Culture : Ramune, la limonade japonaise 

Ah, la limonade, une boisson parfaite pour l’été. Mais au japon, elle a quelques particularités.

Cela commence par la bouteille, en verre, avec un bouchon étrange et surtout une forme bien particulière. Il s’agit de ce qu’on appelle le « Codd Neck« , du nom de son inventeur qui réalisa ce procédé au 19ème siècle pour les boissons pétillantes. Le Japon est parmi les derniers à l’utiliser. A l’intérieur, il y a donc une bille de verre qui va faire étanchéité avec la pression du gaz à l’intérieur et un joint caoutchouc. Pour l’ouvrir, il y a un petit appendice plastique qu’il faut enfoncer d’un coup sec ce qui donne un bruit particulier.

Ramune est le nom générique pour Limonade et vient de la prononciation du nom en japonais (oui, le R est proche du L en prononciation). Il y en a de tous les aromes, mais c’est souvent avec un goût plus sucré que chez nous, un peu chimique pour notre palais. Hasard du magasinage/shopping, je suis tombé sur une bouteille dans une grosse chaine de distribution française. C’est la marque Kimura qui exporte ça et ils n’ont pas pris de risque en choisissant le goût « citron ». Enfin citron japonais, hein.

La bouteille en verre est lourde mais ne fait que 200ml. On enlève le scellé plastique et on donne un coup avec la paume de la main pour l’ouvrir. La bouteille « crie ». Et on voit la bille en haut qui bouche le tout. Il faut attraper le coup pour boire ça mais c’est sur que c’est sécurisé. Si on renverse la bouteille, ça limite la catastrophe. Au niveau du goût, c’est typiquement du soda comme on trouve en Asie, aussi bien en Chine, Vietnam ou Corée. Pourtant, passé la surprise, ce n’est pas si écoeurant qu’on pourrait le penser. Evidemment, l’import coûte cher, par rapport à une bouteille classique. Mais ce petit moment de dégustation a un coté régressif et nous fait partir à la fois au Japon et en enfance.

Certains gamins cassent la bouteille pour récupérer la bille, ce qui en fait aussi une boisson populaire. Pourtant, ces bouteilles sont recyclées dans des consignes, comme nous avions autrefois dans certains magasins. On la trouve aussi par correspondance en France à un peu plus de 2 euros.


Tagged: alimentation, geek, japon, lifestyle

Blog : Génération(s)

Au départ, j’avais prévu de parler d’Algorithmes, les nouveaux bouc-émissaires pour tous nos problèmes, d’APB* à l’IA qui va tuer des métiers, en passant par celle des … jeux. Et puis mon petit sujet de la semaine m’est venu en discutant avec un collègue revenu d’une grosse semaine à Tokyo…

J’ai trouvé mon maître en émulation (ok, c’est pas dur)…. Le gars est tellement fan de Final Fantasy qu’il a tous les épisodes du 1 au IX en émulation sur son smartphone. Je rappelle quand même que le IX, c’était sur 4cd, à l’époque, ce qui fait plus de 2Go à chaque fois. Il a beau être plus jeune que moi, il a curieusement les mêmes références coté jeux vidéo. C’est étonnant comme cela sert parfois de passerelles entre générations. Je vois ce jeunot de Genma (:p) qui s’interroge là dessus, sur ce qu’il est, sur comment communiquer. Et bien parfois ça se présente comme ça, par hasard, par une passion, un hobby. Je parlais japon puis on est passé à Square Enix, Konami… et on parle alors comme des anciens combattants de la PSX (oui, ça s’appelait comme ça, à l’époque, la playstation). On a même parlé Bayonetta et Dark Souls, c’est dire comment ça dérive.

Dans mon article sur les émulateurs sur Android, je n’avais justement pas parlé de cette console emblématique d’une génération de joueurs : La Playstation. Déjà parce que je n’avais pas trouvé d’émulateur performant et « libre » ou gratuit. Qu’à cela ne tienne, je me suis fendu de quelques euros et j’ai mis en concurrence ePSXe et FPse (je n’ai pas encore décidé lequel est le mieux…) qui nécessitent tous les deux de récupérer un fichier de bios scph1001.bin. Une simple recherche vous amènera vers le fichier qui va bien, parce que je ne me vois pas récupérer ça dans ma console qui prend la poussière…. Pas plus que numériser mes ISO correctement d’ailleurs à partir de tous les CD originaux que j’ai gardés. Et me voilà donc à démarrer Gran Turismo d’un coté et Final Fantasy VII de l’autre. Pour le premier, il faut s’accrocher pour diriger avec précision une voiture en tactile sur un téléphone, même si j’ai passé la licence B et gagné une course après plusieurs essais. Mais pour le second, aucun problème et rien que la cinématique du début m’a donné des frissons avec la musique de Uematsu.

La première séquence de jeu de FFVII….sur mon mobile!

Ce n’est pas que de la nostalgie car c’est là qu’on remarque que ce qu’on vit dans son adolescence et sa vie de jeune adulte, marque durablement. Parfois c’est le grand frère qui refile sa vieille console et qui contamine le plus jeune. Idem pour la musique, les BD, les livres… On oublie comment cette transmission entre générations peut se faire. J’ai été surpris récemment par un gamin en apprentissage qui écoutait de vieux groupes et connaissait bien ses classiques, tout en écoutant la dernière merde chiée par NRJ. Ou bien on parle de Pokemon, les premiers épisodes pas le Go, un jeu dont l’age d’or a été il y a 15 ans…. C’est là aussi qu’on voit que le jeu vidéo s’est banalisé. Si ma génération a été la génération des gamers, ensuite on a une période plus casual, et maintenant plus mobile, avec des manières de jouer différentes. Si j’entreprends de parler de vieux jeux, avec quelques parallèles sur ce qui sort sur Mobile, c’est aussi parce qu’il y a des passerelles entre générations. Pas sur qu’on parlera avec autant de passion du temps passé sur Snapchat, Facebook, Twitter…. mais ce sont aussi des passerelles entre générations.

D’ailleurs, il y a des générations d’utilisateurs de réseaux sociaux aussi. Il y a ceux, comme moi, qui ont connu les débuts de ces trucs avant d’en voir les travers rapidement et de les fuir, au bout du compte. Il y en a d’autres qui sont arrivés alors que c’était bien installé et d’autres qui trouvent sans doute ça déjà « Has Been ». J’ai effectivement l’impression que ça se scinde beaucoup plus qu’avant, même si presque « tout le monde » a un compte de tortionnaire de caprin, histoire de…. Même les sites de rencontres se subdivisent en niches, générations, castes. Un anneau, pardon, un réseau pour les gouverner tous, disait un magicien. Je crois qu’on s’est bien planté. Alors pour réunir les générations, il vaut mieux aller voir du coté culturel et ludique.

Je lisais une interview de Matmatah qui revenait en festival cette année. Ils revoient des têtes connues dans les premiers rangs mais aussi des jeunes dont ils se demandent comment ils peuvent les connaître… La transmission est étonnante. Et blog, vidéos, podcasts sont aussi des moyens de transmissions entre générations. Si Cyrille utilise son marronnier habituel sur le sujet, je suis  moins pessimiste que lui sur l’avenir de l’écrit, comptant sur l’effet de mode. On appellera ça autrement que blog (ah les marketeux me feront toujours marrer), peut être mais ça reviendra en parallèle des autres médias, le temps de trouver la place. Je me vois mal faire une vidéo en improvisation totale comme ce billet, par exemple, ou parler à un micro avec ma voix de …. four à micro-ondes. (je vous laisse essayer l’immitation). Je vois que Frédéric, quand il n’écrit pas des sagas pour un futur feuilleton avec Ingrid Chauvin (:p), se consacre à faire découvrir des perles d’OS peu connus. Si ce n’était sa capture d’écran trop riquiqui et à mes yeux, je trouve ça parfait justement comme transmission… Surtout qu’on subit la dictature de la nouveauté dans les moteurs de recherche et … dans les normes du web.

