Que sont-elles devenues les distributions GNU/Linux de 2013 ? Sixième partie.

Après le massacre du mois de septembre, voyons si le bilan du mois d’octobre 2013 permet de remonter le niveau. Un mois où je n’ai pas fait des tonnes de billets dans le domaine des distributions GNU/Linux.

4 billets, 4 distributions citées. Une morte suite à des manipulations plus ou moins propres et qui est revenue sous le nom de DFLinux. Donc une casse plutôt limitée, même si les images ISO de la DFLinux commence à sentir la naphtaline. Arpinux a laissé le projet à la communauté. À elle de se débrouiller avec.

Le mois de novembre va-t-il confirmer cette tendance ou pas ?

La survie du logiciel libre passe-t-elle par l’abandon du « Stallmannisme » ?

Je suis utilisateur de distributions GNU/Linux (soyons Stallmannien ici) en mono-démarrage depuis la mi 2006, soit près de 10 ans après mon premier contact avec le monde du logiciel libre.

Si j’ai franchis l’étape du mono-démarrage, c’est grace à la distribution produite par Canonical, Ubuntu. Même si je considère qu’Ubuntu a fait pas mal de boulettes au fil des années avec upstart, Unity, Mir ou encore Snap, c’est grâce à elle que j’ai pu réaliser un rêve ancien : utiliser au quotidien un OS libre. Pas 100% libre car comme j’ai pu le montrer dans un article du 12 octobre 2018, les distributions 100% libres sont en réalité pas franchement utilisables au quotidien…

Pour le quotidien d’une personne qui a besoin d’aller sur la toile, ouvrir des documents non libres comme des fichiers MS-Word, MS-Excel, c’est la plaie. Sans oublier les circuits wifi qui sont souvent des galères sans fin à configurer. Ou le support complet des cartes et / ou circuits graphiques sans passer par des pilotes adaptés mais au code source non disponible. C’est plus une gestion des restrictions qu’une possibilité d’utiliser librement son équipement informatique.

Ce qui m’a donné envie d’écrire cet article, c’est celui proposé par Iceman au titre parlant « Autodestruction » et auquel je vous renvoie.

Car le monde du libre est en train de se faire seppuku en public avec une tronçonneuse et tout le monde applaudit. « Panem et circenses » comme disait le poète Juvénal… Rien de nouveau une vingtaine de siècles plus tard. Je vous renvoie à ma série de billets sur « Le monde du libre part en… »

Mais commençons par définir le Stallmannisme.

C’est simple. C’est l’application mécaniquement absurde des quatre libertés du logiciel libre comme décrites sur le site de la FSF.

Pour résumer ?

  1. Liberté 0 : celle d’exécuter le programme
  2. Liberté 1 : celle d’analyser et modifier le programme si nécessaire
  3. Liberté 2 : celle de proposer des copies
  4. Liberté 3 : celle de proposer des copies modifiées en suivant le principe de la liberté 1

Vous comprenez alors que si on est un peu trop zélote au niveau des 3 dernières libertés, on en arrive à des publications de forks qui n’ont pas pour but de faire survivre un projet, mais juste de se faire mousser l’ego.

Des forks compulsifs qui n’ont presque aucune justification et qui donne au niveau le plus visible à la naissance de dizaines de distributions GNU/Linux identiques à 95% modulo une charte graphique ou une logithèque ne différant que pour un ou deux produits.

C’est ce que j’appelle les DGLFI : distributions GNU/Linux Franchement Inutiles. Cela entraine mécaniquement de la dispersion de ressources. Dispersion que l’on justifiera au nom de la liberté des développeurs de faire ce qu’ils veulent faire.

Il y a la célèbre phrase apocryphe attribuée à Manon Roland (1754-1793) : « Ô Liberté, que de crimes l’on commet en ton nom ». Ici, on est dans le même cas de figure, sauf que l’on ne risque pas de se retrouver découpé en deux au niveau de la nuque.

Si une personne me demande à quoi ressemble le monde du logiciel libre, je lui répondrai ceci : un monde typiquement Brejnevien où remettre en cause les fondements est presque puni du goulag idéologique.

Un monde qui est incapable d’unir ses forces sur des projets qui auraient une chance de tenir la dragée haute au monde non-libre, tout cela au nom de la liberté des développeurs d’agir à leur guise… Et donc de s’ôter toute responsabilité si ça tourne mal.

