En vrac’ du pont de l’Ascension…

Étant donné que le pont du jeudi de l’Ascension commence tout juste, autant au profiter pour faire un court article 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet.

Côté culture ?

Bon pont de l’Ascension !

Tuto : Du bon usage du courrier électronique

Envoyer un courrier électronique / email paraît si simple que l'on en oublie la méthode, la sécurité et tant d'autres petits détails. Genma a écrit un excellent article pour cela et dont je vais reprendre quelques notions importantes dans ce qui suit. Il faut déjà rappeler que le mail n'est qu'un équivalent dématérialisé de la bonne vieille lettre. Il constitue donc "un bon moyen de traçabilité : Il permet d’avoir une date et une preuve d’une demande par exemple", même si des juristes pourront apporter des précisions dans ce domaine. Mais dans un cadre professionnel mais aussi privé, on en reçoit énormément, ce qui impose de suivre quelques règles.

Vieux geek, épisode 81 : MS Plus! pour MS-Windows 95…

Pour cet épisode de la série « Vieux Geek », j’ai eu envie de me replonger en 1995. C’est l’année où j’ai eu mon premier compatible PC, une grosse boite gris, avec un écran cathodique de 14 pouces (et de 14 kg aussi), avec un incroyable Cyrix 486DX2 à 66 Mhz royalement équipé de 400 Mo de disque, de 4 Mo de mémoire vive et c’était tout.

Le tout tournait tant bien que mal sous MS-Windows 3.1. Je le fis rapidement grimpé à 12 Mo de mémoire vive, lui rajoutant une carte son compatible Sound Blaster avec un CD-Rom 2x. Il était donc fin prêt mi-1996 pour accueillir le révolutionnaire MS-Windows 95.

Cependant, il faut le dire, pour révolutionnaire qu’il fût à l’époque, il n’était pas franchement esthétique, mais largement moins moche que les immondices icônes Numix. Faut pas pousser, non plus ! 😀

Pour améliorer l’ordinateur, Microsoft mit en vente une extension – un peu comme les DLC de nos jours – sous le nom de MS-Plus! pour MS-Windows 95.

Il y avait pas mal de bonnes choses : des thèmes pour se la jouer « pimp my ride », un jeu de flipper et surtout une énorme nouveauté : un des premiers navigateurs internet, l’ancestral MS-Internet Explorer 1.0… Internet Explorer 2.0 sortira en novembre 1995, et aussi avec la version dite OSR1 de MS-Windows 95. Ça ne rajeunit personne.

Quand on insérait le CD de MS-Plus! pour Windows 95, on avait un joli écran qui nous accueillait.

Un peu plus loin, si on demandait l’installation, on avait droit à l’internet jumpstart kit.

Il y avait aussi des outils qui seront inclus à MS-Windows 98, comme un outil pour automatiser des tâches, 12 thèmes complémentaires pour rester dans les principaux ajouts.

J’ai donc récupéré toutes les images ISO nécessaires à la réalisation d’une vidéo. Comme je l’ai précisé, pour avoir un affichage potable, j’ai du passer par Scitech Display Doctor 7, le pilote vbemp accumulant les écrans bleu de la mort 🙁

Malgré les aléas liés à un thème un brin capricieux, revoir le premier Internet Explorer en action, ça n’a pas de prix… J’avoue que le bonus de fin m’a arraché une larme ou deux… Et non, je ne précise pas ce que c’est. Mais il faut se souvenir qu’en 1995, MS-Windows 95 était le top du top côté système d’exploitation pour PC, et que le pack Plus! était la cerise sur le gâteau… 🙂

Piratage : Le jour où l’on découvrit notre dépendance…

... A l'informatique et aux réseaux est arrivé Vendredi. Enfin, presque, car je ne suis pas sûr que tout le monde réalise les dangers, tant qu'il n'y a pas été confronté. Pour savoir de quoi je parle, un petit détour vers un article peut aider... en voici un. On y voit que de l'opérateur réseau, au système de santé, en passant par un constructeur automobile ou un transporteur de colis, tout y est passé. Mais au lieu d'une classique attaque par déni de service (comme il y a eu cette semaine sur un noeud du réseau de la presse française, suffisamment stupide pour avoir un fournisseur de service unique), c'est passé par un ransomware qui s'est propagé d'une manière pas encore totalement identifiée. Un ransomware, pour faire simple, c'est un virus qui va vous empêcher d'accéder à vos fichiers et vous demander une rançon en échange. Celui ci, baptisé WCry, serait apparu un peu avant début février, sans doute, et exploite une faille windows qui a été rapidement corrigée

Tuto : Naviguer mobile (et libre) avec moins de publicités

Si tout le monde connaît les bloqueurs de publicité sur son PC/Mac avec des produits comme ABP ou µBlock Origin, ce n’est pas si simple sur son smartphone ou sa tablette. Mais heureusement, il y a des solutions…

Sur Android, Google n’a aucun intérêt à mettre une possibilité de bloquer la publicité, puisque c’est son gagne-pain. Alors oubliez tout de suite Chrome. Pour naviguer librement, avec le moteur de recherche de son choix et un filtre antipub, il n’y a qu’un choix viable aujourd’hui : Firefox ! D’autant que contrairement à son homologue PC, il n’est pas plus lent à démarrer ou plus lourd en mémoire que ses concurrents. Donc l’étape 1, c’est de Télécharger Firefox Mobile : Android / iOS

L’étape 2, c’est d’ouvrir le navigateur et d’aller dans le menu.

Dans ce menu, on va appuyer sur <Outils>.

puis dans le sous menu, on appuie sur <Modules Complémentaires>

On arrive à la liste des modules installés. 

On appuie alors sur <Parcourir tous les modules complémentaires de firefox>. Une fenêtre du navigateur s’ouvre avec une recherche possible.

Etape 3 : Trouver µBlock Origin

Dans la zone de recherche, on tape par exemple block origin et on appuie sur la petite loupe. On tombe alors sur une liste et on va choisir le <µBlock Origin> de Raymon Hill pour arriver ensuite sur la page suivante.

Là, un sombre idiot a inventé un bouton à droite pour activer le truc au lieu d’écrire clairement à quoi ça sert. Donc il suffit d’appuyer sur ce bouton blanc et gris pour voir la progression du téléchargement et que ça devienne vert.

Un message vous confirme l’installation et vous pouvez revenir voir la liste des modules installés.

vous pouvez aussi accéder à cette liste en tapant « about:addons » dans la barre d’adresse. Un appui sur l’item permet de le désactiver ou le désinstaller. Mais vous avez maintenant un item <ublock origin> tout en bas du menu de firefox qui vous donne la même possibilité que sur votre pc, c’est à dire de le désactiver sur une page, de connaître combien d’espions il a bloqué, etc…

Vous voilà équipé pour le monde sauvage de la toile…et en plus, en logiciels libres !

 


Tagged: android, µblock origin, firefox, internet, iOS, logiciel libre, mobile, publicité, tutoriel

Blog : Interactif dans ta diversité, tu seras

Mais qu’est-ce que c’est que ce titre ? J’avoue que je ne savais pas trop quoi mettre parce que je vais parler de deux sujets différents mais liés…

Après quelques années où je faisais vivre en parallèle des blogs différents, j’ai enfin tout réuni, avec un peu de tri. Voilà donc le résultat : Un blog qui réunit mes écrits sur le cinéma, l’automobile, la musique, le logiciel libre, les tutoriels, la géopolitique la vie, ….depuis 10 ans et plus (j’ai fait du ménage). Bref, un peu tout ce qui me passe par la tête mais avec quand même une trame de fond. A un moment, je croyais que cette diversité perdrait un peu le lecteur dont j’avais tout scindé. Et puis, avec le temps, j’ai compris que de toute façon ça ne servirait à rien, sinon à perdre … du temps et que ce blog est à mon image. Donc il y a bien la possibilité de lire ce qu’on veut par des flux RSS séparés par thème, ou de prendre le truc brut. Et cette semaine j’ai enfin réécrit un vrai billet géopolitique, ce que je n’avais pas fait depuis 6 mois. Chassez le naturel, il revient au galop.