Et il est temps de conclure, justement…Et dans transmission, il y a Trance (oui, elle est capilotractée, celle là)

*: Admission post bac, le bouc émissaire qui fait oublier qu’on n’a pas investi dans les universités pour créer des places, que les parents et les enfants sont souvent irréalistes et mal conseillés dans leur demande, allant dans des filières sans avenir ou débouchés suffisants et que les critères sont d’une hypocrisie crasse…


Tagged: émulateur, émulation, geek, jeu video, Réflexion

Cinéma : La La Land de Damien Chazelle (2016)

Ce fut le gros buzz à Hollywood surtout après l’oscar du meilleur réalisateur de Damien Chazelle. Et comme le film musical, c’est mon truc, j’avais à la fois de l’angoisse et de l’envie. J’ai malheureusement dû tarder à le voir et ce n’est pas plus mal.

Je n’ai lu aucune autre critique, mais j’arrivais avec l’idée d’un film surcoté, comme le très moyen The Artist. Et je ne vais pas ménager trop longtemps le suspens : Il l’est… surcoté. Et en même temps, ce n’est pas ce que l’on croît, d’où cette chronique.

L’histoire : Une serveuse voulant devenir actrice et un pianiste de jazz voulant ouvrir son club, se rencontrent autour de quelques notes de musique, après des désillusions. Un couple se forme avec une volonté partager de réussir pour leur art. La première se lance dans un one woman show, le second se corrompt dans une tournée lucrative. Mais le couple peut-il tenir avec l’éloignement ?

Dès l’introduction, on sait qu’on va avoir un film musical. La scène de danse dans l’embouteillage est joliement filmée, mais il me manque déjà la folie, qui arrive seulement avec l’orchestre. Le chant manque de punch, la danse aussi, pour moi qui suit habitué aux films de Minelli, Donen, pour ne citer qu’eux. Et lorsque je vois que Chazelle cite les films de Demy (les parapluies de Cherbourg, les Demoiselles de Rochefort), je comprends alors. Effectivement, la découpe des chansons se rapproche de ce qu’a fait Michel Legrand. Il n’y a pas vraiment de refrain, mais un joli thème autour duquel on raconte une histoire. C’est aussi déroutant que l’original mais ça passe mieux en anglais, mais comme il cite aussi le Top Hat de Mark Sandrich, je me dis que je devrais y trouver mon compte.

Mais il y a le casting. Emma Stone n’est pas Ginger Rogers, mais surtout Ryan Gosling est très, très loin de Gene Kelly ou Fred Astaire. Vocalement, ça reste timide et coté danse, c’est lourdaud. Emma Stone a ce charme de girl next door et une grace supérieure, qui la sort du lot. Pour le reste, il n’y a pas grand chose à dire puisque l’essentiel des chansons est centré sur ces deux personnages. Chazelle marque donc une grosse différence d’avec ses ainés et c’est là que je me dis que ce n’est pas un film musical. La musique n’est là que pour la forme, car le film raconte autre chose. Il parle d’Hollywood, Chazelle faisant dire à son personnage de Sebastien (le pianiste), qu’Hollywood se souvient mais n’a aucune estime pour son passé. L’estime, il la montre à travers beaucoup de clins d’oeil cinéphiles, mais qui sortent aussi du domaine musical.Voilà qui flatte toujours le critique….

Chazelle ne fait pas non plus une romance, car le film tire trop en longueur. Il y a bien deux moments de grâce qui font penser à des classiques musicaux du genre (je vous laisse les trouver). Chazelle a un indéniable sens de l’image en jouant avec le cadrage et les couleurs. Mais il n’est pas un scénariste de romance, même si la trame est classique : Ils se détestent, se découvrent, s’aiment, se trahissent…La fin, vous la découvrirez. Chazelle a fait un film sur les artistes qui veulent percer à Hollywood. Il parle de ce qu’ils doivent sacrifier, ils parlent autant à ceux qui ont réussi et se retournent alors sur leur passé, qu’à ceux qui souhaitent réussir et ne savent pas comment. Il parle à la fois de la chance qu’il faut, mais aussi de l’énergie qu’il faut déployer ou bien encore des compromis qu’il faut accepter. Chacun des personnages incarne ces différents « moyens ». On comprend alors pourquoi cela aurait dû être son premier film avant Whiplash. Chazelle est plus musicien que metteur en scène de film musical. Malgré sa passion, il lui manque l’oeil du danseur, du chorégraphe. Il ne fait que plagier des classiques, même s’il le fait très bien.

Avec ce constat, le film peut décevoir. J’ai l’impression qu’il flatte le milieu dont il est issu mais oublie les fans des genres qu’il emprunte. Comme je pense aux meilleurs films musicaux, je suis déçu car je n’ai pas de scène qui sort vraiment du lot sans me rappeler autre chose, de mieux. Le propos du film me paraît brouillé par ces hésitations et ce manque de folie. Mais pour ceux qui n’ont rien vu de tout ça, et qui sont pourtant sensibles à la poésie du genre, à la sensibilité d’une comédie romantique, ça peut fonctionner. Par rapport à The Artist que je citais, cela fait moins dans l’esbroufe (oh, c’est un film muet!, cool). Le réalisateur est talentueux dans sa mise en image et n’a pas volé son oscar, quand même. Emma Stone n’a pas volé ses prix (C’est Bérénice Béjo qui aurait dû l’avoir, pour moi, dans le couple de The Artist) car elle dévoile un joli talent à se fondre là dedans, pour ceux qui doutaient encore d’elle. Maintenant, l’histoire fera le reste et on ne reparlera peut-être pas tant de ce film, mais des suivants de ce réalisateur doué.


Tagged: 2010s, Cinéma, comédie musicale, romance

Pause Poésie : Brasier

L’incendie fait rage.
Le ciel s’assombrit
comme pour un orage.
Il se glisse dans un trou de souris.
Il observe ce qui se passe.
Le feu rougeoie autour,
les arbres trépassent .
Plus de vie alentours.
A t il commis un crime
pour voir tout détruit
du sol aux cimes
partout autour de lui ?
Ses yeux brillaient
pendant le brasier .
Les autres pleuraient
en perdant leur foyer
dans cette folie destructrice .
Ne s’est il pas découvert
des travers et des vices
un gouffre à jamais ouvert ?


Tagged: poème, poésie

Littérature : Le Lagon noir d’Arnaldur Indridason (2016)

Je ne sais plus qui m’avait conseillé d’aller voir dans les auteurs nordiques. Leurs thrillers et polars sont à la mode et j’ai un peu pioché au hasard d’un rayonnage.

Je suis donc parti pour l’Islande pour suivre cette enquête :

Reykjavík, 1979. Le corps d’un homme vient d’être repêché dans le lagon bleu, qui n’est pas encore aussi touristique qu’aujourd’hui. La victime serait tombée d’une très grande hauteur, peut-être a-t-elle été jetée d’un avion. En découvrant qu’il s’agit d’un ingénieur qui travaille à la base américaine de Keflavik, l’attention de la police se tourne vers de mystérieux vols secrets effectués entre le Groenland et l’Islande.

A priori, on est dans du classique avec la petite part de mystère qui fait tout envisager. Mais Indridason est plutôt habile car pour rompre l’ennui potentiel de son récit, il insère une autre enquête, sur la disparition d’une jeune fille depuis 25 ans. Nos héros sont deux policiers islandais : une dure à cuire expérimentée, Marion et un jeune policier ambitieux et torturé, Erlendur. Avec ce prénom et tous les noms des localités, nous voilà dans un exotisme glacé et inhabituel et qui m’a stimulé pendant un temps.

En effet, je connais assez mal ce pays ou j’en ai une image de paysages lunaires, de volcans, geysers et d’un peuple viking. Mais j’en avais oublié l’histoire de l’après guerre, cette occupation américaine, le long processus de redressement de l’économie etc…Ce n’est pas vraiment dans le livre mais il pousse à s’intéresser au contexte de l’histoire et à ce peuple. Là on se dit qu’Indridason a réussi son pari.

