en étain (une rareté de nos jours) ne sont pas si mal.

Troisièmement, la théière doit être chauffée au préalable. La meilleure manière est de la placer sur une plaque de cuisson, plutôt que de la remplir avec de l’eau chaude comme on le fait habituellement.

Quatrièmement, le thé doit être fort. Pour une théière d’un litre remplie à ras bord, six cuillères à café bombées suffiront. En période de rationnement, ce n’est pas une idée qui pourrait être réalisée tous les jours, mais je maintiens qu’une tasse de thé fort vaut mieux que vingt faibles. Non seulement tous les amateurs de vrai thé aiment leur thé fort, mais ils l’aiment un peu plus fort chaque année – un fait vérifiable par la ration supplémentaire délivrée dans les pensions de retraite.

Cinquièmement, le thé doit être mit directement dans une théière. Aucun filtre, aucun sac de mousseline ou autres dispositifs doit enfermer le thé. Dans certains pays, les théières sont équipées de petits paniers qui pendent sous le bec pour attraper les feuilles errantes, qui sont censés être nocif. En fait, on peut avaler les feuilles de thé en quantités considérables sans conséquences néfastes, et si le thé n’est pas en liberté dans la théière, il ne pourra pas infuser correctement.

Sixièmement, on doit approcher la théière de la bouilloire et non l’inverse. L’eau doit bouillir au moment de l’impact, ce qui signifie que l’on doit la garder sur la flamme alors qu’on verse. Certaines personnes ajoutent qu’on doit uniquement utiliser de l’eau qui a été fraîchement portée à ébullition, mais je n’ai jamais remarqué une quelconque différence.

Septièmement, après avoir fait le thé, on doit le remuer, ou mieux, donner à la théière une bonne secousse, permettant ensuite aux feuilles de se déposer.

Huitièmement, on doit boire le thé avec un mug, c’est-à-dire une tasse cylindrique, pas avec du genre avec un fond plat et peu profond. Le mug contient plus et avec l’autre tasse le thé est toujours à moitié froid avant qu’on ait commencé.

Neuvièmement, il faut enlever la crème du lait avant de l’utiliser pour le thé. Du lait trop crémeux donne toujours au thé un goût malsain.

Dixièmement, il faut verser en premier le thé dans la tasse. C’est l’un des points les plus controversés ; En effet, dans chaque famille en Grande-Bretagne, on trouve deux écoles de pensées sur le sujet. L’école consistant à dire qu’il faut verser le lait en premier peut présenter des arguments assez forts, mais je maintiens que mon argument est irréfutable. En effet, en mettant le thé en premier et en remuant quand on verse, on peut réguler exactement la quantité de lait, tandis qu’on est susceptible de mettre trop de lait dans l’autre sens.

Enfin, le thé – à moins qu’on le boive dans le style russe – doit être bu sans sucre. Je sais bien que mon point de vue est minoritaire ici. Mais encore, comment pouvez-vous vous appeler un vrai amateur de thé si vous détruisez la saveur du thé en mettant du sucre dedans ? Il serait tout autant raisonnable de mettre du sel ou du poivre. Le thé est censé être amer, tout comme la bière doit être amère. Si vous sucrez, vous ne faites plus une dégustation de thé, vous dégustez simplement du sucre ; vous pouvez faire une boisson très similaire en mettant du sucre dans de l’eau chaude. Certaines personnes répondent qu’elles n’aiment pas le thé en lui-même, qu’elles ne boivent que dans le but d’être réchauffée et stimulée, et qu’elles ont besoin de sucre pour enlever ce goût. Pour ces gens égarés, je dirais : essayez de boire du thé sans sucre, disons, une quinzaine de jours et il est très peu probable que vous voudrez gâcher votre thé avec du sucre à nouveau.

