Guide d’installation pour Archlinux version de septembre 2018, deuxième !

Décidément, cela devient une habitude… Qui j’espère ne va pas trop se prolonger. Au menu de la mise à jour de « mi-septembre » ?

  1. L’arrivée de Gnome 3.30
  2. Du nettoyage au niveau de la section consacrée à Plasma
  3. Quelques nettoyages ici et là

Vous trouverez la version à jour au format zip en cliquant ce lien 🙂

Donc, le guide est à peu de chose près à égalité avec les versions disponibles sur Github et Framagit.

Bonne lecture !

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac… Il va être copieux, on sent que la rentrée est passée 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet.

  • Vieux motard que j’aimais… La « Elive » 3.0 est disponible : elle est basée sur Debian GNU/Linux Wheezy (la 7.x abandonnée) et Enlightenment 17… Pour la curiosité essentiellement… On est en face d’un produit qui sort avec 3 ans de retard au bas mot.
  • La DGLFI de la semaine ? Une distribution orientée jeux sous Linux… Son nom ? La « Drauger OS ». Encore une Xubuntu revampée si on en croit le pdf fourni comme fichier « readme »… Cool, non ? 🙂

Côté culture ?

Bon week-end 🙂

Les DGLFI, symptôme d’un individualisme qui gangrène le monde du logiciel libre ?

Commençons par définir l’acronyme : Distributions GNU/Linux Franchement Inutiles.

Cela fait environ 2 ans et des bananes – au moment où je rédige cet article – le 12 septembre 2018 – que je fais une série de vidéos sur ce phénomène.

Il y a de tout dans ce domaine. Les principales sous-catégories ?

  1. Celles qui partent d’une base donnée et qui modifie la charte graphique, un peu la logithèque, et puis c’est tout. Je les surnomme les « 3 pages de pdf à suivre ».
  2. Celles qui reprennent le mantra d’Iznogoud, et qui recopie la recette de l’originale pour la reproduire en moins bien. On peut citer la feu (??) Cubuntu (Ubuntu + Cinnamon donc la base de la LinuxMint) ou encore la Namib GNU/Linux (une base Archlinux avec tous les outils de Manjaro repompés)
  3. Celles qui sont les doublons, triplons ou x-tuplons de distributions déjà existantes

Je vais revenir plus longuements sur ces projets « parasites ». J’en ai eu un récemment sous la souris, la CloverOS, qui est une base Gentoo Linux précompilée installable rapidement. Il faudra m’expliquer son intérêt – dans l’absolu – par rapport à une Redcore Linux (qui reprend la même recette modulo l’environnement supporté) ou par rapport à une Calculate Linux (qui est plus orientée monde professionnel).

J’en ai fait une vidéo, disponible ci-dessous :

Comme vous avez pu le voir, outre le fait que le projet est encore immature sur certains plans, son intérêt se résume à quoi ? Proposer une session fvwm personnalisée ? 🙂

Le monde des distributions GNU/Linux est digne d’un champ de bataille de la première guerre mondiale. Distrowatch qui est souvent critiqué pour son classement de curiosité propose des statistiques qui sont basés sur des faits, celles des fiches créées sur le site et qui répertorie en gros le nombre de projets ayant existé depuis 2002, date de naissance de Distrowatch.

Pour la gazette du 10 septembre 2018, on apprend ceci :

Number of all distributions in the database: 894
Number of active distributions in the database: 307
Number of dormant distributions: 57
Number of discontinued distributions: 530
Number of distributions on the waiting list: 160
Number of distributions waiting for evaluation: 45

Près de 900 distributions indexées en 12 ans et 59,28% sont mortes. 6,37% dans le coma. Ce qui n’est pas des plus joyeux. Et 160 attendent leur tour. Si toutes les distributions étaient indexées du jour au lendemain, on dépasserait aisément le millier de références. Y a pas comme un problème ?

Heureusement sur les 160, seulement 45 pourraient être intégrées rapidement. Ouf !

Mais il y a d’autres statistiques qui sont plus marrantes par rapport à ce récapitulatif. Si vous pensez que 160 projets en attente, c’est énorme, c’est rien ou presque.

Il faut remonter à avril 2014 pour assister un sacré nettoyage. Le 14 avril 2014, il y avait 350 projets sur la liste d’attente.

