Que sont-elles devenues les distributions GNU/Linux de 2013 ? Sixième partie.

Après le massacre du mois de septembre, voyons si le bilan du mois d’octobre 2013 permet de remonter le niveau. Un mois où je n’ai pas fait des tonnes de billets dans le domaine des distributions GNU/Linux.

4 billets, 4 distributions citées. Une morte suite à des manipulations plus ou moins propres et qui est revenue sous le nom de DFLinux. Donc une casse plutôt limitée, même si les images ISO de la DFLinux commence à sentir la naphtaline. Arpinux a laissé le projet à la communauté. À elle de se débrouiller avec.

Le mois de novembre va-t-il confirmer cette tendance ou pas ?

La Parabola GNU/Linux est-elle dans une mauvaise passe ?

Dans le monde des distributions GNU/Linux 100% libre, il n’y a que deux distributions qui soient vraiment utilisables : la Trisquel et la Parabola.

La Trisquel, c’est la Ubuntu à la sauce Free Software Foundation. Le problème vient de la petitesse de son équipe de développement qui a entrainé la sortie de sa version basée sur Ubuntu 16.04 une petite semaine avant la sortie de la Ubuntu 18.04…

Pour la Parabola, c’est « simplement » une Archlinux à la sauce FSF. Cependant, quand on regarde l’âge de certains paquets et leur durée d’obsolescence – j’y reviendrais plus tard – on est tenté de dire que la Hyperbola alias la ArchBian est en train de l’étouffer.

Si on regarde les images ISO disponibles sur la page de téléchargement, la dernière en date est une image CLI proposant OpenRC… Désolé de le dire aussi directement, mais pour moi le duo Archlinux et OpenRC, c’est Artix Linux et rien d’autre.

J’ai donc récupéré la dernière image ISO, et j’ai évité comme la peste les scripts automatisés. J’ai préféré installer une Parabola GNU/Linux à la mimine en utilisant mon guide pour Archlinux comme base.

Il y a bien entendu quelques différences. Comme le noyau qui s’appelle linux-libre au lieu de linux. Il n’y a pas de pilotes de VirtualBox. Mozilla Firefox et Mozilla Thunderbird sont absents, remplacés par IceWeasel et IceDove…

Pour l’environnement ? J’ai pris pour changer… Mate-Desktop, étant donné que c’est un script proposé par l’image ISO de Parabola.

Une fois l’installation terminée, j’ai un brin modifié l’apparence pour éviter d’avoir mal aux yeux à cause d’un thème trop clair. Puis, j’ai lancé l’enregistreur de vidéo.

Dans les points faibles ? L’absence de grosses cylindrées : pas de Chromium, pas de Mozilla Firefox, pas de Mozilla Thunderbird. On note aussi l’absence de VirtualBox. Certains logiciels sont effroyablement en retard, comme le mois de retard pris au moment où j’enregistre la vidéo pour le navigateur web. Sans oublier une liste sans fin de paquets marqués comme obsolète, parfois depuis… deux ans !

De plus, pour pouvoir utiliser Octopi – une purge sur le plan pratique – il faut installer l’obsolète gksu…

Autant dire qu’à mon point de vue, la Parabola GNU/Linux est en cette mi-octobre 2018 sur la pente descendante… Ce qui est vraiment plus que dommage pour le petit monde des distributions GNU/Linux 100% libre…

Révision du guide d’installation pour Archlinux d’octobre 2018 : merci Plasma 5.14.0…

Décidément, la tradition des mises à jour des guides vers le milieu du mois de publication continue.

Cette fois, la mise à jour est due à l’arrivée de Plasma 5.14.0. J’avais fait une vidéo rapide pour présenter cette version de Plasma le 10 octobre 2018.

Donc la révision du guide d’octobre 2018 est principalement modifié pour cette arrivée. C’est la seule grosse nouveauté au passage.

Comme d’habitude, mes guides sur github et framagit sont à jour. Il ne restait plus que la version « hors ligne ». C’est donc fait en cliquant sur ce lien qui contient le trio version odt, mobi et epub.

Bonne lecture 🙂

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac… Désolé, il sera court, n’ayant pas eu grand chose à me mettre sous la souris cette semaine.