Les idées de Richard Stallman ont été nécessaires au début, vers 1984, pour lancer le mouvement. Mais il faut rester réaliste. Le logiciel libre ne serait pas grand chose sans le noyau lancé en 1991 par un étudiant Finlandais dans sa chambre. En 2018, le noyau 100% libre se fait attendre, et s’il sort un jour, ce sera sûrement au moment où le Soleil sera officiellement une géante rouge.

Les libertés énoncées par la FSF sont indispensables, mais il faut que tout le monde se responsabilise et accepte de travailler ensemble. Je sais qu’on me répliquera : « et la liberté alors ? »

C’est simplement la justification idéale pour produire des forks dont l’inutilité est flagrante… Autant dire que les géants du logiciel que sont Microsoft, Apple ou encore Google sont en plein overdose de chips et de boissons gazeuses.

Mais continuons, car tout va très bien, Madame la Marquise… Continuons de nous étriper pour les environnements de bureaux, les navigateurs, les noyaux, la pureté du logiciel ou encore le système d’initialisation à utiliser. Pendant ce temps là, les logiciels vraiment utiles qui ont besoin de main d’oeuvre continueront de souffrir en silence…

La Parabola GNU/Linux est-elle dans une mauvaise passe ?

Dans le monde des distributions GNU/Linux 100% libre, il n’y a que deux distributions qui soient vraiment utilisables : la Trisquel et la Parabola.

La Trisquel, c’est la Ubuntu à la sauce Free Software Foundation. Le problème vient de la petitesse de son équipe de développement qui a entrainé la sortie de sa version basée sur Ubuntu 16.04 une petite semaine avant la sortie de la Ubuntu 18.04…

Pour la Parabola, c’est « simplement » une Archlinux à la sauce FSF. Cependant, quand on regarde l’âge de certains paquets et leur durée d’obsolescence – j’y reviendrais plus tard – on est tenté de dire que la Hyperbola alias la ArchBian est en train de l’étouffer.

Si on regarde les images ISO disponibles sur la page de téléchargement, la dernière en date est une image CLI proposant OpenRC… Désolé de le dire aussi directement, mais pour moi le duo Archlinux et OpenRC, c’est Artix Linux et rien d’autre.

J’ai donc récupéré la dernière image ISO, et j’ai évité comme la peste les scripts automatisés. J’ai préféré installer une Parabola GNU/Linux à la mimine en utilisant mon guide pour Archlinux comme base.

Il y a bien entendu quelques différences. Comme le noyau qui s’appelle linux-libre au lieu de linux. Il n’y a pas de pilotes de VirtualBox. Mozilla Firefox et Mozilla Thunderbird sont absents, remplacés par IceWeasel et IceDove…

Pour l’environnement ? J’ai pris pour changer… Mate-Desktop, étant donné que c’est un script proposé par l’image ISO de Parabola.

Une fois l’installation terminée, j’ai un brin modifié l’apparence pour éviter d’avoir mal aux yeux à cause d’un thème trop clair. Puis, j’ai lancé l’enregistreur de vidéo.

Dans les points faibles ? L’absence de grosses cylindrées : pas de Chromium, pas de Mozilla Firefox, pas de Mozilla Thunderbird. On note aussi l’absence de VirtualBox. Certains logiciels sont effroyablement en retard, comme le mois de retard pris au moment où j’enregistre la vidéo pour le navigateur web. Sans oublier une liste sans fin de paquets marqués comme obsolète, parfois depuis… deux ans !

De plus, pour pouvoir utiliser Octopi – une purge sur le plan pratique – il faut installer l’obsolète gksu…

Autant dire qu’à mon point de vue, la Parabola GNU/Linux est en cette mi-octobre 2018 sur la pente descendante… Ce qui est vraiment plus que dommage pour le petit monde des distributions GNU/Linux 100% libre…

Révision du guide d’installation pour Archlinux d’octobre 2018 : merci Plasma 5.14.0…

Décidément, la tradition des mises à jour des guides vers le milieu du mois de publication continue.

Cette fois, la mise à jour est due à l’arrivée de Plasma 5.14.0. J’avais fait une vidéo rapide pour présenter cette version de Plasma le 10 octobre 2018.

Donc la révision du guide d’octobre 2018 est principalement modifié pour cette arrivée. C’est la seule grosse nouveauté au passage.

Comme d’habitude, mes guides sur github et framagit sont à jour. Il ne restait plus que la version « hors ligne ». C’est donc fait en cliquant sur ce lien qui contient le trio version odt, mobi et epub.