Je m’étais alors attaqué à la liste pour voir quels étaient encore les projets en vie… La purge fut digne d’un nettoyage de printemps. En effet, dans la gazette du 21 avril 2014, il n’y avait plus que… 266 projets en attente… Soit une baisse d’environ 24% avec la disparition de 84 projets.

J’ignore combien de DGLFI étaient dans le lot. Mais cela me fait poser une question et écrire des grossièretés : sur X projets doublons, combien pourraient mutualiser les efforts ? Combien d’équipes pourraient fusionner ?

J’ai l’impression qu’on est face à un individualisme chronique assaisonné d’une dose de « Stallmanisme ». En gros, sur les 4 libertés fondamentales du logiciel libre, une est utilisée sans prise de recul, la liberté 3 qui déclare :

la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

Avant qu’on me dise que je suis un mauvais libriste car j’ose critiquer l’utilisation abusive de la liberté 3, je vais vous poser une question : est-il obligatoire de sauter d’un pont avec un élastique aux pieds car cela est possible ? 🙂

Bien sûr que non, et mon exemple était volontairement caricatural.
Je ne dis pas que les personnes qui pensent avoir pondu la distribution ultime en parlent et se rajoute sur la liste d’attente de Distrowatch, mais qu’elles se demandent si elles ne pourraient pas être plus utiles au reste du monde libre en se rapprochant de projets mieux établis qui ont des caractéristiques communes avec leurs productions ?

Combien de distributions souffrent d’un manque de main d’oeuvre pour survivre ? Ou qui en sont mortes, comme la RevengeOS qui cherchait de l’aide en octobre 2017 ? Il y aura toujours des projets proches mais irréconciliables : je pense aux deux soeurs ennemies, filles de la distribution magique.

Des termes comme coopération, mutualisation des efforts, rapprochements de projets quasi-identiques sont des grossièretés dans le monde du libre en 2018 ? Vu le nombre de distributions qui se multiplient comme des bactéries sur un milieu de culture, on peut le craindre.

À croire qu’un proverbe comme « L’union fait la force » ne semble pas être reconnu dans le monde linuxien.

Malheureusement 🙁

Que sont-elles devenues les distributions GNU/Linux de 2013 ? Cinquième partie.

Après un bilan assez mitigé en août, voyons le bilan du mois de septembre 2013 au bout de 5 ans…

5 billets, 5 distributions citées. Trois sont mortes : la Snowbird, la Denix-OS et malheureusement la Semplice Linux. 60% de perte en ce mois de septembre ? Ça pique. La Void Linux a survécu à la disparition de son fondateur, et la Slackware Linux 15 ? Avec un peu de chance d’ici Noël 2018 ? 🙂

Espérons que le mois d’octobre puisse limiter la casse…

Y a-t-il une « malédiction » sur les installateurs automatisés d’Archlinux ?

Archlinuxien à temps plein depuis début 2009, je n’ai aucun problème à installer manuellement une Archlinux que ce soit pour une expérience en machine virtuelle ou sur une machine réelle, même si l’UEFI est un brin laxatif en ce qui me concerne.

Au fil des années, il y a toujours eu des projets pour contourner la méthode d’installation officielle – et un brin longue – qu’on peut résumer ainsi : RTFW, soit Read The Fine Wiki.

Un des plus anciens ? Le projet Archboot qui connait désormais une version par an. Depuis le milieu des années 2010, il y a eu des projets qui sont désormais soit abandonnés soit en piteux état.

Dans les projets abandonnés ? Feliz. Sa créatrice, Elizabeth Mills l’a annoncé en juillet 2018 sur le github du projet en laissant la communauté prendre le relai :

And, finally, an anouncement from the creator of Feliz. I am no longer able to maintain Feliz, so I hope that many people will clone Feliz and release their own versions to keep the dream alive.

Elizabeth Mills
22nd July 2018

Autre projet abandonné, Revenge Installer, installateur du projet RevengeOS. En octobre 2017, l’un des fondateurs quittait le projet, partant à la recherche de personnes pour prendre le relai, dixit une brève de Distrowatch.

La distribution est désormais déclarée morte par Distrowatch. D’ailleurs, le Zen Installer qui a pris la suite ne semble pas être en meilleure santé. Au 8 septembre 2018, quand j’écris cet article, la dernière modification remonte à avril 2018… Paix à ses octets ?