Quand je parle diversité, c’est donc dans les sujets que je traite. Je sais qu’en France (et ailleurs), on aime mettre des étiquettes et je déteste ça. A priori, je ne vois pas comment quelqu’un qui lit mes billets sur les BD, ou sur le cinéma va s’intéresser au sort de la Macédoine. C’est con, mais c’est typiquement le genre de chose que j’aimerai lire, ou que je lis (cf Gilles, Cyrille, Stéphane, …. ). Quand on regarde le JT, on va avoir des informations sérieuses, des infos plus peoples, culturelles. Quand on ouvre le journal quotidien, on a même parfois des BD, des mots croisés, des recette de cuisine. Bref, on trouve un peu tout ce qu’il y a dans une vie. Et là, sur un blog, un site internet, on devrait tout classer ? Tiens (et là je prépare une transition…), ceux qui vont sur les réseaux sociaux ne vont pas pour une raison bien précise. Ils prennent des informations, du divertissement, « likent » des restaurants, des marques de fringue, ou que sais-je encore. Alors comme je disais il y a quelques semaine, j’ai le droit de bloguer ce que je veux. Et le lecteur a le droit de piocher dans ce qu’il veut, selon le moment, son intérêt pour un sujet. Je ne serai jamais un spécialiste d’un des sujets évoqués et je préfère mettre des liens vers ceux qui sauront fournir un peu plus.

« tu te souviens papy de ta première souris? »

Et c’est là qu’intervient l’interactivité dans un blog, ou même un site. Pour avoir participé au lancement d’un webzine, à une époque, j’ai vu la proximité de ces deux mondes dans le relationnel avec le lecteur/internaute. Interactivité signifie « activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels, qui agissent en ajustant leur comportement. Elle est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine. » pour wikipedia….Ouh la, ça calme! Je la vois à deux niveaux dans un blog :

  • Les liens hypertextes : Ils permettent à la fois les liens avec d’autres blogs sur un même sujet, appuyés parfois par une lourde citation comme au dessus. Mais c’est aussi des moyens de rajouter des informations sans plagier ou faire du copier-coller, comme on rencontre trop souvent. J’ai la très nette impression que l’utilisation de ces liens se raréfie, coté utilisateur, et donc au final coté créateur de contenu. J’y vois là une tendance que je vais développer plus tard. Il s’agit pourtant d’une des bases du Web.
  • Les commentaires : Ils permettent au lecteur de réagir ou de poser des questions à l’auteur d’un billet. Ils peuvent élargir le sujet, apporter une information en plus. Mais ils peuvent aussi amener un « clash », une dispute, une critique non constructive qui va parfois jusqu’à faire oublier le sujet du billet. Là encore, il y a moins de commentaires aujourd’hui, du moins sur les blogs. Cyrille en a parlé et montré du doigt le comportement qui consiste à transférer l’interactivité ailleurs… Pour moi, discuter ailleurs que chez l’auteur, c’est un peu comme parler dans le dos de quelqu’un, même si c’est pour le complimenter.(Icezine reçoit depuis hier des centaines de visites sur un article polémique en provenance de facebook, par exemple)

Oui, je n’ai pas mis de troisième niveau d’interactivité, ce petit truc qu’on voit partout autour des sites, ces logos de toutes les couleurs, qu’ils soient vers facebook, twitter, pinterest ou même diaspora. Les réseaux sociaux, ce mal incarné, gnark gnark, qu’on dit incontournables aujourd’hui puisque plébiscités par le plus grand nombre. Le progrès, vous êtes sûr ? Juste une mode pour moi. Bon, j’ai tout essayé depuis leurs débuts et jusqu’à la fin de l’année dernière, donc je sais comment ça marche et comment ça évolue et le but de tout cela (créer un internet captif autosuffisant pour facebook, par exemple). Le problème est que ça n’a de sens que si l’auteur est sur ces mêmes réseaux, sinon c’est juste pour permettre une hypothétique diffusion plus large, à travers des bots. Le coté « oldschool », ce sont les sites de diffusions de liens, style le journal du hacker ou autrefois des sites comme boosterblog , ou même les shaarlis où il est possible de faire un peu d’interactivité. Qui a le plus à gagner dans tout cela ? Pas le blogueur pour moi, même si ça le met en lumière…D’autant que pour les réseaux sociaux, très peu des liens mis dans les posts sont lus, même avec un titre racoleur ou une image provocante. Ce sont les stats qui le disent.

Car même si on tombe sur un blog qui nous plaît à travers un article, fera-t-on l’effort de s’y abonner (par mailing ou flux RSS), ou continuera-t-on par le moyen habituel, ce tri prémaché par quelqu’un d’autre (l’algortihme de facebook ou la sélection d’un jdh…)? Pour le commentaire, on ira là où il y a du monde, si on a à commenter. J’ai déjà longuement expliqué pourquoi le +1 du forumeur qui s’est transformé en like a tué les discussions. Ancien « community manager » d’un forum il y a 15 ans, je faisais déjà la chasse à ces comportements passifs. Aujourd’hui je vois de l’étoile « automatique » et parfois il m’arrive de le faire aussi. Oui, on devient tous flemmards à ne pas dire « j’ai beaucoup aimé ton article / dessin qui m’a apporté un sourire, mais…. » et à cliquer sur la petite étoile., le pouce ou le smiley. D’où l’idée de constituer une petite communauté de blogueur et donc de centraliser des commentaires…Les deux concepts ne sont pas des inventions. J’en ai connu en « blogueur politique » pour le premier et pour le second, c’est un peu ce que faisait disqus. Reste pour moi deux problèmes : L’intégration automatique dans le blog existant, la cible du lien étant créée après la création du billet – Le fait que ça soit encore un autre outil dédié uniquement à cela et qui donc risque de devenir un point d’entrée… ou rien du tout. Nous sommes plusieurs à tester un truc centralisé à quelques blogs mais decentralisables (vous me suivez?… Un peu de tofu aux herbes?), sans inscription, mais je ne suis pas encore totalement convaincu.

ah, le premier site internet…. (capture inconnue)

En fait, ce qui me convaincra, c’est lorsque l’on réapprendra à utiliser internet*. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais il faut réapprendre l’outil. J’ai déjà préparé un billet sur l’utilisation du mail (et je reprends quelques éléments de Genma qui en a parlé récemment). J’en ferai un autre sur les liens hypertextes avec les navigateurs modernes, et surtout le mobile. En fait, tout une génération a découvert ce média autrement que nous, les « découvreurs », et n’a pas les mêmes codes, les mêmes réflexes. Personne ne l’apprend et j’avais déjà vécu cette différence d’utilisation lorsque le web est devenu véritablement grand public, ou lorsque j’ai du apprendre cela à mes parents. Ils ont été eux-même suffisamment curieux pour se documenter mais ce n’est pas le cas de tout le monde. On a simplement oublié que certains ont découvert internet par facebook, par exemple, donc dans une sorte de monde parallèle privatisé. A force de parler entre « spécialistes », on oublie même que la plupart des acronymes utilisés ne sont pas compris. C’est un peu comme ces publicitaires qui mettent de jolis mots en anglais dans leurs slogans, dans un pays qui n’en comprend pas un traître mot. (aujourd’hui, ce sont les ressources humaines qui sont contaminées…)