Et bien je suis plus mitigé. Car aussi habile soit-il dans sa mise en scène, les deux enquêtes sont vraiment sans surprises. La conclusion est d’une banalité à faire peur. On trouve trop rapidement le coupable et l’auteur n’essaie même pas la technique de la fausse piste. Erlendur est un personnage intéressant et bien traité mais Marion mériterait mieux, au même titre que Caroline, la policière militaire américaine. Comme le tout est forcément traduit, on ne peut pas dire que le style soit mémorable.

Pourtant, j’ai été happé au moins par une des histoire, jusqu’au deux premiers tiers du livre. Après, j’ai trouvé que ça tirait inutilement en longueur. Ce n’est pas ennuyeux mais ce n’est pas mémorable non plus. Un livre qui s’avère donc une honnête distraction mais qui, par son manque d’originalité (en dehors du contexte), n’ira pas peupler ma bibliothèque de relecture.

 


Tagged: 2010s, islande, littérature, policier

Mobile : De quoi se prendre la tête en vacances, avec … des jeux

OK, malgré le dernier article, vous ne pouvez définitivement vous passer de mobile en vacances. Mais j’espère au moins que ce n’est pas pour votre réseau social ou votre boulot. Donc autant se distraire et jouer…

Qui dit vacances, dit wifi hasardeux, panne de réseau. Alors il faut viser du jeu qui peut fonctionner offline. Et tant qu’à faire, en bon geek, on va se prendre un truc bien prise de tête, long… Tiens, un diablo-like, par exemple. Pour rappel, Diablo est un jeu de rôle de type Hack’n Slash où l’on parcourt des « donjons » pour massacrer du monstre à tour de bras. Et bien, il y a un clone de Diablo, fait vraisemblablement par des fans du jeu, tellement c’est ressemblant. Ca s’appelle Eternium, c’est gratuit et même sans pub. Enfin gratuit, presque car on peut acheter des bonus, armes etc dans le jeu. Sinon, il va falloir « leveler »et explorer les méandres de ces labyrinthes. Ce qui est appréciable ici, c’est l’interface. Pas de surcharge, pas de trucs trop petits (même si les menus…) et un système de commande pensé tactile avec des formes à dessiner sur l’écran pour faire des « combos », ou des assauts. Chose appréciable, après l’installation, il télécharge les données du jeu pour pouvoir jouer offline. Il faudra juste un peu de place sur la carte SD/Mémoire du téléphone. Sans être époustouflants, les graphismes restent fidèles à l’esprit de l’original. La vidéo suivante vous donne idée de ce que ça donne à haut niveau.

Ok, vous êtes plus dans la réflexion que l’action. Alors pourquoi pas un jeu de « cartes » en solo, un truc pour faire fonctionner votre vrai cerveau? Il y a Onirim pour cela. Bon, pour les règles, il y a un excellent tutoriel, sinon ça va être compliqué à détailler. Mettez du Uno, des Dominos, du Magic  et mélangez le tout…. Et là je simplifie. Par contre, le challenge est plutôt relevé pour les amateurs. Pour tout dire, il existe en jeu de carte normal, ce qui est expliqué dans la vidéo suivante :

Alors en sachant que le jeu mobile est tout à fait fidèle, et là encore sans pubs intempestives, vous serez peut-être tentés par le challenge. Effectivement, il y a du hasard, mais on peut mettre en place des stratégies pour arriver à « sortir du labyrinthe ».

Voilà, c’est tout, car avec ces deux là, ça doit suffire pour vos deux semaines réglementaires, voir trois ou quatre. Sinon, on va me dire que je pousse au vice.


Tagged: action rpg, android, geek, iOS, jeu de carte, jeu de role, mobile

Blog : Dépendance et isolement

J’ai fait un petit exercice l’autre jour, alors que j’étais dans le métro. J’ai regardé autour de moi, au lieu de rester rivé à mon écran de smartphone comme mes congénères. La moitié du wagon, au moins,  était à regarder un écran. 

Dans le métro de Pékin, c’est même pire. Pourtant, les parisiens adorent se renfermer, être désagréables et bousculer tout le monde (ok, les Pekinois, enfin les habitants pas les chiens, ne sont pas des exemples non plus). Mais il y a quelques années, ils avaient un journal, un livre, une pelote de laine, une console de jeu et un gros casque sur la tête… Aujourd’hui, il y a tout sur le même écran, cerveau compris. Je le sais, le mien est posé à coté de moi, pendant que j’écris cet article sur un autre écran.

Arrivé à la gare, je suis allé à la librairie presse. Oh, elle était bien déserte, je trouve par rapport à la cohue ordinaire. ça doit avoir quelque chose à voir avec cette habitude d’avoir tout sur l’écran. Forcément, on achète moins son quotidien, surtout dans une gare de Banlieue où l’on a des gratuits et un voyage durant parfois moins de 30 minutes. Je cherchais moi même un trimestriel (là t’es sûr que ça traite pas d’actualité!) et évidemment, il n’y était pas. Bilan, un peu plus tard, dans mon train, je me suis rabattu…..sur mon smartphone. Déjà parce que le paysage n’est pas très reluisant sur la ligne. Mais en plus, tu n’as pas l’air louche si tu observes tes compagnons d’infortune… ce que j’ai quand même fait :  Une dame avec un smartphone dont la coque avait des oreilles scintillantes jouait en écoutant de la musique. Un autre semblait corriger des notes manuscrites en tapotant sur sa tablette, le dernier pas avant le burn out. Un autre encore s’était barricadé avec son barda en écoutant de la musique avec ses écouteurs, comme si on allait lui piquer. Une jeune fille tapotait frénétiquement sur son smartphone avec un sourire niais toutes les 10 s. Sans écran, point de salut.

Distraction, outil de saisie, outil de communication, outil d’information… Avec tout ça, on se dit que forcément c’est mieux qu’avant. Le soir, j’ai utilisé mon deuxième cerveau pour me guider dans les embouteillages…Pas de miracle, c’était 1H30, le tarif. Et puis, il faut se méfier de cette dépendance. On se retrouve vite les yeux captés par cet écran plutôt que par la route. Parfois, on a le cycliste muni d’un casque audio, ou le piéton mélomane qui traverse sans se soucier du monde qui l’entoure. Je n’ai toujours pas rajouté d’autocollant « vieille dame » sur le flanc de mon véhicule, façon Papy Boyington (référence moisie assumée). Et le chemin indiqué obéit à un algorithme très stéréotypé qui fait qu’à un moment, tu es dans le même chemin tordu que l’ennemi d’à coté. Ton GPS hésite entre 2 solutions et bascule de l’une à l’autre dans un chaos infernal. A ce moment là, tu te souviens que ton cerveau est juste derrière tes yeux….ou pas. Mais comme maintenant t’es pas foutu de retenir ton propre numéro de téléphone, ton calepin d’avant c’est ton smartphone….qui transporte presque ta vie.

Et là,  le drame, l’incident fatal. Tu le perds. Celui qui le récupère a ta vie dans ses mains, les clés de chez toi, de tes secrets intimes. T’as rien chiffré,  pas mis de mot de passe, évidemment. On se tape des pubs et émissions à longueur de journée sur les cambriolages de l’été mais rien sur les escrocs qui facturent nos cerveaux de rechange. C’est sur que si nous avions mieux utilisé le premier,  nous n’en serions pas là. Je plaide coupable aussi car je suis bien imprudent aussi. Il y a des failles car  qui aime vivre barricadé derrière une serrure qu’on ouvre avec deux ou trois clés,  où il faut ranger tout tout le temps au bon endroit. J’aimerai tant vivre portes et fenêtres ouvertes. Tout nous pousse à l’inverse, jusqu’à l’actualité où 14 juillet est synonyme de terrorisme et d’armée plutôt que de révolution et liberté.