Côté logiciel libre, informatique et internet.

  • L’Enfer vient de geler… À nouveau. Après Haïku R1 bêta 1 fin septembre 2018, voici que la version de rafraîchissement de Mageia 6, alias 6.1 vient de sortir. On se dit rendez-vous dans un an pour Mageia 7 ? 🙂
  • Vous avez un ordinosaure que vous chérissez ? Alors la Antix 17.2 – qui est vraiment légère – sera pour vous !
  • Encore un projet plus ou moins dérivé d’Archlinux, qui reprend certaines base de KaOS : une base Linux From Scratch et Pacman… Son nom ? Minitena. Durée de vie avant son extinction ? Ne se prononce pas 🙂

Côté culture ?

    Le compositeur espagnol Roger Subirana vient de sortir un nouveau titre, « The Other Way », qui figurera sur son prochain album.

Bon week-end 🙂

Et c’est ainsi que meurt (?) un projet de démocratisation de GNU/Linux.

J’écris cet article de bon matin, alors que je n’ai pas encore pris mon petit-déjeuner. C’est juste le dernier épisode d’une longue saga qui montre que l’humain est capable du meilleur comme du pire… Mais c’est dans le pire qu’il est le meilleur.

Vous le savez, je participe au projet Manjaro Tux’n’Vape qui est une respin de Manjaro Linux : projet qui n’a jamais été indexé sur Distrowatch. Projet qui veut proposer aux francophones une Manjaro Linux entièrement francisée et fonctionnelle.

Ou devrais-je employer l’imparfait ? Car il faut dire que depuis des mois, le projet a été attaqué. Il faut dire que certains youtubeurs au nom d’une vision presque absolue de la liberté d’expression ont laissé les trolls prendre de l’importance.

Au point que cela a fini pour moi qui voulait remettre un peu d’ordre par le changement de mon numéro de téléphone suite à un harcèlement par coup de fil et SMS.

Hier soir, le 26 septembre 2018, une étape a été dépassée, avec une vidéo qui outre les insultes sur des personnes adultes a été accompagnée de menaces à peine déguisées. Baba Orhum, fondateur du projet a décidé de mettre tout en pause, allant jusqu’à bloquer le téléchargement des images ISO.

Oui, c’est une mesure extrême, mais quand on arrive à voir sur Youtube une vidéo d’une telle violence sans qu’elle soit détruite, on finit par se dire qu’il faut mieux se mettre en retrait.

Cela risque de signer l’arrêt de mort d’un projet dans lequel aucun membre de l’équipe ne s’est enrichi, et dont la plupart ont passé du temps à donner de l’aide sans rien demander en retour.

J’ai décidé de me mettre en retrait durant une semaine. Car je n’en peux plus et que j’ai besoin de prendre un peu de repos.

Résultat des courses ? La majorité silencieuse paye pour une minorité qui n’en a peut-être rien à faire de Linux. J’ai déjà plus dire plusieurs fois à quel point je pensais que le monde du libre en cette fin des années 2010 était mal en point.

Youtube n’a pas arrangé la sauce et a donné au contraire une visibilité encore plus grande aux trolls qui selon l’adage – qui s’avère être inexact – doivent être ignorés.

Après le projet tux’n’vape, ce sera au tour de quelle distribution ? Manjaro elle-même ? J’avoue que je ne l’espère pas. Il est vrai qu’il était ultra-important de pourrir à mort un projet qui arrivait à proposer en 600 et 800 téléchargements mensuels, comme je l’avais précisé dans la vidéo suivante concernant la sortie des images ISO désormais indisponibles :

Bref, si vous sentez de l’écoeurement et de l’amertume dans mes propos, vous comprendrez pourquoi je pense que le monde linux sera encore et toujours incapable de proposer une offre crédible et viable face à des mastodontes comme Mac et MS-Windows sur le bureau.

Si vous pensez que seule l’équipe dont je fais partie en a marre, détrompez-vous…

Maintenant, que le monde du libre continue à se taper sur la tronche pour un oui ou pour un non… Microsoft, Apple et Google n’attende que cela.