Ce ne sont pas les seuls points controversés à surgir à propos de la consommation de thé, mais ils sont suffisants pour démontrer les subtilités de cette affaire. Il y a aussi autour de la théière une étiquette sociale mystérieuse (pourquoi est-ce considéré de mauvais goût de boire dans votre soucoupe par exemple ?) et beaucoup de choses pourraient être écrites concernant les utilisations des feuilles de thé, comme lire l’avenir, prédire l’arrivée des visiteurs, alimenter les lapins, guérir des brûlures, nettoyer le tapis. Il vaut mieux se donner la peine de prêter attention à des détails tels que le chauffage de la théière et en utilisant de l’eau qui est vraiment bouillante, afin de s’assurer d’extraire sa ration de deux onces [note du traducteur : 56,699g], correctement manipulée, les vingt bonnes et fortes tasses qu’elle doit représenter.

Typographie et écologie

On a tendance à dire qu’il faut choisir tel ou tel police pour consommer moins d’encre et donc sauver la planète et son portemonnaie. Mais concrètement, quelle police choisir ? Pour y arriver, je vais prendre deux critères : la quantité de texte contenu dans une page (et donc faire des économies de feuilles) et la quantité d’encre nécessaire pour imprimer cette page. Pour y arriver, je vais prendre une police de référence, par défaut sous Libre Office : Liberation Serif. Je vais comparer à d’autres polices : EB Garamond 12, Alegreya, Open Baskerville, Aleo en polices libres (et de leur disponibilité sous GnuLinux) et Ryman Eco, Spranq eco sans, tous deux jugés « écologique » du fait de la présence de trous dans leur corps.

Ma méthodologie est simple : je vais faire un certain nombre de mesures et classer. Je vais ensuite additionner les rangs : celui avec la valeur la plus faible est celui qui a gagné.

Pour mesurer la quantité de texte contenu dans une page, je me base sur un discours de Danton, « Instruction gratuite et obligatoire », qui possède l’avantage de faire exactement une page, moins une ligne avec Liberation Serif 12pt. Je rajoute une ligne de caractères spéciaux (ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZÁÈÎÖÚÝÇÆŒĜĤĴĈŜáèîöúýçæœfiĝĥĵŭĉŝ1234567890), pour voir leur prise en compte au sein de la police. Voici les résultats, tous en 12 :

  • Liberation Serif : 1 page ;
  • EB Garamond 12 : 1 page, + 1 ligne complète + 3 mots sur la 2e ;
  • Alegreya : 1 page + 7 lignes complètes ;
  • Open Baskerville : 1 page, + 1 ligne complète + 3 mots sur la 2e ;
  • Aleo : 1 page + 8 lignes complètes + 3 mots sur la suivante ;
  • Ryman Eco : 1 page + 7 lignes complètes + 3 mots sur la suivante ;
  • Sprang eco sans : 1 page + 13 lignes complètes + 1 mot ;

On voit des disparités fortes. Si on doit classer ces polices de la plus compacte à la moins compacte, on aurait : Liberation Serif, EB Garamond 12 + Open Baskerville, Ryman Eco, Alegreya, Ryman Eco, Aleo et Sprang Eco Sans.

Néanmoins, en faisant ces tests, on constate que l’œil, c’est-à-dire la hauteur du glyphe – le caractère – diffère. On va donc comparer ce qui est comparable : pour y arriver, on va comparer la hauteur d’x, c’est-à-dire la hauteur d’un x minuscule.

Pour comparer :

Police Hauteur x

  • Liberation Serif : rouge ;
  • EB Garamond 12 : orange ;
  • Alegreya : jaune ;
  • Open Baskerville : vert foncé ;
  • Aleo : bleu clair ;
  • Ryman Eco : violet :
  • Sprang eco sans : vert clair ;

On remarque des phénomènes intéressants : bien que EB Garamond soit plus petit que Liberation Serif en hauteur, on remarque qu’il prend plus de place ; pourtant, on met bien plus de mots en une ligne avec EB Garamond qu’avec Liberation Serif ! En faisant des tests, je remarque que c’est l’espace inter-paragraphe qui est fautif ! Dans le même principe, c’est l’espace interligne d’Alegreya qui explique ces écarts. Pour Open Baskerville, on remarque c’est l’espace interlettre, faisant en sorte qu’une ligne est plus longue. Pour Aleo, Ryman Eco et Sprang eco sans, ce sont la taille des lettres qui sont plus grosses que les précédentes. Il suffit de mettre Aleo et Ryman Eco à 11 au lieu de 12 pour pouvoir comparer ce qui est comparable. Pour Sprang Eco Sans, il faut tomber à 10.