Autre installateur, Architect Linux. Même s’il a une deuxième vie dans sous la forme de l’ignoble (désolé, mes mains ont dérapé sur le clavier) Manjaro Architect (cf le bas de la liste), la page Sourceforge concernée est claire : le projet est inactif.

Ce qui nous amène donc à la dernière étoile montante en date pour les installateurs, à savoir Arch-Anywhere devenue Anarchy Linux.

Même si je fais partie du top 5 des contributeurs au projet (en septembre 2018) – via la maintenance de la traduction française et quelques correctifs plutôt simples – on sent que le projet n’est pas au mieux de sa forme.

Outre le fait que depuis janvier 2018, il soit impossible de recompiler l’image ISO graphique du projet à cause de modifications insérées dans les outils d’Archlinux, le dépôt tiers a trop tendance à partir en cacahuète. C’est encore le cas en ce début septembre 2018.

Ce qui rend impossible la vie des personnes voulant utiliser cet outil pour installer rapidement une Archlinux. Le github est au ralenti ce qui n’est pas franchement une très bonne nouvelle 🙁

Sa communauté Facebook ? Pas franchement mieux, au point qu’une mise au point a été postée.

J’avoue que je ne vais plus qu’une ou deux fois par semaine sur le github du projet pour voir s’il y a de l’activité, mais c’est à chaque fois une déception… J’essaye néanmoins de compiler régulièrement des images ISO en version CLI, au cas où j’en aurais besoin.

Et Cnchi, l’installateur d’Antergos ? Quand il ne sera plus en version 0.xx.y, ça sera quand même mieux 😉

À croire qu’il y a une forme de malédiction pour les installateurs automatisés pour Archlinux et sa famille, avec le contre exemple flagrant de Calamares. Il faut bien une exception qui confirme la règle, non ?

« The 13th Hour » des Onirik Illusion : vive le chiffre 13 :)

Il y a des albums qui vous laissent une marque dans le cerveau dès la première écoute. Le premier album des Onirik Illusion en fait partie.

Quand je vous dirai que c’est un mélange metal gothique et symphonique, de chant guttural masculin, de chant clair et guttural féminin, c’est certain que la réponse est : « encore une fois ? »

C’est vrai que dans le domaine du metal, tout a été fait ou presque. Mais il y a des albums qui reprenant des recettes sur-employées sortent du lot.

C’est le cas ici. L’album est sorti en mai 2017 et j’ai du l’écouter la première fois aux alentours de juin-juillet 2018. La première écoute m’avait fait dire : « Tiens, c’est pas mal ». J’avais mis une option sur l’album. Je l’ai réécouté entre temps et j’ai finalement décidé de l’acheter au format physique en ce début septembre 2018.

Nous voila donc face à un album qui fait une petite heure avec 13 pistes. Tout tourne dans l’album autour de ce chiffre à la triste réputation. Après une courte introduction qui rappelle le début de « Black Sabbath » avec son carillon, on est plongé dans le vif du sujet.

Le mélange de voix féminines claire (typique du metal symphonique) et gutturale est quelque chose que j’adore. C’est une constante des pistes proposées par l’album. Que ce soit dans « Without Wings », « Sad World » (même si c’est du guttural masculin plus classique), « Psychotic Vampire » (une autre de mes pistes préférées).

Ce qui n’empèche pas la présence de chants uniquement clair dans des pistes comme « My Austism », « Agoraphobia » (une de mes pistes préférées).

Il y a aussi des pistes qui vous font passer des frissons dans le dos, comme « Losts Souls », ou « Ghost Soulmate » par exemple.

D’ailleurs, comme le précise le groupe, le concept de l’album est de plonger : « au coeur des heures les plus sombres de la nuit, des légendes et de l’âme humaine. »

En dehors de « Psychotic Vampire », on peut trouver « Bathory » – un titre qui parle de la comtesse sanglante – ou encore un duo date et lieu avec « London 1887 » qui fait penser à Jack l’Éventreur, même si les meurtres ont été commis en 1888.

L’ultime piste, « Triskaidekaphobia » est la traduction de l’expression d’une phobie… Celle du vendredi 13, ce qui colle tellement bien au reste de l’album.

C’est un album concept, un peu spécial à la première écoute, mais qui mérite qu’on s’y attarde. À vous de voir, maintenant !

Guide d’installation d’Archlinux, version de septembre 2018.