Pour finir, je tiens à préciser que je n’ai pas l’outrecuidance d’affirmer que l’équipe dont je fais partie voulait révolutionner la face des distributions bureautiques pour le particulier. Elle pouvait apporter sa pierre. Bon courage à l’équipe qui prendra sa place !

Car elle en aura besoin, vraiment besoin…

Anarchy Linux : faut-il continuer « l’acharnement thérapeutique ? »

Anarchy Linux, projet ambitieux – et un peu trop par endroit – de proposer une distribution entièrement basée sur Archlinux avec un installateur texte disponible en ligne de commande et dans une session Xfce revampée.

Anciennement connu sous le nom d’Arch-Anywhere, le projet est resté au point mort durant des semaines, voire des mois.

Début septembre 2018, aimant cet outil qui m’avait dépanné, je me suis attaqué à la résolution de bugs qui trainaît depuis trop longtemps dans le projet. Il faut dire que son fondateur n’a plus déposé la moindre ligne de code depuis au moins le mois de juillet 2018.

Autant dire que cela sentait le projet qui mourrait lentement mais sûrement. Il a fallu l’arrivée des images ISO du mois de septembre 2018 d’Archlinux (qui servent de base à Anarchy) pour montrer que cela commençait à sentir un brin le sapin.

Entre le 13 et le 23 septembre, j’ai proposé une bonne douzaine de correctifs – voire même plus ! – dont un certain nombre ont été accepté.

Les plus importants ?

  1. Un correctif pour générer des images d’installation en ligne de commande avec l’image ISO d’Archlinux de septembre 2018.
  2. Un correctif pour pouvoir obtenir à nouveau des images d’installation en mode graphique
  3. Un correctif trouvé par Baba Orhum que j’ai fait accepter dans le code source
  4. Un correctif concernant la lisibilité des options d’installation du système (en cours d’étude au moment où je rédige cet article, le 23 septembre 2018.)
  5. Une correction pour la session personnalisée Cinnamon (en cours d’étude au moment où je rédige cet article, le 23 septembre 2018.)

Bref, pas mal de petites choses pour améliorer l’ensemble. J’ai d’ailleurs fait plusieurs vidéos – que vous trouverez dans la suite de l’article pour montrer les progrès accomplis. Au point que Baba Orhum, fondateur du projet Tux’n’Vape voudrait bien continuer le travail en hébergeant des ISO de tests.

De plus, il faut noter qu’au 23 septembre 2018, si on va sur le site officiel d’Anarchy Linux, des images en ligne de commande de la version 1.0.1 sont disponibles… Depuis le 17 septembre 2018 !

Cela explique le peu d’articles que j’ai posté récemment sur le blog. Je me suis tellement consacré à ce projet – développé sur mon temps libre – que je n’ai pas eu trop l’occasion d’écrire, et je tiens à m’en excuser.

Mais je me demande si c’est un effort un peu tardif. En effet, j’ai pu mettre à mort des bugs dont certains remontaient au mois de janvier 2018, comme celui de l’impossibilité de générer des images ISO. Une volonté assumée – ou pas ? – de laisser le projet à l’abandon ?

Je dois dire que j’ai tellement donné au projet récemment que je finis par me dire que ces efforts sont à la limite de l’acharnement thérapeutique et les commentaires parfois orduriers et remplis de sous-entendus encore plus puant me font mettre le projet de côté.

Néanmoins, voici quelques vidéos que j’ai consacré au projet que j’essaye de faire survivre même si c’est sur certains plans pas franchement utile.

Le point au 21 septembre 2018 :

Une vidéo sur l’installation d’une Anarchy Linux avec une session Budgie Desktop brute de décoffrage :

La vidéo concernant mes premiers apports importants au projet, datant du 14 septembre 2018.

Ai-je eu tord de m’investir autant pour sauver un projet qui m’a plus d’une fois aidé dans mes activités ? J’avoue que je finis par me le demander. Si c’est pour faire cracher dessus via commentaires interposés sur un projet dont je ne suis qu’un repreneur potentiel, ça donne envie de faire comme Arpinux, papa du projet DFLinux : se tirer à grande vitesse.

