Blog : Européen !

Je vous rassure, je ne souffre pas de Macronite aigüe comme beaucoup de mes concitoyens mais je réagis à froid sur les disparitions de Simone Veil et Helmut Kohl. Car, en dehors d’autres oeuvres politiques, ils ont participé, à leur manière, à construire un idéal européen, même s’il n’a pas été concrétisé comme on le voudrait. Ce qui me fait me sentir… Européen.

(Reuters)

Oh, je te vois venir, toi le souverainiste ou le critique de Bruxelles qui trolle à tour de bras les billets un peu politiques. Non, ce n’est pas de cette Europe dont je veux parler. Je veux parler d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, une Europe de fraternité entre les peuples. Et j’ai l’impression que cela vient plus de mon éducation que de mon ascendance. Car évidemment, j’ai eu des ancêtres qui sont morts dans ces conflits européens en 1870-71, en 1914-18, plus les emprisonnements et déportations de 1939-1945. Alors l’Allemand n’était pas forcément bien vu à la base. Le Grand père aura bien du mal à visiter la Forêt noire sans penser à tout cela. Mon père était adolescent quand c’était le maquis….Mais après guerre, de grands Hommes (avec le H incluant des femmes …) ont permis cette réconciliation longue. Je me focalise essentiellement sur l’Allemagne et la France car c’est quand même ce qui a structuré cette Europe.

J’ai appris l’Allemand et forcément, ça aide pas mal ensuite à comprendre l’autre. C’était aussi avec la carotte du « niveau des classes », ce qui au final ne fait pas vraiment de différence après… Mais j’ai fait aussi des voyages scolaires et des séjours linguistiques dans ce pays. Ok, je ne suis pas très doué mais j’arrive quand même à comprendre un peu d’une conversation….moins qu’en Anglais par contre 😀 . Et puis, je suis forcément un enfant du Mitterandisme plus que de Giscard ou de Chirac. 14 ans de « règne » avec une complicité très forte avec l’Allemagne, ça marque une adolescence. Alors je me souviens des larmes d’Helmut Kohl à l’enterrement de Mitterrand et je ne peux m’empêcher d’avoir de la sympathie pour ce chancelier, même si à l’époque je ne connaissais pas grand chose de sa politique intérieure. Quant à Simone Veil, outre l’IVG, j’ai en mémoire son rôle dans la construction européenne et ses paroles, même si j’ai plus de souvenirs de Jacques Delors.

L’Europe,  j’ai eu aussi la chance de la découvrir ailleurs….par les pays limitrophes. Et en France, on est gaté pour ça. Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Angleterre….Et par extension on peut pousser jusqu’au Portugal, l’Autriche, la Hollande. Sur ces pays, j’en ai bien visité les 3/4 ce qui forge aussi un sentiment d’appartenance européenne. Je n’ai pas fait Erasmus, par contre mais les correspondants, ça aide aussi. Là encore, ils furent plutôt allemands….Notamment un que j’avais rencontré juste après la chute du mur de Berlin. Hasard, je passais l’été en Forêt noire et Bavière et je voyais débarquer les allemands de l’est avec leurs Wartburgs et Trabants. J’ai sympathisé avec un jeune allemand de mon age qui venait de Dresde. On a correspondu quelques temps ensuite par courrier et puis ça s’est arrêté je ne sais plus trop pour quoi…L’Europe s’agrandissait alors avec de l’espoir. Et pour quelqu’un qui vient d’une « Banlieue rouge« , l’Europe c’était aussi des jumelages avec des villes du bloc de l’est. Je n’ai pas fait de voyage à Dessau à cette époque, mais il y a eu quelques uns de mes camarades de classe. Je me souviens juste d’avoir vu le rideau de fer un an et demi avant sa chute.

Il est pas beau le lycée? Du pailleron pur jus!

L’Europe, c’est aussi des cours de géographie et d’histoire au lycée. Nous avons eu l’honneur de décortiquer le traité de Maastricht l’année où il fut voté par référendum. Mon premier vote d’ailleurs… Preuve que la prof avait bien fait son boulot, l’écueil que je voyais par moi même au traité (pas d’uniformisation du social…) s’est révélé justement ce qui met en péril aujourd’hui la construction européenne. Les profs que j’ai eues, ont eu l’intelligence de ne pas nous orienter politiquement mais nous apprendre à réfléchir par nous même. Je ne pense pas que ça a marché pour tout le monde, si j’en crois ce que sont devenus certains 😀 Mais bon, je leur en suis reconnaissant. Plus qu’une Europe politique telle qu’on la voit uniquement aujourd’hui, elles parlaient aussi de toute la conception économique, les interactions, les flux migratoires et logistiques….Avec le recul, j’ai l’impression que ça durait plus que les autres cours.

Comme je collectionnais les timbres, j’ai aussi découvert l’Europe à travers cela. Mine de rien, quand on sort un timbre sur Adenauer et de Gaulle, on s’intéresse au sujet. On essaye aussi de comprendre et connaître les timbres des autres pays, les symboles, les fêtes, les grands personnages. Bon, d’accord, les timbres de Monaco et du Lichtenstein, c’est pas hyper européen. Mais pour le reste, ça m’a passionné, autant que la découverte de la peinture à travers le Musée imaginaire. Aujourd’hui, c’est un peu loin mais je pense que les années d’enfance et d’adolescence participent grandement à forger nos idéaux. Mon père ne parlait pas politique mais il aimait me faire découvrir cela, parler de qui étaient ces personnages. Alors cet ensemble de choses a sûrement façonné ce que je suis, vis à vis de l’Europe.

Bon, maintenant, l’Europe, c’est un truc lointain, une grosse machine qui sert de bouc-émissaire, avec raison et tort à la fois. C’est vrai que ma génération se sent aussi trahie. Après ces belles paroles, ces idéaux, on nous a filé l’Euro sans le reste. Le référendum sur la constitution européenne est une blessure qui ne guérira jamais, je pense. C’est là qu’à un moment la génération qui a suivi les fondateurs a perdu le fil. Mitterrand avait ses défauts mais finalement il n’était pas si éloigné de De Gaulle dans l’esprit européen. Les successeurs n’ont pas connu la même chose car ils avaient l’age de nos parents. Et nos enfants n’ont finalement connu qu’une Europe baclée, ce qui a tendance à m’inquiéter quand j’entends des discours haineux chez des gamins. Si je suis Européen aujourd’hui, je n’en ai pas moins une défiance vis à vis de la vision de l’Europe qu’ont beaucoup de dirigeants, cette vision utilitaire et égoïste plus que spirituelle et désintéressée…. même si l’origine reste le problème du charbon et de l’acier, face à la montée du bloc de l’est et l’indépendance vis à vis des USA. Mais pour la construction de grands projets, on est aussi en panne que pour le logiciel libre (qui au niveau européen est un peu moribond aussi)

Allez, terminons sur une note d’espoir venant de Suède…

Lus mais pas chroniqués : 

  • Levius  de Nakata Haruhisa : Un manga steampunk au style graphique époustouflant mais à l’histoire vraiment déjà vu, notamment dans Gunmm…. que j’avais trouvé trop long.
  • Panique de Jeff Abott : Un polar d’espionnage (!) qui démarre vraiment sur les chapeaux de roues avant de tirer en longueur jusqu’à l’ennui et le banal.

Tagged: blog, europe, helmut kohl, histoire, politique, simone veil

Blog : Doit-on vraiment héberger son site wordpress ?

Derrière cette question, il y a la propriété de ses écrits. Est-ce que tout ce que vous trouverez ici est ma propriété ou celle de la société propriétaire de Wordpress.com ? Le Creative Commons n'aurait pas une grande force si demain on s'emparait de cela... C'est un peu pour cela que j'ai remis en place un blog Wordpress à son emplacement initial et qui me sert de "backup". Cela m'a permis de peser le pour et le contre des deux solutions, selon le temps que l'on veut passer à tout cela

Blog : De la légitimité à parler de…

Lorsque l’on est blogueur, on parle de beaucoup de choses, bien plus souvent que ce qu’un journaliste fait, puisqu’on compare beaucoup (à tort) les deux. Se pose alors la légitimité à parler de différents sujets.

Pour reprendre la comparaison ci-dessus, on ne demande pas le pédigré d’un journaliste lorsqu’il parle d’un sujet. S’est on on demandé les études qu’ont fait Mac Lesgy ou Michel Chevalet pour parler de science ? (ndla : ingénieur pour les deux…) Sait-on forcément ce qu’a fait avant le chroniqueur musical ou culinaire d’un grand quotidien? Non, on fait confiance au périodique ou à la chaîne de télévision. Parfois on oublie un peu trop les liens avec certaines puissances (les journalistes économiques par exemple) mais globalement, ça semble marcher correctement…. Pourtant le public a une défiance de plus en plus marquée vis à vis de la profession.