Alors on ferme tout en plus de s’isoler et on communique avec ses proches par des onomatopées et des codes. On s’envoie des visages dessinés oubliant de regarder celui des autres. Et notre cerveau se démode, se déprécie en plus. Certains croient rester jeune en changeant tous les 6 mois, que pas cher c’est pas bien…ou très cher c’est mieux. La pression sociale pousse à utiliser la même chose que le voisin, pour se rapprocher. Tu te sens vite exclu si tu ne joue pas dans ton coin au même jeu que les collègues, si tu n’es pas dans le même réseau. Oh, ça valait déjà avant, à l’école. On a déplacé le problème.  On court à l’isolement et on partage sa vie. Curieux phénomène qui mène à une sorte de schizophrénie,  une mégalomanie où l’on redoute le « hater » inconnu plus que la remarque perfide d’un ami, où on collectionne de l’amitié comme des personnages d’un jeu vidéo.

Je n’aurai pas du prendre ce train, regarder le monde qui m’entoure. Rester entre soi et son jumeau cybernétique,  voilà la solution bien sûr ! J’ai programmé deux mois d’articles culturels et geeks, là,  histoire d’être tranquille pendant cette période de moindre fréquentation des blogs. Encore que je dois avoir de quoi terminer l’année pour un blogueur moyen… Comme je l’avais dit en début d’année, se recentrer sur soi apporte du temps pour lire, écrire,découvrir, et pourtant il reste encore des manques, des manqués,  des mantras….

Et hop, pirouette pour le titre de cette semaine après un billet venu comme ça, sans prévenir.

(dessins et photos…de moi)


Tagged: dépendance, drogue, geek, mobile, Réflexion, smartphone

Presse du Passé : Casus Belli (1980 à aujourd’hui)

Comment ? Presse du passé et pourtant ce magazine existe encore! Oui, mais non en fait puisque le Casus Belli actuel n’a rien à voir avec celui que j’ai connu jusqu’en 1999. D’ailleurs il ne fait que revenir et repartir depuis.

Après ma découverte du jeu de rôle et du wargame sur Jeux et Stratégie, je me suis retrouvé orphelin à sa disparition. Mais heureusement, il y avait Casus Belli, plus orienté JDR mais parlant pas mal d’autres jeux, d’heroic fantasy, de wargames (forcément, avec un tel nom…), etc …. Et le magazine a été créé en 1980, dans sa période fanzine par un certain François Marcela-Froideval, que les amateurs de BD connaissent pour le scénario des Chroniques de la lune noire. Comme il travaille dans la boutique parisienne Jeux Descartes, le magazine sera toujours très lié à ce distributeur éditeur. On retrouve aussi Didier Guiserix et il y a de forts liens avec J&S, au début….puisqu’en plus c’est Excelsior qui reprend le magazine avant de le fermer en 1999.

Ce magazine m’a accompagné donc entre le milieu des années 80 et le milieu des années 90. J’ai parfaitement en mémoire les magnifiques couvertures de 87 par exemple, où l’on peut voir l’une des mascottes, Kroc le bô créé par Chevalier et Ségur. On y parle de littérature sinon et j’y découvrirai le cyberpunk. On y parle jeu de figurines, et ça sera une de mes passions avec même une écriture d’une règle que j’ai du laissée dans des cartons. On y parle histoire, forcément, pour le wargame, mais aussi des tendances du moment, comme l’arrivée des Mangas. Je m’amuserai avec Car wars pour me prendre pour Madmax, avec Blood bowl pour enfin comprendre les règles du foot US, et j’en passe. Le jeu en encart y retrouvera aussi une existence et j’en ai collé des pions sur des feuilles cartonnées.

Et j’oubliais Formule Dé, un jeu de plateau que j’avais découvert dans un salon en prototype et qui sera ensuite édité et dont Casus Belli fournira un circuit. J’en avais décliné une version « Nascar » avec ma propre règle et mon propre ovale de vitesse. Mais en relisant tout cela, je m’aperçois aussi que j’ai arrêté de lire le magazine dans sa nouvelle formule de 1993. Cela tient plus aux études et à l’arrivée du jeu vidéo que d’un manque de qualité du magazine. C’est d’ailleurs ce qui va le tuer aussi car le jeu de rôle est devenu un jeu informatique, tout comme le wargame d’ailleurs. Les jeux de carte comme Magic ont tenu un peu de place mais il y avait aussi une presse spécialisée pour cela. Les jeux de plateau et le reste sont restés dans un microcosme qui subsiste encore de nos jours mais n’est plus ce qu’il était. A l’époque, on jouait dans les salles de permanence du lycée, que ça soit à Stormbringer ou à Magic.

Bref, ce magazine a été le témoin d’une époque, de ma jeunesse et ça fait vraiment bizarre de feuilleter un ancien numéro, maintenant. Nostalgie, quand tu nous tiens.

 

 


Tagged: 1980s, 1990s, geek, jeu de plateau, jeu de role, presse, wargame

Pause Photo : Juillet 2017

1-Quintet : Mais que peuvent bien regarder nos 5 mouettes ? Certainement pas leur propre image dans le miroir que fait l’eau salée sur le sable de cette plage normande mais plus sûrement un « prédateur » à 2 pattes.

2- La pèche à pied : C’est une des activités favorites de beaucoup de touristes d’un certain age en Normandie. Un filet à crevettes et c’est parti. On les rencontre plutôt le matin, à marée basse, dans les petits bras de mer isolés, et sur celui là, on sent le pro. Pas de quoi faire un repas, pourtant, car il n’y a plus beaucoup d’espèces commestibles dans le coin, malheureusement… pour la nature.

3- Caprice : Mais que voulait ce jeune garçon que sa grand mère entraine ailleurs? Nous ne le saurons jamais mais son regard semble irrémédiablement attiré vers autre chose. La femme pourrait le trainer sur le sable pour lui faire passer ce qu’elle considère comme un caprice. Et sur la plage, on ne manque jamais d’en faire, entre la peur de l’eau ou l’envie d’y rester, les jeux avec les copains et copines, les glaces et autres gourmandises…

4- Prisonnier : Le regard de cet âne ne cesse de m’émouvoir. Cela fait plus de 15 ans que je le côtoie périodiquement et il aurait bien envie d’aller voir autre chose que son champ. Même s’il a de la compagnie, si on est parvenue à soigner une maladie grave, il y a quelque chose dans son regard qui semble dire : Faites moi m’évader.

5- Caresse : 15 ans d’amitié, de regards complices et une caresse pour ce magnifique équidé trop souvent conspué. C’est un peu la suite de la photo précédente et à mon âge, je sais qu’il est trop tard pour espérer « avoir » un âne… mais qui peut posséder un animal aussi intelligent. ça serait plutôt l’inverse.


Tagged: photographie

Cinéma et BD : Fahrenheit 451 (1966 – 2010)

On connaît l’oeuvre originale de Ray Bradbury…Mais il a été adapté en film en 1966, mais aussi en comics par Tim Hamilton en 2010. Un paradoxe quand on connaît l’oeuvre et qui peut faire débat.

Ecrit entre 1947 et 1951, le livre de Bradbury reste ancré dans une réalité d’après guerre. Il ne fait pas appel au macCarthysme , comme on peut le croire mais plus probablement aux totalitarismes qui furent vaincu par une Amérique qui veut aussi imposer son bonheur, avec l’arrivée de la télévision, de la publicité de masse, … Face à cette déculturation, Bradbury s’inquiète de ce que pourrait donner l’alliance de tous ces éléments. Et ça donne ce synopsis :

Dans une société dystopique où la connaissance est considérée comme un danger, les livres sont interdits. Le métier de Guy Montag consiste à les repérer et à les détruire par le feu. Mais un jour, sa rencontre avec Clarisse le pousse à remettre son activité en question.