Vu l’ambiance actuelle, j’en viendrai presque à regretter une chose : ne pas avoir assez de ressources financières pour me tirer une bonne fois pour toute dans le monde du Mac… Et ne plus me taper les errements du monde du logiciel libre… C’est quand même triste au final.

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac… Il va être copieux, on sent que la rentrée est passée 🙂

Côté logiciel libre, informatique et internet.

  • Vieux motard que j’aimais… La « Elive » 3.0 est disponible : elle est basée sur Debian GNU/Linux Wheezy (la 7.x abandonnée) et Enlightenment 17… Pour la curiosité essentiellement… On est en face d’un produit qui sort avec 3 ans de retard au bas mot.
  • La DGLFI de la semaine ? Une distribution orientée jeux sous Linux… Son nom ? La « Drauger OS ». Encore une Xubuntu revampée si on en croit le pdf fourni comme fichier « readme »… Cool, non ? 🙂

Côté culture ?

Bon week-end 🙂

Les DGLFI, symptôme d’un individualisme qui gangrène le monde du logiciel libre ?

Commençons par définir l’acronyme : Distributions GNU/Linux Franchement Inutiles.

Cela fait environ 2 ans et des bananes – au moment où je rédige cet article – le 12 septembre 2018 – que je fais une série de vidéos sur ce phénomène.

Il y a de tout dans ce domaine. Les principales sous-catégories ?

  1. Celles qui partent d’une base donnée et qui modifie la charte graphique, un peu la logithèque, et puis c’est tout. Je les surnomme les « 3 pages de pdf à suivre ».
  2. Celles qui reprennent le mantra d’Iznogoud, et qui recopie la recette de l’originale pour la reproduire en moins bien. On peut citer la feu (??) Cubuntu (Ubuntu + Cinnamon donc la base de la LinuxMint) ou encore la Namib GNU/Linux (une base Archlinux avec tous les outils de Manjaro repompés)
  3. Celles qui sont les doublons, triplons ou x-tuplons de distributions déjà existantes

Je vais revenir plus longuements sur ces projets « parasites ». J’en ai eu un récemment sous la souris, la CloverOS, qui est une base Gentoo Linux précompilée installable rapidement. Il faudra m’expliquer son intérêt – dans l’absolu – par rapport à une Redcore Linux (qui reprend la même recette modulo l’environnement supporté) ou par rapport à une Calculate Linux (qui est plus orientée monde professionnel).

J’en ai fait une vidéo, disponible ci-dessous :

Comme vous avez pu le voir, outre le fait que le projet est encore immature sur certains plans, son intérêt se résume à quoi ? Proposer une session fvwm personnalisée ? 🙂

Le monde des distributions GNU/Linux est digne d’un champ de bataille de la première guerre mondiale. Distrowatch qui est souvent critiqué pour son classement de curiosité propose des statistiques qui sont basés sur des faits, celles des fiches créées sur le site et qui répertorie en gros le nombre de projets ayant existé depuis 2002, date de naissance de Distrowatch.

Pour la gazette du 10 septembre 2018, on apprend ceci :

Number of all distributions in the database: 894
Number of active distributions in the database: 307
Number of dormant distributions: 57
Number of discontinued distributions: 530
Number of distributions on the waiting list: 160
Number of distributions waiting for evaluation: 45

Près de 900 distributions indexées en 12 ans et 59,28% sont mortes. 6,37% dans le coma. Ce qui n’est pas des plus joyeux. Et 160 attendent leur tour. Si toutes les distributions étaient indexées du jour au lendemain, on dépasserait aisément le millier de références. Y a pas comme un problème ?

Heureusement sur les 160, seulement 45 pourraient être intégrées rapidement. Ouf !

Mais il y a d’autres statistiques qui sont plus marrantes par rapport à ce récapitulatif. Si vous pensez que 160 projets en attente, c’est énorme, c’est rien ou presque.

Il faut remonter à avril 2014 pour assister un sacré nettoyage. Le 14 avril 2014, il y avait 350 projets sur la liste d’attente.

Je m’étais alors attaqué à la liste pour voir quels étaient encore les projets en vie… La purge fut digne d’un nettoyage de printemps. En effet, dans la gazette du 21 avril 2014, il n’y avait plus que… 266 projets en attente… Soit une baisse d’environ 24% avec la disparition de 84 projets.