Histozic, en 2013…

Dans le cas d’un blog, c’est différent puisque c’est le blogueur qui fait ce qu’il veut. Il peut dire des conneries comme révéler des vérités… on n’a aucun moyen de le savoir. C’est la même chose sur Youtube et c’est aussi le cas sur les réseaux sociaux qui n’en sont que le prolongement. De là, on en découvre le phénomène des fake news, les faux sites d’informations que j’ai dénoncé en d’autres temps et ailleurs, mais aussi les « haters » qui viennent agresser ceux qui essaient de dire des vérités en disant qu’ils ont tort, sans le moindre argument. Pour certains, la légitimité vient par la profession affichée. Je ne viendrais pas attaquer M. Borne sur les maths, c’est son job et il a connu aussi une « vie réelle ». Pour le logiciel libre, c’est plus compliqué car il n’y a pas un doctorat de la Free Software Foundation.  Pour Linux, on peut être sysadmin c’est sûr, mais aussi un passionné qui a appris à se démerder par lui même. Pour le cinéma, pas besoin d’une école de cinéma pour être critique et François Truffaut a commencé comme critique, après des petits boulots avant de devenir le cinéaste respecté que l’on connaît. Etc…

Mais cette légitimité, justement , ne cache pas le sexisme. Combien de blogueuses ou youtubeuses ne traitent que de la mode ou de cuisine alors qu’elles ont d’autres boulots et hobbies plus intéressants. Le documentaire ci-dessous traite de ce sujet et on voit que beaucoup ne pensaient pas avoir la légitimité à parler d’un sujet qu’elles connaissent pourtant bien. J’ai mis du temps à parler d’automobile, par exemple, car je connais mes lacunes. Mais après un petit détour dans les forums consacrés au sujet, j’ai vu aussi le monceau de conneries que l’on peut raconter, avec l’éternel problème de la grande gueule face aux gens respectueux dans ces lieux. Je vois des blogs plutôt pas mal sur le sujet mais pas exempts d’erreurs (qui peut être parfait) et je ne me vois franchement pas faire ça tous les jours, après mon boulot. Et en plus, c’est un des milieux les plus machos qui soit, donc je ne supporte pas cette ambiance.

Alors c’est vrai que je parle de passions que j’ai eues que j’ai encore. J’ai mis un peu de temps à parler de livres, parce que je préférais avoir pratiqué moi même suffisamment l’écriture. J’ai attendu d’avoir suffisamment de culture musicale avant d’en parler, d’abord sur des forums, puis dans histozic. C’est en voyant le manque de connaissances de mes semblables en géopolitique, et après bien des années d’intérêt, que j’ai pris la plume pour cela. Mais mon métier, c’est la mesure physique et tout ce qui a trait aux incertitudes de mesure. J’ai croisé des gens qui travaillent aujourd’hui dans les meilleurs laboratoires du LNE et aujourd’hui, je sais tout le chemin qu’il me reste à faire dans un nouveau service où je suis un peu « atypique ». Alors partant de là, je devrais parler de calculs d’incertitudes, de méthode GUM (pdf) , de dérive de capteur, de modélisation d’une erreur, bref, un peu ce que je fais en partageant le savoir au quotidien, auprès de ceux qui utilisent des matériels dont ils ne connaissent rien. C’est un métier très technique (cette semaine j’aurais pu parler de lissage des données d’une loi course/effort avec détection des points d’inflexion et calcul des raideurs…) et qui ne passionne pas les foules, contrairement à l’espace, par exemple, où excelle Florence Porcel, plus présente sur Youtube, ou à l’histoire, où même un acteur peut nous faire croire à des bobards et distordre la réalité des faits.

Je m’interroge parfois sur la légitimité à parler de ces sujets. J’ai même mis des dessins à une époque, passion de jeunesse décidément trop endormie depuis 10 ans. Mais aujourd’hui je me contente de ce qu’il y a dans le menu sur le coté ou en haut. C’est déjà pas mal. Je me place non pas en tant que spécialiste, mais en tant que passionné ou amateur, celui qui aime, terme devenu péjoratif et pourtant bien meilleur que béotien (encore un mot détourné de son sens, toutefois). Je relate donc des essais de logiciels en me plaçant dans l’angle d’un utilisateur peu expérimenté (l’expérimenté trouvera plus facilement) et je crée des tutoriels dans ce sens… ce qui de toute façon reste formateur pour celui qui l’écrit et plutôt que de décortiquer une œuvre culturelle, je préfère donner à quelqu’un l’envie de la voir, l’entendre, la lire… La légitimité que je me donne ou pas, est masquée par la passion qui me fait écrire par plaisir. Le jour où je perds ce plaisir, je cesse d’écrire sur un sujet. C’est peut-être aussi ce qui m’a fait arrêter d’écrire dans un webzine, sur commande, sur des sujets qui s’éloignaient de mon intérêt, dictés par une ligne éditoriale de plus en plus différente de l’origine. D’un autre coté, je me réjouis de voir, par exemple, que Chaos invisible se lance dans des tutoriels, ou de voir des blogueuses BD se lancer dans des thèmes qu’elles connaissent moins. « c’est en forgeant qu’on devient…. »

Alors entre parler de tout et parler de choses futiles, où est le juste milieu? Sans doute dans le fait de ne pas penser au regard des autres ou attendre qu’on vous donne une légitimité comme cadeau. « l’enfer, c’est les autres »  disait Sartre dans huis clos, et penser d’abord aux autres est parfois dangereux et castrateur, même si, dans le blog, on y pense forcément….Un peu. La légitimité finit par venir avec le temps, la pratique, même dans un cercle modeste. On peut être mauvais, aussi, sans que personne ne nous le dise, comme peut-être dans cet article de blog devenu une mise en abîme dont la fin s’improvise. Mais au moins a-t-on essayé… On peut faire de la psychologie à 2 balles sur ce besoin d’écrire/parler d’un sujet, qui n’est pas éloigné de celui d’écrire des histoires, des romans. C’est avant tout un partage et une envie de raconter. Chacun a quelque chose en lui à raconter et trouvera la manière qui lui sied le mieux (comme alterlibriste pour la radio…), qu’elle soit à travers des personnages d’un livre, d’une pièce, dans un blog, etc…

Je terminerai juste sur une lecture d’un livre d’anecdotes d’une hôtesse de l’air, que j’ai eu brièvement entre les mains (le livre, pas l’hôtesse, voyons!!!). C’était la retranscription d’un blog (les éditeurs manquent d’imagination…) et l’introduction parle justement des réseaux sociaux qui rapprochent ces personnes sans attaches de leurs « proches ». J’ai du mal à comprendre comment mettre un selfie de soi dans un hôtel de rêve rapproche, ou est-ce qu’il est légitime d’être narcissique. C’est un peu la limite que je me fixe dans un blog….où je sais déjà que j’abandonnerai peu à peu quelques sujets. J’en ai abandonné un, qui est très bien traité ailleurs, par des personnes qui ont..  La légitimité, qui est aussi celle d’agir localement.

ps : demain, pas de spécial Eurovision, pour un cru 2017 pas terrible, où l’anglais domine. Au pire, je voudrais la victoire de la Hongrie.


Tagged: éducation, blog, information, légitimité, partage, Réflexion

Blog : Interactif dans ta diversité, tu seras

Mais qu’est-ce que c’est que ce titre ? J’avoue que je ne savais pas trop quoi mettre parce que je vais parler de deux sujets différents mais liés…

Après quelques années où je faisais vivre en parallèle des blogs différents, j’ai enfin tout réuni, avec un peu de tri. Voilà donc le résultat : Un blog qui réunit mes écrits sur le cinéma, l’automobile, la musique, le logiciel libre, les tutoriels, la géopolitique la vie, ….depuis 10 ans et plus (j’ai fait du ménage). Bref, un peu tout ce qui me passe par la tête mais avec quand même une trame de fond. A un moment, je croyais que cette diversité perdrait un peu le lecteur dont j’avais tout scindé. Et puis, avec le temps, j’ai compris que de toute façon ça ne servirait à rien, sinon à perdre … du temps et que ce blog est à mon image. Donc il y a bien la possibilité de lire ce qu’on veut par des flux RSS séparés par thème, ou de prendre le truc brut. Et cette semaine j’ai enfin réécrit un vrai billet géopolitique, ce que je n’avais pas fait depuis 6 mois. Chassez le naturel, il revient au galop.

Quand je parle diversité, c’est donc dans les sujets que je traite. Je sais qu’en France (et ailleurs), on aime mettre des étiquettes et je déteste ça. A priori, je ne vois pas comment quelqu’un qui lit mes billets sur les BD, ou sur le cinéma va s’intéresser au sort de la Macédoine. C’est con, mais c’est typiquement le genre de chose que j’aimerai lire, ou que je lis (cf Gilles, Cyrille, Stéphane, …. ). Quand on regarde le JT, on va avoir des informations sérieuses, des infos plus peoples, culturelles. Quand on ouvre le journal quotidien, on a même parfois des BD, des mots croisés, des recette de cuisine. Bref, on trouve un peu tout ce qu’il y a dans une vie. Et là, sur un blog, un site internet, on devrait tout classer ? Tiens (et là je prépare une transition…), ceux qui vont sur les réseaux sociaux ne vont pas pour une raison bien précise. Ils prennent des informations, du divertissement, « likent » des restaurants, des marques de fringue, ou que sais-je encore. Alors comme je disais il y a quelques semaine, j’ai le droit de bloguer ce que je veux. Et le lecteur a le droit de piocher dans ce qu’il veut, selon le moment, son intérêt pour un sujet. Je ne serai jamais un spécialiste d’un des sujets évoqués et je préfère mettre des liens vers ceux qui sauront fournir un peu plus.

« tu te souviens papy de ta première souris? »

Et c’est là qu’intervient l’interactivité dans un blog, ou même un site. Pour avoir participé au lancement d’un webzine, à une époque, j’ai vu la proximité de ces deux mondes dans le relationnel avec le lecteur/internaute. Interactivité signifie « activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels, qui agissent en ajustant leur comportement. Elle est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine. » pour wikipedia….Ouh la, ça calme! Je la vois à deux niveaux dans un blog :

  • Les liens hypertextes : Ils permettent à la fois les liens avec d’autres blogs sur un même sujet, appuyés parfois par une lourde citation comme au dessus. Mais c’est aussi des moyens de rajouter des informations sans plagier ou faire du copier-coller, comme on rencontre trop souvent. J’ai la très nette impression que l’utilisation de ces liens se raréfie, coté utilisateur, et donc au final coté créateur de contenu. J’y vois là une tendance que je vais développer plus tard. Il s’agit pourtant d’une des bases du Web.
  • Les commentaires : Ils permettent au lecteur de réagir ou de poser des questions à l’auteur d’un billet. Ils peuvent élargir le sujet, apporter une information en plus. Mais ils peuvent aussi amener un « clash », une dispute, une critique non constructive qui va parfois jusqu’à faire oublier le sujet du billet. Là encore, il y a moins de commentaires aujourd’hui, du moins sur les blogs. Cyrille en a parlé et montré du doigt le comportement qui consiste à transférer l’interactivité ailleurs… Pour moi, discuter ailleurs que chez l’auteur, c’est un peu comme parler dans le dos de quelqu’un, même si c’est pour le complimenter.(Icezine reçoit depuis hier des centaines de visites sur un article polémique en provenance de facebook, par exemple)

Oui, je n’ai pas mis de troisième niveau d’interactivité, ce petit truc qu’on voit partout autour des sites, ces logos de toutes les couleurs, qu’ils soient vers facebook, twitter, pinterest ou même diaspora. Les réseaux sociaux, ce mal incarné, gnark gnark, qu’on dit incontournables aujourd’hui puisque plébiscités par le plus grand nombre. Le progrès, vous êtes sûr ? Juste une mode pour moi. Bon, j’ai tout essayé depuis leurs débuts et jusqu’à la fin de l’année dernière, donc je sais comment ça marche et comment ça évolue et le but de tout cela (créer un internet captif autosuffisant pour facebook, par exemple). Le problème est que ça n’a de sens que si l’auteur est sur ces mêmes réseaux, sinon c’est juste pour permettre une hypothétique diffusion plus large, à travers des bots. Le coté « oldschool », ce sont les sites de diffusions de liens, style le journal du hacker ou autrefois des sites comme boosterblog , ou même les shaarlis où il est possible de faire un peu d’interactivité. Qui a le plus à gagner dans tout cela ? Pas le blogueur pour moi, même si ça le met en lumière…D’autant que pour les réseaux sociaux, très peu des liens mis dans les posts sont lus, même avec un titre racoleur ou une image provocante. Ce sont les stats qui le disent.

Car même si on tombe sur un blog qui nous plaît à travers un article, fera-t-on l’effort de s’y abonner (par mailing ou flux RSS), ou continuera-t-on par le moyen habituel, ce tri prémaché par quelqu’un d’autre (l’algortihme de facebook ou la sélection d’un jdh…)? Pour le commentaire, on ira là où il y a du monde, si on a à commenter. J’ai déjà longuement expliqué pourquoi le +1 du forumeur qui s’est transformé en like a tué les discussions. Ancien « community manager » d’un forum il y a 15 ans, je faisais déjà la chasse à ces comportements passifs. Aujourd’hui je vois de l’étoile « automatique » et parfois il m’arrive de le faire aussi. Oui, on devient tous flemmards à ne pas dire « j’ai beaucoup aimé ton article / dessin qui m’a apporté un sourire, mais…. » et à cliquer sur la petite étoile., le pouce ou le smiley. D’où l’idée de constituer une petite communauté de blogueur et donc de centraliser des commentaires…Les deux concepts ne sont pas des inventions. J’en ai connu en « blogueur politique » pour le premier et pour le second, c’est un peu ce que faisait disqus. Reste pour moi deux problèmes : L’intégration automatique dans le blog existant, la cible du lien étant créée après la création du billet – Le fait que ça soit encore un autre outil dédié uniquement à cela et qui donc risque de devenir un point d’entrée… ou rien du tout. Nous sommes plusieurs à tester un truc centralisé à quelques blogs mais decentralisables (vous me suivez?… Un peu de tofu aux herbes?), sans inscription, mais je ne suis pas encore totalement convaincu.

ah, le premier site internet…. (capture inconnue)

En fait, ce qui me convaincra, c’est lorsque l’on réapprendra à utiliser internet*. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais il faut réapprendre l’outil. J’ai déjà préparé un billet sur l’utilisation du mail (et je reprends quelques éléments de Genma qui en a parlé récemment). J’en ferai un autre sur les liens hypertextes avec les navigateurs modernes, et surtout le mobile. En fait, tout une génération a découvert ce média autrement que nous, les « découvreurs », et n’a pas les mêmes codes, les mêmes réflexes. Personne ne l’apprend et j’avais déjà vécu cette différence d’utilisation lorsque le web est devenu véritablement grand public, ou lorsque j’ai du apprendre cela à mes parents. Ils ont été eux-même suffisamment curieux pour se documenter mais ce n’est pas le cas de tout le monde. On a simplement oublié que certains ont découvert internet par facebook, par exemple, donc dans une sorte de monde parallèle privatisé. A force de parler entre « spécialistes », on oublie même que la plupart des acronymes utilisés ne sont pas compris. C’est un peu comme ces publicitaires qui mettent de jolis mots en anglais dans leurs slogans, dans un pays qui n’en comprend pas un traître mot. (aujourd’hui, ce sont les ressources humaines qui sont contaminées…)

Alors, je ne changerai pas ce qu’il y a ici : Pas de liens de partage hors mail, pas de comptes sociaux et toujours des liens hypertextes un peu partout pour enrichir les articles. Ca me prend un peu plus de temps (et d’ailleurs wordpress a viré une fonction bien pratique autrefois…) mais ça va justement bien dans le sens du partage. Qu’on ne me dise pas que je ne vis pas avec mon temps… J’essaie justement, à mon petit niveau, de lui faire prendre conscience, à mon temps, qu’il passe à coté du principal. Et c’est justement le but de la diversité des sujets ici : Aller voir ailleurs ce qui s’y passe, comprendre ce qu’il y a derrière, m’aider moi même à apprendre des choses nouvelles dans … les commentaires, comme j’ai le plaisir souvent de lire. Alors même si ce billet ne se prête pas forcément aux commentaires, ne vous gênez pas pour interagir ici et ailleurs, en pensant au bien commun. Et vous ferez votre petite… révolution.

* petite dédicace à mon voisin qui a eu la bonne idée de mettre 12345678 comme mot de passe de son réseau wifi

Blog : Quand ça ne veut pas passer

Il y a parfois des lectures qui ne vont pas jusqu’à leur terme. Ah si seulement ce n’étaient que des mauvais livres, barbants, mal écrits. Mais même pas…

Le dernier livre qui m’a causé ce problème, c’est Le Soldat Oublié de Dimitri. Je devrais plutôt dire de Guy Sajer puisque c’est sous ce nom qu’il est publié en 1967. En réalité, il s’agit de Guy Mouminoux, connu sous le pseudo de Dimitri comme dessinateur de BD. Pourquoi un tel travestissement ? A cause du sujet :

Alsacien, de père français et de mère allemande,  le jeune Guy est enrôlé dans l’Arbeitsdienst puis dans la Wehrmacht. Il ne cache pas alors sa fascination pour la puissance de l’Allemagne. Il se retrouve en 1942 sur le front de l’Est à combattre les russes en Biélorussie puis en Russie, et notamment à Koursk avant de suivre la longue retraite allemande jusqu’à la capitulation.

C’est un gros pavé de plus de 500 pages mais ce n’est pas ça qui fait peur. Ce n’est pas non plus le style, qui n’a pas la naïveté du jeune homme de l’époque. L’éditeur de l’époque avait présenté cela comme un écrit d’un amateur, un témoignage. On se rend vite compte que Guy Sajer écrit plutôt bien, mais reste dans un style très descriptif, factuel, avec quand même des avis personnels sur la situation. Bref, ça m’intéressait de lire ce témoignage, comme j’ai pu le faire par le passé sur le conflit vietnamien avec des témoignages des deux camps, ou en lisant le fabuleux « A l’ouest rien de nouveau », d’Erich Maria Remarque.

J’ai comme un malaise en fait avec ce livre et j’ai donc moi même capitulé bien avant Stalingrad. Le témoignage est très brut, sans remord. Dimitri y décrit des horreurs, comme par exemple ces convois de prisonniers russes qui empilent des cadavres des leurs pour se protéger du froid. Mais on a l’impression que la grandeur de l’Allemagne excuse tout. Enfin c’est mon impression et je dois avoir déjà un blocage psychologique avec cela. Ou peut-être n’est-ce pas le moment ? Je ne sais pas. J’ai l’impression de déjà connaître la suite, de voir et d’entendre le fracas des armes, des bombes, les corps déchiquetés de ses compagnons, des civils, et de connaître l’issue. Et dans ce style, j’ai lu mieux…J’ai, et c’est certainement un tort, lu quelques critiques et j’y ai trouvé ce que je craignais sur les perceptions politiques de l’auteur. Oui, il était jeune, sans vraiment de repère et partiellement endoctriné. C’est compliqué.

En fin de compte, je ne peux pas conseiller ou déconseiller ce livre. Il reste un témoignage d’une période du front de l’est coté allemand, avec certainement une part de mensonge et/ou d’imprécision, comme tous les souvenirs. Ce livre n’était pas comme d’autres que je n’ai pas finis, gêné par un style ampoulé et pompeux, ou par la vacuité des propos. J’ai traité parfois des trucs malsains, coté cinéma (Human Centipede, Serbian Movie, par exemple) mais là, j’ai à la fois ce sentiment et aussi celui de l’ennui, d’une sorte d’équivalent d’un long service militaire que l’on fait vivre au lecteur. C’est un peu comme un livre que j’ai longuement écrit et que je n’ai jamais fini, parce que trop long, dès le début, parce que justement c’est hyper descriptif, et je sais qu’un lecteur moins impliqué dans l’histoire s’ennuiera.

Bon, voilà, je ne devais pas faire la chronique du bouquin mais j’en ai quand même fait une bonne partie. Alors depuis j’ai entamé autre chose, qui n’a rien à voir et je ne reviendrais pas sur cet échec. Je voulais continuer une autre lecture pour justement me prouver que ce n’était pas la simple lassitude de lire, comme ça arrive parfois. Mais non, pour l’autre, j’ai envie d’en connaître la suite, de passer les pages à la lumière de la lampe de chevet. Mais là, je n’arrivais simplement pas à me transposer dans l’histoire, comme si ma téléportation temporelle ne se concluait pas. En y repensant, j’ai eu d’autres livres ou même des films qui ont mis du temps à trouver en moi le courage d’aller au bout. Courage, je ne sais pas si c’est le mot, en fait. Cela tiendrait presque de l’alchimie ou de la magie, comme une rencontre qui peut se faire ou pas. Je connais certains critiques ou blogueurs littéraires qui se lâcheront volontiers sur ces échecs, sans même essayer d’analyser la raison de ceux-ci. Comme s’il fallait se venger de quelque chose… Pourquoi en vouloir à l’auteur ? Il a fait l’effort de témoigner, partager et le lien ne s’est simplement pas fait.

En général, je termine en musique, ce type de billet. Et je me dis justement qu’en musique on peut plus facilement prendre le temps de « rentrer » dans un album. Je ne pense pas, par exemple, que j’aurais pu apprécier certains albums Metal à des moments de ma vie, ou même certains albums d’Ambient. Et c’est donc par un titre fétiche que je vais conclure :

PS : ce blog me ressemblant enfin à peu près, j’ai enfin remis à jour la rubrique création, remis les billets les moins politiques et le plus géopolitiques d’icezine que je fermerai bientôt et presque fini avec les chroniques musicales. La boucle sera bouclée quand tout sera aussi « chez moi »…

Blog : A la recherche du CMS, pardon SGC perdu…

Comme j’ai décidé d’écrire en français du québec pour embêter Cascador, je vais donc parler de SGC (Système de Gestion de Contenu), c’est à dire de WordPress, PluXML, Dotclear, Spip… Je ne sais pas si c’est le printemps mais les envies de changement bourgeonnent.

Oui, je disais que j’avais envie de refaire un site bien à moi, donc de tester des moteurs concurrents à WordPress et PluXML qui sont les derniers que j’utilisais. Pour mémoire, j’ai donc commencé tout petit par du Spip il y a 11 ans environ, puis du WordPress 2, un peu de Dotclear 1.X, du WordPress 3 (joyeux végé est toujours propulsé par ça…) puis du PluXML. Le beau frère a eu beau essayé de me convaincre de faire du Drupal ou du Joomla, l’essai ne s’est pas avéré concluant pour mes maigres besoins, et même lui a laissé tomber. J’ai rejeté un oeil sur ce bon vieil écureuil (Spip…dans Spirou, oui, référence de ieuv!) et j’ai bien vu que ça ne ferait pas mieux que pluXML avec en plus un design à faire peur. Je veux bien faire oldschool mais là, c’est trop.

Me voilà donc à essayer Dotclear 2.x. J’avais vu des thèmes plutôt pas mal, de quoi faire ce que je voulais, c’est à dire une intégration de vidéo simplifiée, une édition quasi CQTVECQTA (oui, c’est le français de Wysiwyg ha ha ). Mais comme j’aime la difficulté, j’ai voulu tester ça sur une vieille page perso free inutilisée. Et vas-y que je demande une base PostgreSQL dans l’interface free, comme le dit le guide d’installation français. Et vas y que je sors mon filezilla préféré pour mettre tout ça en FTP, que je vérifie le .htaccess, les droits d’accès… Echec ! Oui, c’est couillon mais le « PHP 1 » dans le .htaccess n’est plus valable avec la dernière version de dotclear et donc ils devraient le virer du site et laisser juste le paragraphe suivant. Donc là ça marche et je teste un peu un thème que je télécharge, un plugin(oui je fais en anglais par ce que c’est marqué comme ça dans l’interface) pour intégrer les videos youtube/dailymotion. Bof, ça fait ce que je veux mais l’interface est rustinée dans tous les sens. Mais le pire est ailleurs pour moi : La version de base intègre déjà une floppée de plugins pour faire un tas de trucs, parfois en doublons et ça, désolé, mais ça fait bricolage. Et quand on bricole, souvent c’est la catastrophe dans les mises à jour, justement le mal chronique de Dotclear. Bref, un petit nettoyage dans l’interface de PostgreSQL (ça m’avait manqué) et…

j’adore casser les bases sql…

Me voilà revenu au point de départ. Mais comme je suis un grand fou, j’ai voulu tester la possibilité d’utiliser le dernier wordpress sur une page free. Frederic me répondra que c’est possible…. hum, on peut dire ça, à condition d’avoir des besoins limités. Car les pauvres 32Mo de mémoire RAM alloués par Free sont bien vite bouffés par cette usine à gaz. J’ai viré tout ce que je pouvais virer, utilisé un des thèmes les plus légers mais il faut bien mettre un antipourriel, la galère des wordpress autohébergés. Donc ça rame vraiment trop à mon goût, ça bogue sans arrêt et on ne peut pas mettre de grosses images, et encore moins faire d’importations. Ah oui, un détail : Il vaut mieux créer un répertoire sessions et un répertoire tmp à la racine, et mettre aussi le truc pour le php 5.6 dans le .htaccess (voir plus haut sur dotclear pour le lien). Sinon, ça marche et si je n’avais pas la limitation des pages perso free, ça reste quand même la rolls des gestionnaires de contenu pour sa richesse fonctionnelle. Bref, la page me sert de sauvegarde du contenu présent ici, on ne sait jamais. Pour contourner les limites d’import de sauvegarde wordpress, j’ai fait des sauvegardes morcelées par années et ça marche. (accessoirement, on peut garder les fichiers XML chez soi)

Bon, alors il reste aussi la nouvelle version de PluXML dont je conseille encore l’utilisation. Cyrille s’inquiétait de deux choses : la limitation théorique à 9000 articles qui me paraît une inquiétude que la technique finira par repousser. Mon petit doigt me dit qu’un gentil développeur va solutionner ça. Et puis il y a ce problème d’export-import avec du wordpress sur lequel quelqu’un s’était penché il y a longtemps mais qui n’a pas été repris. C’est le problème de l’interopérabilité (si si, c’est français le mot) entre les SGC et vu que je suis déjà chiant sur ce thème lorsque je choisis un format de fichier ou une application, je prends garde à garder toujours une porte de sortie pour chaque solution. Bref, tout l’inverse des produits Apple, Microsoft, par exemple… PluXML continue donc de s’améliorer à son rythme mais pas sur que la « recherche interne » arrive car ça me paraît sujet à un alourdissement conséquent du produit. On verra bien…

Bilan de tout ça, je reste ici. J’ai un miroir du site en construction. J’ai fermé le site PluXML que j’avais car je ne me vois pas continuer ce roman pour l’instant. Je reviens sur ce que je disais sur poèmes et photos pour tout centraliser une bonne fois pour toute ici… en doublon donc. C’est aussi parce que j’ai toujours mis un peu de tout, même sur Diaspora* quand j’y étais… Mais pour revenir au sujet, paradoxalement, j’ai l’impression que le monde des SGC est moins riche (quoique la mode est au « sans base de données) qu’autrefois, mais aussi plus complet. Mes besoins sont orientés aujourd’hui vers le confort plus que la liberté de tout bricoler. Mais heureusement, c’est encore faisable et c’est ça l’essentiel.

 

Travail : Les Réunions « skype » ou l’ingérable

Parlons un peu boulot et méthodes de travail. Car en dehors de la mode de l’open-space (qui est remis en cause par de nouvelles études), la mode est aux réunions à distance, via les outils de communication installés sur les PC. 

Avant, lorsque tu apprenais à conduire une réunion (et même maintenant), on te parlait regard, voix, attitude, gestion des perturbateurs, structures des documents. On te disait de faire couper les téléphones, fermer les PC. Autant de choses qu’on peut jeter à la poubelle dans un cas nouveau : Les réunions à distance ou visioconférences. C’est pratique dans les grandes entreprises réparties sur plusieurs sites, on peut réunir tout le monde grâce aux caméras installées sur les PC, aux micros ou « pieuvres » de la salle, avec des documents que l’on met en partage à travers le réseau, ou même des « tableaux blancs ». Plus besoin de payer de longs déplacements aux employés, cadres, avec les risques d’accidents, pour une réunion de une à deux heures. Sur le papier, tout est positif dans cette évolution. Mais c’était sans compter sur un facteur : l’humain et son manque de discipline.

Car ici, puisque tout passe par un ordinateur, difficile de dire à quelqu’un de le couper, même s’il se trouve dans la même salle. Oui, je suis de ceux qui demandent une attention de tous les instants dans mes présentations, aussi haut soit-il en hiérarchie par rapport à moi. Mais là…’on voit untel prendre des notes, une-telle rédiger ses mails, ou surfer sur un tout autre sujet. Tout le monde se retrouve distrait, ne participe pas vraiment et il ne restera d’actif que la personne motivée par le sujet. Car n’oublions pas que beaucoup de réunions sont polluées par des gens n’y ayant rien à faire.(là encore, je limite toujours le nombre dans mes invitations, même et surtout en formation). L’avantage reste aussi à ceux qui ont la supériorité du nombre dans une des salles de cette réunion à distance. On accentue encore plus l’effet de clan par ce type de réunion où l’on ressent les guerres de chapelles, de sites… De ce fait, il est illusoire d’avoir un animateur de site qui va répartir la parole, en étant aussi neutre que possible pour que chacun s’exprime. Ce rôle est quasi-absent dans les réunions en ligne, à moins de tomber sur une personne un peu plus chevronnée. Et puis vient aussi le problème du compte rendu. Il est parfois fait en même temps que la réunion, ce qui ralentit le rythme et pousse aussi à cette « non décision » fatale. Voir une conclusion écrite est parfois anxiogène chez les responsables qui n’osent trancher à ce moment, alors qu’oralement on aurait pu tirer un consensus.

Même dans cette pub, on voit deux personnes qui pensent à autre chose que la réunion.

Dans tout ce processus, il subsiste aussi des dangers techniques qui tiennent aux outils. Bienvenue dans le monde merveilleux des multinationales de l’informatique. Je connais par exemple un sous-traitant qui fait ses réunions par Skype, un produit Microsoft donc avec tout ce que cela suppose en terme de fuite des données. Si l’utilisation du VPN se démocratise, encore faut-il savoir où transitent les données et les noeuds du réseaux sont parfois de jolies passoires à données. Skype dispose d’une fonction qui détecte les « bruits forts » et cède la parole selon les prouesses d’une Intelligence artificielle.  Ca fait froid dans le dos pour la gestion du dialogue. Mais on a aussi d’autres produits dérivés qui ont plusieurs utilités. Ainsi Microsoft propose Lync dont on sait les possibilités en espionnage des employés. IBM a le sien avec Sametime et j’en passe. On trouve évidemment peu de solutions libres et autohébergées par les entreprises. Je vois quand même des logiciels de VNC (Virtual Network Computing ou prise de contrôle à distance) qui le sont et ça rassure quand même. Mais alors pourquoi ne pas continuer la démarche pour le reste ?
Comme on l’a vu récemment avec l’affaire de la mairie de Munich, le choix d’un logiciel tient à peu de chose. Quand je débutais, je me suis fait imposer un logiciel dans une réunion, justement. J’étais le seul à avoir émis des réserves mais elles n’ont pas été notées. Plus tard j’ai appris les liens entre le patron de l’entreprise et certains des décideurs et moi, tout jeune embauché, sans soutien hiérarchique, j’allais au casse-pipe. Aujourd’hui, la réunion se serait faite à distance et le résultat aurait été plus rapide, pire, même si j’avais eu la bonne idée d’être dans la bonne salle, celle des décideurs et pas des consultés. On peut me dire que cela tient plus au comportement et la culture d’entreprise qu’à l’outil. Sans doute surtout que le comportement français s’accommode mal de tout cela. Pour obtenir un résultat rapide, efficace, il faut « animer » sans relâcher son attention et vite recadrer.

Alors c’est vrai, tout ça fait gagner de l’argent dans les indicateurs comptables qui éclipsent toutes les réalités. Mais cela accentue de fait un management plus dictatorial, une « réunionite » aigüe encore plus présente avec le tempérament latin des français et leurs spécificités linguistiques. Dans des entreprises mondiales, on fait des réunions avec l’autre bout du monde, sans se connaître vraiment donc sans se comprendre véritablement dans nos complexités culturelles. La technique fait oublier l’humain, pourtant si important dans ces moments. J’ai pratiqué déjà cela avec la Chine où se trouvaient des correspondants français et chinois et il en est rarement ressorti quelque chose, par la faute de l’impréparation d’un des deux interlocuteurs, ce qui tient aussi au décalage horaire. Et puis, un jour peut-être, on nous demandera de « liker » des décisions sur des questionnaires à choix multiples.(on vient de lancer un « réseau social » d’entreprise dans ma boite, made by microsoft…)

allez, soyez bien sage :

Blog : Ecrire et réécrire

J’ai entrepris (enfin) de reprendre de vieux textes d’il y a presque 15 ans. Et de là, d’écrire à nouveau, ou de relire et réécrire. Mais se posent alors bien des questions

En les relisant, je retrouve ces moments particuliers de l’écriture, des moments très personnels, parfois liés à une musique. Ce sont des poèmes mais ils sonnent parfois comme des chansons et j’aimerai presque leur ajouter des images. Pourtant, pour la plupart, j’ai la sensation de ne plus « me reconnaître ». Les tournures de phrases me surprennent, autant que les sujets. Et je retrouve ce que j’aime dans l’écriture, c’est à dire faire ressortir ce qui est enfoui en soi. Dans ces moments de relecture, c’est parfois difficile de ne pas retenir une larme. Il y a des instants de souffrance, des choses intimes à mes yeux qui ne seront pas perçues de la même manière par un autre lecteur. J’ai souvent expérimenté cette différence et cette distance qui peut s’installer pour avoir des surprises. Les mots deviennent alors des lames à double tranchant.

A la relecture, le plus simple est de voir les fautes d’orthographe, de syntaxe, de ponctuation. Je n’ai d’ailleurs jamais été très fan de la ponctuation en poésie, laissant parfois la liberté au lecteur de la placer où il veut, comme un double sens à manier. Le plus dur est de revoir des choix de mots, parfois maladroits. Ils sont mal choisis dans leur sonorité et ça devient compliqué de changer cela sans rompre l’équilibre de l’édifice que constitue le texte. Mais ce sont aussi des sens peu pertinents qui emmènent sur de fausses pistes, si au moins j’ai emprunté la bonne à la relecture.

Mon autre problème avec tout cela est de savoir quoi en faire. Ils ont dormi parfois plus de 10 ans dans une succession de fichiers et brouillons. Je pourrais simplement les rajouter au fil de l’eau ici, mais j’ai peur de rompre un peu le style du blog qui déjà se divise en plusieurs blocs. Je pourrais le faire à travers un autre site, mais ça me saoule d’avoir encore un autre truc à gérer. Et puis sinon, je peux créer des fichiers en epub/pdf téléchargeables librement, en licence creative commons, que je mettrai en lien dans la rubrique Mes Créations. Le temps que je relise ces 200 textes, ça peut faire long, c’est sûr. Et en même temps, partir dans tous les sens, c’est tellement moi, et comme c’est « Chez Iceman », je fais un peu ce que je veux, non? Comme je n’oblige personne à lire chaque article de mon flux RSS, si toi lecteur, tu trouves ça nase, tu zappes et on n’en parle plus. Ou au pire, tu me dis « non, mais t’arrêtes un peu avec tes merdes qui n’intéressent personne ». Et puis j’ai toujours aimé l’idée d’une pause contemplative dans un fil d’information. Il y en a déjà au moins une avec les photos. A bien y réfléchir c’est sur mon portfolio que ça collerait le mieux puisque la poésie suscite des images de l’esprit.

De la même manière, reprendre tout ça et mettre ça sur un vrai site à ma pogne me trotte sans arrêt dans la tête. ça me pousserait à un sacré boulot mais bon, j’arrête pas de tout casser depuis 15 ans et de reconstruire, avec moins de succès que d’autres, il est vrai. En général, c’est en Aout que je craque,donc vous voilà prévenu. Faut juste que je trouve le juste milieu entre un CMS pas très bien vu par Free, un CMS devenu usine à gaz (celui que vous lisez) et un CMS trop limité…. ou pas. Bref, je sens que je vais refaire du spip ou du dotclear, comme il y a …10-15 ans. Argh.

Et pour terminer en musique, je voulais mettre ce titre d’un chanteur qui me donne toujours envie de réécrire.

Blog : Culture pas si générale

Il est si facile de se moquer des erreurs des autres, sur les réseaux sociaux, qu’on en oublie souvent ses propres ignorances. C’est ce que j’ai ressenti cette semaine.

Pourquoi ? Parce qu’un illustre candidat à la présidentielle a cumulé plusieurs erreurs de géographie. Un type qui sort quand même de la cuisse de jupiter, qu’on dit brillant et vif d’esprit, et qui est auréolé de diplomes prestigieux. Donc on se dit que ce type là doit savoir, à minima, tout ce qu’il faut sur la France. Et là, patatra : Il croit que Villeurbanne est dans le nord, que la Guyane est une île, …. Comme je ne le porte pas vraiment dans mon coeur, je suis tenté de me moquer, puisque moi « je sais ». Mais comme ce n’est pas mon genre de propager ce genre de truc, je me suis posé la question autrement :

« mais pourquoi ignorerait-il cela ? ». Ce qui m’a fait me demander à moi même comment je savais où était Villeurbanne et la Guyane. Pour la première, c’est très simple, je ne l’ai pas appris à l’école mais parce qu’à une époque, on parlait de cette ville en … Basket ball. Et puis je me souviens qu’on devait en parler aussi dans « Les Six Compagnons » de Paul Jacques Bonzon (on a le droit de préférer Nietzsche ou Machiavel), une série de romans pour ados. Pour le second aussi, c’est à travers des lectures que je l’ai su, et en m’intéressant à l’espace puisque la Guyanne, c’est Kourou, la fusée arianne… Mais la Guyanne, ce fut le bagne de Cayenne, et donc Jean Valjean dans les Misérables de Victor Hugo. Bon, il faut avoir la curiosité de regarder une carte tout de même mais une chose est sûre : On n’apprend pas ça à l’école, du moins jusqu’au bac. Je m’étonne un peu plus pour quelqu’un qui a fait des études plutôt littéraires et administratives mais bon. Par contre, parler d’expatriation pour quelqu’un qui part travailler en Guadeloupe relève d’une vision très particulière de la France, entre ethnocentrisme et néocolonialisme… Mais revenons au sujet.

Car j’ai aussi interrogé des proches pour savoir s’ils connaissaient Villeurbanne et la Guyanne. J’ai été étonné de retrouver le même genre d’erreurs. Mais en même temps, ils pourraient m’interroger sur leurs sujets de prédilection, que je pourrais répondre aussi des bêtises moi-même. Je n’ai, par exemple, aucune mémoire des noms de personnages dans quelques domaines. Ca ne s’explique pas rationnellement mais je connais des personnes incollables sur tous les membres des groupes de rocks des années 70 à nos jours. C’est aussi de la culture générale, toute aussi recevable que le reste. Je n’ai pas lu un certain nombre de romans devenus des classiques et avec les jours qui passent, ma culture évolue, s’amenuise dans certains domaines, augmente dans d’autres. Cela se fait par affinité et je suis donc plutôt calé en voitures anciennes, ce qui a un intérêt très relatif. On peut me demander le prix du pain au chocolat mais j’aurais du mal avec le prix du ticket de métro à Paris maintenant que je le prends moins. La culture est forcément orientée et on pourra piéger n’importe qui. On aurait pu lui demander la signification de l’acronyme TAAF, ou lui demander de situer les Kerguelen que le résultat aurait été le même.

Un indice : Les Kerguelen sont sur cette carte

La culture devient même générationnelle puisque les plus jeunes seront incollables sur des domaines totalement ignorés des plus agés. Est-ce mieux ou moins bien? Je ne saurais le dire de manière infaillible car cela dépendra du milieu dans lequel on va évoluer. C’est plus par la curiosité que ça va se jouer. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai appris certaines choses par moi-même, en regardant beaucoup de films classiques pour le ciné, en lisant, en m’intéressant à l’histoire, à la peinture, à la géopolitique, en dehors de toute demande scolaire. Cela a parfois étonné des profs au lycée, où je n’avais pas forcément les résultats en rapport. Je suis en train de lire une biographie de Winston Churchill. Je vous rassure, je ne me crois pas au niveau de ce grand homme (du point de vue de la place dans l’histoire), mais le jeune Winston était un cancre fini….vis à vis du système scolaire de l’époque, mais avait beaucoup de curiosité dans des sujets très variés, ce qui lui servit plus tard. Je pense même, au vu de son comportement, qu’il était ce qu’on appellerait aujourd’hui un surdoué. Mais il n’a pas trouvé facilement sa voie. Ce n’est pas le cas de l’homme politique que j’ai cité plus haut et qui s’est parfaitement conformé au moule voulu (et continue de le faire).

En parlant de moule, je ne vais pas parler cuisine, mais … informatiquement et librement parlant, nous avons aussi une forme de culture. On considère certaines choses comme acquises, comme par exemple la simple utilisation d’un clavier et d’une souris, alors qu’il y a de multiples manières de le faire (si, si … vous seriez étonnés). Nous considérons l’approche de l’informatique par notre propre lorgnette d’ancien utilisateur. Je me souviens des petits vidéos d’enfants placés devant des ordinosaures et qui ne savent même pas le démarrer, et donc encore moins les utiliser. Pas plus tard que cette semaine, j’ai du réutiliser un matériel de mesure avec… une disquette. Les seules que j’avais conservé pieusement n’étaient pas formatées et le matériel ne proposait pas cette fonction. J’ai ressorti un des vieux optiplex Pentium III que j’avais encore pour y arriver….pour m’apercevoir que ce foutu lecteur du matériel était HS. Mais j’imagine si j’avais filé ça à faire à un jeune né en 1997 et qui bosse aujourd’hui…Ce n’est pourtant  pas de sa faute.

J’ai l’impression qu’on ne cultive pas assez la curiosité mais ça ne vient pas de l’éducation nationale, qui a déjà beaucoup de demandes dans tous les sens. C’est plus sociétal et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont poussé à la lecture, à être curieux. Il y a bien-sûr une question de caractère, d’environnement. Parfois, les manques stimulent l’imaginaire et poussent à l’évasion.J’ai eu la chance d’avoir des grands parents avec moi, d’apprendre beaucoup de l’histoire contemporaine grâce à eux et ainsi de ne pas oublier … Mais est-ce que aujourd’hui ils ne m’auraient pas filé simplement une tablette? Je ne pense pas… mais l’outil ne fait pas l’utilisateur, malheureusement. Ce n’est peut-être pas pour rien que les enfants de Steve Jobs n’avaient pas les produits de leur père. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il faut rejeter les progrès techniques possibles, juste mieux les comprendre et donc montrer le coté positif et ouvert à la culture de l’outil. A un collègue dont le fils s’intéresse à l’art, je conseillais quelques applications lui permettant des visites virtuelles, par exemple, sorte d’équivalent de mes visites à la riche bibliothèque municipale de ma municipalité de la banlieue rouge, il y a 30 ans.

Souvent, on se dit, avec Madame, que nous aurions rêvé d’avoir internet dans la poche pour tout l’apport culturel, toute la curiosité que l’on peut assouvir d’un coup sur l’écran. Et paradoxalement, ce n’est plus ce que l’on met en avant, transformant tout cela en une télévision poubelle bis. C’est comme tout, on peut trouver du bon et du mauvais, quelque soit le média. Et si je lasse peut-être en faisant des posts « culturels » plutôt que techniques ou geek, c’est avec un peu d’illusion de procurer un peu de graines de curiosité aux lecteurs. Peut-être pas au point de créer des croisements bizarres comme je viens de le découvrir avec Orgueil-Préjugés-Zombie, mélange improbable entre l’oeuvre de Jane Austen et les zombies. On va certainement me répondre que c’est l’oeuvre d’un scénariste sous crack qui voulait faire découvrir ce chef d’oeuvre…. La diffusion de la culture n’excuse peut-être pas tout. Il fallait bien rattraper le coup avec l’excellent Rob Zombie, dont le clip est bourré de références cinéphiles… ha ha

ps : toi aussi gagne l’estime de tous en mettant des croix sur la carte pour situer les départements et territoires français et en la renvoyant en commentaire :p

 

Blog : La mort, la viande et quelques croquettes

Non, je ne vais pas la jouer façon « Borne » genre « on va tous mourir » ;-)… Juste parler de l’hypocrisie dont nous pouvons faire preuve à l’insu de notre plein gré.

Comme vous le savez, je suis végétarien et même vegan (bouh, tremblez…). Je ne vais pas vous bassiner avec les raisons éthiques de cela, je m’en suis déjà expliqué. Mais j’ai aussi des chats et eux ne sont pas vegans mais carnivores, comme d’autres animaux prédateurs dans la nature. Je sais que ça fera bondir encore des ultras mais c’est comme cela que je vois les choses. Sauf que les chats domestiques ne vont pas chez le boucher ou au supermarché et ne chassent pas dehors leur bouffe quotidienne. Ah les fainéants, même pas foutu de chasser car ils ont du m’entendre dire que la chasse et la pêche , c’est mal. Ils comptent sur moi pour leur apporter un repas plusieurs fois par jour. Pour ça, on peut passer par des trucs industriels, dont la plupart sont proches de la merde en boite. Ou bien alors, on peut choisir des fournisseurs plus éthiques et faire aussi ce que l’on appelle la « Nourriture maison ».

Alors me voilà l’autre jour avec un beau paquet d’escalopes de poulet à préparer, du poulet élevé en plein air, sans grain OGM etc…Mais il va bien falloir prendre ces morceaux de barbaque à pleine main et découper, cuire (oui, je ne les ai pas converti encore à la viande crue) etc. On a donc un animal mort juste au contact de sa peau, un morceau qui se trouve assez loin de la forme de l’animal, mais ça serait pareil avec une cuisse, une aile… Ca dégoute, mais à un moment, on le fait, on découpe et on prend de la distance : On perd la capacité à voir l’animal derrière la nourriture. C’est évident lorsque l’on refile des croquettes et des boites mais ça arrive aussi dans ces moments là. C’est là que certains vegans pensent égoïstement à eux en donnant des croquettes vegans. Oui, je sais qu’on peut aussi se passer de chat mais ceux là étaient abandonnés, traumatisés, voir infirmes et ne se reproduiront pas. Et je suis lâche de ne pas tuer moi même le poulet, diront d’autres…

 

A ce moment, j’ai pensé aux personnes qui travaillent dans les abattoirs. Oui, ceux qu’on pointe du doigt dans les vidéos de L214. Rares sont ceux qui le font par choix, j’imagine mais parce qu’il faut un boulot pour survivre, vivre peut-être. Mais on ne sort pas indemne de ces lieux de toutes les horreurs. Des auteurs ont expliqué les parallèles techniques avec les pires horreurs de l’holocauste. Dans ces moments où j’en viens à oublier ce que je fais, je m’imagine le pire de l’humain. Je lisais un livre dont je reparlerai prochainement sur les coulisses d’un zoo. A un moment, le soigneur du zoo découpe une carcasse pour les tigres. L’auteur s’étonne aussi de la douceur et la prévenance des soigneurs pour les animaux et du fait qu’ils découpent sans sourciller un autre animal. C’est pour moi un des mystères du cerveau humain.

Alors là, on nous sort des tonnes de concepts pour masquer la grande ignorance que nous avons de notre fonctionnement. Le « Cerveau reptilien » en est un, un concept remis en cause et fantasmé. On parle du coté primaire, de l’homme de cro-magnon qui subsiste en nous, de la violence qui fait partie de nous. Le coté prédateur est mis en avant jusque dans le monde des affaires. Donald Trump a sa petite théorie sur le « mâle dominant » et j’en passe…qui fleurent bon l’eugénisme. Mais tout de même, dans ces moments où l’on se surprend avec un comportement qui ne devrait pas être, il est bon de se regarder soi-même en face. On peut évidemment imaginer le pire, le coup de folie décrit parfois quand on ne sait pas expliquer rationnellement des passages à l’acte. Regardez l’affaire de la famille Troadec et un type normal qui va en arriver à la pire des choses pour quelques pièces d’or. Oh, bien sûr, la ménagère ou le père de famille qui découpe un steak sans éprouver de dégoût ne va pas être un tueur en série le lendemain. Mais ça interroge sur la distance que l’on prend trop souvent avec les réalités.

C’est justement de cette distance dont profitent les spécialistes du marketing, pour bâtir des imaginaires. Je lisais dans le Canard Enchainé le truc de Danone pour vendre des yaourts aux fruits aux enfants…. qui n’ont pas un gramme de fruit. Le produit Danonino a été modifié en Belgique mais pas en France, patrie de cette multinationale toute puissante. On ne sait plus d’où viennent les produits que l’on mange, on ne se pose plus la question des saisons, des transports, de l’abattage. On va vers la facilité et si parfois on fait attention pour une chose, on l’oublie pour le produit suivant sur la liste des courses. Même les adeptes des courses de produits en vrac (c’est la mode chez le bobo parisien) l’oublient. Car avant le vrac, l’absence d’emballage, il y a un produit. Le vrac finit lui même par faire oublier l’imaginaire de la boite pour le remplacer par un imaginaire pseudo-éthique. Dans tout cela, rien n’est à jeter ou à privilégier à tout crin. Mais quand même, il y a vraiment des moments où c’est bon de se reprendre en main et de se poser des petites questions sans se mettre sur un piédestal à cause d’une bonne action.

Blog : Le danger de l’anti-« fake news »

C’est la nouvelle lubie de l’internet : Combattre les « fakenews », ces informations mensongères qui pourissent la vie des réseaux sociaux, des campagnes électorales et pervertiraient les cerveaux.

Ce qui a poussé à ça est connu : L’élection de Donald Trump et la manière qu’il a de tourner des évènements à son profit. Je ne vais pas sortir ma carte « Point Godwin » mais ce n’est pas le premier dans l’histoire et il ne sera pas le dernier. Pourtant, un point échappe à l’analyse : La presse et les politiques sont pointés sans arrêt du doigt pour leurs « mensonges », leurs oublis, et pas que par de sombres sites conspirationnistes. Des candidats à la présidentielle utilisent même ces arguments pour dire que la presse serait « aux ordres d’officines ». Alors si on suit cette logique, tout le monde donne donc des « fake news », des fausses informations?

Pour contrer cela, les journaux « dits sérieux » ont dégainé des services dédiés à démasquer ces horribles manipulateurs. Petit souci, ce sont justement des journaux qui sont aux ordres de grands groupes financiers, et le prix Renaudot 2016 (que je chroniquerai prochainement) parle des conséquences de cela. Des articles ont montré les grosses failles de leur système, notamment dans l’affaire Wikipedia. Les Decodex amusent un peu plus la galerie qu’autre chose. Aucune personne adepte des sites « alternatifs » ne mettra les pieds sur ces outils. Le lectorat de cette presse fond au soleil (zut, l’été revient) et beaucoup préfèrent s’amuser à regarder une vidéo youtube dénonciatrice que lire un dossier du Monde. A coté de ça, on a des sites comme Acrimed, plus indépendants mais avec aussi des orientations politiques, qui décodent les erreurs et manipulations des médias, ou bien des périodiques d’information vraiment indépendants économiquement ( Mediapart, Canard enchaîné, monde diplomatique…) mais mis en cause par les accusés comme opposés à eux (ça change comme la majorité).

Car un média, télévisuel, écrit ou autre, donne une interprétation de la réalité, via un angle d’attaque. Prenez une même nouvelle, quelque chose que vous avez vécu par exemple, et regardez la retranscription de plusieurs médias et vous trouverez des manques. Regardez comment en parlent d’autres personne et ce seront d’autres manques. Regardez ensuite comment les gens reçoivent cette information et ça sera encore différent. C’est tout le problème de la communication humaine et qui se retrouve dans les Internet. Donc il y a un choix, un consensus trouvé pour une interprétation et faire le tri en amont revient à restreindre ce choix.

Le problème vient des organismes qui vont faire ce choix. Facebook et Google font déjà ce choix et le renforcent, donnant une interprétation très américaine et puritaine. Le Monde aura aussi sa version parfois très sociale libérale tandis qu’on aura une autre variante chez Le Figaro (pas toujours différente) , fakir ou que sais-je encore. Sputnik ou Russia Today en ont une autre, très criticable, qui parfois aussi à ses parts de vérité mais seront censurés par ces filtres. Et nous, dans cette nouvelle guerre froide de l’information, nous retrouvons à être guidés par un camp auto-proclamé du bien. Tout ça rappelle presque la sombre époque du MacCarthisme. En effet, sans y prendre garde, on entre dans un nouvel organe de censure qui, en voulant nous protéger de fausses informations, nous met entre les mains de multinationales et de puissances financières qui suivent leur propres intérêts. On a déjà vu par le passé Google ne pas mettre en avant une messagerie chiffrée concurrente de gmail dans les résultats de recherche et cela se remarque de plus en plus. On constate déjà les choix éditoriaux de google news. Et bien ce sera pire. L’autre alternative proposée étant de passer par les gouvernements, je vous laisse deviner le résultat.

Il faut quand même regarder comment est « consommer » l’information. Autour de moi, je vois des applications de smartphone de médias assez simplistes (Le Parisien, 20 minutes…) ou bien du Facebook où le flux mélange tout et n’importe quoi, entre les partages des amis et les flux des sites d’info. Et puis sinon, il y a donc google news mais pas mon flux RSS préféré, sauf évidemment dans ma famille, tyran que je suis. Bref, tout ça donne quelque chose de très sujet à ces filtres et ces choix éditoriaux. Et comme en plus la profusion d’information crée un reflex de replis dans sa bulle, on a tendance à n’aller voir que ce qui nous conforte dans notre opinion déjà préfabriquée.