La BD d’Hamilton est totalement fidèle au roman, jusqu’à son découpage en trois parties. Chronologiquement, il n’y a pas de variation et c’est donc une transposition visuelle qui n’est pas forcément conforme au souvenir que j’avais du livre. Chaque lecteur se fait son propre imaginaire et c’est tout le problèmes des adaptations. Hamilton offre donc à ses lecteurs un moyen de connaître ce classique autrement qu’en roman, en essayant justement de ne pas trahir l’oeuvre. Le discours du capitaine Beatty sonne pourtant bizarrement dans le contexte d’une BD. Son univers est sombre, plutôt élégant et travaillé. C’est un choix qui se respecte.

Le film de François Truffaut,que j’ai pu revoir récemment, a mal vieilli. Le décor est Kitsch aujourd’hui avec ces uniformes bricolés, ce look propre aux années 60. Il fait justement vieux comicbook, un peu comme les adaptations de Batman de la même époque. Et pourtant l’histoire est là. Truffaut a pris des libertés dans la chronologie et dans l’age des personnages. Il n’en reste pas moins intéressant dans la force des images des scénes clés. La scène des soins à la femme de Montag, après la tentative de suicide de Mildred est très réussie par exemple. Il insiste finalement plus sur ce mal être paradoxal d’une femme qui semble tout avoir, dans ce bonheur calculé et automatisé. Montag montre progressivement ses contradictions et ça s’enchaîne bien plus logiquement que dans la BD. Seul le visuel nous fait parfois sortir de l’histoire, aujourd’hui. Et de Dystopie, on pourrait penser à une uchronie.

Est-ce que l’une de ces deux oeuvres fait aussi ce que Bradbury semble dénoncer, à savoir la réduction des oeuvres à des citations, à des condensés, jusqu’à les voir disparaître? Nous sommes peut-être plus proche d’un 1984 dans la vision de Truffaut que dans celle d’Hamilton. Cela rend le film de Truffaut encore intéressant et fascinant, sans réduire l’oeuvre de Bradbury. J’ai du mal à trouver de gros défauts à la mise en image d’Hamilton, mais c’est aussi sans surprise lorsque l’on a lu l’original. Par son classicisme, à défaut de modernisme, la BD est presque plus recommandable à celui qui est rétif à l’idée de lire un roman. Mais j’ai un attachement particulier au film de Truffaut, peut-être par ses maladresses, ou le fameux monorail Safege qui me rappelle le prototype de Jean Bertin dont on trouve encore des vestiges. Le puriste que je suis aura de toute façon tendance à reprende le livre, parce que justement, ils sont toujours menacés. Donc à chacun de voir selon ses affinités.


Tagged: 1950s, 1960s, 2010s, bd, Cinéma, comics, Culture, dystopie, régression, totalitarisme

BD : Michel Vaillant – 1 Le Grand Défi de Jean Graton (1959)

Michel Vaillant, c’est un peu de ce qui m’a fait aimer l’automobile, sans doute. Pourtant, je suis né bien après lui. Ce premier épisode est-il encore « lisible » aujourd’hui ?

Si je possède beaucoup des premiers albums (réédités de nombreuses fois), cela fait un moment que je ne les ai pas réouverts. C’est un peu un voyage dans le temps, autant dans mon adolescence que dans l’histoire de la course automobile. Ce premier épisode date de 1959, et on peut dire que les voitures sont celles de la saison de formule 1 1957 (car on parle du titre de Fangio). On y croise en effet la Vanwall, première voiture anglaise championne du monde en … 1958. Mais c’est donc la première apparition de Michel Vaillant, le champion français, fils de la famille Vaillant qui construit les voitures de la marque … Vaillante. Et pour ce premier épisode, il va défier les pilotes américains, qui critiquent le championnat du monde, soit-disant pas représentatif. A cette époque, les pilotes de F1 courraient aussi en Endurance donc ce n’est pas une surprise de retrouver notre héros sur les 24h du Mans. On retrouve aussi le grand prix de Buenos Aires, de Francorchamp…normal pour le style franco-belge.

Le début est assez bavard avec de grosses bulles pour expliquer le contexte. Et peu à peu, on rentre dans l’action, dans les courses automobiles… mais aussi dans la France des années 50. Aujourd’hui, cela paraît démodé, notamment pour la place de la femme, pour la vision paternaliste du capitaine d’industrie. Il en était ainsi…Et puis il y a le dessin extrêmement réaliste et précis de Graton qui devient presque un reportage. Pourtant, le rythme de l’histoire est plus rapide que ce qu’il fera par la suite, passant rapidement d’une course à l’autre, sans trop de détails ou de rencontres avec les figures de l’époque. Graton est encore un débutant dans le journal de Tintin et son héros, un grand inconnu du Continental Circus. Ouvrir une telle BD, c’est accepter le voyage… ou pas.

Si j’oublie mon coté fan et nostalgique, je dois avouer que ça a vieilli et que Graton mettra plus de rythme ensuite, avec un scénario moins prévisible. Il y a des rebondissements, c’est sûr, l’angoisse de l’accident, et comme on sait maintenant qu’il sera copain avec Steve Warson, on se demande comme ces deux ennemis du premier épisode, vont travailler ensemble. Ce qui me plaisait aussi, c’étaient les créations automobiles de Graton, toujours un peu futuristes. Ici, c’est la Vaillante grand tourisme, une voiture qui a quelque chose d’Alfa Roméo et de Facel Vega, avec une bulle de verre et des improbables portes papillons (la Mercedes 300 SL étaient déjà sorties…). C’est irréaliste mais ça faisait rêver.

 

Aujourd’hui, c’est 35 ans de plus et je rêve pourtant encore, ce que les concept-cars ne font plus vraiment. Plus qu’une histoire en bande dessinée, ce premier épisode invitait au rêve, à la passion et ça me fait encore quelque chose de la relire. Je découvre maintenant que le fils de Jean Graton a relancé la série avec de nouveaux dessinateurs. Il faudra que je m’y penche, avec mon âme d’enfant. Un enfant d’aujourd’hui aura peut-être du mal à comprendre comment on pouvait courir avec un petit casque ridicule et en bras de chemise à 290km/h sur un anneau en ayant plus de 40 ans (l’age de Fangio était de 46 ans !). Oui, il fallait être fou et maintenant, les vieux Michel Vaillant sont aussi des témoignages. A suivre pour d’autres albums …


Tagged: 1950s, Automobile, bd, course, franco-belge, histoire, michel vaillant

Blog : j’étais à la FFBE Fan Festa Paris 2017

FFBE signifie Final Fantasy Brave Exvius (j’avais parlé de ce jeu mobile ici) et la fan festa est un événement destiné aux fans du jeu, enfin surtout à 360 désignés par tirage au sort après inscription. J’en étais avec Madame cette année, puisque nous jouons depuis plus d’un an. 

Ça fait un moment que je n’avais pas fait de salon de jeu vidéo ou d’évènements geeks…. presque 10 ans. Et dans la file d’attente, ça se voyait un peu avec une majorité de personnes de 25-35 ans et où nous étions sans doute dans les doyens avec la quarantaine bien tassée. Ce n’est pas grave, l’age c’est dans la tête…euh, un peu dans les jambes pour un évènement prévu pour durer 4 heures au Yoyo, une salle de concert située dans le palais de Tokyo. Le quartier est chic, en face de la tour Eiffel, non loin des Champs Elysées. Les producteurs japonais du jeu vont apprécier…pas qu’eux puisqu’il y avait des fans européens aussi, jusqu’au Danemark.