Alors, je ne changerai pas ce qu’il y a ici : Pas de liens de partage hors mail, pas de comptes sociaux et toujours des liens hypertextes un peu partout pour enrichir les articles. Ca me prend un peu plus de temps (et d’ailleurs wordpress a viré une fonction bien pratique autrefois…) mais ça va justement bien dans le sens du partage. Qu’on ne me dise pas que je ne vis pas avec mon temps… J’essaie justement, à mon petit niveau, de lui faire prendre conscience, à mon temps, qu’il passe à coté du principal. Et c’est justement le but de la diversité des sujets ici : Aller voir ailleurs ce qui s’y passe, comprendre ce qu’il y a derrière, m’aider moi même à apprendre des choses nouvelles dans … les commentaires, comme j’ai le plaisir souvent de lire. Alors même si ce billet ne se prête pas forcément aux commentaires, ne vous gênez pas pour interagir ici et ailleurs, en pensant au bien commun. Et vous ferez votre petite… révolution.

* petite dédicace à mon voisin qui a eu la bonne idée de mettre 12345678 comme mot de passe de son réseau wifi

Internet : Décentralisation et géopolitique de l’information

(Ce billet signe donc le retour de la géopolitique dans ce blog, chose qui était cantonnée dans l’ancien Icezine…) A bien observer le réseau des réseaux d’aujourd’hui, il semble qu’on aille de manière très désordonnée dans deux sens opposées. On verra que certains théoriciens ont déjà pensé l’après…

Si la mode est à l’exaltation sur un produit aujourd’hui, comme elle le fut pour d’autres par le passé, le point intéressant est de mettre en avant la structure et non l’utilité de l’outil. Tous les outils proposés aujourd’hui ne sont que des réinventions et ré-interprétations de ce qui existait à l’origine du réseau dans sa phase publique. Aujourd’hui Mastodon est un Twitter qui lui même est un mélange de flux RSS (partage de lien) de blog (partage d’humeur) et de messagerie instantanée. Son innovation, qui n’en est pas une (puisque GNU Social est passé avant, etc….), est de décentraliser les choses dans ce qu’on appelle des instances, c’est à dire des espaces partagés sur des serveurs. On a vu Diaspora* se monter aussi sur cette idée et quelques autres dont on peut dire qu’ils sont moribonds aujourd’hui. Diaspora* subsiste sur une communauté bien particulière qui n’est pas assez influenceuse (malgré le buzz du début, souvenez vous…). Cette communauté a pour avantage d’être calée techniquement, suffisamment pour créer son instance ou au moins en comprendre l’intérêt. Mais ce qu’elle n’a pas compris, c’est le besoin des autres utilisateurs, ceux qui ne voient pas le Réseau de la même manière.

De cet autre point de vue, des non-techniciens, il faut un point d’entrée, une adresse. Mastodon, comme Diaspora* ont tenté cela avec une instance principale qui a rapidement connu les affres du succès, à savoir des serveurs qui sautent, ou bien des fonctionnalités qui manquent. Ajoutez à cela que pour le coté « social », le monde appelle le monde et changer les habitudes est perçu comme un danger par beaucoup d’utilisateurs : Perdre des « contacts », des informations. Évidemment, si on y réfléchit, c’est un leurre car tout existe ailleurs pour les « sachants ». Mais les autres… Ils suivent aussi ces fameux influenceurs, qui créent les modes mais sautent aussi d’une lubie à l’autre mais surtout vont là où est le plus grand nombre. L’humain est ainsi à avoir peur de se distinguer. Pour eux, le réseau est un outil pour faire ses courses, pour trouver de l’information, pour se distraire, une sorte de télévision, un truc pour se croire aussi important avec l’affirmation de la prophécie d’Andy Warhol. Pour ces personnes, Internet est une entitée bien réglée et surtout très géocentrée sur l’occident. Ils croient que Facebook, Twitter et Google constituent le parangon de la réussite. Si les statistiques sont difficiles à contrôler, il semble qu’avec Youtube+Google, et Facebook, les leaders soient bien occidentaux, pour l’instant et visent à cette centralisation des données qu’on croit rassurante, disons confortable….ou au contraire inquiétante, selon sa prise de conscience. Mais derrière, on trouve tout de même Baidu et QQ, deux géants chinois, devant Yahoo, Amazon, Twitter, MSN. Alibaba et les autres BATX ne doivent pas être très loin avec leur extension en occident et je ne parle pas de déclinaisons locales de ces types d’outils en Russie, Inde, ou même Iran pour ne parler que des BRICS.  On entre alors dans l’aspect géopolitique des choses.

Avec notre vision exclusivement occidentale, nous ne voyons même pas le monde évoluer et les différentes interprétations de l’usage du réseau des réseaux. Moi qui suit plutôt d’obédience Neo-Réaliste dans la géopolitique, j’ai apprécié l’interview récente d’Hubert Védrine sur LCI (je vous laisse trouver le lien où vous voulez) qui a rappelé l’erreur que l’on fait trop souvent de ne voir le monde que par nos propres intérêts. Même s’il s’agissait là d’un sujet purement géostratégique, c’est valable pour le reste. C’est aussi le problème des tenants de cette décentralisation désordonnée et qui tourne très vite à l’entre-soi en quelques mois. A cela, Tim Berners-Lee, un des co-créateur de ce réseau que l’on connaît, tente de proposer une voie. Son concept, baptisé Solid est pour l’instant difficile à visualiser mais il faut comprendre qu’il s’agit pour l’utilisateur de choisir où il laissera ses données, ou plutôt qu’elles ne puissent plus appartenir à personne. Reste à rendre tout cela aussi transparent que peut l’être aujourd’hui l’utilisation d’internet pour tout un chacun. Des prototypes existent mais il manque maintenant le petit coup de pouce du destin et surtout l’infrastructure.

Car aujourd’hui, on ne pense même pas à ce problème toujours d’actualité dans les conférences internationales. L’ICANN n’est peut-être plus officiellement sous contrôle américain depuis Septembre dernier mais le changement de gouvernance n’a rien de clair . Si on entend parler de cela à travers la petite lutte entre Fournisseurs d’accès et fournisseurs de contenus (TFI compris…), d’une manière plus mondiale, les « tuyaux » restent répartis de manière disparate. Si on considère la carte du trafic en 2016, l’importance des USA diminue :

(source World Economic Forum)

La carte des câbles sous-marins montre l’ensemble du maillage et la propriété qui va avec. A l’heure où les réseaux sont utilisés de manière offensive, la possession physique des nœuds les plus importants est un enjeu majeur. Et dans ce sens, la décentralisation et la possession de ses propres données peut être vu autrement. Choisir sa localisation ou la propriété commerciale, c’est aussi penser un peu plus à ce que l’on met et à quel endroit. C’est aussi une manière d’être neutre ou pas. Pensons par exemple à ce qu’il arriverait en cas de coupure des liens avec le continent nord-américain et de certains services de DNS. La mondialisation des données, c’est aussi l’interdépendance des services. 