Voici la cinquante-huitième version du tutoriel pour installer une Archlinux, que ce soit avec une machine virtuelle, utilisant un Bios ou un circuit UEFI. Cette version rend obsolète celle d’août 2018.

Note : des versions plus dynamiques sont disponibles sur mes espaces github et framagit.

Si vous avez besoin d’une image ISO en 32 bits, le projet archlinux32 vous en proposera une.

Côté environnements : Gnome 3.28.2, Plasma 5.13.x, Xfce 4.12.0 et Mate-Desktop 1.20.3 en gtk3, Cinnamon 3.8.8 et Deepin 15.7. Merci à Nornort qui m’a envoyé sur la version Github quelques suggestions intéressantes (bash-completion, rajout du bluetooth dans Xfce et Mate, un lien vers Optimus et une suggestion sur LibreOffice).

NB : si vous voulez faire une installation avec l’UEFI, il faut utiliser cgdisk, gfdisk ou gparted, et créer un partitionnement GPT. Sinon, ça plantera !

Ce n’est pas un tutoriel à suivre au pied de la lettre, mais une base pour se dégrossir. Le fichier au format zip contient :

  • La version odt
  • La version pdf
  • La version ePub
  • La version mobi (pour Kindle)

Le guide en question est sous licence CC-BY-SA 4.0 à compter du mois de mai 2016.

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire des retours en cas de coquilles !

En vrac’ de fin de semaine…

Ou de début de mois, c’est vous qui voyez. Un petit billet pour alimenter le blog qui va fêter – ou aura fêté – ses 13 ans d’ici une vingtaine de jours.

Côté informatique et internet.

Côté culture ?

C’est tout pour aujourd’hui. Et n’oubliez pas : « Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve. » (Euclide).

Le consommateur passif, conséquence de la massification de l’informatique personnelle ?

Dans son excellent billet – traduit sur le framablog – Carl Chenet taille les oreilles en pointe des personnes qui se résument à consommer de manière passive du logiciel.

Même s’il y a quelques caricatures dans l’article, il faut dire que ça tape juste et franchement sur les personnes que l’on pourrait comparer à des orifices excréteurs solides mal torchés.

Mais pour moi, Carl n’a pas pris un facteur un compte : la massification de l’utilisation de l’informatique depuis le début des années 2000.

Jusqu’en 2003-2004, les prix de l’informatique et de la connexion internet étaient une barrière d’entrée qui permettait de conserver un minimum de réflexe de recherche personnelles et une volonté de se sortir les mains des poches en cas d’ennuis.

Cependant, cette massification a mal été prise en compte par le milieu du logiciel libre. Jusqu’à l’arrivée des premières distributions GNU/Linux gentilles envers l’utilisateur basique et vraiment fonctionnelles – en gros le début de l’aventure Ubuntu – le monde du libre est resté un milieu de passionné(e)s, où la démerde et la volonté de lire de la documentation était présente.

Jusqu’en 2003-2004, le RTFM était une réponse acceptable et acceptée par tout le monde. Il n’y avait pas de honte à faire soi-même quelques recherches et publier des documents synthétisants les solutions trouvées.

Mais ce qui était vrai en 2003-2004 ne l’est plus de nos jours. Bien ou mal, à vous de voir. Un nombre croissant de libristes sont des personnes qui veulent juste avoir des OS fonctionnels, ce qui est déjà un bon point de départ.

Mais ce sont des personnes qui se contrefoutent – à tort ou à raison ? – des subtilités techniques, du fait que nombres de projets sont sous-dimensionnés en terme de ressources humaines – une conséquence de la sacralisation du fork et de son utilisation abusive ? – et qu’une personne qui se casse le cul à stabiliser son logiciel n’a pas envie de répondre pour la 150ième fois à une question dont la réponse se trouve dans le fichier README du projet.

J’ai appris récemment que l’enrobeur pour Pacman, Aurman, mettait la clé sous la porte. Il suffit de lire le commentaire du développeur du logiciel pour comprendre qu’il en a eu sa claque.

Je cite le morceau de choix :

[…]
Without exaggeration, about 80% of the GitHub issues have been complete nonsense. About 90% of the comments on the aur.archlinux.org aurman page have been complete nonsense. Do not bother looking for them, the GitHub issues are closed and the comments on the aur.archlinux.org page have been deleted. People who followed my work will know what I am talking about.