Bonne lecture 🙂

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac… Désolé, il sera court, n’ayant pas eu grand chose à me mettre sous la souris cette semaine.

Côté logiciel libre, informatique et internet.

  • L’Enfer vient de geler… À nouveau. Après Haïku R1 bêta 1 fin septembre 2018, voici que la version de rafraîchissement de Mageia 6, alias 6.1 vient de sortir. On se dit rendez-vous dans un an pour Mageia 7 ? 🙂
  • Vous avez un ordinosaure que vous chérissez ? Alors la Antix 17.2 – qui est vraiment légère – sera pour vous !
  • Encore un projet plus ou moins dérivé d’Archlinux, qui reprend certaines base de KaOS : une base Linux From Scratch et Pacman… Son nom ? Minitena. Durée de vie avant son extinction ? Ne se prononce pas 🙂

Côté culture ?

    Le compositeur espagnol Roger Subirana vient de sortir un nouveau titre, « The Other Way », qui figurera sur son prochain album.

Bon week-end 🙂

Le distro-hopping en 2018, expression d’une insatisfaction chronique ?

Je dois l’avouer, mais je ne comprends pas pourquoi le distro-hopping existe encore dans le monde linuxien en 2018. Autant j’ai été une grenouille sautant de distributions en distributions dans les années 1998 à 2006, autant avec l’arrivée de produits assez mûrs comme la Ubuntu 6.06, j’ai largement moins senti le besoin de changer de distribution comme de chemise.

J’ai écrit un article en septembre 2012 sur la Ubuntu Dapper Drake qui m’avait permis de me poser et d’arrêter de jouer la sauterelle. Ensuite, j’ai atterri sur Archlinux que j’utilise sans discontinuer (ou presque) depuis mi-2009. Ce qui fait dans les 9 ans au moment où je rédige ce billet début octobre 2018.

Depuis le milieu des années 2010, les distributions « grand public » sont arrivées à un degré de perfectionnement et de ressemblance qui justifie de moins en moins le fait de sauter d’une distribution à une autre au moindre « pet de travers ».

Cela me fait penser à une réplique de Jack Nicholson dans « Les Sorcières d’Eastwick » concernant les hommes cocufiant leurs femmes… Mais je vous laisse découvrir ce film de 1987 où il donne la réplique à Cher, Michelle Pfeiffer et Susan Sarandon.

C’est à peu près la même chose avec les distributions GNU/Linux modernes, à savoir celle sortie depuis le milieu des années 2010.

Prenons le duo Plasma avec Debian (en excluant Ubuntu). Le detesté distrowatch nous sort qu’il y a 9 réponses…

La même recherche en remplaçant Plasma par Xfce ? Juste 22 réponses !

Évidemment, il y aura des distributions plus spécialisées que d’autres, mais pour le domaine bureautique, mis à part un thème graphique différent, c’est peu ou prou la même chose, les fondements étant très souvent identiques.

D’ailleurs, au final, mise à part la version de Plasma fournie, quelle est la différence dans l’absolu entre une Kubuntu et une KDE Neon ? Le fait de servir de banc de tests ?

Quelle est la différence entre une NetRunner stable (basée sur Debian) et une Debian GNU/Linux avec KDE mis à part la charte graphique et quelques outils ?

Quelle est la différence dans l’absolu – en dehors d’une meilleure intégration graphique – entre la NetRunner Rolling et sa base, la Manjaro KDE ?

On va me répondre que l’apparence est primordiale, je suis d’accord. Mais est-il obligatoire de changer de distribution à cause d’un thème ? Doit-on suivre les effets de mode qui fait que tel environnement est « au top de sa popularité » en janvier et est complètement dépassé un ou deux trimestres plus tard ?

À moins de considérer l’informatique comme un jouet et de ne pas avoir peur de faire vieillir ses supports de stockage prématurément, on peut sauter d’un environnement à l’autre, d’une distribution à l’autre en fonction du sens du vent 🙂

Sur mon ancienne installation – le matériel acheté en 2010 a rendu l’âme en août 2017 – j’ai changé sans avoir à reformater quoique ce soit plusieurs fois d’environnements. J’étais passé de Gnome à Xfce, puis à Mate-Desktop sans oublier un rapide passage sous Budgie sur la même base.