Voilà, alors, qui devrait plaider pour l’auto-hébergement des données? Oui mais à la condition de développer suffisamment de compétences chez l’utilisateur. Mais comme nous en sommes loin, l’idée de Berners-Lee apparaît pertinente, sur le papier. En attendant, c’est justement le moment de penser aux risques sans sombrer dans la paranoïa. Pour ma part, plutôt que de céder à la mode, je suis revenu à un ancien(!?) service un peu oublié (mais pas de tous, n’est ce pas….) : Seenthis. Quand on regarde cela, on retrouve finalement l’idée de Mastodon mais de manière centralisée (un point d’entrée), ce qui n’est pas foncièrement mauvais. Chacun l’utilisera comme il veut et pour moi, c’est orienté veille géopolitique (et un peu automobile). Et à ce sujet, j’ai rajouté ici à la fois des catégories, mais aussi proposé des flux RSS bien précis, pour ceux qui ne veulent pas tous les articles. C’est dans le menu sur le coté ainsi que dans le « à propos ».

 

Internet : En finir avec la paranoïa

La peur est mauvaise conseillère, dit-on… Non, je ne parle pas d’élections mais de quelques idées en vogue, notamment dans le milieu du libre, et qui voudraient que tous les utilisateurs d’internet se protègent par bien des moyens.

Quand je parle de moyens, je parle surtout de deux sujets : Autohébergement pour maîtriser où l’on met ses données, et Chiffrement pour maîtriser comment transitent nos données. Avec les révélations de Julian Assange et Edward Snowden, on est entré dans une période de paranoïa généralisée mais qui conduit à mélanger tout, et à s’en remettre à la technique avant de s’en remettre au comportement. Pour illustrer cela, je vous conseille vivement la lecture de cette interview de Jean-Marc Manach et d’aller au delà de la personnalité des hommes cités, si parfois elle a pu vous rebuter.

J’ai pu, par le passé, être critique sur des conférences de sbires de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, car il me semble qu’elles faisaient plus peur que donner des solutions applicables. Je me suis aussi penché sur le chiffrement qui peut avoir son intérêt, tout en rappelant qu’il fallait bien différencier ses mails selon ses utilisations. Pour mémoire, on se rappellera des soucis d’Hillary Clinton et de sa directrice de cabinet qui ont confondu un peu trop les genres. On pense chiffrement pour se protéger de quoi ou qui d’abord ? Le coeur de la question est là mais il faut d’abord faire un tri entre deux choses : L’Espionnage des services de renseignement et La Collecte des données des entreprises du Web.

oh le vilain echelon

Pour le premier des sujets, on cite souvent Julian Assange ou Edward Snowden comme les « lanceurs d’alerte » qui ont permis de savoir. En réalité, pour qui s’intéressait un minimum au sujet, l’espionnage était connu et il faut être bien hypocrite pour découvrir d’un seul coup que des pays espionnent leurs alliés. La France espionne les siens et vice versa, c’est le jeu du renseignement. En dehors de tout aspect de la personnalité trouble de Assange, rendons lui plutôt grâce d’avoir mis en ligne avec d’autres « hackers » une plateforme qui  a permis et permettra de mettre en lumière d’autres scandales dans les domaine de la politique ou de la finance. Snowden a bizarrement été un déclencheur d’une prise de conscience chez certains du besoin de se protéger dans ses communications, croyant à tort à une sorte d’aspirateur à données universelles. La réalité d’aujourd’hui montre le besoin de surveillances ciblées et d’infiltration et pas de « filets dérivants » à données.

Mais avec cette idée de surveillance de tout, on se munit d’outils trop souvent inutiles, mais très en vogue dans la presse informatique. Aujourd’hui on a des petits cons qui viennent troller des blogueurs en se masquant derrière TOR, ce qui n’est pas le but de cet outil (ça existait déjà dès le début des forums avec des proxy « anonymes »). On utilise du VPN pour tout et n’importe quoi (par exemple le téléchargement illégal), et surtout chez n’importe qui. Si je voulais encore militer sur un sujet qui titillait un ancien premier ministre, j’aurais peut-être été tenté d’utiliser un outil de chiffrement pour me protéger. Demain, rien ne dit qu’on ne sombrera pas dans une dictature comme en connaissent d’autres pays, même en Europe. Mais heureusement, ce n’est pas encore le cas. Je n’ai donc pas l’utilité de ces outils aujourd’hui pour me protéger. Donc je ne me vois pas parler de TOR ou autres systèmes du genre ici, car ça suppose, pour être vraiment efficace, des contraintes que peu de personnes sont prêtes à supporter. Rien que le fait de changer de mot de passe régulièrement est vu parfois comme insupportable.

Maintenant, il y a un secteur d’activité où j’ ai besoin de ces techniques et où je l’utilise : Mon activité professionnelle. J’ai accès à des documents qui peuvent intéresser des concurrents de ma boîte. Il y a donc des niveaux de sécurité dans la diffusion des informations avec des clés GPG dans notre messagerie, des disques durs chiffrés, etc… C’est très imparfait encore du fait du recours aux sous-traitants et à différentes décisions stupides de nos dirigeants…. Mais là on va aborder plus tard le comportemental plutôt que le simple outil. Pas sûr, par contre, que mon boulanger, mon plombier, mon garagiste aient besoin d’outils de cette nature. Ils auront, par contre, besoin de quelques bases sur la sauvegarde de leurs données clients ou fournisseurs. Certains maîtrisent déjà mal l’outil informatique alors ne rajoutons pas quelque chose d’inutile. Idem pour le besoin d’avoir un site auto-hébergé pour leur boite : S’ils préfèrent blogger, wordpress, tumblr ou même facebook, c’est leur droit…. Enfin jusqu’à certaines limites.

Car vient le deuxième sujet et le risque de voir des interférences entre nos « différentes vies ». Car nous avons différentes vies : La vie professionnelle, la vie personnelle, la vie familiale et on peut avoir des jardins secrets. C’est là que sont souvent les failles. Il peut-être intéressant de connaître des éléments personnels d’une personne que l’on rencontre dans la vie professionnelle. Cela peut-être par séduction, pour éviter des gaffes lors d’un appel d’offre ou  bien des motifs bien pires comme l’espionnage industriel ou pour déclencher un scandale personnel autour d’un dirigeant. Si je n’utilise pas mon vrai nom, si je n’apparaît dans aucun réseau social, c’est aussi pour que personne ne puisse faire un quelconque rapport entre vie professionnelle et vie personnelle. Je n’ai pas envie non plus que certains amis connaissent des opinions et des goûts personnels, c’est mon problème. Je ne m’amuse pas à mettre des éléments de mon travail ou des données confidentielles. J’essaie juste parfois d’expliquer ce que j’en connais. Il en est de même pour les mails : chaque adresse a bien son usage défini et je m’assure de ne pas laisser trainer des données sur mes mots de passe dans mes boites mails pour ne pas permettre de remonter jusqu’aux endroits les plus secrets. Là encore, on répond souvent : « je n’ai rien à cacher ».Faux : On a tous quelque chose, ne serait-ce que l’identité de ses enfants, par exemple, qui sont un des premiers moyen de pression. Mais là encore, la vraie question est de savoir si nous serons impacté un jour.