There have been so few people, who actually requested features with sensible argumentations behind it, so few people who actually reported bugs and not only showed their incompetence…

I honestly do not want to waste my time for unpaid work, and get nothing besides insults. I need an AUR helper, and I wrote it. I thought it would be nice to let other people use my software, because that does not hurt me, and that is true. But I also thought it would be nice to let other people give feedback, because that does not hurt me, and that is not true.
[…]

Une traduction ?

[…]
Sans exagération, environ 80% des problèmes de GitHub ont été complètement absurdes. Environ 90% des commentaires sur la page aurman de aurlinux.archlinux.org ont été complètement absurdes. Ne vous donnez pas la peine de les chercher, les bugs de GitHub sont fermés et les commentaires sur la page aur.archlinux.org ont été supprimés. Les gens qui ont suivi mon travail sauront de quoi je parle.

Il y a eu si peu de personnes qui ont demandé des fonctionnalités avec des arguments raisonnables, si peu de personnes qui ont rapporté des bogues et qui n’ont pas seulement montré leur incompétence…..

Honnêtement, je ne veux pas perdre mon temps pour du travail non rémunéré, et je ne reçois rien d’autre que des insultes. J’ai besoin d’un assistant AUR, et je l’ai écrit. J’ai pensé que ce serait bien de laisser d’autres personnes utiliser mon logiciel, parce que cela ne me fait pas mal, et c’est vrai. Mais j’ai aussi pensé qu’il serait bien de laisser d’autres personnes donner leur avis, parce que cela ne me fait pas mal, et ce n’est pas vrai.
[…]

C’est suffisamment clair pour éviter de broder des heures dessus. Archlinux avait été critiqué quand, courant 2012, il avait décidé de virer son installateur et de le remplacer par des scripts dédiés. Avec le recul du temps, c’est compréhensible. Nombre de personnes arrivaient sur Archlinux sans avoir le niveau minimum nécessaire.

Était-ce de l’élitisme ? Était-ce une volonté de se préserver de personnes plus toxiques que des amanites phalloïdes ? Je pense que les mésaventures qui ont mené à l’abandon de Pacaur et maintenant d’Aurman laisse peu de doutes quant aux motivations profondes.

La massification de l’informatique a amené un public dont la toxicité n’est plus à prouver et colle avec la toxicité d’une partie des développeurs que l’on peut croiser parfois.

Il est illusoire de croire que l’on pourra éduquer toute personne qui arrivent dans le monde du libre et qui sont restés dans une optique consumériste entretenue par le monde non-libre.

Au fil des années, j’ai reçu des courriers avec des questions tellement basiques que je me suis aperçu que le niveau moyen baissait. Mais je réponds à chaque fois, en me disant que j’apporte ma pierre, même si parfois j’ai envie de balancer un RTFM dans les dents. Mais ce serait aussi stupide que le comportement des personnes toxiques dénoncées par l’article de Carl Chenet.

Les logiciels libres meurent par manque de contributions ? Sûrement. Mais aussi de la non-prise en compte – ou la prise en compte partielle – du phénomène de massification de l’informatique personnelle.

Yaourt : la date de péremption est-elle arrivée ?

Un billet orienté sur le monde Archlinuxien et sur un de ses monstres sacrés, yaourt, devenu synonyme pour nombre d’archlinuxiens et archlinuxiennes (mais si, c’est possible) d’outil de gestion de paquets en ligne.

J’ai utilisé Yaourt durant de nombreuses années. Je n’ai d’ailleurs juré que par lui entre 2009 et début 2017.

Puis, je suis passé par pacaur et actuellement je fais la navette entre trizen et yay. Je n’ai pas arrêté un choix pour le moment, même si yay semble tenir le bon bout 🙂

C’est au détour d’une conversation que j’ai appris que Yaourt, pur produit d’Archlinux.fr n’était plus disponible sur le dépot tiers dédié.

En fouillant un peu sur le forum, je suis tombé sur ce post de Skunnyk, un des mainteneurs de yaourt qui déclarait, je le cite verbatim :

J’ai supprimé yaourt et package-query du repo (car ils doivent être rebuildés pour le nouveau libalpm).
J’hésite a les remettres dans le repo, cela posant pas mal de problèmes à chaque upgrade de ce genre ou pas mal de personnes ne savent au final pas comment yaourt/package-query sont installés… (c’est une des grosses critiques historiques de yaourt d’ailleurs).
Le mieux étant de suivre cette doc : https://archlinux.fr/yaourt / https://archlinux.fr/yaourt-en

Je dois l’avouer, je ne comprends plus trop l’attachement à yaourt. Mis à part le fait que c’est un outil que l’on a toujours utilisé, peut-on encore justifier sa présence autrement ?