J’ignore combien de DGLFI étaient dans le lot. Mais cela me fait poser une question et écrire des grossièretés : sur X projets doublons, combien pourraient mutualiser les efforts ? Combien d’équipes pourraient fusionner ?

J’ai l’impression qu’on est face à un individualisme chronique assaisonné d’une dose de « Stallmanisme ». En gros, sur les 4 libertés fondamentales du logiciel libre, une est utilisée sans prise de recul, la liberté 3 qui déclare :

la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

Avant qu’on me dise que je suis un mauvais libriste car j’ose critiquer l’utilisation abusive de la liberté 3, je vais vous poser une question : est-il obligatoire de sauter d’un pont avec un élastique aux pieds car cela est possible ? 🙂

Bien sûr que non, et mon exemple était volontairement caricatural.
Je ne dis pas que les personnes qui pensent avoir pondu la distribution ultime en parlent et se rajoute sur la liste d’attente de Distrowatch, mais qu’elles se demandent si elles ne pourraient pas être plus utiles au reste du monde libre en se rapprochant de projets mieux établis qui ont des caractéristiques communes avec leurs productions ?

Combien de distributions souffrent d’un manque de main d’oeuvre pour survivre ? Ou qui en sont mortes, comme la RevengeOS qui cherchait de l’aide en octobre 2017 ? Il y aura toujours des projets proches mais irréconciliables : je pense aux deux soeurs ennemies, filles de la distribution magique.

Des termes comme coopération, mutualisation des efforts, rapprochements de projets quasi-identiques sont des grossièretés dans le monde du libre en 2018 ? Vu le nombre de distributions qui se multiplient comme des bactéries sur un milieu de culture, on peut le craindre.

À croire qu’un proverbe comme « L’union fait la force » ne semble pas être reconnu dans le monde linuxien.

Malheureusement 🙁

Que sont-elles devenues les distributions GNU/Linux de 2013 ? Cinquième partie.

Après un bilan assez mitigé en août, voyons le bilan du mois de septembre 2013 au bout de 5 ans…

5 billets, 5 distributions citées. Trois sont mortes : la Snowbird, la Denix-OS et malheureusement la Semplice Linux. 60% de perte en ce mois de septembre ? Ça pique. La Void Linux a survécu à la disparition de son fondateur, et la Slackware Linux 15 ? Avec un peu de chance d’ici Noël 2018 ? 🙂

Espérons que le mois d’octobre puisse limiter la casse…

Que sont-elles devenues les distributions GNU/Linux de 2013 ? Quatrième partie.

Après le billet du mois de juillet 2013, lui aussi assez positif dans l’ensemble comme pour le bilan de juin 2013, voyons le bilan du mois d’août 2013 au bout de 5 ans…

Il faut dire qu’avec l’épisode caniculaire qu’on vient de passer, écrire pour le blog était une priorité assez basse 🙁

6 billets, 6 distributions citées. Deux sont mortes : la Parsix début janvier 2018 et la trollesque PearOS. Donc on reste dans le tiers de distributions qui nous a quitté… Une constante ?

On verra bien ce que la rentrée nous réservera.

Neptune 5.4, une Debian GNU/Linux stable « déguisée » en testing ?

Neptune est un projet de distribution basé sur Debian GNU/Linux stable, qui descend du projet ZevenOS. Il suffit de comparer les logos de feu ZevenOS (une base Ubuntu avec un Xfce revampé à la BeOS) et celui de Neptune pour s’apercevoir de la parentée.

Ce qui frappe, c’est l’annonce de publication de la version 5.4 du projet Neptune. Même si c’est officiellement une base Debian GNU/Linux stable, on trouve des nouveautés digne de la branche testing de la distribution à la spirale : Plasma 5.12, un noyau linux 4.16 par exemple.