Donc si on récapitule avec les valeurs ajustées pour retrouver une ressemblance visuelle (je prends en compte la subjectivité de la lisibilité), on arrive à :

  • Liberation Serif : 12 pt interlignage 120 %;
  • EB Garamond 12 : 12 pt interlignage 110 %;
  • Alegreya : 12 pt interlignage 100 %;
  • Open Baskerville : 12 pt interlignage 110 %;
  • Aleo : 11 pt interlignage 120 %;
  • Ryman Eco : 11 pt interlignage 120 %;
  • Sprang eco sans : 10 pt interlignage 120 %;

Et on a comme résultat :

  • Liberation Serif : 1 page ;
  • EB Garamond 12 : 1 page – 2 lignes ;
  • Alegreya : 1 page ;
  • Open Baskerville : 1 page – 2 lignes ;
  • Aleo : 1 page ;
  • Ryman Eco : 1 page – 1 ligne ;
  • Sprang eco sans : 1 page – 3 lignes.

On classe, on a donc : Sprang Eco Sans, EB Garamond 12 + Open Baskerville, Ryman Eco, Liberation Serif + Aleo + Alegreya.

Je vais maintenant mesurer dans GIMP, à l’aide de l’histogramme (couleur → mesures → histogramme) le nombre de pixels noirs de chaque police. Il faut noter qu’il faut rajouter une couche alpha pour pas compter les pixels blancs. Bien sûr ce test est empirique, et on peut l’améliorer en comptant n page imprimé en vidant une cartouche : cela peut se faire, mais serait trop consommatrice en ressources. Je vais donc me contenter de cet ersatz. Je vais pour cela prendre à la fois en 12 pt et avec la taille ajustée.

En non ajusté :

  • Liberation Serif : 37773px ;
  • EB Garamond 12 : 36805px ;
  • Alegreya : 34024px ;
  • Open Baskerville : 26045px ;
  • Aleo : 48225px ;
  • Ryman Eco : 32946px ;
  • Sprang eco sans : 43690px ;

Pour le classement, cela nous donne : Open Baskerville, Ryman Eco, Alegreya, EB Garamond, Liberation Serif, Sprang eco Sans, Aleo.

Version ajustée :

  • Liberation Serif : 37773px ;
  • EB Garamond 12 : 36805px ;
  • Alegreya : 34024px ;
  • Open Baskerville : 26045px ;
  • Aleo : 42854px ;
  • Ryman Eco : 28428px ;
  • Sprang eco sans : 30320px ;

Pour le classement, cela nous donne : Open Baskerville, Ryman Eco, Sprang eco Sans, Alegreya, EB Garamond 12, Liberation Serif.

Une fois mit dans un tableau, cela nous donne :

Police Rang page 12pt Rang page Ajustement Rang px 12pt Rang px Ajustement Total final
Liberation Serif 1 4 5 6 16
EB Garamond 12 2 2 4 5 13
Alegreya 4 4 3 4 15
Open Baskerville 2 2 1 1 6
Aleo 5 4 7 7 23
Ryman Eco 3 3 2 2 10
Sprang eco sans 6 1 6 3 16

Si on fait le total, nous avons le choix suivant : Open Baskerville, Ryman Eco, EB Garamond 12, Alegreya, Liberation Serif, Sprang Eco Sans et Aleo.

Ces efforts seront vains si on n’imprime pas en recto-verso, et si possible deux pages par face. On peut aussi imaginer imprimer sur du papier recyclé et en mode brouillon, ce qui peut nous donner de bons résultats. Cependant, le choix d’une police ne doit pas être conditionné seulement en fonction des économies d’encre, mais aussi sur des critères de lisibilité, des glyphes en adéquation avec la langue que l’on utilise (œ ou de É pour le français par exemple), de dessins spécifiques pour l’italique et la mise en gras… Bref, ne pas faire des choix purement écolomique (écologique et économique), mais aussi esthétique !