< --more-->

Il suffit d’aller sur le github du projet pour s’apercevoir que les rapports de bugs se multiplient comme des moisissures dans un bouillon de culture. Que des correctifs sont proposés depuis plusieurs mois sans être intégrés ou rejetés.

Par ailleurs, le projet Manjaro ne cache pas son envie via son projet pamac en ligne de commande de se débarrasser d’outils comme yaourt pour intégrer directement le support d’AUR.

Sinon, comment justifier l’existence de certaines options comme pamac build ?

pamac –help build
Build packages from AUR and install them with their dependencies

pamac build [options]

options:
–builddir

: build directory, if no directory is given the one
specified in pamac.conf file is used

J’ai repris, pour une période d’environ 3 mois à compter de mi-août 2018, la construction des images ISO pour le projet Tux’n’Vape qui proposent des respins de Manjaro Linux.

Outre le nettoyage des profils, quels ont été les premiers outils à être giclé ? Pacaur et yaourt. Cela sera dur à lire pour certaines personnes, mais yaourt a fait son temps. Il faut passer à autre chose.

Vouloir repousser cette migration n’en sera que plus douloureuse à terme. Maintenant, c’est à vous de voir. Mais il faut savoir tourner la page parfois. Comme d’habitude, je dis cela, mais je dis rien. Vous êtes assez grand(e) pour vous faire votre propre opinion. Du moins, je l’espère !

Les projets un peu fou du logiciel libre, épisode 21 : OpenTyrian

En 1995, un shoot’em’up est publié par Epic Megagames, connu sous le nom de Tyrian. C’est un jeu de très bonne facture, proposé sous le modèle classique à l’époque du partagaciel où une partie du jeu était gratuitement disponible, le reste devant être achetée.

Développé par Jason Emery, illustré par Daniel Cook et sonorisé par Alexander Brandon et Andreas Molnar, c’est un shoot’em’up assez nerveux. On est dans un jeu qui mélange l’arcade pure – c’est ce que l’on attend – avec une partie un peu plus stratégique : achat d’armes, de bouclier.

Par chance, le vaisseau piloté par le joueur est fourni avec un générateur qui recharge le bouclier, même si on se retrouve rapidement avec un avertissement sonore qui indique que le vaisseau n’est plus trop protégé et qu’on risque le pire rapidement.

On y trouve les classiques niveaux de difficultés et d’autres qui sont cachés. Mais le plus « marrant », c’est le côté histoire de l’ensemble. En effet, durant la période arcade, on peut récupérer des cubes de données qui permettent de se tenir au courant de l’histoire… Et parfois plus si affinités 🙂

D’abord doté de trois épisodes, puis d’un quatrième, rajouté avec la version 2.0 du jeu, et enfin un cinquième rajouté avec la version dite Tyrian 2000.

En 2004, le jeu devient un graticiel, puis le code source est libéré par Jason Emery en 2007. Qui dit libération du code source dit port sur linux et d’autres OS, et c’est ainsi qu’est né OpenTyrian. Je tiens à remercier Jean-Bernard François qui sur Google Plus m’a fait connaitre ce port.

Résultat des courses ? Outre un port pour MS-Windows, il y a eu Linux, Android, Amiga, Atari Falcon 060, la Dreamcast, la PSP et encore une sacrée tripotée.

J’ai donc fait chauffer mon enregistreur d’écran pour vous montrer Tyrian dans DosBox, puis sa version OpenTyrian.

Vous avez pu le voir, c’est un jeu nerveux et déjà assez dur même au niveau le plus simple. Il y a bien des combinaisons de touches pour tricher, mais cela, je vous laisse chercher pour les trouver, même si j’ai dû en utiliser une pour finir le premier niveau du jeu…

Allez, bon dézingage d’extra-terrestres 🙂

Ah, les joies de rédiger un guide d’installation pour Archlinux ;)

Alors que le mois d’août 2018 vit sa dernière décade, voici donc une mise à jour du guide d’installation pour Archlinux. En effet, en voulant faire quelques tests, je me suis aperçu que la section sur Plasma avait besoin d’être rafraichie.

