Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 7 : les tests avant publication, c’est tellement dépassé…

Je comptais faire un article bilan, mais j’ai constaté une tendance lourde actuelle, celle d’oublier plus ou moins volontairement les tests d’avant publication pour les distributions GNU/Linux.

Je ne parle pas des distributions GNU/Linux établies, celles qui existent depuis des années et qui savent à quel point il est important de sortir quelque chose qui ne se plantera pas comme un MS-Windows Millenium sous amphétamine.

Mais chez les distributions un peu plus jeunes, on est dans une course à la sortie d’une image ISO quoiqu’il arrive. J’ai constaté cela dans deux vidéos récentes. Une sur une DGLFI de haut-vol du doux nom de la Condres OS GNU/Linux qui veut reprendre le flambeau de la feu Apricity OS :

La deuxième ? C’est sur une image ISO de la Artix Linux qui me fait dire que les développeurs étaient tellement dans une volonté de publier qu’ils ont oublié de faire une chose toute bête… Tester l’installateur dans une machine virtuelle pour savoir si ce dernier fait son travail.

Je sais que faire des tests en interne, voire demander à des personnes de s’y coller avant d’officialiser une image ISO, ça prend du temps. Mais n’est-il pas plus important de perdre quelques jours et avoir un produit un tant soit peu irréprochable que de se taper une mauvaise publicité qui ruinera vos efforts ?

Simple question sémantique, je ne considère pas avoir de réponse toute faite ici. Car il n’y en a pas à moins de considérer que les utilisateurs sont suffisamment cultivés pour corriger ce genre de bugs… Ce qui n’aiderait pas à une forme de démocratisation du logiciel libre, mais pourquoi le démocratiser au final ?

Comme je l’ai précisé dans l’épisode 2, c’est tellement mieux de rester dans le monde du joujou pour geeks 🙂

Allez, à la prochaine !

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac. Un peu rapide, désolé 🙁

Côté logiciel libre, informatique et internet ?

Côté culture ?

Bon week-end !

Et si on faisait un bilan au de bout de 5 ans des distributions GNU/Linux ? Cinquième partie.

Après la quatrième partie parue le 31 août 2017 pour parler du mois de septembre 2012, attaquons-nous au mois d’octobre 2012.

Comme je ne savais pas quoi proposer en ce deuxième et dernier vendredi 13 de l’année 2017, 710 ans après l’arrestation des Templiers sur ordre de Philippe IV le Bel

3 octobre 2012 : un article sur la SalixOS 14.1 bêta 1.
10 octobre 2012 : un article sur la NetBSD 6.0rc2.
15 octobre 2012 : un article sur la Frugalware Linux 1.8pre1.
20 octobre 2012 : un article sur la PearOS 6.0.

20 octobre 2012 : un article sur GhostBSD 3.0rc2.
22 octobre 2012 : un article sur la Mageia 3.0 alpha 2.
23 octobre 2012 : Quand NuTyX annonçait son départ ?
27 octobre 2012 : un article sur OpenBSD 5.2 avec un peu d’avance… 🙂
29 octobre 2012 : un article sur la Aptosid.

Si on regarde en dehors de la Aptosid et de la PearOS, les distributions et OS dont je parlais sont encore en vie – dans des états de fraîcheurs divers et (a)variés – en 2017… Ça fait plaisir quelque part 🙂

Installer Trinity Desktop Environment sur Archlinux ? Pas franchement une partie de plaisir…

Mais un bon stimulant intellectuel… et cela entretient le péristaltisme 🙂

Prévoyez une cafetière complète, une machine virtuelle et une bonne demi-douzaine d’heures 🙂

Les pré-requis sont une machine virtuelle Archlinux 32 ou 64 bits avec Xorg préinstallé. Si vous voulez faire recompiler le code, je vous déconseille d’activer le multi-processus à la compilation, ça peut provoquer des problèmes 🙁

Je suis parti de la page du wiki d’Archlinux sur le Trinity Desktop Environment. Je pensais partir d’un dépôt de paquets prêts à l’emploi, mais Murphy étant passé par là, j’ai été obligé de tout faire recompiler… Voici donc l’ordre d’installation et / ou de compilation des paquets.