En conclusion que retenir ? Le choix d’une police est un choix difficile, dépendant de nombreux critères. Ici, nous avons seulement exploré, via notre méthodologie et de manière imparfaite, le critère économique. Nous devons aussi nous baser sur d’autres critères, qu’elle soit esthétique ou typographique, mais aussi sur la licence pour permettre de prendre un choix éclairé. Un deuxième point à retenir, c’est que une police conçue comme économique, « Sprang Eco Sans » ne semble pas faire de bons scores in fine : on doit donc vérifier, de manière empirique la validité de ces affirmations. On peut continuer cette étude en étendant à d’autres polices, mais aussi d’autres critères, pour affiner notre jugement. Si vous voulez vous lancer dans ce travail, contactez-moi, je serais curieux de voir les résultats ou de travailler ensemble pour peaufiner la méthodologie !

Erratum : une erreur s’est glissé dans les calculs, dans GIMP j’ai compté en pixel au lieu de point. Pour me faire pardonner, j’ai adopté une autre méthodologie, qui est plus rapide et comparable : je compte combien de x minuscule en 12 pt je peux mettre dans une page A4 et je compte le nombre de pixel d’un x minuscule 12 pt dans GIMP via la méthode de l’histogramme. Il suffit de faire une division pour obtenir un indice, et comparer les différentes valeurs. J’en profite pour mettre un tableur en ligne pour que vous mettiez aussi vos résultats pour compléter et avoir une vue d’ensemble.

Police nombre d’x 12 pt minuscule par page nombre px d’un x 12pt indice
Open Baskerville 4717 140 3,0
Adobe Garamond Pro 4324 162 3,7
Corbel 4312 176 4,1
Time New Roman 4160 176 4,2
Courrier New 3496 148 4,2
Liberation Serif 4160 180 4,3
EB Garamond 12 4557 199 4,4
Calibri 4416 199 4,5
Myriad Pro 4300 209 4,9
Ryman Eco 3626 178 4,9
Palatino Linotype 3311 165 5,0
Segoe UI 3915 198 5,1
Arial 4160 229 5,5
Alegreya 3696 205 5,5
Georgia 4108 229 5,6
Open Sans 3344 227 6,8
Sprang eco sans 3484 239 6,9
Aleo 3500 290 8,3
Dejavu Serif 3621 317 8,8
DejaVu Sans 3484 306 8,8
Verdana 3216 298 9,3
Trajan Pro 2583 252 9,8
Impact 4416 510 11,5
Lucida Sans Unicode 2535 299 11,8
Comic Sans MS 1236 289 23,4

Humains de tout les pays, unissez-vous !

Lorsqu’on regarde les idéologies des gauches, elles se construisent toujours en opposition. Par exemple, les révolutionnaires se sont opposés aux royalistes. Le marxisme face au capitalisme…Même l’insurrection, animé par un sentiment de colère, se base sur la volonté de renverser le pouvoir en place. Bref, toujours battre et combattre. Ainsi, dit comme ça, la gauche n’est finalement qu’une réaction à la droite : il suffit de regarder l’étymologie. Sinistra, la gauche, être gauche… une idée au final de « sortir du rang », de dévier. Au contraire, Dextra, être droit, ordonnée… est chargé de sens : ce qui semble juste de faire.

Prenons le problème à l’envers : que veut traditionnellement la gauche et le progressisme ? La liberté et l’égalité. Néanmoins, ce ne sont que des moyens pour atteindre le but ultime : la solidarité. Si on schématise, l’homme de droite aime les objets (le capital) et a peur qu’on les abîme. L’homme de gauche, lui, préfère les humains et a peur de l’oppression. L’homme est par nature un animal peureux : il cherche à se réconforter en s’entourant de ce qu’il connaît. De ce fait, la révolution fait peur : l’histoire nous montre qu’une révolution est toujours avortée et qu’un régime tyrannique se met en place.