Est-ce du au fait que je vois l’ordinateur comme un outil de travail au quotidien ? Celui qui me permet d’écrire mes articles de blog, de faire des recherches, d’enregistrer des vidéos, de présenter des distributions d’une qualité variable.

Peut-être est-ce lié à une certaine maîtrise de ma distribution qui n’est pas parfaite mais qui colle à mes besoins ?

D’ailleurs les personnes qui pensent qu’elles trouveront la perfection dans la prochaine distribution à la mode se plantent dans les grandes largeurs. Si on reste sur une distribution, c’est que l’on a accepté ses forces et ses faiblesses, et qu’on se moque de la dernière mode qui sera rapidement démodée.

Après la mode qui consistait à avoir Mandrake ou Mandriva, on est passé à celle d’avoir Ubuntu, puis d’avoir Linux Mint. Maintenant, Manjaro est la distribution qui a le vent en poupe chez les personnes informées.

Ce sera quoi la prochaine fois ? NuTyX ? Calculate ? Fedora Linux ? J’attends avec impatience de l’apprendre… Tout en continuant d’utiliser ce qui me convient au quotidien depuis la mi-2009.

Pour finir, un petit Iron Maiden de 1982 tiré de l’album que j’ai écouté pour rédiger l’article.

Allez, bonne journée !

Flatpak, l’avenir de mon arrière-grand-mère pour l’empaquetage logiciel pour Linux ?

Avant que des personnes hurlent au « putaclic » avec le titre de l’article, je tiens à rappeller que je n’ai aucune régie publicitaire qui affiche des panneaux en 4 par 3 😀

Donc, l’appat du gain n’est pas derrière cet article sur lequel j’exprime mon point de vue sur ce format de paquet universel en ce début octobre 2018. Format universellement reconnu par les principaux acteurs du monde linuxien, sauf un, Canonical. Comme d’habitude, devrait-on dire ?

Dans un article dithyrambique, GnomeLibre.fr nous affirme que le format flatpak, c’est l’avenir…

Bien entendu, Gnome-Libre a défendu bec et ongles ce format qui est la réinvention du .app d’Apple en rajoutant une dose de « bac à sable » pour sécuriser l’ensemble.

En gros, on prend le logiciel, ses dépendances, on met le tout dans une répertoire. Non seulement, ça bouffe de la place – même en réinventant le principe des bibliothèques partagées via le principe des runtimes – mais ça revient à une énième réinvention de l’empaquetage classique… En beaucoup plus lourd… Mais sécurisé, c’est le plus important !

Dans cette vidéo où je parlais de la Fedora 29 Silverblue bêta – qui se veut être une démonstration du flatpak pour tous les logiciels – je me suis heurté à un problème de taille : le poids des logiciels à récupérer.

Une fois le runtime – vous savez la réinvention des bibliothèques partagées – téléchargé, les logiciels sont moins lourd à récupérer… Mais cela donne toujours des logiciels plus lourd qu’un paquet classique, compilé pour la distribution. Principe qui a fonctionné depuis le début des distributions GNU/Linux en 1992-1993.

Comme je l’ai dit en vidéo, sans une connexion qui envoie du pâté et un espace de stockage assez important, vous vous retrouverez vide à tirer de la langue pour gérer l’ensemble.

Mais il y a un autre gros problème, en ce début octobre 2018, c’est la faiblesse en nombre de logiciels disponibles dans ce format.

Allez donc sur l’annuaire principal, à savoir Flathub. Et on apprend qu’il n’y a que 412 logiciels au moment où je rédige cet article.

Si on sort les composants de Gnome (57 réponses), de KDE (31 réponses) – cf les captures d’écran ci-après – on retombe dans les logiciels souvent disponibles dans les dépôts classiques des distributions GNU/Linux. C’est ici que se trouve le noeud du problème, et qui me fait dire que les paquets universels sont en partie la réponse à une limite du modèle des fixed releases pour les environnements bureautiques : la fraicheur qui devient rapidement une odeur de naphtaline intense.

Avant que l’on me dise que je suis un « fanatique de la fraîcheur », je répondrai simplement ceci : c’est tout de même mieux d’utiliser un logiciel dont les développeurs maintiennent le support en amont.

Il y a des fixed releases assez souples sur le plan de montée en version de logiciels si nécessaire, comme la Fedora et d’autres qui sont carrément psychorigides comme la vénérable Debian.