D’ailleurs, c’est bien les producteurs que l’on voit un peu avant l’ouverture des portes, saluer les membres du personnel Square Enix venus nous guider. Avec leurs t-shirts rouges, ils sont bien repérables et vont parfaitement encadrer cette organisation à la japonaise : ça commence à l’heure dite, ça donne des renseignements avant qu’on les demande, c’est aimable et professionnel. Le fan apprécie. Le contrôle de sécurité passé, nous présentons un « badge » envoyé par mail, qui est validé pour nous remettre le bracelet orange de la soirée, une carte spéciale et une bouteille d’eau. On annonce 450 personnes dans la salle, ce qui comprend le staff, les invités et les participants, j’imagine. C’est gérable et comme c’est la canicule, le fait d’avoir choisi une salle un peu enterrée est une très bonne idée. En effet, il ne fera pas trop chaud à l’intérieur alors que la température va vite monter par l’ambiance bon enfant qui y règne. Ben et Tiphanie, les animateurs, font rapidement le point sur ce qui va se passer, avant que l’évènement ne commence une heure après. Mais en attendant, on doit choisir le design d’un personnage, dessiné par des joueurs, on peut voir des artworks du jeu dans une galerie, acheter un artbook, ou bien… se faire photographier par le staff avec une grand poster de l’évènement ou bien carrément avec les producteurs du jeu : Hiroki Fujimoto  et sa mythique veste arc en ciel et Kei Hirono, l’un étant producteur du jeu « occidental » et l’autre pour les deux versions.

 

Je conserve pour moi leur carte de visite, une tradition très japonaise. Ils étaient sympathiques et disponibles avec les fans, signant les artbooks jusqu’à deux minutes avant le début du show…. Et quel show puisqu’ils ont fait venir un groupe de musicien, spécialement, pour interpréter les musiques du jeu. La violoniste est en Iromuji, tandis que les autres musiciens arborent le tshirt de la soirée. C’est la musique des combats qui ouvre et ça envoie…. Les producteurs du jeu entrent ensuite et nous présente quelques spécificités de la soirée. Nous recevons un personnage exclusif : Lid artisan. Là encore, c’est sympa car le personnage a de bonnes caractéristiques et est fourni directement au max. Ceux qui affronteront les participants, vont adorer la « Limite » de ce personnage arborant le béret , la marinière et une palette de peinture.

Après cette introduction et la présentation du jeu, on aura droit à des classiques : Le mot du président de Square Enix, par exemple, austère mais sympa quand même. Et puis ce sont les questions réponses…. Ils ne sont pas déçus car ce sont de vraies questions de fans, particulièrement pointues puisqu’elles parlent des équivalences entre les jeux japonais et mondiaux. Les personnages de Dragon quest, en tout cas, ne sont pas prêts de rejoindre le jeu, apparemment. Un peu plus de chance d’avoir Sephiroth, de FFVII. Malgré les 4 traducteurs présents, il faudra le renfort d’une participante pour traduire en japonais des choses très spécifiques à l’univers du jeu.

Vient aussi le moment des annonces. Avec un public assez agé, quand même, l’annonce d’une deuxième Ariana Grande tombe à plat. Par contre, l’annonce de personnages de Nier Automata le nouveau Action RPG de Square Enix, va faire un tabac. Il y aura aussi le boss ultime de la version jap, le truc imbatable habituel….jusqu’au prochain.

Question message, on aura également le créateur du jeu, le grand Hironobu Sakaguchi qui donnera une note d’humour en taquinant M. Hirono (le grand idiot…) et qui se réjouit que « son jeu » soit encore apprécié 30 ans après. Oui, Square fête aussi les 30 ans du jeu et j’étais donc un peu en avance en en parlant l’année dernière. Enfin, nous aurons droit à un message du créateur des musiques du jeu,Noriyasu Agematsu qui s’est évidemment inspiré parfois de Nobuo Uematsu, mais a donné un coup de jeune, et a préparé les arrangements du groupe présent ce soir.

Mais le truc dans ces soirées, c’est de faire participer les fans. Alors après les questions réponses, il devait y avoir un combat dans un raid spécifique. Malheureusement, entre le wifi et le réseau 3G récalcitrant, plus un serveur vite à genou, ça ne fonctionnera pas. Alors pour s’excuser, les producteurs nous feront cadeau des récompenses prévues et ne cesseront de s’excuser au long de la soirée pour ce désagrément. Ca fonctionnera un peu mieux pour le jeu du ballon qui amènera 2 joueurs sur scène défier « Balloon master », le surnom de Hiroki Fujimoto. Le principe était de faire exploser un ballon en le gonflant pendant que l’autre producteur du jeu réalise un donjon et avant qu’il ne le termine. Le quizz, par contre, sera très vite réglé avec des questions particulièrement difficiles… mais tordantes. Les gagnants iront recevoir leurs lots sur scène.

La tombola foirera un peu aussi mais grâce au support des tshirts rouges, nous trouveront les 5 gagnants du soir qui ont aussi reçu la fameuse veste arc en ciel. Les petits incidents n’entameront pas la bonne humeur des participants. Et le bouquet final sera le retour du groupe, la violoniste ayant repris une tenue plus classique. Nous aurons aussi la visite de Mogg, lui même. Si si… il y a même une participante qui rêvait de se le faire…. pardon, de le prendre dans les bras. Avec sa fortune, je doute que ça ne soit pas interessé.

Un peu avant 21h, c’était terminé après un excellent showcase du groupe qui nous gratifiera d’un rappel après Amigo de Chocobo ! Ils nous donnent rendez-vous à Taiwan le 9 septembre pour un autre Fan Festa. Hum, ça fait un peu loin quand même, car c’était la seule date européenne de cette belle initiative. Il me reste donc à continuer le jeu qui veut durer autant que tant d’autres jeux en ligne sur mobile. J’avais fait une petite pause en fin d’année dernière, mais je crois que je suis reparti de plus belle. En tout cas, Madame et moi étions ravis.

ps : le personnage gagnant du concours est Circe…une mage particulièrement réussie. Et en sortant, nous avons eu un petit sac siglé avec quelques sympathiques goodies. Non, je vais être sympa, je ne vous dis pas ce que l’on a reçu en plus dans le jeu, gnark gnark… Et si vous êtes malins, vous verrez ma gueule dans les vidéos officielles.


La galerie complète est ici


Tagged: android, fan festa, ffbe, final fantasy, final fantasy brave exvius, geek, jeu video, paris

Blog : Européen !

Je vous rassure, je ne souffre pas de Macronite aigüe comme beaucoup de mes concitoyens mais je réagis à froid sur les disparitions de Simone Veil et Helmut Kohl. Car, en dehors d’autres oeuvres politiques, ils ont participé, à leur manière, à construire un idéal européen, même s’il n’a pas été concrétisé comme on le voudrait. Ce qui me fait me sentir… Européen.

(Reuters)

Oh, je te vois venir, toi le souverainiste ou le critique de Bruxelles qui trolle à tour de bras les billets un peu politiques. Non, ce n’est pas de cette Europe dont je veux parler. Je veux parler d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, une Europe de fraternité entre les peuples. Et j’ai l’impression que cela vient plus de mon éducation que de mon ascendance. Car évidemment, j’ai eu des ancêtres qui sont morts dans ces conflits européens en 1870-71, en 1914-18, plus les emprisonnements et déportations de 1939-1945. Alors l’Allemand n’était pas forcément bien vu à la base. Le Grand père aura bien du mal à visiter la Forêt noire sans penser à tout cela. Mon père était adolescent quand c’était le maquis….Mais après guerre, de grands Hommes (avec le H incluant des femmes …) ont permis cette réconciliation longue. Je me focalise essentiellement sur l’Allemagne et la France car c’est quand même ce qui a structuré cette Europe.