Outre ce rafraichissement, cette version révisée du guide d’installation pour Archlinux contient un rajout pour installer yay ainsi que deux ou trois petites coquilles corrigées ici ou là.

Donc, le guide est à peu de chose près à égalité avec les versions disponibles sur Github et Framagit.

Bonne lecture !

Vieux Geek, épisode 135 : Slap Fight, un de mes premiers shoot’em’up

J’ai eu l’occasion de parler de nombreuses fois de mon premier micro-ordinateur, l’Amstrad CPC. Que ce soit de manière ludique ou plus pratique. Mais c’est en faisant une vidéo sur le jeu défouloir Chromium BSU que des souvenirs me sont revenus en mémoire.

J’étais au lycée à la fin des années 1980, début des années 1990. Les ordinateurs personnels commençaient enfin à s’insérer dans les foyers. Les disquettes – que ce fût pour Amstrad CPC, Atari ou Amiga – circulaient et dessus il y avait des tas de copies illicites de jeu dont la protection n’avaient pas duré très longtemps.

Avec deux camarades de ma classe de seconde, à savoir Cyril et sa petite amie de l’époque, Géraldine, il nous arrivait de nous échanger des disquettes. Sur l’une d’elle se trouvait un jeu qui me fit m’arracher des cheveux par poignée, Slap Fight. Je pense qu’on peut en parler sans danger, cela remonte à près d’une trentaine d’années 🙂

C’était l’adaptation d’un titre par Ocean Software (sous le label Imagine) d’une borne d’arcade développée par Taito. J’ai pu remettre la main sur l’image de la disquette qui m’avait fait enrager durant des soirées entières alors que j’avais 16 ans.

J’ai donc récupéré l’image de la disquette sur CPC-Power et j’ai utilisé Java CPC pour vous montrer l’ensemble.

Si vous voulez avoir un longplay complet du jeu, je vous renvoie à une vidéo d’Amstrad Maniaque qui m’a fait comprendre que la fin était franchement nulle à se vider les intestins.

Bon visionnage et n’oubliez pas : les vieux jeux vidéo, c’est que du bonheur… Parfois 🙂

Le monde du libre actuel part en couilles ? Bonus n°3 : pédagogie et Diafoirus, un sacré cocktail.

Dans ma série de billets sur les problèmes du monde du libre en 2017-2018, il y a quelque chose que j’avais oublié. Un problème qui est un peu à double face à l’image du signe astrologique des Gémeaux, celui qui a deux visages.

D’un côté, une volonté d’appliquer une pédagogie forcenée et de l’autre, l’existence de Diafoirus : des personnes comparables aux médécins décriés par Molière dans « Le Malade Imaginaire » et qui ont tués plus de patients qu’ils n’en ont sauvé au final.

Sur la volonté de pédagogiser ? C’est simplement une tendance lourde dans une partie du monde du libre de croire que les personnes qui arrivent de nos jours sur des OS libres ont envie d’apprendre comment cela fonctionne de A à Z.

De connaître la différence entre un micro-noyau et un noyau monolitique. De savoir comment fonctionne un système d’initialisation. De savoir comment graver une image ISO sur une clé USB en ligne de commande.

Si cela est intéressant, il faut rester réaliste. L’immense majorité des novices s’en contrebat les organes génitaux à un point inimaginable. La plupart du temps, ce qui compte, c’est de pouvoir utiliser son ordinateur avec les outils désirés et point final !

Pour prendre une comparaison automobile : a-t-on besoin de connaître le fonctionnement de l’injection dans un moteur diesel pour aller d’un point à un autre ? Je ne le pense pas.

Oui, j’ai une série de vidéos vulgarisatrices sur l’informatique libre, « Dis Tonton Fred ». Et une autre plus pédagogique sur la ligne de commande.

Mais ce n’est pas pour autant que j’ai vocation à vouloir former chaque personne qui arrive dans le monde du libre. Cela serait irréalisable.

J’arrive donc au second point de l’article, les Diafoirus. Si vous connaissez la pièce de Molière, vous savez que les Diafoirus sont de sombres charlatans dont le pédantisme n’a d’égal que la connaissance du latin et du grec.

On peut remplacer la connaissance des deux langues citées par celle de l’utilisation de termes techniques souvent mal digérés. Un bon Diafoirus linuxien pourra disserter des heures pour savoir s’il faut dire Linux ou GNU/Linux, comment configurer aux petits oignons des outils que la plupart des utilisateurs et utilisatrices se contrefoutent.

Les Diafoirus en question affirmeront des bétises sans nom, mélangeront des distributions de la même famille en oubliant les subtiles différences entre elles. Ou encore, ils appliqueront ad-nauseam des solutions qui sont dysfonctionnelles par conception.

Des personnes qu’on pourrait espérer de bonne volonté mais qui n’ont aucune réelle connaissance technique, à l’image du petit cousin de la tante Huberte qui s’est improvisé dépanneur informatique car il sait installer un antivirus sous Windows.

On est dans le même ordre d’idée. Vous imaginez les dégâts ? J’ai enregistré une vidéo sur les Diafoirus dans le monde Archlinuxien qui est mon environnement informatique depuis l’année 2009.

Je vous laisse découvrir la dite vidéo. Bien entendu, elle m’a valu une volée de bois vert de la part des Diafoirus en question, mais peu importe. Le monde du libre souffre de ce genre de personne qui applique un principe simple, et qui reprend le titre d’un film sorti en 1975 : « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule »

Ma conclusion est simple : il faut savoir être honnête envers soi-même et accepter de payer les conséquences de ses actes, surtout quand on n’a pas le niveau technique que l’on prétend détenir.

Les faits resteront les faits, c’est tout. Comprenne qui pourra ou qui en fera l’effort nécessaire !

Pauvre rolling release… Que de crimes l’on commet en ton nom !

Un billet « méchant Fred », ça faisait longtemps, non ? J’avais envie de pousser un coup de gueule contre l’utilisation abusive du terme rolling release.

Le principe de la rolling release semble avoir un peu de vent dans les voiles au moment où j’écris cet article en août 2018, au point qu’il est devenu de bon ton de dire : « Vous voyez, ma distribution, c’est une rolling release » alors qu’une bonne moitié du temps, c’est faux.

Pour qu’une distribution soit une rolling release, il y a les critères suivants à remplir :

  1. Une installation avec une image ISO qui est rafraichie plus ou moins régulièrement.
  2. Des mises à jour en continu, que ce soit au quotidien ou par paquets hebdomadaires ou bimensuels
  3. Une évolution constante de la distribution, c’est à dire aucune période de gel au niveau des logiciels

Si les trois critères sont remplis, c’est une rolling. Dans le cas contraire, c’est une pseudo-rolling.

Dans les vraies distributions en rolling en ayant une liste aussi exhaustive que possible pour chaque entrée ?

  1. Archlinux et sa famille : Manjaro et Tux’n’Vape, Antergos, Anarchy, RebornOS, Parabola et l’étrange Hyperbola, SwagArch, Obarun et Artix
  2. Void Linux
  3. Gentoo et sa famille : Funtoo, Sabayon, Calculate, Redcore
  4. Frugalware
  5. Solus

Je pourrais rajouter Siduction à cette liste, mais pour une raison bien précise expliqué ci-après, j’hésite à le faire.

Mais dans les fausses rolling ? Toutes celles qui se basent sur Debian GNU/Linux testing ou encore Ubuntu, par exemple.

Il faut le rappeler, la Debian GNU/Linux testing peut ressembler à une rolling durant les 3/4 de son temps. La documentation de Debian est claire.

Pour résumer ? Dès qu’une nouvelle version majeure de Debian GNU/Linux sort, la branche Testing sort de son hibernation pour une durée de 18 mois. Ensuite, durant 6 mois, les logiciels sont gelés pour assurer la stabilité de la version qui suivra.

Si une Debian sort le 1er janvier d’une année X, testing sera en mouvement jusqu’au 30 juin de l’année X+1 pour que la nouvelle version majeure de la Debian sorte le 1er janvier de l’année X+2.

Ensuite, dans le domaine des rolling release, spécialement les rationalisées, il faut savoir trouver l’équilibre entre deux mises à jour. On peut très rapidement atteindre des tailles assez conséquentes à récupérer et installer…

Pour conclure, si on vous dit que telles distribution se déclare comme étant une rolling alors qu’elle est basée sur Ubuntu ou Debian GNU/Linux testing, sachez que c’est purement et simplement une appellation marketing sans aucune justification technique.