On va me dire que je prèche encore pour le modèle rolling release et donc pour des projets comme Manjaro Linux. Je considère qu’en dehors des personnes ayant une connexion minuscule, les postes de collectivités privées ou publiques et les serveurs qui nécessitent de n’être touché qu’une fois tout les 36 du mois, la fixed release n’a plus trop de justification.

Mais qu’est-ce qui est le plus propre au final ? Une mise à jour au fil de l’eau ou rajouter des technologies comme les paquets universels ou des dépôts tiers divers et (a)variés style ppa pour avoir certains outils un brin plus frais ?

À vous de voir !

Guide d’installation d’Archlinux, version d’octobre 2018.

Voici la cinquante-neuvième version du tutoriel pour installer une Archlinux, que ce soit avec une machine virtuelle, utilisant un Bios ou un circuit UEFI. Cette version rend obsolète celle de septembre 2018.

Note : des versions plus dynamiques sont disponibles sur mes espaces github et framagit.

Pour les captures d’écran, je suis parti d’une image ISO intermédiaire créée avec l’outil Archiso. Au moment où j’envoie l’article en ligne, le 1er octobre vers 10 h 35 du matin, l’ISO d’octobre 2018 n’est pas encore disponible.

Si vous avez besoin d’une image ISO en 32 bits, le projet archlinux32 vous en proposera une.

Côté environnements : Gnome 3.30.1, Plasma 5.13.x, Xfce 4.12.0 et Mate-Desktop 1.20.3 en gtk3, Cinnamon 3.8.9 et Deepin 15.7. Sans oublier le rajout des microcodes pour AMD et Intel.

NB : si vous voulez faire une installation avec l’UEFI, il faut utiliser cgdisk, gfdisk ou gparted, et créer un partitionnement GPT. Sinon, ça plantera !

Ce n’est pas un tutoriel à suivre au pied de la lettre, mais une base pour se dégrossir. Le fichier au format zip contient :

  • La version odt
  • La version pdf
  • La version ePub
  • La version mobi (pour Kindle)

Le guide en question est sous licence CC-BY-SA 4.0 à compter du mois de mai 2016.

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire des retours en cas de coquilles !

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac… I

Côté logiciel libre, informatique et internet.

Côté culture ?

Bon week-end 🙂

Et c’est ainsi que meurt (?) un projet de démocratisation de GNU/Linux.

J’écris cet article de bon matin, alors que je n’ai pas encore pris mon petit-déjeuner. C’est juste le dernier épisode d’une longue saga qui montre que l’humain est capable du meilleur comme du pire… Mais c’est dans le pire qu’il est le meilleur.

Vous le savez, je participe au projet Manjaro Tux’n’Vape qui est une respin de Manjaro Linux : projet qui n’a jamais été indexé sur Distrowatch. Projet qui veut proposer aux francophones une Manjaro Linux entièrement francisée et fonctionnelle.

Ou devrais-je employer l’imparfait ? Car il faut dire que depuis des mois, le projet a été attaqué. Il faut dire que certains youtubeurs au nom d’une vision presque absolue de la liberté d’expression ont laissé les trolls prendre de l’importance.

Au point que cela a fini pour moi qui voulait remettre un peu d’ordre par le changement de mon numéro de téléphone suite à un harcèlement par coup de fil et SMS.

Hier soir, le 26 septembre 2018, une étape a été dépassée, avec une vidéo qui outre les insultes sur des personnes adultes a été accompagnée de menaces à peine déguisées. Baba Orhum, fondateur du projet a décidé de mettre tout en pause, allant jusqu’à bloquer le téléchargement des images ISO.

Oui, c’est une mesure extrême, mais quand on arrive à voir sur Youtube une vidéo d’une telle violence sans qu’elle soit détruite, on finit par se dire qu’il faut mieux se mettre en retrait.

Cela risque de signer l’arrêt de mort d’un projet dans lequel aucun membre de l’équipe ne s’est enrichi, et dont la plupart ont passé du temps à donner de l’aide sans rien demander en retour.

J’ai décidé de me mettre en retrait durant une semaine. Car je n’en peux plus et que j’ai besoin de prendre un peu de repos.

Résultat des courses ? La majorité silencieuse paye pour une minorité qui n’en a peut-être rien à faire de Linux. J’ai déjà plus dire plusieurs fois à quel point je pensais que le monde du libre en cette fin des années 2010 était mal en point.

Youtube n’a pas arrangé la sauce et a donné au contraire une visibilité encore plus grande aux trolls qui selon l’adage – qui s’avère être inexact – doivent être ignorés.

Après le projet tux’n’vape, ce sera au tour de quelle distribution ? Manjaro elle-même ? J’avoue que je ne l’espère pas. Il est vrai qu’il était ultra-important de pourrir à mort un projet qui arrivait à proposer en 600 et 800 téléchargements mensuels, comme je l’avais précisé dans la vidéo suivante concernant la sortie des images ISO désormais indisponibles :

Bref, si vous sentez de l’écoeurement et de l’amertume dans mes propos, vous comprendrez pourquoi je pense que le monde linux sera encore et toujours incapable de proposer une offre crédible et viable face à des mastodontes comme Mac et MS-Windows sur le bureau.

Si vous pensez que seule l’équipe dont je fais partie en a marre, détrompez-vous…

Maintenant, que le monde du libre continue à se taper sur la tronche pour un oui ou pour un non… Microsoft, Apple et Google n’attende que cela.

Pour finir, je tiens à préciser que je n’ai pas l’outrecuidance d’affirmer que l’équipe dont je fais partie voulait révolutionner la face des distributions bureautiques pour le particulier. Elle pouvait apporter sa pierre. Bon courage à l’équipe qui prendra sa place !

Car elle en aura besoin, vraiment besoin…

Vieux Geek, épisode 136 : Phoenix 0.1, l’ancêtre de Mozilla Firefox

Nous sommes en septembre 2002, et quelques mois plus tôt, la Suite Mozilla 1.0 est sortie. Cependant, deux développeurs de la Fondation Mozilla ne sont pas satisfait et considère que la suite en fait trop.

Dave Hyatt et Blake Ross décident alors de lancer un projet qui récupère le coeur du logiciel en enlevant le surplus : client de courrier électronique, éditeur de pages HTML et Agenda. Le projet aura pour nom de code Mozilla / Browser pour bien montrer quel composant doit être mis en avant.

Contrairement à la suite, le projet est centré sur la volonté de créer une interface modulable en XUL, et surtout alléger l’ensemble. Un peu comme le projet Chimera – qui deviendra Camino – sur MacOS ou KMeleon sur MS-Windows, en prenant à chaque fois des spécificités des OS hôtes.

Finalement, le 23 septembre 2002, la première version sort et pour montrer que c’est une volonté de repartir de zéro, le projet s’appellera Phoenix. Les notes de publications sont claires sur ce point : on élague au maximum… Et après, on rajoutera ce dont il y a besoin…

Comme vous avez pu le voir, c’était encore du brut de décoffrage. Le projet changera de nom pour sa version 0.6, en devenant Firebird, car le fabricant de BIOS n’aimait pas qu’on utilise son nom… Et une nouvelle fois, à cause d’une base de donnée pour prendre son nom de Mozilla Firefox dès la version 0.8 début 2004…

Merci à Moz-Fr pour son article qui m’a pas mal aidé à la rédaction de celui-ci.

Comme le temps passe vite, déjà 16 ans et un jour au moment où j’ai rédigé puis j’ai mis l’article et la vidéo dédiée en ligne 🙂

Bilan d’étape de mes prédictions pour 2018.

Le 20 décembre 2017, je m’amusais à faire des prédictions pour l’année 2018. Étant donné qu’on est arrivé fin septembre, j’ai voulu faire un petit bilan d’étape avant le bilan final aux alentours de Noël 2018.

Sur le premier point évoqué – à savoir la popularisation du bureau linux – on est plus dans le running gag qu’autre chose. Donc passons.

Je voudrais revenir sur ce point précis pour analyser la situation en septembre 2018.

Pour les distributions GNU/Linux, certaines seront pour 2018 un long calvaire. Dans cette liste non exhaustive je mettrais par ordre alphabétique : Artix Linux, Devuan, Frugalware Linux, Mageia, OpenMandriva ou encore NuTyX et Trisquel.

Artix Linux ? Aucune image ISO d’installation complète n’est disponible depuis janvier 2018. Il y a bien une base avec Runit, mais je ne sais pas où en est l’utilisabilité de cette version.

Devuan ? La version 2.0 est sortie avec un an de décalage, début juin 2018, sur son équivalent Debianesque.

Frugalware Linux ? Aucune nouvelle image ISO disponible au téléchargement depuis la sortie de la version 2.1 en septembre 2016

Mageia ? La version 6.1 semble enfin vouloir pointer le bout de ses octets, dixit une vidéo d’Adrien D alias Linuxtricks sortie le 15 septembre 2018. Quant à Mageia 7 ? C’est le silence radio chez Mageia.

OpenMandriva ? même si la version 3.03 est sorti en novembre 2017, une version 4.0 alpha un peu précoce a été annoncée par Phoronix. Donc de l’espoir pour la finde l’année ?

NuTyX ? Le projet semble bien vivace, la dernière version en date étant une 10.3 sortie fin juillet 2018.

Trisquel ? Le projet d’Ubuntu libérée au sens FSF du terme a fini par sortir sa version 8 (une base 16.04 LTS), mais une poignée de jours avant la sortie de la version 18.04 LTS de la distribution de Canonical…

Bref, un bilan assez mitigé pour le moment avec seulement deux distributions sur les septs qui semblent être en assez bonne santé en septembre 2018.

Pour Manjaro, l’année a été assez calme pour le moment… Pourvu que ça dure.

Pour Xfce, toujours rien à l’horizon pour la version 4.14… Même s’il y a du progrès enregistré, dixit le blog de Xfce.

Sur le plan des paquets universels, il y a eu en mai 2018 la première preuve de leur relative dangerosité avec des snaps – paquets universels à la sauce Ubuntu – qui dissimulait un mineur de bitcoin dans leurs entrailles

L’utilisation abusive du fork… Comment dire, j’en suis à combien d’épisodes pour ma série sur les DGFLI au 24 septembre 2018 ? Juste 28…. Enregistré en 2018 ? Juste les épisodes 19 à 28 🙂

Dernier point, les parts de marché du panda roux sur les ordinateurs fixes et portables :

Pour NetmarketShare ? 10,79% en septembre 2018.

Pour Statcounter ? 10,97%

Apparemment, le panda roux a repris un peu de force, mais c’est catastrophique si on rajoute les tablettes et smartphones, où on arrive dans les 5% à 6%…

Un article un peu long, mais comme je n’avais pas fait de bilan intermédiaire, c’est normal. Rendez-vous aux alentours de noël pour le bilan final des prédictions 2018 et celle de 2019 😀

S’emmerder ferme au niveau des environnements graphiques, est-ce un mal ?

Mon collègue blogueur Olivyeahh dans un billet du 23 septembre 2018 exprimait son sentiment d’ennui profond concernant la partie environnement graphique du monde libre.

Je le cite :

J’avais dit il y a quelques mois à Frédéric Bezies que niveau DE, on se faisait chier (dans le texte), que c’était devenu très stable tout cela…et diaboliquement efficace…

Comment dire ? Tu as foutrement raison. J’avoue que sur mon Mate-Desktop – pour paraphraser une connaissance tux’n’vapienne, Mate c’est la vie – le dernier point d’excitation a été la fin de la migration vers gtk3 lors de l’arrivée de Mate-Desktop 1.18, en mars 2017.

Oui, cela fait donc 18 mois au moment où je rédige ce billet que j’avoue ne plus m’enthousiasmer pour le moindre environnement de bureau. Je me souviens encore de la révolution qu’avait été le premier KDE sorti en 1998. Il faut dire que depuis l’arrivée d’Unity et Gnome en 2011, rien de révolutionnaire n’a touché le petit monde des environnements bureautique.

Budgie ? Je dois dire que sa maturation me laisse pantois. Quant à Deepin Desktop, il semble être lui aussi rentré dans les rangs. Il y a bien une volonté de faire renaître Unity 8, et j’ai bien ri en lisant que le port pour Archlinux était au stade de la version alpha… Pas vraiment différent de ce qu’a été la version pour Archlinux d’Unity 7 🙂

Pour les amoureux des distributions GNU/Linux de la fin des années 1990 comme les Red Hat Linux d’avant Fedora, la première génération de Mandrake, avoir des environnements où la seule question qu’on se pose est de savoir comment ne pas s’ennuyer à l’utilisation, ça fait bizarre.

Tellement bizarre que j’ai presque envie de reprendre une dose d’environnement semi-graphique comme i3 ou son équivalent waylandesque, Sway… Histoire de revenir aux sources du Linux que j’ai connu dans les années 1998-2000… Et de devoir m’occuper à nouveau du fonctionnement de mon interface graphique 😀

Anarchy Linux : faut-il continuer « l’acharnement thérapeutique ? »

Anarchy Linux, projet ambitieux – et un peu trop par endroit – de proposer une distribution entièrement basée sur Archlinux avec un installateur texte disponible en ligne de commande et dans une session Xfce revampée.

Anciennement connu sous le nom d’Arch-Anywhere, le projet est resté au point mort durant des semaines, voire des mois.

Début septembre 2018, aimant cet outil qui m’avait dépanné, je me suis attaqué à la résolution de bugs qui trainaît depuis trop longtemps dans le projet. Il faut dire que son fondateur n’a plus déposé la moindre ligne de code depuis au moins le mois de juillet 2018.

Autant dire que cela sentait le projet qui mourrait lentement mais sûrement. Il a fallu l’arrivée des images ISO du mois de septembre 2018 d’Archlinux (qui servent de base à Anarchy) pour montrer que cela commençait à sentir un brin le sapin.

Entre le 13 et le 23 septembre, j’ai proposé une bonne douzaine de correctifs – voire même plus ! – dont un certain nombre ont été accepté.

Les plus importants ?

  1. Un correctif pour générer des images d’installation en ligne de commande avec l’image ISO d’Archlinux de septembre 2018.
  2. Un correctif pour pouvoir obtenir à nouveau des images d’installation en mode graphique
  3. Un correctif trouvé par Baba Orhum que j’ai fait accepter dans le code source
  4. Un correctif concernant la lisibilité des options d’installation du système (en cours d’étude au moment où je rédige cet article, le 23 septembre 2018.)
  5. Une correction pour la session personnalisée Cinnamon (en cours d’étude au moment où je rédige cet article, le 23 septembre 2018.)

Bref, pas mal de petites choses pour améliorer l’ensemble. J’ai d’ailleurs fait plusieurs vidéos – que vous trouverez dans la suite de l’article pour montrer les progrès accomplis. Au point que Baba Orhum, fondateur du projet Tux’n’Vape voudrait bien continuer le travail en hébergeant des ISO de tests.

De plus, il faut noter qu’au 23 septembre 2018, si on va sur le site officiel d’Anarchy Linux, des images en ligne de commande de la version 1.0.1 sont disponibles… Depuis le 17 septembre 2018 !

Cela explique le peu d’articles que j’ai posté récemment sur le blog. Je me suis tellement consacré à ce projet – développé sur mon temps libre – que je n’ai pas eu trop l’occasion d’écrire, et je tiens à m’en excuser.

Mais je me demande si c’est un effort un peu tardif. En effet, j’ai pu mettre à mort des bugs dont certains remontaient au mois de janvier 2018, comme celui de l’impossibilité de générer des images ISO. Une volonté assumée – ou pas ? – de laisser le projet à l’abandon ?

Je dois dire que j’ai tellement donné au projet récemment que je finis par me dire que ces efforts sont à la limite de l’acharnement thérapeutique et les commentaires parfois orduriers et remplis de sous-entendus encore plus puant me font mettre le projet de côté.

Néanmoins, voici quelques vidéos que j’ai consacré au projet que j’essaye de faire survivre même si c’est sur certains plans pas franchement utile.

Le point au 21 septembre 2018 :

Une vidéo sur l’installation d’une Anarchy Linux avec une session Budgie Desktop brute de décoffrage :

La vidéo concernant mes premiers apports importants au projet, datant du 14 septembre 2018.

Ai-je eu tord de m’investir autant pour sauver un projet qui m’a plus d’une fois aidé dans mes activités ? J’avoue que je finis par me le demander. Si c’est pour faire cracher dessus via commentaires interposés sur un projet dont je ne suis qu’un repreneur potentiel, ça donne envie de faire comme Arpinux, papa du projet DFLinux : se tirer à grande vitesse.

Vu l’ambiance actuelle, j’en viendrai presque à regretter une chose : ne pas avoir assez de ressources financières pour me tirer une bonne fois pour toute dans le monde du Mac… Et ne plus me taper les errements du monde du logiciel libre… C’est quand même triste au final.

Guide d’installation pour Archlinux version de septembre 2018, deuxième !

Décidément, cela devient une habitude… Qui j’espère ne va pas trop se prolonger. Au menu de la mise à jour de « mi-septembre » ?

  1. L’arrivée de Gnome 3.30
  2. Du nettoyage au niveau de la section consacrée à Plasma
  3. Quelques nettoyages ici et là

Vous trouverez la version à jour au format zip en cliquant ce lien 🙂

Donc, le guide est à peu de chose près à égalité avec les versions disponibles sur Github et Framagit.

Bonne lecture !