Pour une personne jeune,  qui va chercher du travail, il faut penser à ce que l’on partage avec ses amis sur les réseaux sociaux. Je ne parle pas du footballeur qui raconte des conneries sur Periscope mais parfois d’une vieille photo d’une soirée étudiante prise par un ami. On n’imagine pas, malheureusement, ce que font les services de recrutement… Je l’ai appris plus tard, à une époque où Internet n’existait pas.Mais ça peut être aussi le petit message prévenant qu’on part en vacance et qui intéressera des personnes malhonnêtes. Le problème qui intervient ensuite, c’est chez qui on partage certaines des données. C’est là que certains parlent « autohébergement », ce qui a plusieurs sens. Il y a le serveur qu’on va monter chez soi avec sa petite connexion de merde en upload mais qui fonctionnera déjà pas mal. Autant le dire tout de suite, malgré tous les owncloud, yunohost et openmediavault, ou les NAS tous faits, ce n’est ni accessible à tout le monde, ni recommandé sans quelques précautions de sécurité. Je ne développerai pas ici comment faire bien, ça s’apprend. Mais quand on voit déjà le bordel que l’on a quand on file un simple PC à un néophyte, alors imaginez un serveur ouvert sur le net. Il peut y avoir aussi l’appel à un professionnel de l’hébergement qui prendra en charge l’aspect sauvegarde et sécurité, enfin, une partie. D’expérience, j’ai vu que c’est dur de trouver un truc sérieux, pas trop ruineux et adapté à un semipro mais ça existe. Mais là aussi, il faut s’y connaître un minimum, ce qui fait que la plupart iront sur des solutions simples, clés en main. Je l’ai connu pour une présidente d’association qui a fini par « se retrouver à l’étroit ».Il faut penser sauvegarde perso, tout de même et ne pas mettre n’importe quoi, n’importe où. Et il y a toujours le problème de la confiance. Bizarrement, les gens ont plus confiance dans des grands groupes comme google et facebook qui n’expliquent pas ce qu’ils font de nos données (où sont elles réellement?), plutôt qu’un petit hébergeur à quelques kilomètres, ou même un ami. La simplicité d’accès fait souvent le reste. Et puis, aujourd’hui, il faut rappeler que chez les utilisateurs de smartphone, bien peu sauront installer un OS alternatif du genre de Lineage (ex cyanogenmod) qui permet de se passer de google. Ok, ça s’apprend mais il faut le matériel éligible. Si en plus c’est pour qu’ils installent facebook dessus parce qu’ils en sont drogués, ça n’a pas d’utilité.

Pour pas être le pigeon, la solution est dans le pigeon

Oui depuis les révélations des personnes citées plus haut, on sait que ces grosses boites se font du fric sur …. votre dos, et quand même ce qu’il reste du mien. Ce qui conduit là encore à une paranoïa généralisée et donc à miser sur des services « libres ». Ok, pourquoi pas, mais j’ai tendance avec l’age à chercher stabilité et fiabilité. Or ce qu’on propose, ce sont des solutions transitoires ou à héberger, à quelques exceptions, ce qui n’arrive pas à convaincre l’utilisateur lambda. Je pense aussi qu’on fait fausse route dans cette pléthore de produits qui deviennent gadgets. Après avoir essayé Pocket, Wallabag, Sharlii, Evernote ou ses équivalents libres, je m’aperçois que je reviens à des documents simples, des listes de formats standards et que je ne sème pas n’importe où. Idem dans mon travail que je ne ramène pas n’importe où, ce qui conduirai aussi à en parler n’importe quand avec les risques cités plus haut. Bref, question partage de médias, ça limite pas mal mes besoins, donc mes risques et ça me fait donc quitter toute paranoïa. Je n’irai donc aucunement m’amuser à partager des trucs sur facebook, google+ et même twitter, si j’avais la vanité d’intéresser quelqu’un de plus par quelques traits d’esprit en 140 caractères. Le profilage client a déjà bien d’autres sources aujourd’hui, cookies et Bigdata en étant le prolongement.Là encore, on peut trouver des alternatives simples en changeant son comportement (exemple, les moteurs de recherche, les achats de tous les jours…) sans sortir des protections techniques délirantes.

Car l’internet d’aujourd’hui, à part qu’il est plus peuplé qu’hier, reste un truc avec des dangers, mais pas mortels si on en connait les règles du jeu. Le problème est de les apprendre. Alors je vois des blogueurs parler de commandes unix, d’outils connus de happy few. Cool, ça intéressera effectivement quelques personnes… mais bon, ça va changer quoi à la défiance ou aux comportements inappropriés ? Je m’interroge et me dis qu’il y a des basiques à rappeler, des trucs que les « spécialistes » font naturellement, bien sûr, mais peu connus. Tiens, rien que lire un email, ça paraît tout con… et pourtant, on se fait avoir par du phishing/hameçonage, donc après on prend peur et on croit trouver refuge dans des solutions leurres. Je m’étais étonné de quelques tutoriels remis au goût du jour chez Cyrille, mais il a raison, il faut revoir les basiques et pas partir dans des délires de solutions du genre Napalm pour tuer une punaise. Donc je vais continuer à parler de trucs simples mais en collant avec les usages d’aujourd’hui, à savoir l’utilisation d’un mobile, d’une tablette, ou les rares trucs qu’on fait encore sur PC.

Bon, je termine ce long panorama qui tient plus au comportement que l’on a sur le réseau plutôt qu’aux outils. J’ai cité pas mal de petites choses qui peuvent justement faire peur mais très loin du méchant espion américain/russe/chinois/français/…* La solution réside juste à être sur internet comme on est dans la vie réelle. On ferme sa porte à clé en partant sans la laisser à 5 voisins, on met une enveloppe cachetée pour son courrier, on n’affiche pas la photo du petit dernier sur la clôture, etc… Et puis surtout, on ne vit pas (encore?) dans un état totalitaire, même si bien sûr, il faut mesurer les risques en cas de dérive autocratique. Mais là, on entre dans le domaine de la culture politique et on en parle ailleurs.

‘* rayez la mention inutile

En vrac’ de fin de semaine.

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac’ 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet, en dehors des annonces récurrentes ?

Côté culture ?

Bonne fin de semaine !

Web : et si nous étions rétribués pour nos données ?

Aujourd’hui, nous savons tous que nos données sont exploitées, la plupart du temps à notre insu. Il n’y a que les spécialistes qui peuvent être certains à 99% de tout maîtriser. Alors, y-a-t-il place pour une autre solution accessible à tous ?

En lisant cet article, vous donnez sans doute des données à un moteur statistique. Même si j’ai supprimé les boutons facebook et compagnie, vous utilisez aussi un ordinateur ou un terminal mobile qui peut fournir des données à leurs concepteurs/fournisseurs de système d’exploitation. Il est possible que les backdoors des routeurs, par lesquels transitent vos données, soient utilisées aussi pour vous espionner. Ici, ça ne vous semble pas grave, mais pourtant, des sociétés gagnent de l’argent en utilisant votre profil de consommateur, vos goûts. Vous travaillez pour eux, sans le savoir et sans rien toucher.

Vous n’avez pourtant rien signé d’explicite, si je vous pose la question. Mais c’était caché dans ce que vous avez validé dans les conditions générales d’utilisation. Aujourd’hui, ce pouvoir va très loin, à travers de l‘intelligence articificielle et une manière de présenter le monde, comme le rappelle ce récent article du Monde Diplomatique. D’où une idée qui se rapprocherait du revenu universel si à la mode, Rétribuer l’utilisateur à travers un contrat explicite et bilatéral. Nous aurions le choix entre donner accès à nos informations ou pas, et donc de toucher une rétribution en échange. Évidemment, cette vision des choses est proche de l’utopie. Car pour cela, il faudrait exercer une pression sur ces sociétés toutes puissantes, à l’égal d’états comme la Chine qui donnent accès ou pas à leur réseau national. Cela mettrait aussi en cause la fameuse neutralité du net, toute aussi utopique. Et donc cela reviendrait à …. nous surveiller en contrôlant que nous ne sommes pas surveillés. Paradoxal !

Se poserait d’abord le problème du contrôle. Comment vérifier à notre niveau qu’une société appliquerait bien notre refus de céder nos données? Il faut avoir de l’expertise pour « scanner » ce qui transite à partir d’un terminal. On ne pourrait demander cela à notre opérateur, déjà débordé par de multiples demandes légales et qui n’est pas neutre. Pourtant, il y aurait nécessiter à procéder à des échantillonages sur les données qui transitent pour vérifier le bon fonctionnement d’un tel système. Le coût d’un tel organisme serait aussi conséquent (quand on connait le nombre de fonctionnaires chinois employés à cela…) et là intervient la politique. Quand le gouvernement chinois impose une censure avec un coût important, on s’offusque. Mais quand il s’agit de rétablir la balance dans le bon sens, c’est plus compliqué évidemment.

En réalité, nous sommes face à une sorte d’« Uberisation » des données, et c’est la gratuité d’un service qui serait notre monnaie d’échange : gratuité du moteur de recherche (mais alors est-ce qu’Altavista était payant autrefois ? ), gratuité du système d’exploitation de son mobile (mais pas du terminal….), …. Ce serait donc ça notre rétribution, puisque nous avons accepté les CGU. Sauf que comme Uber ou blablacar avec ses chauffeurs, la marge a évolué avec le temps et si c’est toujours gratuit pour nous, la rentabilité, coté utilisateur de nos données, a grimpé. Le cours de la données a augmenté et je suis même persuadé que nous n’avons pas tous le même cours, selon notre pays d’origine, notre métier, et … qui sait, notre ethnie? Le cynisme règne dans ce domaine. Surtout que maintenant, nos données transitent par des objets connectés et les constructeurs automobiles tout autant que les assurances s’y préparent déjà, soit pour leur compte, soit en sous-traitant, avec un propriétaire de véhicule qui n’a pas vu de réduction à l’achat pour cela. Pire même, il paye en plus pour être connecté, tout ça pour écouter sa musique en streaming ou envoyer ses données de navigation pour un service de géolocalisation avec info-trafic ou pour trouver un restaurant, voir pour agrémenter son statut de réseau social par une jolie photo prise par sa voiture.

Fixer les règles pourrait aussi éviter cette spéculation latente qui a lieu sur notre dos. Mais aussi aurions-nous un intérêt géopolitique à voir cela s’installer…. dans un monde utopique où tout le monde suit les règles évidemment. Car quand on regarde bien, l’utilisation de nos données est un abus et un détournement du contrat, la plupart du temps. L’utilisateur de nos données dit le faire pour « notre bien », pour « améliorer son service », une notion floue qui évolue unilatéralement, comme quand Facebook a mis en place la timeline et trié les flux d’informations à sa guise. Mais après tout, nous avons aussi le choix parfois, celui de couper ces services pour en utiliser d’autres, plus respectueux. Un choix qui se restreint, dans la téléphonie mobile, dans tout le microcosme du « connecté’ où le pillage est devenu généralisé et « normal ». Le marché de la donnée est totalement dérégulée, façon finance, faisant la réjouissance des penseurs de l’ultralibéralisme, finalement. Mais vouloir le réguler peut être aussi une tentation vers un totalitarisme de la pire espèce.

L’utopie réside plus, finalement, dans la liberté que nous retrouverions à gérer ou pas ce que nous émettons. Il faudrait alors que dès la conception de nos terminaux et périphériques, ou à l’achat, nous puissions dire où doivent transiter ces données. La rétribution pour nous serait alors de pouvoir choisir sa plateforme, entre privé, association, soi-même (auto-hébergement). Une révolution de pensée évidemment et qui conduirait les Fournisseurs d’Accès à proposer des formules pour cela, mais qui conduirait aussi à détruire le fondement des puissances actuelles d’internet (Google et Facebook essentiellement en occident…). Une démarche qui ne pourrait être unilatérale…Imaginez demain un système d’exploitation pour les français avec des hébergements pour les francais, d’autres pour les allemands avec d’autres règles, ou bien encore un service européen si tout le monde était d’accord… Oui, cela revient finalement à repenser la propriété de ce réseau international. Un réseau pensé par des scientifiques et des militaires et qui redevient un enjeu géopolitique. Autant dire que nous ne sommes par près de toucher un centime pour notre octet de donnée personnelle. A moins de faire autre chose individuellement…

C’est la fin d’une longue aventure, et presque 12 ans, c’est beau.

Avant qu’on me dise que je tombe dans la victimisation, je tiens à préciser que c’est l’aventure du billet sur la Mageia 6 qui m’a fait comprendre qu’il fallait que j’arrête. Suite à une intoxication, j’ai eu le malheur de pousser une énième gueulante. Après, j’ai fait une vidéo pour m’excuser, mais pour certaines personnes, ce n’était pas suffisant.

Les événements se sont succédés, et les commentaires sur une vidéo où j’annonçais la mise en pause de ma chaine youtube pour me ressourcer ont été la source d’une vague de propos lourds, parfois haineux, parfois sous la ceinture. Au point que j’ai du mettre en place une modération des commentaires pour tout gérer.

Ensuite, sur un billet du blog de Seb95, dont j’ai appris l’existence avec 48 heures de retard, et dont un commentaire déclare que je suis un sombre crétin technique, et un autre qui me fait des menaces à peine voilées concernant le blog, j’ai préféré, non par arrogance comme certaines personnes le déclare, mais par lassitude et pour éviter de perdre tout ce que j’ai écrit, décidé de clore mon outil d’expression principal.

La preuve en images :

Je comptais mettre en ligne un article pour le tutoriel du mois de mars 2017 concernant archlinux. Il n’existera tout simplement pas. Je tiens à m’en excuser. Mais j’ai atteint le point de non-retour.

Je tiens à remercier les personnes qui m’ont soutenu au fil des années. Les articles resteront en ligne, et je maintiendrai le blog à flot techniquement tant que j’en aurai l’opportunité. Quant aux personnes qui me demanderont des conseils pour du logiciel libre, je continuerai de les aider dans la limite de mes humbles connaissances.

Mais plus aucun billet ne sera publié désormais. Je n’en ai plus la résistance psychologique. Je n’en peux plus de l’aveuglement de la communauté du logiciel libre.

Je n’en peux plus de l’excuse : « Les développeurs du libre sont bénévoles » comme si cela pouvait expliquer le pire de ce que j’ai pu voir en terme de qualité. Être bénévole cela veut-il dire que l’on peut tout se permettre ? Les personnes en question qui déclare cela ont-elles déjà été bénévoles pour l’affirmer de manière aussi péremptoire ?

Aux personnes qui disent que je me victimise à tout va, tout en utilisant le confort du pseudonymat, je leur répèterai une dernière fois : dites-moi donc tout ce que vous avez à me dire en face. Je n’attends que cela, et avec une grande impatience.

Merci pour tout, pour les presques 12 années passées ici, pour les coups de gueules et les coups de coeur. Et peut-être à bientôt, dans une nouvelle aventure !

Blog : Du droit de bloguer

Hier, je lisais le dernier billet de Korben (oui, il lui arrive encore de dire des choses intéressantes…) et j’étais effaré qu’un type comme lui reçoive des commentaires de l’ordre de ceux qu’il affiche dans l’article.

Il y a longtemps, j’avais suivi son compte twitter donc je sais qu’il lui arrive de parler d’autre chose que de ce qui touche à l’informatique au sens large. Il le fait ailleurs que sur son blog comme n’importe quel citoyen, finalement. Il vote (ou pas, c’est son droit…), il a ses opinions. Mais apparemment, ça dérange et on lui dit gentiment de se contenter de parler de « ce qu’il connaît ». Que sait-on de ce qu’il connaît? De quel droit se permet-on de censurer cette personne, surtout quand la plupart des autres twittos n’ont pas plus de légitimité, et souvent moins quand on voit le niveau intellectuel. On touche évidemment à la liberté d’expression mais à un mal un peu plus profond que ça.

Prenez des comptes youtube un peu à la mode qui parlent de sujets techniques. On a, par exemple, Nota Bene, qui parle d’histoire et qui est fait par une personne qui n’a pas forcément un CV d’historien. Et pourtant c’est sa passion, ça se sent, c’est bien fichu et il peut naviguer sur des sujets périphériques si ça lui chante. On peut arrêter de le suivre aussi, comme on arrête de regarder une émission de TV. Et pourtant il a déjà eu quelques ennuis lorsqu’il a été voir des sujets qui titillent l’extrême droite au bas de la colonne. Car pendant que l’on tolère gentiment des « Valeurs actuelles », « Rivarol », « Minute » et autres sites de pseudo-information, les fans de ce genre d’extrême (il y en a de l’autre coté), ne se gênent pas pour diffuser des monceaux de contre-vérités. J’en ai été le témoin encore cette semaine en écoutant des collègues me parler de la fille d’Edwy Plenel (cf Hoaxbuster pour comprendre) ou de je ne sais plus quelle connerie conspirationniste, abusés par des rumeurs, des posts de face de caprin, etc… Et même après avoir prouvé le contraire, l’idée fausse reste ancrée. Après tout, on a bien des attentats fictifs en Suède. J’ai cessé d’avoir des commentaires haineux sur Icezine (car fermés) et j’en suis assez content car j’ai vraiment d’autres choses à penser. Et si j’avais fait un site à part pour la politique, c’est justement parce que l’on range chacun dans une case et on n’accepte pas qu’il en sorte…Mais si on suit cette logique, on pourrait supprimer le droit de vote parce que les gens n’y connaissent rien. Ah, c’est ce qu’ils veulent après? ….

Mais il y a des jours où je regrette de fermer ma gueule. Tenez hier j’entendais le maire d’une commune de la Réunion qui appelait à massacrer les requins parce qu’un gamin inconscient est allé faire du bodyboard dans une zone interdite de baignade et s’est fait manger comme un phoque. Les réunionnais (3 de mes collègues + un copain d’enfance en tout cas) connaissent bien les risques et les zones. On sait par ailleurs que des centaines de millions de requins sont massacrés chaque année contre quelques dizaines, voir moins d’une dizaine d’humains. Ca c’est un fait qui ne se discute pas mais on l’entend moins. Bon, là je l’ai glissé dans cet article mais on pourrait me dire que ce n’est pas mon rayon, me dire de me contenter de parler de logiciel libre, de jeux vidéos ou autres choses bien inoffensives. Je n’ai pas non plus envie d’aller guerroyer sur les réseaux sociaux au milieux de gens qui seraient bons clients de la noble profession de psychiatre. Mais c’est sur que faire des blogs lifestyle en testant la dernière Louboutin ou la dernière recette de biscuit Lu, c’est tellement plus facile… et lucratif.

Je revendique justement le droit de chacun de bloguer sur ce qu’il veut, comme il veut… ou presque. Bah oui, il faut que ça évite l’insulte gratuite tout de même, sinon, autant aller se fritter sur un réseau social. C’est justement là toute la différence entre l’immédiateté et le texte paisiblement mitonné, retouché, relu. C’est aussi la différence avec une vidéo, même préparée, qui peut faire mal (cf Bonjour Tristesse sur Youtube), mais qui reste un instantané, non éditable, en tout cas pas sans que ça se voit. Il peut m’arriver de dire des bêtises, de me faire reprendre ou qu’une vérité d’hier ne soit plus valable aujourd’hui. Tout ça se corrige, du moins quand on n’a pas l’égo trop prononcé. Il peut m’arriver de parler d’une passion un peu éteinte, de choses que j’ai apprises par moi-même par expérience, lecture, en dehors d’un cursus scolaire. Qu’importe… Je ne demande pas (et je devrais peut-être :p ) à chaque intervenant d’une émission de (faux)débat de justifier d’un pédigré complet. Je le juge sur ce qu’il dit, voir sur ce qu’il a dit par le passé. Et si je ne le juge pas pertinent je cesse de l’écouter. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque d’interdire de parole des types aussi corrompus et charlatanesques que le Dr Cohen qu’on voit partout dès que ça parle nutrition.

Alors évidemment, le problème est que tout le monde n’a pas pleinement son libre arbitre. Et l’information facile et bruyante masque l’information compliquée et technique. Par exemple, je lis des critiques sur la position Keynesianiste de Melenchon (épargnez moi le débat ici, je ne le défendrais pas) et on simplifie une présentation de 5h à des sommes de dépenses de l’état alors que c’est autrement plus complexe et mathématique que cela, avec des variables multiples, donc criticables. Malgré des articles parfois détaillés et didactiques, la plupart des commentaires s’arrêtent… À 2 chiffres ou à une image du personnage (qui l’a aussi un peu cherché par le passé). Et parallèlement, les mêmes questions ne s’appliquent pas à d’autres. Bon, la boucle est bouclée, je suis parti de la politique pour y revenir. Mais c’est aussi pour parler de la nécessité de l’éducation, comme le rappelle ma brillante consoeur Agnès. Car finalement, si la vidéo a tendance aujourd’hui à remplacer l’écrit, c’est aussi pour un problème d’éducation, l’image étant aujourd’hui bien plus facile d’accès que l’utilisation des mots, en écriture ou en lecture. Je parlais bien de droit de bloguer, pas de capacité à le faire, ce qui fera rire ceux qui ont connu les skyblogs. N’empêche que pour certains, le droit proviendrait d’une capacité selon des critères fixés par eux même. Donc si Cascador veut parler de botanique, si Cyrille parle de macramé, si Alias parle de peinture sur corps et si Olivyeah parle de poterie, ou Fred de cuisine mésopotamienne, pourquoi pas? (pardon pour les autres, …) Tant que ça reste intéressant et que je ressens cette envie de partager (non, pitié pas Made for Sharing) ou débattre. Mais comme dirait l’autre, « et l’humain dans tout ça » ? Il suffit d’en réunir un peu trop pour que ça soit le bordel. Dans ce forum géant qu’est devenu internet, régulé par l’arbitraire des GAFAMT*, on ne voit finalement ressortir que le problème d’un trop grand regroupement, déjà théorisé par les philosophes sur la nature humaine. Et si Korben se voit obliger de dire cela, cela vient aussi du succès qu’il rencontre. On pourra alors débattre du fait de centraliser ou décentraliser les discussions, les commentaires, d’être actif plutôt que passif via une notification… Un débat sur le débat, ha ha. Pour ma part, mon choix est fait, vous l’aurez compris : Je fais ce que je veux, quand j’en ai envie.

*: je rajoute twitter aux autres dans le sens idéologique du service et parce qu’il sera racheté plutôt que mort.

P.s.: Le site de l’hebdomadaire moribond Marianne « réorganise » ses blogs…comprendre ferme des blogs politiques. Censure déguisée?

Youtube, ce n’est pas que Cyprien et Squeezie, partie 2.

En novembre 2016, j’avais listé une partie des chaînes Youtube que je suis plus ou moins assidument. Voici une partie deux, un peu tardive dans sa publication.

Comme pour la première partie, c’est pas désordre plus ou moins flagrant. Mais je vais commencer par deux chaînes anglophones que je suis et qui me parlent.

  • Good Game ArrrCee – GGRC est une chaîne consacré au jeu, et spécialement à du rétrogaming. J’adore sa série « The Quake Grave » où l’on retrouve des niveaux pour le FPS de 1996. Évidemment, la chaîne ne peut s’apprécier que si l’on comprend l’anglais assez bien.
  • Toujours dans la nostalgie, la chaîne « The 8-bit guy » est présenté par un passionné des technologies des années 1980-1990. Rien que le générique avec un Commodore C64 en action vaut le détour. Encore une fois, un bon niveau d’anglais est conseillé.