Pour la compilation, j’ai cloné le dépôt git du mainteneur :

git clone --depth https://github.com/michael-manley/Trinity_ArchLinux_PKGBUILD.git

Commençons par la mise en place de la base, que ce soit en compilant ou en installant les paquets, quand le dépôt sera de nouveau fonctionnel :

  1. tde-tqt3
  2. tde-tqtinterface
  3. tde-arts
  4. tde-dbus-tqt
  5. tde-dbus-1-tqt
  6. tde-tqca-tls
  7. tde-libart-lgpl
  8. tde-avahi-tqt
  9. tde-tdelibs
  10. htdig depuis AUR via https://aur.archlinux.org/packages/htdig/
  11. tde-tdebase
  12. tde-tdebindings
  13. tde-tdeaccessibility
  14. tde-tdeutils

On continue avec les éléments complémentaires :

  1. tde-libcaldav
  2. tde-libcarddav
  3. tde-libkdcraw
  4. tde-libkexiv2
  5. tde-tdeadmin
  6. tde-tdeedu
  7. tde-tdenetwork
  8. tde-tdepim
  9. tde-tdemultimedia
  10. tde-tdegames
  11. tde-tdetoys
  12. tde-tdeaddons
  13. tde-tdegraphics
  14. tde-tdewebdev
  15. tde-tdevelop ; nécessite les dépendances apr et subversion, pour la compilation
  16. tde-artwork
  17. tde-tdesdk

Et enfin avec quelques accessoires proposés :

  1. gtk-qt-engine
  2. tde-kmplayer
  3. tde-krusader
  4. tde-ksplash-engine-moodin
  5. tde-style-qtcurve
  6. tde-tdenetworkmanager
  7. tde-tdepowersave
  8. tde-tdesudo
  9. tde-tdmtheme
  10. tde-twin-style-crystal

Impossible à faire recompiler :

  1. gtk3-tqt-engine
  2. tde-amarok avec une gueulante concernant ltagmp4-static 🙁
  3. tde-systemsettings : besoin de kde4-config

Le seul gros point noir, c’est qu’il n’y a pas de traduction. J’ai donc utilisé le modèle proposé, et j’ai récupérer le paquet tde-i18n pour ne conserver que la traduction française.

Oui, je sais que le PKGBUILD qui suit est franchement dégueulasse, mais au bout de 6 heures de travail sur le projet, je n’ai pas eu le courage de faire quelque chose de plus propre. Mea culpa !

# Maintainer: Michael Manley
# Contributor: David C. Rankin

pkgname=tde-i18n
pkgver=14.0.4
pkgrel=1
pkgdesc= »Trinity Desktop Enviroment $_cat$_mod »
arch=(‘i686’ ‘x86_64’)
url= »http://scm.trinitydesktop.org/scm/git/tde-i18n »
license=(‘GPL’)
provides=(« tde-i18n »)
groups=(‘tde-complete’)
depends=( »)
makedepends=(‘autoconf’ ‘cmake’ ‘pkgconfig’)
optdepends=()
options=(‘staticlibs’ ‘libtool’ ‘!strip’)
install=

source=(« http://mirror.ppa.trinitydesktop.org/trinity/releases/R$pkgver/tde-i18n-R$pkgver.tar.bz2 »)

build() {
cd « ${srcdir}/tde-i18n »

msg « Setting PATH, CMAKE and Trinity Environment variables »
# Source the QT and TDE profile
[ « $QTDIR » = «  » ] && . /usr/share/trinity/srcldr/tqt3.sh
[ « $TDEDIR » = «  » ] && . /usr/share/trinity/srcldr/trinity.sh

msg « Creating out-of-source build directory: ${srcdir}/build »
mkdir -p « $srcdir/build »
cd « $srcdir/build »

msg « Starting cmake… »

cmake ${srcdir}/tde-i18n/tde-i18n-fr \
-DCMAKE_INSTALL_PREFIX=${TDEDIR} \
-DSYSCONF_INSTALL_DIR=${TDEDIR}/etc \
-DBUILD_ALL=ON \
-DWITH_GCC_VISIBILITY=ON

make $NUMJOBS
}

package() {
msg « Packaging – $pkgname-$pkgver »
cd « $srcdir/build »
make -j1 DESTDIR= »$pkgdir » install
}
md5sums=(‘bf4c716468ee6962a969328ee1a4a591’)

Néanmoins, on obtient enfin le fichier de traduction. J’ai donc décidé de montrer en vidéo la mise en place du bousin…

Oui, c’est assez chiant à mettre en œuvre, surtout à cause de l’absence du dépôt pré-compilé qui m’aurait fait gagné plusieurs heures pour la mise en place de l’ensemble. Néanmoins, on peut constater l’énorme gourmandise de cet environnement…

Dommage qu’Amarok pointe aux abonnés absents, ou que certains logiciels se plantent comme un MS-Windows Millenium sous amphétamines.

C’est déjà pas si mal que cela pour un port pas franchement officiel d’un environnement qui est vraiment pour les nostalgiques après tout 🙂

Q4OS 2.4 « Scorpion » : attention au dard du scorpion ?

Q4OS est une distribution GNU/Linux basée sur la Debian GNU/Linux avec comme environnement principal la continuation de KDE 3.5, j’ai nommé Trinity Desktop Environment.

La dernière fois que j’ai parlé de cette distribution un brin atypique, c’était à l’époque de sa version 1.8.1 en novembre 2016. Je concluais l’article ainsi :

Il est vrai qu’il est intéressant de voir des outils comme LibreOffice 5.x dans une interface qui a été celle de KDE entre 2002 et 2008. Mais si vous cherchez une distribution légère, rapide et conçue comme telle, elle restera toujours un choix à envisager. Avec DFLinux ou encore la MX-16.

En ce début octobre 2017, la version 2.4 de la distribution GNU/Linux a été annoncée. Contrairement à sa branche 1.x, la branche 2.x est basée sur la Debian GNU/Linux Stretch avec Trinity 14.0.5 comme interface par défaut, même si des options comme KDE5, Xfce, Lxde, LXQt et Cinnamon sont annoncées. J’ai donc récupéré via wget l’immense image ISO, un peu plus de 600 Mo. Par défaut, le projet vous demande de donner un petit quelque chose pour le soutenir, mais on peut clairement sauter l’étape sans prise de tête.

fred@fredo-arch ~/Téléchargements/ISO à tester % wget -c https://netix.dl.sourceforge.net/project/q4os/stable/q4os-2.4-x64.r1.iso
–2017-10-10 14:51:42– https://netix.dl.sourceforge.net/project/q4os/stable/q4os-2.4-x64.r1.iso
Certificat de l’autorité de certification « /etc/ssl/certs/ca-certificates.crt » chargé
Résolution de netix.dl.sourceforge.net… 87.121.121.2
Connexion à netix.dl.sourceforge.net|87.121.121.2|:443… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 635437056 (606M) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « q4os-2.4-x64.r1.iso »

q4os-2.4-x64.r1.iso 100%[===================>] 606,00M 3,37MB/s ds 5m 3s

2017-10-10 14:56:46 (2,00 MB/s) — « q4os-2.4-x64.r1.iso » sauvegardé [635437056/635437056]

J’ai donc lancé l’image ISO en mode live.

On est accueilli par Trinity Desktop environment.

Un écran de bienvenue est affiché avec quelques options assez parlantes, bien qu’en anglais.

L’installateur proposé est celui de la LinuxMint Debian Edition, autant dire du solide de chez solide 🙂

Dans le récapitulatif, on constate qu’une partition /home est créée par défaut. Quelle étrange idée 🙂

J’ai attendu que l’installation soit terminée pour mettre la machine virtuelle en pause et enregistrer la suite des événements en vidéo.

Que dire ? Cette distribution, c’est vraiment du bonheur à l’utilisation. Peu gourmande, traduite dès le départ, avec des outils conçus pour simplifier la vie des utilisateurs ou des personnes cherchant à donner un deuxième voire un troisième souffle à des machines qui commencent à tirer la langue.

Il n’y a pas grand chose à lui reprocher, en dehors de l’imposition de Google Chrome, et peut-être un léger bug au niveau de la gestion de l’heure, mais cela se règle en quelques clics.

C’est du beau travail. Ça sent l’envie de bien faire dès le départ. La base utilisée étant solide, on est tranquille pour longtemps avec. Évidemment, le côté rétro de Trinity pourrait choquer certaines personnes, mais quand on a un environnement complet qui ne mange que 220 Mo au démarrage, on se dit qu’on est dans les poids plumes.

J’espère juste que l’équipe de Q4OS tiendra bon, car c’est une distribution que j’ai « trituré » avec plaisir, et avec un certain masochisme nostalgique… Bref, un dose de passé avec des technologies largement plus utilisables qu’à l’époque de gloire de KDE 3.5.x 🙂

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac.

Côté logiciel libre, informatique et internet ?

Côté culture ?

Bon week-end !

Emmabuntüs Debian Edition 2 : ça donne quoi ?

La dernière fois que j’ai parlé en long, en large et en travers de la version débianisée de la Emmabuntüs, c’était en mars 2017, pour évoquer la version 1.02 du projet.

Depuis, j’ai pu donner un coup de main pour la sortie de la version 1.03 et malheureusement un peu moins que je l’aurais voulu pour la version 2.0 qui est sortie le 2 octobre 2017.

Je concluais l’article du mois de mars avec cette remarque :

S’il y a une réserve à émettre : des ordinateurs un peu trop récents pourraient mal être supportés par la distribution. J’attends donc avec impatience la prochaine version majeure qui sera basée – on peut le supposer sur la Debian GNU/Linux 9 alias Stretch et un noyau linux LTS 4.9.

Cette version est enfin arrivée, et si on apprend pas mal de choses dans les notes de publication, comme un allègement de la logithèque ou encore des ajouts d’ordre graphique et documentaire, il faut voir ce que donne cette version.

Cette fois, le fichier de téléchargement au format torrent a été mon allié.

Après avoir récupéré l’image ISO, je l’ai lancé dans VirtualBox tout en lui demandant directement d’installer l’ensemble en mode graphique.

Ici, point de surprise. Nous avons l’installateur de la Debian qui a fait ses preuves depuis des années.

J’ai donc fait effectuer une installation avec les options par défaut. Le seul changement ? J’ai demandé à ce qu’une partition /home soit créée.

Une quinzaine de minutes a été nécessaire pour la suite des opérations.

Une fois l’installation terminée, j’ai mis l’ensemble en pause, j’ai lancé Simple Screen Recorder pour montrer la post-installation en action.

Ce que l’on peut dire ? C’est que l’ensemble a été un brin allégé, mais que le but de viser le recyclage d’ordinateur d’un age moyen à avancé (entre 6 et 10 ans) est encore atteint. Évidemment, tout a été pensé aussi bien en terme de gourmandise mémoire que de présentation. La présence d’un installateur pour une session lxde montre que les développeurs de la distribution ont pensés aux ordinosaures 🙂

Dans la vidéo, j’ai demandé la présentation de la totalité des outils disponibles. Même si je n’ai pas tout lancé – cela aurait été rébarbatif et ennuyeux au possible – cela montre que le projet a essayé de penser au maximum de personnes.

L’ensemble peut apparaître comme un peu lourd, mais le côté stable de la Debian apporte un sentiment de sécurité et de tranquillité. Par chance, il n’y a pas des mises à jour constantes, et donc, même un ordinateur handicapé par une connexion un peu faiblarde ou capricieuse pourra rester utilisable.

On est loin de la distribution faite par des geeks et pour des geeks. Ça fait tellement du bien de voir de tels produits 🙂

ArchMerge 6.0, une version pédagogique de la ArchLabs ?

En août 2017, je parlais de la ArchLabs 5.0, une distribution hommage à la BunsenLabs, qui proposait un duo Archlinux et OpenBox de haut vol.

Je concluais l’article ainsi :

Son gros point noir, en dehors d’être un appeau à geek ? Le menu par défaut en anglais qu’il faut modifier à la main. Sinon, c’est du pur bonheur d’avoir une logithèque aussi complète sous la souris dès l’installation. Donc, bravo et merci Archlabs pour avoir compris que les geeks ont aussi parfois envie d’avoir du 100% utilisable dès l’installation 🙂

Entre temps, et comme je l’ai précisé dans un autre article, il y a eu de l’eau dans le gaz dans l’équipe, et Érik Dubois, créateur de la charte graphique de la distribution est parti pour fonder son propre projet, ArchMerge. N’étant pas dans le secret des dieux, je me garderai bien d’émettre la moindre hypothèse.

On peut lire sur la page d’accueil du site d’Érik Dubois ceci :

ArchMerge is a merger of 3 desktop environments.

Xfce4, Openbox and i3.

We think this order is the ideal roadmap to learn more about linux and Arch Linux. The complexity of the desktops increases gradually but your settings of your applications, icons, themes and your files move with you from desktop to desktop. Quite an advantage.

Une traduction rapide donne la vision du projet qui est intrigante :

ArchMerge est une fusion de 3 environnements de bureau.

Xfce4, Openbox et i3.

Nous pensons que cet ordre est la feuille de route idéale pour en savoir plus sur linux et Arch Linux. La complexité des ordinateurs de bureau augmente progressivement, mais vos paramètres de vos applications, icônes, thèmes et vos fichiers se déplacent avec vous, du bureau en bureau. Tout un avantage.

Ma première réaction a été la suivante : c’est quoi cette immonde usine à gaz ? Après y avoir réfléchi quelques minutes, je me suis dit que le concept pouvait être intéressant. Voyons donc la gueule du résultat…

Je suis allé sur le site de la ArchMerge puis dans la section « download » pour récupérer une image ISO.

Ensuite, mon ami VirtualBox a été lancé pour que je puisse voir ce que cette distribution a dans le ventre.

Dès le démarrage en mode graphique, Calamares nous accueille. On peut bien entendu le fermer et le relancer ensuite. Mais j’ai décidé de laisser l’outil faire son travail.

Après avoir pris les options par défaut, il n’a fallu qu’une dizaine de minutes pour avoir l’ensemble installé.

J’ai ensuite utilisé Pamac pour installer les mises à jour.

Il a fallu que j’active le support d’AUR dans Pamac pour avoir accès aux paquets AUR installés et mettre à jour ce qui avaient besoin de l’être.

Simple Screen Recorder a été lancé pour enregistrer la distribution en vidéo.

Le projet est en effet intéressant, mais selon moi, il pourrait se fracasser sur un écueil : l’utilisateur n’a pas forcément envie d’apprendre à utiliser l’informatique. Pour les quelques personnes suffisamment curieuses qui iront jusqu’à l’étape i3 de l’installation, ce sera intéressant. Mais la plupart des personnes choisiront soit Xfce soit Openbox et n’iront pas plus loin.

Un énorme point noir : il y a beaucoup de paquets tiers installés via AUR, et même un peu trop à mon goût. Mais on peut estimer que cela est lié à l’utilisation du trio d’environnements. Pourquoi avoir oublier LibreOffice ? C’est vraiment bête et contre productif !

Vouloir former les utilisateurs est une idée généreuse. