Culture : Ramune, la limonade japonaise 

Ah, la limonade, une boisson parfaite pour l’été. Mais au japon, elle a quelques particularités.

Cela commence par la bouteille, en verre, avec un bouchon étrange et surtout une forme bien particulière. Il s’agit de ce qu’on appelle le « Codd Neck« , du nom de son inventeur qui réalisa ce procédé au 19ème siècle pour les boissons pétillantes. Le Japon est parmi les derniers à l’utiliser. A l’intérieur, il y a donc une bille de verre qui va faire étanchéité avec la pression du gaz à l’intérieur et un joint caoutchouc. Pour l’ouvrir, il y a un petit appendice plastique qu’il faut enfoncer d’un coup sec ce qui donne un bruit particulier.

Ramune est le nom générique pour Limonade et vient de la prononciation du nom en japonais (oui, le R est proche du L en prononciation). Il y en a de tous les aromes, mais c’est souvent avec un goût plus sucré que chez nous, un peu chimique pour notre palais. Hasard du magasinage/shopping, je suis tombé sur une bouteille dans une grosse chaine de distribution française. C’est la marque Kimura qui exporte ça et ils n’ont pas pris de risque en choisissant le goût « citron ». Enfin citron japonais, hein.

La bouteille en verre est lourde mais ne fait que 200ml. On enlève le scellé plastique et on donne un coup avec la paume de la main pour l’ouvrir. La bouteille « crie ». Et on voit la bille en haut qui bouche le tout. Il faut attraper le coup pour boire ça mais c’est sur que c’est sécurisé. Si on renverse la bouteille, ça limite la catastrophe. Au niveau du goût, c’est typiquement du soda comme on trouve en Asie, aussi bien en Chine, Vietnam ou Corée. Pourtant, passé la surprise, ce n’est pas si écoeurant qu’on pourrait le penser. Evidemment, l’import coûte cher, par rapport à une bouteille classique. Mais ce petit moment de dégustation a un coté régressif et nous fait partir à la fois au Japon et en enfance.

Certains gamins cassent la bouteille pour récupérer la bille, ce qui en fait aussi une boisson populaire. Pourtant, ces bouteilles sont recyclées dans des consignes, comme nous avions autrefois dans certains magasins. On la trouve aussi par correspondance en France à un peu plus de 2 euros.


Tagged: alimentation, geek, japon, lifestyle

Un coup de gueule qu’on m’a demandé de relayer.

C’est la première fois que je relaye un coup de gueule d’une connaissance du monde du libre qui m’a demandé un coup de main au passage.

J’ai rédigé le message suivant à sa demande. Je le recopie verbatim. pour vous faire prendre conscience d’un problème chronique du monde du libre.


La communauté doit se réveiller : le cri du coeur d’un petit mainteneur !

Ceci est le cri d’un coeur d’un petit administrateur qui s’efforce de maintenir un service de qualité digne de ce nom.

Je trouve inadmissible que la Quadrature du net ou Framasoft soit obligés de faire régulièrement des appels au dons.

Je ne suis pas le seul à faire de l’hébergement gratuit de documentations et d’autres services. Ce qui n’est pas gratuit à entretenir et à maitenir en vie.

Il faut savoir que j’ai eu un retour presque nul sur les plus de 300 000 visiteurs uniques pour juin 2017.

Il m’est aussi impossible de réunir une somme d’environ 50€ pour financer les serveurs à compter de septembre 2017.

Au vu du manque de reconnaissance criant de la communauté qui préfère l’insulte, la critique et les guerres stériles plutôt que d’aider les administrateurs, les mainteneurs et associations oeuvrant pour le bien de tous, pas étonnant que certains abandonnent.

À titre d’exemple, nous avons OpenSSL. Le logiciel est géré par une petite équipe avec un budget ridicule en comparaison des services rendus et sans aucun rapport avec son importance et son emploi dans le domaine de la sécurité. Qui irait acheter en ligne sans passer par un site en https ? Et qui https dit généralement OpenSSL…

Je n’écarte pas la possibilité de fermer mes services, car je ne pourrais tenir éternellement avec mes finances. En effet la fréquentation monte en flèche et j’ai besoin de serveurs pour tenir la charge et continuer de proposer à un service digne de ce nom (chargement dans les 2 à 3 secondes qui suivent la demande).

Je tiens à préciser que Lagout.org n’est qu’un projet parmi d’autres comme l’hébergement des ISO de la Manjaro Tux’n’Vape et le petit forum de Parrains Linux.

J’espère que vous avez compris mon coup de sang qui est celui d’un petit admin parmi tant d’autres et qui n’est pas le seul à constater amèrement de ce manque de reconnaissance.

Librement votre,

Lagout.


Maintenant, vous êtes au courant. Comprenne qui voudra ou qui pourra !

Les projets un peu fou du logiciel libre, épisode 14 : Doomsday, le port deluxe pour Doom, Heretic et Hexen…

Pour noël 1997, l’équipe d’id Software rendit public le code source de Doom, en le plaçant sous GPLv2. Cela permit de porter le jeu un peu partout, que ce soit sur des ordinateurs censés ne pas le supporter – comme les Amiga par exemple – mais aussi d’améliorer les versions existantes : rajout de la vue à la souris, support de modèles 3D (comme ceux de Quake), textures lissées, graphismes haute-définition, et plein de bonnes choses.

Il y a eu des projets par la suite comme Freedoom (dont j’ai parlé dans le premier épisode de cette série) pour proposer en complément du moteur libéré des niveaux qui soit aussi libres (au sens entendu par la Free Software Foundation).

Parmi les ports des moteurs, on trouve des ports qui veulent reproduire les sensations de la version d’origine, comme Chocolate Doom mais aussi des ports qui veulent pousser l’expérience au maximum, et je demande ici Doomsday (anciennement JDoom).

Ici on tape dans le lourd. Si on pousse Doomsday dans ses derniers retranchements, à savoir : modèles en 3D, textures lissées en haute résolution, vue à la souris (comme pour Quake), il faut penser à passer au i7 avec une carte style Nvidia GTX 1080 et 16 Go de mémoire au minimum 🙂

On peut dire que ce port est très complet, voire même complexe. On peut tout configurer. Autre point intéressant, on peut faire fonctionner :

  1. Doom (version shareware et complète)
  2. Ultimate Doom (celle qui comprend le quatrième épisode, « Thy Flesh Consumed)
  3. Doom 2
  4. Final Doom
  5. Heretic (version shareware et complète)
  6. Heretic, Shadow of the Serpent Riders
  7. Hexen (version shareware et complète)
  8. Hexen, Deathkings Of The Dark Citadel
  9. Chex Quest

Et j’ai dû en oublier quelques uns. Mais le mieux est de vous montrer le monstre en action.

Comme vous avez pu le voir, Doomsday est vraiment un moteur luxueux pour les titres mythiques que sont Doom, Heretic et Hexen. Oui, ça ramait pas mal, est-ce liée à ma vieille machine ? À la gourmandise de Doomsday ? Aux deux ? En tout cas, c’est un boulot monstrueux qui a été abattu pour produire un tel logiciel… Après, je préfère encore ce bon vieux gzDoom qui fait tout aussi bien le boulot 🙂

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac. Uniquement culturel, comme précisé dans le billet du mercredi 19 juillet.

Bon week-end !

Un peu d’auto-promotion : « Trois femmes : Marie ».

Je n’aime pas vraiment faire ce genre de billets, mais il faut parfois y passer et essayer de vendre ses propres créations.

À la mi-juin 2017, j’ai publié via Amazon (en format électronique sans DRM) et au format papier, et uniquement au format électronique sur Atramenta, la première partie d’une trilogie qui me tient à cœur depuis… le milieu des années 1990 !

C’est en gros l’histoire d’un homme des années 1960 au début des années 2010, via trois femmes qui ont marqués sa vie. Le premier tome nous propulse en 1968. Plus d’infos sur la vidéo ci-après.

Voila, c’est tout pour ce billet. Bonne journée !

« Happy Endings » des Happy Endings : un bon premier LP pour les fans des mélodies à la Beatles…

Et pas uniquement à la Beatles d’ailleurs… Happy Endings est un quatuor de Kingston-upon-Hall dont le cœur est constitué par Emma, Adam et Rachel Fee. Une affaire de famille donc 🙂

Après un premier EP éponyme sorti en août 2015, le groupe s’est remis au travail et a sorti début juin 2017 son premier LP, lui aussi éponyme.

J’avais acheté leur EP et j’avoue que j’avais été séduit par cette production qui était une bulle de légèreté acoustique que les Beatles auraient pu composer au début de leur carrière.

J’avais aussi évoqué leur EP dans un billet en vrac de décembre 2015. Quant à leur LP, je l’avais évoqué en duo avec l’album solo de leur chanteuse, Emma Fee en juin 2017.

J’ai eu l’heureuse surprise de recevoir – ce matin, le 17 juillet 2017 – un exemplaire de leur LP. Avec un petit mot me remerciant pour le soutien que je leur avais apporté. Je comptais justement acheter leur album rapidement, à croire que j’ai été espionné par la pensée 🙂

Mais revenons à l’album. Le groupe n’a pas été radin en terme de durée. Près de 65 minutes et 12 pistes au compteur. Autant que côté quantité et durée, on est bien servi !

On sent dès la piste d’introduction que l’on va se retrouver dans la douceur de la pop acoustique qui sent bon les années 1960, quand les Beatles commençaient leur carrière fulgurante.

Avec une piste qui se taille la part du lion – plus de 8 minutes ! – on se dit que l’on va pouvoir se mettre de la douceur dans les oreilles jusqu’à plus soif 🙂

On sent que le groupe a voulu prévenir que le contenu serait copieux… Avec des pistes essentiellement à la guitare sèche, la plupart des titres comprennent des duos vocaux.

Certains titres sont plus orienté pop, comme « Slips, Trips and Falls », « Empty Chair » (que l’on croirait sorti des chutes des Quatre de Liverpool), ou encore l’hypnotique « Tic Toc ». Sans oublier « What You Want to Hear » et « Anything but Yours ».

D’autres titres sont plus doux, comme « Lover’s Ruin », « Dance Again », « Apple Juice » ou encore « Out of Bounds », « Weird Love ». L’album se finit avec une piste à la guitare électrique de toute beauté, à la limite d’un rythme rock.

Quand l’album se termine au bout d’une heure, on sort de cette ambiance, douce, cotonneuse… Avec une seule envie… Pouvoir y retourner dès que possible. Que c’est bon un album plein de douceur par moment !

Vieux Geek, épisode 91 : Plan 9 from Bell Labs, l’OS mythique !

Bell Labs est connu pour avoir été l’employeur des créateurs d’Unix. Mais pas seulement. Si la dernière version officielle de l’Unix original est le Système V Release 4 (sorti en 1988), les efforts de développement amenère au développement d’un OS entièrement nouveau, qui au principe du « tout est fichier » d’Unix rajouta un autre principe « tout est réseau ». Autant dire que c’était une petite révolution à l’époque, surtout que l’internet était encore balbutiant.

Dans une équipe menée par Ken Thompson et Rob Pike, des nouveautés sont intégrées comme proposer une interface graphique dès le départ, le support du TCP/IP. Sans oublier des nouveautés qui ont été rétro-portés sur les Unix « vieille école » comme le standard Unicode pour permettre de simplifier la tâche des développeurs.

Entre 1992 et 2002, quatre éditions de Plan9 sortiront. L’université de Berkeley en 2014 fut autorisée à publier le code de la quatrième édition sous licence GPL v2.

On peut d’ailleurs récupérer une image ISO pour voir à quoi ressemble Plan9

J’ai donc récupéré l’image ISO et j’ai décidé de passer par Qemu. VirtualBox ne semble pas être le meilleur outil pour voir Plan9 en action.

Mais d’où vient le nom Plan9 ? Tout simplement du « pire film de tous les temps » (quoiqu’avec les productions à la « Bad Buzz » sorti en 2017) tourné en 1959 par Ed Wood.

Quant à Glenda, c’est un hommage à un autre film d’Ed Wood « Glen or Glenda » qui s’était penché – quoiqu’un peu tôt et avec maladresse – sur la transexualité. Sans oublier l’éditeur Acme qui est sûrement un clin d’oeil à la Acme Corporation qui peuple les épisodes des Looney Toons.

C’est vrai que c’est un système cryptique et j’avoue que je serai incapable de l’utiliser plus de quelques heures sans avoir envie de le balancer par la fenêtre… Mais cela montre aussi la culture et l’humour des développeurs… Qui sont allés un peu plus loin, car il s’appelle Inferno… Ah, ces développeurs 🙂

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac.

Je sais, je publie ce billet un jeudi, mais comme c’est un week-end prolongé qui s’annonce en France où j’habite – cela me rappelle un titre des années 1970… – autant en profiter.

Côté logiciel libre, informatique et internet, en dehors de la sortie médiatisée de la Fedora Linux 26 ?

Côté culture ?

Bon week-end prolongé !

Cinéma et BD : Fahrenheit 451 (1966 – 2010)

On connaît l’oeuvre originale de Ray Bradbury…Mais il a été adapté en film en 1966, mais aussi en comics par Tim Hamilton en 2010. Un paradoxe quand on connaît l’oeuvre et qui peut faire débat.

Ecrit entre 1947 et 1951, le livre de Bradbury reste ancré dans une réalité d’après guerre. Il ne fait pas appel au macCarthysme , comme on peut le croire mais plus probablement aux totalitarismes qui furent vaincu par une Amérique qui veut aussi imposer son bonheur, avec l’arrivée de la télévision, de la publicité de masse, … Face à cette déculturation, Bradbury s’inquiète de ce que pourrait donner l’alliance de tous ces éléments. Et ça donne ce synopsis :

Dans une société dystopique où la connaissance est considérée comme un danger, les livres sont interdits. Le métier de Guy Montag consiste à les repérer et à les détruire par le feu. Mais un jour, sa rencontre avec Clarisse le pousse à remettre son activité en question.

La BD d’Hamilton est totalement fidèle au roman, jusqu’à son découpage en trois parties. Chronologiquement, il n’y a pas de variation et c’est donc une transposition visuelle qui n’est pas forcément conforme au souvenir que j’avais du livre. Chaque lecteur se fait son propre imaginaire et c’est tout le problèmes des adaptations. Hamilton offre donc à ses lecteurs un moyen de connaître ce classique autrement qu’en roman, en essayant justement de ne pas trahir l’oeuvre. Le discours du capitaine Beatty sonne pourtant bizarrement dans le contexte d’une BD. Son univers est sombre, plutôt élégant et travaillé. C’est un choix qui se respecte.

Le film de François Truffaut,que j’ai pu revoir récemment, a mal vieilli. Le décor est Kitsch aujourd’hui avec ces uniformes bricolés, ce look propre aux années 60. Il fait justement vieux comicbook, un peu comme les adaptations de Batman de la même époque. Et pourtant l’histoire est là. Truffaut a pris des libertés dans la chronologie et dans l’age des personnages. Il n’en reste pas moins intéressant dans la force des images des scénes clés. La scène des soins à la femme de Montag, après la tentative de suicide de Mildred est très réussie par exemple. Il insiste finalement plus sur ce mal être paradoxal d’une femme qui semble tout avoir, dans ce bonheur calculé et automatisé. Montag montre progressivement ses contradictions et ça s’enchaîne bien plus logiquement que dans la BD. Seul le visuel nous fait parfois sortir de l’histoire, aujourd’hui. Et de Dystopie, on pourrait penser à une uchronie.

Est-ce que l’une de ces deux oeuvres fait aussi ce que Bradbury semble dénoncer, à savoir la réduction des oeuvres à des citations, à des condensés, jusqu’à les voir disparaître? Nous sommes peut-être plus proche d’un 1984 dans la vision de Truffaut que dans celle d’Hamilton. Cela rend le film de Truffaut encore intéressant et fascinant, sans réduire l’oeuvre de Bradbury. J’ai du mal à trouver de gros défauts à la mise en image d’Hamilton, mais c’est aussi sans surprise lorsque l’on a lu l’original. Par son classicisme, à défaut de modernisme, la BD est presque plus recommandable à celui qui est rétif à l’idée de lire un roman. Mais j’ai un attachement particulier au film de Truffaut, peut-être par ses maladresses, ou le fameux monorail Safege qui me rappelle le prototype de Jean Bertin dont on trouve encore des vestiges. Le puriste que je suis aura de toute façon tendance à reprende le livre, parce que justement, ils sont toujours menacés. Donc à chacun de voir selon ses affinités.


Tagged: 1950s, 1960s, 2010s, bd, Cinéma, comics, Culture, dystopie, régression, totalitarisme

En vrac’ de fin de semaine.

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac’ 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet. Je profite d’un peu de fraîcheur pour mettre en ligne l’article !

Côté culture ?

Bon week-end !

En vrac’ de fin de semaine.

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac’ 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet. En dehors de l’arrivée de la floppée des saveurs pour la première version alpha des quelque chose-buntu 17.10, quoi d’intéressant ?

Côté culture ?

Bon week-end !

L’album « bof » de la semaine, épisode 1 : « Chapter One » des An Erotic End of Times.

Dans mes billets en vrac de fin de semaine, je parle d’albums mais la plupart du temps, je ne reviens pas dessus dans un article par la suite. Car ce sont des albums qui sont un peu « bof » dans le sens : déjà entendu, sans réelle surprise, m’en touche l’une sans me faire bouger l’autre pour paraphraser un certain Jacques C., né le 29 novembre 1932.

Un album auquel il manque un petit quelque chose pour passer à la caisse. C’est le cas avec le premier album des français du groupe An Erotic End of Times. J’en avais rapidement parlé début mai 2017.

J’avoue que la première écoute m’avait pas trop déplu, mais lors de la deuxième écoute, celle qui décide ou non de l’achat, je me suis dit : mais bip, qu’est ce que c’est du déjà entendu. Il y a tous les éléments qu’on peut attendre d’un album affilié au metal industriel et gothique.

Des guitares bien lourdes, des rythmes rapides, des chants sombres et tristes à souhait. Mais on tourne vite en rond, et on se retrouve avec du plus que classique… Dommage 🙁

Après, les goûts et les couleurs, mais je préfère encore largement l’album « Seven Years of Famine » d’Order of Isaz. À moins que je ne sois pas sensible au mélange metal industriel et metal gothique ?

En tout cas, libre à vous ou pas d’apprécier cet album. Mais j’avoue qu’il ne m’a pas emballé !

La mort de T411 ? Encore une victoire à la Pyrrhus pour l’industrie des galettes plastifiées…

L’information a couru sur les médias électronique : une opération de police a débranché le site de référencement T411. Une autre référence du monde de la copie illicite mise à terre… Même si l’histoire ne bégaye pas, cela donne une impression de déjà-vu puissante et rance.

Rafraichissons-nous la mémoire. Janvier 2012. Le célébrissime site de partage Megaupload est débranché en fanfare. L’industrie de l’inculture (oups !) sabre alors le champagne. Résultat des courses ? Un an après la fermeture de Megaupload, son héritier arrive, Mega… Un coup d’épée dans l’eau donc.

Sans oublier les tentatives pour saborder le site « The Pirate Bay » dont la liste serait trop longue pour être exhaustive. Donc, T411 a été mis à terre. Dans un article du monde, le représentant de la SACEM dont on imagine qu’il doit avoir un énorme sourire en coin balance une réponse que l’on sent la morgue et la condescendance :

[…]De nombreux internautes se montrent très déçus par la fermeture du site ; que leur répondez-vous ?

Les pauvres ! Qu’ils aillent vers l’offre légale, qu’ils essaient ! Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. L’offre légale s’est considérablement développée. Pour la musique, elle est aussi bonne, voire meilleure, que l’offre illégale. Certains diront qu’elle n’est pas aussi performante, qu’il manque ce morceau ou celui-là…

Mais c’est un prétexte. Les gens qui piratent, la vérité c’est qu’ils ne veulent pas rémunérer la création. L’offre légale est toujours perfectible, mais on a atteint un niveau suffisamment satisfaisant pour ne pas utiliser ce genre de prétexte qui pouvait marcher en 2004. Aujourd’hui, pour 10 euros par mois, vous avez accès à 30 millions de titres ! Il faudrait plusieurs vies pour pouvoir tout écouter. Même sur l’audiovisuel, les progrès sont considérables.[…]

J’en ai recraché mon café matinal en lisant un tel tissu de propagande… Cette dernière me donne des envies de défoncer un punching-ball sous pervitine tant je suis en colère…

30 millions de titres pour 10 € par mois ? 120€ par an ? Pour cette somme, je peux m’acheter 8 à 10 albums en donnant réellement quelque chose aux artistes et groupes concernés. Du genre 80% de la somme versée dans le meilleur des cas pour les créateurs et créatrices. Une paille, en effet…

Qu’est-ce que j’en ai à faire de 30 millions de titres dont environ 99,99% ne m’intéresse pas ? Quel intérêt d’avoir accès à 30 millions de titres si je sais que l’écoute d’un entre eux ne rapporte au mieux 0,004€ à chaque fois à l’artiste ou au groupe ?

Même s’il y a du progrès, l’offre légale musicale classique, c’est du foutage de gueule pour les artistes et groupes… Sans oublier que c’est bien beau l’accès à X ou Y millions de titres sous la forme d’un abonnament. Si celui-ci est interrompu ou le service arrêté, comme jadis yahoo music unlimited en 2008, on se retrouve avec un vide intersidéral dans sa musicothèque… Avec une perte sèche au passage. Tandis qu’une galette plastifiée ou des morceaux de musique numérique en local, on peut toujours y avoir accès… Du moins sans ses saloperies de DRM qui sont plus un dopant de l’offre illicite qu’autre chose…

Je préfère un site comme bandcamp qui permet aux artistes et aux groupes d’être vraiment rémunéré pour leurs créations. Évidemment, ce ne sont presque jamais des artistes (sur)vendus par des maisons de pressage de galettes plastifiées, mais au moins, cette offre légale honnête pour les deux côtés – artistes et acheteurs – existe… Et tant mieux pour elle !

Quant aux ayant-tous-les-droits comme la SACEM et apparentés, sabrez donc le champagne. Vous l’avalerez bientôt de travers. Mais vous m’avez convaincu d’une chose : les sites d’offres légales à 10€ par mois, ils sentent mauvais du popotin !

Je continuerai de soutenir des artistes directement sans que vous en vampirisiez la majeure partie entre temps. Après, libre à vous de payer 10€ par mois pour que les artistes s’y trouvant récoltent au mieux de quoi se payer un morceau de sucre chaque mois…

En vrac’ de fin de semaine.

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac’ 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet.

Côté culture ?

Bon week-end !