Alors, que faire pour redonner des lettres de noblesse à la gauche ? Proposer des alternatives, des utopies concrètes. Prenons un exemple simple : l’agriculture. Actuellement, une grosse partie de notre nourriture est produire par l’industrie agro-alimentaire, capitalistique au possible. Et si, au contraire, on allait s’approvisionner chez le paysan du coin ? On répond à la volonté initiale de gauche : créer une fraternité en préférant discuter du producteur au consommateur, plutôt que de passer par un supermarché, opprimant les agriculteurs en tirant des produits toujours plus bas. De ce fait, on crée une équité dans les échanges. Par ricochet, on détruit aussi le capitalisme dans le sens le plus négatif du terme : on redistribue les richesses. Au lieu de donner au riche, on donne celui qui a besoin. Faire germer des alternatives, c’est combattre le système qui nous oppriment, c’est ouvrir d’autres voies, c’est sortir du cadre, c’est enlever aux oppresseurs le pouvoir qu’ils ont sur nous.

De ce fait, les mouvements sympathisant de la gauche doit cesser de pointer du doigt les dysfonctionnements s’ils ne proposent pas d’alternatives. On sait que le monde est malade. Le problème est de savoir quel est le remède à prendre pour le soigner. De remède passe par une solidarité, une unité dans la diversité des peuples de la terre, et non pas leur discorde. Et pour y arriver, il faut s’émanciper de nos dogmes archaïques nationalistes, xénophobie, sexiste… Bref, se considérer comme tout simplement humain. Humains de tout les pays, unissez-vous !

Vote !

Aujourd’hui faut aller voter. Tu dis que la gauche et la droite, c’est pareil : tu as raison, la droite et une partie de la gauche ont succombé aux sirènes du libéralisme, accroissant les inégalités. Tu dis vouloir voter pour l’extrême-droite, voir que ça donne : je t’invite à lire un livre d’histoire. Tu peux aller voter, même blanc, ou t’abstenir. Mais exprime-toi : écrit, parle, manifeste… Mais prends la parole, avant que d’autres la prenne pour toi !

Comment je me suis politisé

Politisation : processus de socialisation où un individu s’intéresse à la politique et développe une réflexion.

On est tous, à divers échelles, politisés. Voici mon histoire.

d’un ressenti politique…

J’ai commencé à me politiser très jeune. Le premier souvenir que j’ai, c’est le référendum de 2005 sur une constitution européenne. Pour moi-enfant de 9 ans, l’avenir de l’humanité, c’était la fin de l’État-nation. Pour cela, on devait construire une Europe fédérale, et je pensais que ce référendum allait donner ça. C’est pour cela que j’étais pour le oui, ceux disant non étant de méchants nationalistes. J’ai même gardé une enveloppe avec le oui et le non, je dois l’avoir encore. Je garde aussi le souvenir des banlieues en feu, qui semble me marquer, même si je comprenais pas pourquoi les gens étaient violents. C’était un univers étranger pour le petit garçon de la classe moyenne que j’étais.

Je me souviens en 2007, pour l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, j’avais même fabriqué un panneau composé d’articles de journaux. L’Europe, pour le moi-enfant, était un projet extraordinaire pour fédérer le genre humain sous une même bannière.

On voit ici la constance d’un sentiment, celui de citoyen du monde, citoyenneté qui doit passer par le fédéralisme. J’avais aussi d’autres sentiments politique. Par exemple, j’étais pour la suppression de l’argent. Mon raisonnement est simple : l’argent est la cause de malheur, il faut le supprimer. Ce raisonnement simpliste, bien que valide, manque d’argumentation, d’études… cela reste un sentiment. Dans la même veine, pour moi, le privé ne fonctionnait pas, et c’était mieux quand c’est l’État qui gère. On voit ici des sentiments qu’on pourrait rapprocher du communisme ou d’autres courants de gauche radicale. Pourtant, traditionnellement, je suis dans une famille de centre-gauche, voir gaulliste par certains membres !