J’ai appris l’Allemand et forcément, ça aide pas mal ensuite à comprendre l’autre. C’était aussi avec la carotte du « niveau des classes », ce qui au final ne fait pas vraiment de différence après… Mais j’ai fait aussi des voyages scolaires et des séjours linguistiques dans ce pays. Ok, je ne suis pas très doué mais j’arrive quand même à comprendre un peu d’une conversation….moins qu’en Anglais par contre 😀 . Et puis, je suis forcément un enfant du Mitterandisme plus que de Giscard ou de Chirac. 14 ans de « règne » avec une complicité très forte avec l’Allemagne, ça marque une adolescence. Alors je me souviens des larmes d’Helmut Kohl à l’enterrement de Mitterrand et je ne peux m’empêcher d’avoir de la sympathie pour ce chancelier, même si à l’époque je ne connaissais pas grand chose de sa politique intérieure. Quant à Simone Veil, outre l’IVG, j’ai en mémoire son rôle dans la construction européenne et ses paroles, même si j’ai plus de souvenirs de Jacques Delors.

L’Europe,  j’ai eu aussi la chance de la découvrir ailleurs….par les pays limitrophes. Et en France, on est gaté pour ça. Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Angleterre….Et par extension on peut pousser jusqu’au Portugal, l’Autriche, la Hollande. Sur ces pays, j’en ai bien visité les 3/4 ce qui forge aussi un sentiment d’appartenance européenne. Je n’ai pas fait Erasmus, par contre mais les correspondants, ça aide aussi. Là encore, ils furent plutôt allemands….Notamment un que j’avais rencontré juste après la chute du mur de Berlin. Hasard, je passais l’été en Forêt noire et Bavière et je voyais débarquer les allemands de l’est avec leurs Wartburgs et Trabants. J’ai sympathisé avec un jeune allemand de mon age qui venait de Dresde. On a correspondu quelques temps ensuite par courrier et puis ça s’est arrêté je ne sais plus trop pour quoi…L’Europe s’agrandissait alors avec de l’espoir. Et pour quelqu’un qui vient d’une « Banlieue rouge« , l’Europe c’était aussi des jumelages avec des villes du bloc de l’est. Je n’ai pas fait de voyage à Dessau à cette époque, mais il y a eu quelques uns de mes camarades de classe. Je me souviens juste d’avoir vu le rideau de fer un an et demi avant sa chute.

Il est pas beau le lycée? Du pailleron pur jus!

L’Europe, c’est aussi des cours de géographie et d’histoire au lycée. Nous avons eu l’honneur de décortiquer le traité de Maastricht l’année où il fut voté par référendum. Mon premier vote d’ailleurs… Preuve que la prof avait bien fait son boulot, l’écueil que je voyais par moi même au traité (pas d’uniformisation du social…) s’est révélé justement ce qui met en péril aujourd’hui la construction européenne. Les profs que j’ai eues, ont eu l’intelligence de ne pas nous orienter politiquement mais nous apprendre à réfléchir par nous même. Je ne pense pas que ça a marché pour tout le monde, si j’en crois ce que sont devenus certains 😀 Mais bon, je leur en suis reconnaissant. Plus qu’une Europe politique telle qu’on la voit uniquement aujourd’hui, elles parlaient aussi de toute la conception économique, les interactions, les flux migratoires et logistiques….Avec le recul, j’ai l’impression que ça durait plus que les autres cours.

Comme je collectionnais les timbres, j’ai aussi découvert l’Europe à travers cela. Mine de rien, quand on sort un timbre sur Adenauer et de Gaulle, on s’intéresse au sujet. On essaye aussi de comprendre et connaître les timbres des autres pays, les symboles, les fêtes, les grands personnages. Bon, d’accord, les timbres de Monaco et du Lichtenstein, c’est pas hyper européen. Mais pour le reste, ça m’a passionné, autant que la découverte de la peinture à travers le Musée imaginaire. Aujourd’hui, c’est un peu loin mais je pense que les années d’enfance et d’adolescence participent grandement à forger nos idéaux. Mon père ne parlait pas politique mais il aimait me faire découvrir cela, parler de qui étaient ces personnages. Alors cet ensemble de choses a sûrement façonné ce que je suis, vis à vis de l’Europe.

Bon, maintenant, l’Europe, c’est un truc lointain, une grosse machine qui sert de bouc-émissaire, avec raison et tort à la fois. C’est vrai que ma génération se sent aussi trahie. Après ces belles paroles, ces idéaux, on nous a filé l’Euro sans le reste. Le référendum sur la constitution européenne est une blessure qui ne guérira jamais, je pense. C’est là qu’à un moment la génération qui a suivi les fondateurs a perdu le fil. Mitterrand avait ses défauts mais finalement il n’était pas si éloigné de De Gaulle dans l’esprit européen. Les successeurs n’ont pas connu la même chose car ils avaient l’age de nos parents. Et nos enfants n’ont finalement connu qu’une Europe baclée, ce qui a tendance à m’inquiéter quand j’entends des discours haineux chez des gamins. Si je suis Européen aujourd’hui, je n’en ai pas moins une défiance vis à vis de la vision de l’Europe qu’ont beaucoup de dirigeants, cette vision utilitaire et égoïste plus que spirituelle et désintéressée…. même si l’origine reste le problème du charbon et de l’acier, face à la montée du bloc de l’est et l’indépendance vis à vis des USA. Mais pour la construction de grands projets, on est aussi en panne que pour le logiciel libre (qui au niveau européen est un peu moribond aussi)

Allez, terminons sur une note d’espoir venant de Suède…

Lus mais pas chroniqués : 

  • Levius  de Nakata Haruhisa : Un manga steampunk au style graphique époustouflant mais à l’histoire vraiment déjà vu, notamment dans Gunmm…. que j’avais trouvé trop long.
  • Panique de Jeff Abott : Un polar d’espionnage (!) qui démarre vraiment sur les chapeaux de roues avant de tirer en longueur jusqu’à l’ennui et le banal.

Tagged: blog, europe, helmut kohl, histoire, politique, simone veil

Géopolitique : Les Conflits oubliés 2017

J’avais traité par le passé de quelques conflits oubliés. Mais cette année 2017 n’en manque pas, quand nous sommes focalisés sur le Moyen Orient et la Corée du nord, ou … notre petite personne.

(les symboles (*) vous renvoient vers des actualités récentes)

 

(source wikipedia) … et il en manque

Afrique 

Entre la corne de l’Afrique et la Région des Grands lacs, les conflits ne manquent pas, mais n’intéressent que peu de monde, alors que nous en sommes souvent la source. A commencer par la guerre en Somalie(*), depuis 25 ans, sur fond de possession des gisements et qui cause 6000 morts chaque année. Le Nigeria (*) est aussi oublié, même lorsqu’on parle des enlèvements et meurtres de Boko Haram. Avec la désertification et les gisements, sur fond de rivalités ethniques et religieuses, l’appât du gain cause la mort de près de 2000 morts annuels. Le Darfour continue à être une zone de conflit au Soudan(*), même si les stars ont détourné les yeux des 2000 morts annuels. Et toujours au Soudan, il ne faut pas oublier la rivalité lié au pétrole pour le Sud Soudan qui fait 6000 morts en plus. On oublie totalement les exactions de Boko Haram au Cameroun(*), au Tchad(*) et au Niger de même que la continuité de la guerre civile en Lybie, dont on parle épisodiquement. Là encore, ce sont 3000 morts  qui payent notre appât du gain. La guerre se poursuit au Burundi (*)dans le Kivu pour que nous puissions avoir des smartphones qui fonctionnent à l’aide des minerais présents dans le sous-sol : 600 morts/an. Au  Mozambique(*), on croyait la guerre civile, opposant le ReNaMo, à l’état terminée. Mais c’est reparti en 2014 avec une centaine de morts par an. En République Démocratique du Congo(*), le sud est en proie à des luttes ethniques et à de l’esclavage; tandis que le conflit au Burundi déborde sur le territoire et qu’une insurrection persistante dure depuis 22 ans sur fond d’exploitation des ressources minières. Depuis 2003, la République Centrafricaine (*)est en proie à une guerre civile meurtrière.Les 600 morts de 2016 ne sont qu’une brève accalmie. Au Congo(*), ce sont aussi 100 morts dans la guerre du Pool, province du sud est du pays. En Angola(*), le conflit du Cabinda, une enclave riche en pétrole, dure depuis 1976 et continue de tuer près d’une centaine de personnes par an. Au Sénégal, c’est la Casamance qui reste fragile avec des dissensions religieuses et ethniques. Le conflit entre Erithrée et Ethiopie(*) continue encore . Au Mali et jusqu’au sud de la Tunisie, de l’Algérie, on a des actes terroristes et des rébelions touaregs causant quelques centaines de morts. Au Sud du Maroc, le contrôle du Sahara Occidental reste un conflit latent.