J’ai donc lancé la récupération avec mon ami wget de l’image ISO. Et oui, le serveur en face a franchement ramé du popotin…

fred@fredo-arch-mate ~/Téléchargements/ISO à tester % wget -c https://download.neptuneos.com/download/Neptune5-Plasma5-20180721.iso
–2018-07-23 09:35:37– https://download.neptuneos.com/download/Neptune5-Plasma5-20180721.iso
Certificat de l’autorité de certification « /etc/ssl/certs/ca-certificates.crt » chargé
Résolution de download.neptuneos.com (download.neptuneos.com)… 198.50.151.17
Connexion à download.neptuneos.com (download.neptuneos.com)|198.50.151.17|:443… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 2222981120 (2,1G) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « Neptune5-Plasma5-20180721.iso »

Neptune5-Plasma5-20 100%[===================>] 2,07G 96,1KB/s ds 5h 17m

2018-07-23 14:53:11 (114 KB/s) — « Neptune5-Plasma5-20180721.iso » sauvegardé [2222981120/2222981120]

J’en ai profité pour créé une machine virtuelle pour lancer cette distribution qui reprend le nom romanisé de l’irrascible dieu de la Mer pour les grecs de l’Antiquité, Poséidon.

Après avoir démarré la distribution en mode live, j’ai demandé l’installation… C’est Calamares qui m’a accueilli. Tiens donc. Donc, inutile de présenter une nouvelle fois cet installateur qui fait son travail et le fait bien 🙂

Une fois l’installation terminée et l’ensemble redémarré, j’ai demandé la recherche et l’installation des mises à jour. Il n’y en a eu que deux, avec un bpo à l’intérieur du nom. BPO ? Ça ressemble aux dépots backports (ou rétroportage). Ceux-ci sont activés dès la sortie d’une version stable et que les paquets arrivent sur testing.

Est-ce que la Neptune serait un hybride des dépôts stables et de rétroportage ? Quoiqu’il en soit, j’ai fait chauffé SimpleScreenRecorder pour montrer la distribution en action.

Vous avez pu le voir, le bilan est franchement mauvais, avec entre autres :

  • Du franglais partout et des traductions dures à installer
  • Des dépôts mélangés avec une liste indigeste

Si on compare le projet avec une Debian GNU/Linux testing, le résultat est clair : le projet Neptune ne tient pas le choc et s’effondre de toute part. Comme je l’ai précisé en conclusion de la vidéo : si vous voulez une base Debian et un KDE récent, il n’y a pas d’autre choix que de migrer sur Debian testing voire unstable. C’est triste, mais c’est ainsi !

Sabayon Linux, que devient cette Gentoo Linux précompilée ?

Ah, la Sabayon Linux… Si elle évoque un dessert sucré, c’est aussi une distribution qui part d’un principe intéressant et étrange à la fois : proposer une base Gentoo Linux précompilée. Alors que le principe même de la Gentoo est de recompiler un maximum de logiciels pour l’adapter à la machine hôte.

Je n’avais plus parlé de la Sabayon Linux depuis près de 3 ans et demi. Déjà à l’époque, je n’étais pas super optimiste sur le projet.

Je concluais le billet de mars 2015 ainsi :

Il n’est pas impossible que la Sabayon Linux ne voit pas la fin de l’année, et je peux comprendre que le créateur de la distribution peut en avoir sa claque de ne pas être soutenu par sa communauté. À moins qu’une personne reprenne le flambeau ? Mais j’avoue en douter fortement. Seul l’avenir nous le dira !

La distribution semble avoir survécu, mais si on va sur le site officiel, le dernier billet annonce la sortie d’une version 18.05.

D’ailleurs, il n’y a pas eu – au moment où je rédige ce billet, le 23 juillet 2018 – de nouvelles ISO mensuelles.

Après avoir récupéré l’image ISO, je l’ai lancé dans une machine VirtualBox.

On est accueilli par un Mate-Desktop 1.18.0 (qui doit provenir d’un ajustement au niveau des outils, étant donné que seul Mate-Desktop 1.12.0 est considéré comme stable par Gentoo, du moins au 23 juillet 2018, date de rédaction du billet.

L’installation se fait via Anaconda et dure une dizaine de minutes.

Ensuite, j’ai fait redémarrer l’ensemble, et j’ai demandé l’installation des mises à jour.