Je pense que la date charnière fut l’élection de Sarkozy en 2007. Mon père, pour le second tour, m’avait invité dans l’isoloir et me dit « tu voterais qui ? », question pour lequel je lui avais répondu « vote Ségolène, elle est de gauche, Sarkozy est de droite et la droite c’est mauvais ». Le jour de l’élection de Sarkozy, j’avais un sentiment qu’on allait passer un mauvais moment.

Je me souviens, et ce qui m’a le plus marqué par la suite, fut la création du « Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement ». Pour moi, ça me rappelait les heures sombres de l’Histoire, Vichy et la traque aux juifs et des « pas comme nous ». la présidence de Sarkozy tombait en plus à un moment charnière de ma construction, c’était au moment où je rentrais au collège. Justement, c’est le moment où je me construisis, et il régnait une atmosphère malsaine. Certainement à ce moment-là où naquit une méfiance des forces de l’ordre et de l’autorité, jugé auparavant comme garant de la paix et de la démocratie. Sans oublier des lois liberticides comme LOPPSI qui fut discuté sur Internet. Je savais que c’était une loi mauvaise, donc je militais contre.

En 2012, la gauche était au pouvoir, à l’Assemblée nationale et au Sénat. Pour moi, il fallait pas plus pour penser qu’on allait assister à un « Grand Soir ». Que nenni. Je défendis même Hollande la première année contre ses détracteurs, pensant encore naïvement qu’il était de gauche.

… à des convictions

Petit à petit, à force de lire sur Internet, je me politisai. À force de discuter avec ma mère et un ami, à apporter des arguments, mes simples sentiments, mes ressentis, passent à des convictions politiques, argumentés. Ce n’est plus « bien ou mal », mais « bien parce que » ou « mal parce que ». Je pouvais argumenter et défendre mon point de vue.

Traditionnellement, je pensais que la « bonne voie » était l’aile antilibérale des Verts. Je discutais souvent avec un ami, dont ses convictions se tournait vers Nouvelles Donne. J’avais lu leur programme, mais quelque chose me chiffonna, un « je-ne-sais-quoi ». Difficile de traduire en mots des ressentis, ce n’est pas un exercice facile. Néanmoins, le fait d’écrire mes idées, tant sur un blog et les dissertations de français et de philosophie m’aida à structurer ma pensée et à argumenter. Je lus des auteurs comme Rousseau ou Thoreau, et apportait des références à mes réflexions.

Même si je n’étais pas encore majeur, j’accompagnais ma mère aux élections. Je me souviens particulièrement des élections européennes de 2014. Manque de bol pour moi, mon anniversaire 18 ans tombait quelques mois plus tard. Quelle tristesse, moi qui suis tant attaché à l’Europe ! On discutait avec ma mère du meilleur parti politique. Deux avait nos faveurs : « Féministes pour une Europe solidaire » et le « Parti Pirate ». Dans ma commune, les deux cumulés ne devaient même pas faire 10 voix…

Le bac en poche, je vais à l’université. J’eus un exposé à faire en histoire, sur le socialisme au XIX. J’appris plus sur ce courant, et vis qu’il y avait un fossé entre la vision originelle et la vision contemporaine. Une grande réflexion s’entama sur l’histoire des idées.

À ce moment-ci, en janvier 2015, alors que j’étais en plein partiel, la nouvelle tomba. Attentats. Première pensée ? « oh zut, on aura encore des lois liberticides ». Premier texte de loi pour lequel j’eus une lecture approfondit pour comprendre. Je recommençai l’expérience ensuite avec l’état d’urgence. Cette même année, une consultation publique concernait une « République numérique ». Je ne participai pas, et j’avais le sentiment, à raison, que nos voix n’allaient pas être écouté.

En 2015, enfin, j’ai le droit de voter. Première élection ? Les départementales. J’attendais ce fameux sésame depuis tant d’années, et tombait pile pour les 10 ans de ma politisation. Néanmoins, je vis nul de programme parfait, je votais donc pour le moins mauvais. Il y avait bien les écologistes, dont le candidat fut un ancien maire. Allez, je vote pour lui. Il passe pas, il reste notre maire actuel de droite et un type du FN. Premier vote barrage. Je me dis que, dans le pire des cas, si quelque chose n’allait pas, je savais où le trouver.