Moyen Orient

L’Irak continue d’être l’un des conflits les plus meurtriers avec sa guerre civile et contre le terrorisme qui fait 24000 morts par an. La Syrie égrenne ses morts avec 60000 estimés en 2016, là aussi entre terrorisme et guerre civile. La Guerre civile au Yemen est sous influence extérieure depuis longtemps, avec 16000 morts en 2016. Difficile de faire la part des choses pour le Kurdistan, déjà partagé entre Turquie, Syie,  Iran et Irak. Le conflit israelo-palestinien en serait presque oublié, avec des effets de bord au Liban pour une centaine de morts. Le Sinai égyptien(*) est aussi le théatre d’un conflit depuis la chute de Mubarak, sur fond de terrorisme et de rivalités tribales anciennes, soit près de 1500 morts par an.

Asie

Si on entend parler de la Corée du nord et des conflits en Mer de Chine (impliquant Philippines, Vietnam, Brunei, Chine, Malaisie), il y a d’autres conflits latents ou anciens dans le plus grand continent. A commencer par l’Afghanistan, dont on parle moins depuis la disparition de Ben Laden. Les Talibans sont plus que jamais présents et la drogue joue aussi un rôle conséquent dans ce conflit qui fait 24000 morts par an. Mais personne ne parle du conflit au Balochistan(*) entre Iran et Pakistan, mais un peu plus du Cachemire entre Inde et Pakistan, soient près de 800 morts par an. Le Myanmar est aussi touché par des conflits ethniques et religieux qui touchent aussi l’Inde aujourd’hui avec plus de 600 morts par an, si on compte aussi les révoltes maoistes au nord. La Thailande reste une destination de carte postale mais aussi en proie à un mouvement séparatiste dans la région de Pattani, qui fait plus de 100 morts par an. Aux Philippines, le pays est confronté à plusieurs rébellions, comme les muslmans de la région du Mindanao ou les communistes de l’île de Samar, ce qui cause plus de 600 morts par an. En Arménie et Azerbaijan au Haut-Karabakh ce sont encore près de 400 morts. Dans le Caucase russe c’est la résurgence du conflit Tchétchène qui continue comme en Ossétie ou Ingouchie avec plus de 200 morts par an, sur fond de religion. Au Bengladesh, ce sont des conflits religieux et ethniques qui causent 150 morts par an.  En Chine, les Ouighour continuent de se révolter au Xinjiang(*), ainsi que les tibétains dans les provinces du sud dans lesquelles le Tibet est divisé. Il faut aussi noter le conflit territorial des îles Senkaku avec le Japon(*). La blessure de la perte de Taïwan n’est pas non plus refermée, loin de là.

Amérique du Sud

Le Venezuela est en quasi guerre civile (avec quelques influences extérieures, sans doute, le pays étant un grand producteur pétrolier) avec un niveau de criminalité conséquent. Mais la Colombie n’a pas encore tourné la page de la guerre civile avec encore 100 morts par an, sur fond de drogue. Au Pérou(*), la guerre civile avec le sentier lumineux continue de faire quelques morts.

Amérique centrale

La Guerre Civile au Mexique, liée à la drogue a fait 12000 morts en 2016, soit une estimation de plus de 100000 morts, depuis 2006.

Arctique

Des conflits teritoriaux liés à l’exploitation des gisements offshore se sont faits jour avec la fonte de la calotte glaciaire, surtout entre Russie(*) et USA, mais aussi Norvège et Canada.

Europe

Le conflit continue en Ukraine dans le Donbass, et la Crimée russe n’est pas reconnue internationalement à l’unanimité.

Si les conflits persistent, le nombre de morts a pourtant tendance à diminuer depuis deux ans. Mais bon nombre de situations restent explosives. La fin de la guerre froide a été une période d’accalmie mais les terrorismes actuels en sont les héritiers. Qu’en serait-il avec l’installation d’une nouvelle guerre froide. L’avenir nous le dira.


Tagged: Geopolitique, guerre

BD : les Tuniques bleues 59 – Les Quatre évangélistes de Cauvin et Lambil (2015)

Je n’avais pas relu un tome des Tuniques Bleues depuis 20 ans, je pense. Avec 59 tomes, cela en fait une des séries BD franco-belge les plus prolifiques, surtout que c’est toujours le même scénariste, Raoul Cauvin, qui est au commande depuis 1968!

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série (c’est possible ça??), il faut que je parle de Blutch et Chesterfield, deux cavaliers nordistes pendant la guerre de sécession. Nos deux héros n’en sont pas vraiment car le Caporal Blutch est traumatisé par les charges à cheval et tombe systématiquement avant d’arriver devant l’ennemi et ne désire qu’une chose : Déserter. Le Sergent Chesterfield est plus proche du héros, détestant justement les déserteurs est celui à qui il arrive toutes les crasses, notamment celle d’être avec Blutch. Et depuis 1968, ils ont tout connu. Cette BD m’a accompagné depuis mon enfance et adolescence et m’a initié à cette guerre méconnue chez nous. J’avais un copain de classe qui avait pratiquement l’intégrale et j’en empruntais d’autres à ma bibliothèque. Cette guerre, justement a pourtant une importance historique cruciale, notamment vis à vis de la première guerre mondiale pour l’armement et les tactiques employées. J’ai donc été familiarisé avec des éléments historiques, des batailles, des personnages, que l’auteur ne manque jamais de commenter, d’ailleurs.

C’est le cas ici encore dans ce tome 59 consacré au Capitaine Pendleton, un évangéliste sudiste qui troqua l’habit religieux pour l’uniforme. Il faut dire qu’il est issus de l’académie militaire de Westpoint. Évidemment, nos héros vont devoir détruire la batterie d’artillerie dirigée par Pendleton, en se faisant passer pour des prêtres. Et je m’attendais à pas mal de gags sur ce thème. Bon, …. je suis resté sur ma faim. Je m’attendais à une intrigue un peu plus évoluée, des rebondissements moins téléphonés et un humour plus percutant. Ca reste efficace mais moyen par rapport à l’ensemble de l’oeuvre. Je m’y attendais quand même un peu, car en 59 albums, on s’essouffle, c’est normal. Et pourtant j’ai retrouvé mes héros de jeunesse avec plaisir. Tant et si bien que maintenant, je vais ressortir les vieux albums de la naphtaline et parler des meilleurs, enfin, ceux qui m’ont marqué. Cela vaudra sûrement pour d’autres séries, d’ailleurs.

Cet album s’adresse quand même aux fans, rappelant des petits détails dans la vie de nos héros. Cauvin vit peut-être sur ses acquis mais c’est mérité car il ne sombre pas dans le ridicule, ne vend pas son âme au diable avec produits dérivés et adaptations. Et ça je respecte, comme il respecte son lecteur. Au moins, cela m’a fait découvrir ce Pendleton, que je rajoute à ma petite histoire intérieure de la guerre de Sécession. Il existe d’ailleurs d’excellents ouvrages sur le sujet, même si peu ont été traduits en Français. J’avais lu une bonne partie de celui de James McPherson, 1000 pages très détaillées, pesantes mais qui aident à mieux comprendre le conflit, ses racines et ses conséquences.

Et avec cet album, j’ai eu envie à un petit retour aux sources de la BD franco-belge qui a bercé mon enfance, pour cet été et un peu plus…à suivre.


Tagged: bd, franco-belge, guerre, histoire, humour, les tuniques bleues, usa