J’ai dû recommencer l’installation, étant donné qu’il y a une saloperie de bug qui empêche le déverrouillage de la session… L’installation des mises à jour avait déjà duré une petite quinzaine de minutes… Ça sent la distribution insuffisamment testée 🙁

Autre point noir : on ne sait pas le nombre de paquets qu’il y a à mettre à jour. Ennuyeux 🙁

La seule chose que j’ai pu apprendre c’est l’installation du noyau linux 4.14.53. Déjà mieux que rien, non ?

Bref, après avoir poirauté une petite demi-heure pour que les mises à jour se terminent sans heurts, j’ai pu lancer mon enregistreur de vidéo.

Je vais être simple et rapide : fuyez la Sabayon si vous voulez une base Gentoo précompilée. Ce projet n’est plus que l’ombre de sa grande époque. Entre l’utilisation d’une version non stabilisée de Mate-Desktop – on sent le conservatisme de Gentoo – l’absence de support des disques en réseau via samba ou encore l’absence de traduction préinstallée pour les logiciels, on se dit que c’est fait de bric et de broc 🙁

Vous voulez une base Gentoo Linux ou Funtoo Linux précompilée ? Allez donc voir du côté de Redcore Linux ou de Calculate Linux. Vous serez certains d’avoir un minimum de qualité au final.

Vieux Geek, épisode 131 : Star Writer 1 pour Amstrad, l’ancêtre lointain de StarOffice.

Allemagne, 1985. Une entreprise du nom de Star-Division est fondée. Son but ? Proposer des logiciels bureautiques pour des ordinateurs 8 bits. 14 ans plus tard, elle est rachetée par Sun Microsystems peu après la sortie de StarOffice 5.1.

En juin 2016, je consacrais un billet vieux geek à StarOffice. Pour résumer rapidement, durant une dizaine d’années, Sun continuera de faire vivre la suite via un duo OpenOffice.org et StarOffice. Quand Sun sera racheté par Oracle, le produit pourrira sur pied jusqu’au lancement du projet LibreOffice, dont la première version remonte à début 2011.

Mais si on sait fouiller, on peut tomber sur un ancêtre lointain de LibreOffice Writer, du nom de Star-Writer dont la première version est sorti pour CP/M, un OS porté sur Amstrad CPC.

Via CPC-Power – que je tiens à remercier – j’ai pu mettre la main sur le logiciel entièrement en allemand. Je tiens aussi à remercier CPC-Wiki pour les informations concernant Star-Division.

J’ai donc fait chauffé mon ami JavaCPC pour vous montrer l’ensemble en action.

Comme vous avez pu le voir, le logiciel souffrait de pas mal de limitations et son ergonomie n’était pas extraordinaire… Mais il avait le mérite d’exister. Des outils comme les premiers Microsoft Word n’étaient pas mieux loti au final.

Mais au moins, on voit l’énorme marge de progression en l’espace d’un tiers de siècle, et ça laisse réveur !

Slackware Linux : 25 ans déjà ? Comme le temps passe vite !

Bon, d’accord, au moment où je rédige ce billet, cela fait 25 ans et un jour. On ne va pas chipoter pour 24 heures, non plus ?

Même si la Slackware Linux 15.0 n’est toujours pas sortie – même si on reste dans les clous des 2 à 3 ans par version majeure – j’ai eu envie de voir ce que donnait la Slackware Current en ce 18 juillet 2018.

Pour mémoire, la Slackware 14.1 est sortie le 4 novembre 2013, la Slackware 14.2 est sortie le 1er juillet 2016.

Pour éviter de devoir passer plus d’une heure et demie à installer les mises à jour en partant d’une Slackware Linux 14.2, je suis parti du dernier jeu d’images ISO proposées par AlienBob, sortie le 23 juin 2018.

Étant donné que je ne suis pas trop fan de KDE ou de Plasma, j’ai pris l’image ISO de la version Mate.

Après avoir choisi le clavier et la langue qui vont bien, j’ai laissé démarrer la distribution.

On est accueilli par un Mate-Desktop avec une bonne partie de la logithèque de Xfce, mais au moins, cela reste utilisable 🙂

J’ai donc pu partitionner le disque avec gParted. Je suis ensuite passé en tty2 pour lancer en tant que root le script setup2hd qui reprend les grands principes de l’installateur de la Slackware Linux. Ce qui m’a fait toussé, c’est l’espace demandé…

Environ 8,9 Go… Ça pique ? Non, ça empale 🙁

D’ailleurs, l’installation a été très longue… Environ une heure… Je suppose que la machine virtuelle a été responsable de cette lenteur.