Puis, le jour de mon anniversaire, un ami (le même avec qui je discute politique » m’offre un livre de Murray Bookchin, « Le municipalisme libertaire », me rendit compte ce que le projet politique qui me plaisait, un fédéralisme sans État-nation et en démocratie direct, existait. Je me documentai donc plus sur l’anarchie, qui me semble être une option de plus en plus crédible, et assez proche finalement de mes idéaux premiers, que j’avais oublié.

Les élections régionales furent exaltantes, pour le premier tour du moins. Enfin, on allait avoir un parti rouge-vert, finalement assez proche de mes opinions. Ils ne passent au second tour qu’avec l’aide d’un type du PS, parti que j’appris à détester grâce à une gouvernance de plus en plus droitière du gouvernement. Triangulation entre un mélange pseudo-gauchisante, un mec ultra-droitier et le Front national. Encore le vote-barrage, à contre-coeur, me faisant dire que la prochaine fois, ça sera vote blanc s’il n’y a pas de vraie alternative rouge-verte.

Puis eut la fameuse loi travail. Autant la loi Macron, je m’étais pas trop intéressé (faute de vulgarisation sur son contenu et des tenants et aboutissants), autant cette loi, oui. Je rejoignis un comité de mobilisation à la fac. Je proposais de dire qu’on était pas seulement contre cette loi, mais aussi du monde qui était autour. Quelques rires, et au nom de la « lisibilité de nos revendications », refusa l’idée. J’étais certainement un visionnaire, parce que peu de temps après, Nuit Debout était là ! Bon, je suis allée à une des premières sessions de Nuit Debout de ma ville en province, et je fus déçu par la qualité médiocre des débats, l’alcool ingurgité par ceux d’en face était certainement pour quelque chose. Les grèves qui s’ensuivirent me marqua, car je voyais à quoi elle servait : je voyais leurs revendications.

En guise de conclusion : que retenir ?

Que retenir de mon exemple personnel ? Tout d’abord, j’eus très trop des sentiments politiques, mais qui était de l’ordre de l’instinct. Pour le développer et passer au stade de convictions, il faut passer par une phase d’intellectualisation : cela passe par l’argumentation, et le fait de se confronter à d’autres opinions. Ainsi, si on veut former des citoyens éclairer, il faut favoriser les débats, surtout aider à argumenter et structurer ses idées. De plus, je vois une remise en cause de ce que j’appelle la délégation de la pensée : le vote est pour beaucoup un moyen de déléguer les responsabilités et ses propres choix politiques. Il faut au contraire discuter, débattre autour de vous. Les propositions des candidats peuvent être un point de départ d’une réflexion, mais non une finalité !

Maintenant, je vais de plus en plus aux évènements organisés par les institutions qui demande la parole aux citoyens : j’essaye, à mon échelle, de créer un débat et sortir de banalités en proposant de sortir du cadre. C’est plus ou moins facile, selon la coopération de ceux qui organisent !

De plus, je profite d’évènements festifs comme la fête des voisins pour proposer des débats, et de ce fait réhabituer à la prise de parole citoyenne, que l’on a complètement oublié avec la démocratie représentative !

Autre point, je fais régulièrement, pour le fun, des « tests politiques », comme sur testpolitique.fr. Je vis au fil du temps une « radicalisation » de ma pensée. Peut-être que cela semble radical parce que j’ai osé imaginer sortir du cadre ou ce que je souhaite est trop différent de ce qui est proposé ? Je ne sais pas, en tout cas, mes convictions se sont renforcés en confrontant à d’autres idées ! Quelques exemples : je ne suis plus pour une nationalisation, mais une socialisation. Du public, je passe aux communs. La découverte de nouveaux concepts permettent d’affiner et de rendre plus exact ma vision du monde.

Un conseil : lisez, débattez, réfléchissez, remettez en question l’ordre établi et vos opinions… c’est comme ça qu’on se construit politiquement !