Revenons aux chaînes francophones que je n’ai pas cité dans le précédent article. Il y en a un petit paquet et dans tous les domaines 🙂

  • La chaîne de Cédrik Jurassik avec ses excellents « jurassik tube / jurassik truc » qui permettent de voir les animaux disparus d’un autre oeil.
  • Le matérialiste : une chaîne qui permet de connaitre l’histoire des objets de notre quotidien.
  • Le roi des rats pour sa série « Youtube par en c*****e »…
  • Sir Gibsy toujours pour l’analyse des chaines youtube.
  • En complément de Sir Gibsy, comment ne pas parler d’Absol ?
  • Et d’Anthox Colaboy avec ses hilarants « Mes chers non abonnements » où on trouve sûrement le pire de Youtube.
  • Enfin, deux collègues linuxien : Adrien Linuxtricks et Baba Orhum.

C’est déjà pas mal pour une deuxième partie, non ? Une troisième partie ? Quand j’en aurai l’envie et l’opportunité de le faire !

Blog : Couper le Net … en quatre ?

Ah, la blogosphère et ses débats où l’on coupe parfois les cheveux en quatre…! C’est mon collègue Cascador qui se tape l’habituelle déprime post-fêtes ou pré-quarantaine, je ne sais pas. Mais en tout cas, il pose des questions intéressantes sur surveillance, utilisation d’internet et sa petite histoire (voir ici pour ma part)

J’avais commencé à lire la réponse de Cyrille, mais j’ai arrếté. Non pas qu’elle ne soit pas bonne, bien au contraire mais j’aurais l’impression de copier peut-être. J’ai pour défaut d’être trop réaliste (ce que certains appellent parfois cynisme), que ça soit dans la géopolitique (cf ce que je disais sur le kurdistan et qui a tendance à se vérifier… mais il faudra aller voir ailleurs qu’ici pour le trouver), ou bien concernant l’autohébergement, le chiffrement etc que mes collègues blogueur libristes ont tendance à encenser. Je n’ai rien contre mais j’y vois plus de risques que de solutions pour un individu lambda, pour l’instant. Et bien dans ce que dit Cascador de sa volonté de s’éloigner d’internet aujourd’hui, il y a un peu de tout cela. Il y a la nostalgie évidemment de cet internet qu’il fallait défricher et construire. Il y a cette inquiétude de la surveillance à la fois commerciale et gouvernementale. Il y a cette angoisse de ne pas tout maîtriser quand on construit son petit réseau ou son site,  ou de devenir le bouc-émissaire, cette tension dans les dialogues de plus en plus violents… Tous ces sentiments peuvent devenir pesants.

Je me souviens que lorsque je m’occupais un peu de ce qui ne s’appelait pas encore community management, j’avais vu un changement de comportement lorsque internet s’est démocratisé. Les nouveaux utilisateurs n’avaient pas les codes des anciens, la même étiquette, et surtout les mêmes envies. Je me battais pour expliquer à quoi servait un forum qui se transformait souvent plus en flux RSS pour certains, avant l’heure. Et puis le temps a passé, avec les blogs, les réseaux sociaux mais surtout l’avènement de google dont je n’aimais guère le concept initial, mais que j’ai adopté par force après la disparition de ses concurrents. Pourtant, je ne me dis pas que c’était mieux avant car il y avait beaucoup moins de facilités qu’aujourd’hui pour un tas de services du quotidien ou même pour communiquer comme je le fais ici. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, dirait-on.

Aujourd’hui nous sommes tracés mais on peut choisir de tout empêcher. On perdra en confort d’utilisation, et pourtant, on continue à laisser des traces. Oui, nous en laissons à chacun de nos achats, à moins de payer en liquide. Mais nous en laissons à chaque retrait bancaire, à moins de ne travailler qu’au noir ou de n’être rétribué qu’en liquide en tant qu’auto-entrepreneur. Même notre consommation d’énergie est tracée et permet d’aider à des enquètes de police. A moins de vouloir vivre totalement comme un espion ou en jonglant avec diverses identités, il est illusoire de vouloir échapper à une surveillance. MAIS, on peut quand même la limiter. Le chiffrement ? Ca se casse si on est patient et intelligent. Et les backdoors ne manquant pas sur un réseau aujourd’hui, ça laisse beaucoup de possibilités. Ne lisez pas (comme je viens de le refaire) 1984, vous allez déprimer. Là encore, ça ne veut pas dire qu’il faut tout laisser faire. Mais, comme je le proposerai prochainement dans une proposition utopique, on apprend vite qu’on ne peut exiger des contrôles des multinationales qui nous pillent sans mettre en place aussi des contrôles qui sont aussi des dangers.

Alors oui, on peut vivre déconnecté, ou essayer, comme nous vivions il y a 20 ans. On peut se passer de smartphone, ou au moins ne pas être son esclave (je n’utilise pas la data en permanence ou le push, déjà). On peut choisir de vivre sans ordinateur, sans télévision et être très bien informé, enfin être informé…. C’est un choix que l’on fait. Mais on peut aussi faire des choix raisonnés, moins radicaux, tout en ne se laissant pas envahir, ou en choisissant comment. J’aime repenser au passé parfois, à ce que je mangeais autrefois, à quoi je jouais et comparer à aujourd’hui. Et bien il faut se l’avouer, ce n’est ni toujours mieux, ni toujours moins bien. Mais ça fait du bien de prendre le recul nécessaire. Je ne sais pas si c’est l’âge, le caractère, mais je ne vois aucun intérêt à parler de ce que je fais de mon week-end sur internet à des inconnus, et encore moins des photos de moi à tel ou tel endroit. J’aime juste partager ce que j’ai aimé, parfois, mes réflexions, pas toujours pertinentes, parce que ça peut faire avancer. Et j’imagine que Cascador aime aussi cela et ne pourrait se tenir à une telle déconnexion totale. La création d’un blog a peut-être une part d’égo mais il y a une valeur de partage.

Et puis on a l’inverse, ceux qui préfèrent utiliser le réseau pour se créer non pas un double, mais un Autre. Il y a le phénomène des Hikikomori au Japon. La pression sociale et scolaire en France n’est pas comparable à celle du Japon et on rencontre peu ce phénomène d’adolescents enfermés ainsi dans leur chambre et pourtant cela existe. Nous oublions souvent que ce réseau décrié que nous avons vu évoluer d’une façon qui ne convient pas à ceux qu’on appelle maintenant « early adopters », est aussi ce qui reste de cordon ombilical avec la société pour certains. Je pourrais parler aussi de personnes handicapées au plus au point et qui ont pu créer ce lien que la société humaine leur refusait dans la « vraie vie ».

Bref, dans la balance du jugement, chacun mettre des éléments coté pour et contre et s’éloignera de certains éléments de ce qui constitue aujourd’hui le réseau des réseaux, ou même carrément l’informatique (terme un peu trop vague). Au moment où l’on parle de déconnexion dans son travail, il est temps finalement de se poser la question du besoin de l’hyperconnexion. J’avais parlé de la vision transhumaniste du monde qui règne à la Silicon Valley et de ses dangers. Il y a effectivement et individuellement, à prendre conscience des dangers et apports de la Connexion. On peut légiférer, forcer, mais au fond, ça ne marchera qu’en éduquant à cet outil qu’est devenu l’ordinateur connecté.

(extrait de l’album cyberpunk)