La fin de la configuration est classique pour toute personne qui connaît déjà la Slackware Linux.

On s’aperçoit rapidement que du nettoyage sera à faire avant d’effectuer les mises à jour…

Après m’être connecté en root au premier démarrage – le temps de faire le nettoyage – j’ai lancé l’outil pkgtool et j’ai viré toutes les références à Xfce, WindowMaker et les autres environnements et gestionnaires de fenêtres inutiles.

Le nettoyage effectué, j’ai lancé l’installation des mises à jour avec les commandes suivantes :


slackpkg update gpg
slackpkg update
slackpkg install-new
slackpkg upgrade-all

Comme le noyau a été mis à jour, j’ai fini avec un petit lilo -v

Au démarrage suivant, j’ai modifié le fichier /etc/profile.d/lang.sh.

J’ai créé un compte utilisateur avec adduser, et une fois dans la session Mate-Desktop en tant qu’utilisateur normal, j’ai utilisé la commande slackpkg install libreoffice pour installer la suite bureautique. L’utilisation du greffon slackpkg+ activant l’accès au dépôt logiciel d’AlienBob.

Une fois tout cela terminé, j’ai fait chauffer mon enregistreur d’écran.

Comme vous avez pu le voir, il reste encore des angles à arrondir, du moins avec la version Mate-Desktop. Pour une distribution qui vient de fêter ses 25 ans, et même s’il n’y a pas encore de nouvelle version majeure sortie, c’est agréable.

Vivement que la Slackware Linux 15.0 sorte… Je l’attends de souris ferme !

Que devient la SolydXK, ancien fork de la LinuxMint Debian Edition ?

En lisant cet article d’Olivyeahh concernant la LinuxMint Debian Edition et sa migration vers la future version 3, j’ai eu envie de voir ce que devenait le projet SolydXK qui a commencé sa vie comme une variante de la LinuxMint Debian Edition. N’étant pas trop fan de KDE, j’ai donc pris l’image ISO Xfce du projet SolydXK.

En effet, début juillet 2018, une nouvelle série d’images ISO est sortie. C’était donc l’occasion de voire ce que cela donnait. De plus, près de 3 ans et demi après le dernier billet que je lui avais consacré, c’était une raison supplémentaire d’en parler.

Je concluais le billet de mars 2015 ainsi :

Pourrais-je conseiller la Solydxk a une personne qui chercherait une distribution avec Xfce basée sur Debian GNU/Linux ? Oui, surtout si la personne est un peu effrayé par l’installation d’une Debian GNU/Linux pure et dure.

Cette conclusion s’applique-t-elle encore en 2018 ? Voyons cela.

J’ai donc récupéré l’image ISO en saveur Xfce de la SolydXK 9… Quelque chose me dit que sa base est celle de la Debian GNU/Linux Stretch dont la cinquième révision est sortie le 14 juillet 2018.

Après le démarrage, on constate que la SolydXK a cédé à la mode du flat… Joie. L’installateur est celui de la LinuxMint Debian Edition, donc du tout bon.

À noter que l’installateur propose directement de partitionner le disque si celui-ci ne l’est pas.

L’installation est pliée en une dizaine de minutes. J’ai ensuite fait chauffé mon enregistreur de vidéo pour capturer la machine virtuelle dès le début de la post-installation.

Cette distribution tient la route, même si sa base commence à faire sentir son âge. L’assistant de bienvenue est super bien pensé. C’est sûrement l’un des meilleurs que j’ai vu. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les logiciels proposés à chaque fois, c’est déjà bien d’y avoir pensé.

Autre énorme bon point : une traduction quasi-parfaite dès le premier démarrage. Ce qui donne une aura de sérieux à l’ensemble du projet. Les seuls points noirs ? Un habillage graphique qui arrache légèrement la rétine et l’utilisation d’un thème flat.

Est-ce que je pourrais reprendre au mot près la conclusion de l’article de 2015 ? Oui, sans aucun doute. Une excellente surprise donc.