La seule alternative possible, mais qui aujourd’hui est totalement absente, reste d’éduquer à la « lecture » des médias, des informations. l’apprentissage par mimétisme avec les parents, ça ne marche pas, puisque c’est justement notre génération et celle passée qui tombe déjà dans ce piège, et pas seulement les jeunes des générations Y, Z, …Comment montrer de manière neutre et où le faire ? Cela me paraît le rôle de l’école et notamment de matières comme l’histoire-géographie qui sont friandes de données et de recherche. Je pense que mes excellentes profs de lycée auraient fait le job comme certains le font aujourd’hui. Par exemple, nous avions fait un travail approfondi sur le traité de Maastricht (ça vous donne mon age, ah, ah), sans que l’opinion politique de la prof ne transparaisse puisque nous avions le document brut et non des opinions. Aujourd’hui, il est paradoxalement difficile de lire un document de ce genre in-extenso dans la masse des résultats de recherche. C’est aussi une forme d’apprentissage du langage, comme on peut le faire dans les classes primaires surtout quand des parents trouvent intelligent de se débarrasser des gamins en leur filant tablette et télévision. Mais comme on pense plus à façonner de bons petits soldats que des personnes aptes à développer une réflexion par elles mêmes, on en arrive à passer totalement sous silence tout cela. C’est bien dommage et la fiction des auteurs de SF et anticipation se trouve presque dépassée aujourd’hui.

A nous d’être nos propres héros….

 

Blog : Du droit de bloguer

Hier, je lisais le dernier billet de Korben (oui, il lui arrive encore de dire des choses intéressantes…) et j’étais effaré qu’un type comme lui reçoive des commentaires de l’ordre de ceux qu’il affiche dans l’article.

Il y a longtemps, j’avais suivi son compte twitter donc je sais qu’il lui arrive de parler d’autre chose que de ce qui touche à l’informatique au sens large. Il le fait ailleurs que sur son blog comme n’importe quel citoyen, finalement. Il vote (ou pas, c’est son droit…), il a ses opinions. Mais apparemment, ça dérange et on lui dit gentiment de se contenter de parler de « ce qu’il connaît ». Que sait-on de ce qu’il connaît? De quel droit se permet-on de censurer cette personne, surtout quand la plupart des autres twittos n’ont pas plus de légitimité, et souvent moins quand on voit le niveau intellectuel. On touche évidemment à la liberté d’expression mais à un mal un peu plus profond que ça.

Prenez des comptes youtube un peu à la mode qui parlent de sujets techniques. On a, par exemple, Nota Bene, qui parle d’histoire et qui est fait par une personne qui n’a pas forcément un CV d’historien. Et pourtant c’est sa passion, ça se sent, c’est bien fichu et il peut naviguer sur des sujets périphériques si ça lui chante. On peut arrêter de le suivre aussi, comme on arrête de regarder une émission de TV. Et pourtant il a déjà eu quelques ennuis lorsqu’il a été voir des sujets qui titillent l’extrême droite au bas de la colonne. Car pendant que l’on tolère gentiment des « Valeurs actuelles », « Rivarol », « Minute » et autres sites de pseudo-information, les fans de ce genre d’extrême (il y en a de l’autre coté), ne se gênent pas pour diffuser des monceaux de contre-vérités. J’en ai été le témoin encore cette semaine en écoutant des collègues me parler de la fille d’Edwy Plenel (cf Hoaxbuster pour comprendre) ou de je ne sais plus quelle connerie conspirationniste, abusés par des rumeurs, des posts de face de caprin, etc… Et même après avoir prouvé le contraire, l’idée fausse reste ancrée. Après tout, on a bien des attentats fictifs en Suède. J’ai cessé d’avoir des commentaires haineux sur Icezine (car fermés) et j’en suis assez content car j’ai vraiment d’autres choses à penser. Et si j’avais fait un site à part pour la politique, c’est justement parce que l’on range chacun dans une case et on n’accepte pas qu’il en sorte…Mais si on suit cette logique, on pourrait supprimer le droit de vote parce que les gens n’y connaissent rien. Ah, c’est ce qu’ils veulent après? ….

Mais il y a des jours où je regrette de fermer ma gueule. Tenez hier j’entendais le maire d’une commune de la Réunion qui appelait à massacrer les requins parce qu’un gamin inconscient est allé faire du bodyboard dans une zone interdite de baignade et s’est fait manger comme un phoque. Les réunionnais (3 de mes collègues + un copain d’enfance en tout cas) connaissent bien les risques et les zones. On sait par ailleurs que des centaines de millions de requins sont massacrés chaque année contre quelques dizaines, voir moins d’une dizaine d’humains. Ca c’est un fait qui ne se discute pas mais on l’entend moins. Bon, là je l’ai glissé dans cet article mais on pourrait me dire que ce n’est pas mon rayon, me dire de me contenter de parler de logiciel libre, de jeux vidéos ou autres choses bien inoffensives. Je n’ai pas non plus envie d’aller guerroyer sur les réseaux sociaux au milieux de gens qui seraient bons clients de la noble profession de psychiatre. Mais c’est sur que faire des blogs lifestyle en testant la dernière Louboutin ou la dernière recette de biscuit Lu, c’est tellement plus facile… et lucratif.

Je revendique justement le droit de chacun de bloguer sur ce qu’il veut, comme il veut… ou presque. Bah oui, il faut que ça évite l’insulte gratuite tout de même, sinon, autant aller se fritter sur un réseau social. C’est justement là toute la différence entre l’immédiateté et le texte paisiblement mitonné, retouché, relu. C’est aussi la différence avec une vidéo, même préparée, qui peut faire mal (cf Bonjour Tristesse sur Youtube), mais qui reste un instantané, non éditable, en tout cas pas sans que ça se voit. Il peut m’arriver de dire des bêtises, de me faire reprendre ou qu’une vérité d’hier ne soit plus valable aujourd’hui. Tout ça se corrige, du moins quand on n’a pas l’égo trop prononcé. Il peut m’arriver de parler d’une passion un peu éteinte, de choses que j’ai apprises par moi-même par expérience, lecture, en dehors d’un cursus scolaire. Qu’importe… Je ne demande pas (et je devrais peut-être :p ) à chaque intervenant d’une émission de (faux)débat de justifier d’un pédigré complet. Je le juge sur ce qu’il dit, voir sur ce qu’il a dit par le passé. Et si je ne le juge pas pertinent je cesse de l’écouter. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque d’interdire de parole des types aussi corrompus et charlatanesques que le Dr Cohen qu’on voit partout dès que ça parle nutrition.

Alors évidemment, le problème est que tout le monde n’a pas pleinement son libre arbitre. Et l’information facile et bruyante masque l’information compliquée et technique. Par exemple, je lis des critiques sur la position Keynesianiste de Melenchon (épargnez moi le débat ici, je ne le défendrais pas) et on simplifie une présentation de 5h à des sommes de dépenses de l’état alors que c’est autrement plus complexe et mathématique que cela, avec des variables multiples, donc criticables. Malgré des articles parfois détaillés et didactiques, la plupart des commentaires s’arrêtent… À 2 chiffres ou à une image du personnage (qui l’a aussi un peu cherché par le passé). Et parallèlement, les mêmes questions ne s’appliquent pas à d’autres. Bon, la boucle est bouclée, je suis parti de la politique pour y revenir. Mais c’est aussi pour parler de la nécessité de l’éducation, comme le rappelle ma brillante consoeur Agnès. Car finalement, si la vidéo a tendance aujourd’hui à remplacer l’écrit, c’est aussi pour un problème d’éducation, l’image étant aujourd’hui bien plus facile d’accès que l’utilisation des mots, en écriture ou en lecture. Je parlais bien de droit de bloguer, pas de capacité à le faire, ce qui fera rire ceux qui ont connu les skyblogs. N’empêche que pour certains, le droit proviendrait d’une capacité selon des critères fixés par eux même. Donc si Cascador veut parler de botanique, si Cyrille parle de macramé, si Alias parle de peinture sur corps et si Olivyeah parle de poterie, ou Fred de cuisine mésopotamienne, pourquoi pas? (pardon pour les autres, …) Tant que ça reste intéressant et que je ressens cette envie de partager (non, pitié pas Made for Sharing) ou débattre. Mais comme dirait l’autre, « et l’humain dans tout ça » ? Il suffit d’en réunir un peu trop pour que ça soit le bordel. Dans ce forum géant qu’est devenu internet, régulé par l’arbitraire des GAFAMT*, on ne voit finalement ressortir que le problème d’un trop grand regroupement, déjà théorisé par les philosophes sur la nature humaine. Et si Korben se voit obliger de dire cela, cela vient aussi du succès qu’il rencontre. On pourra alors débattre du fait de centraliser ou décentraliser les discussions, les commentaires, d’être actif plutôt que passif via une notification… Un débat sur le débat, ha ha. Pour ma part, mon choix est fait, vous l’aurez compris : Je fais ce que je veux, quand j’en ai envie.

*: je rajoute twitter aux autres dans le sens idéologique du service et parce qu’il sera racheté plutôt que mort.

P.s.: Le site de l’hebdomadaire moribond Marianne « réorganise » ses blogs…comprendre ferme des blogs politiques. Censure déguisée?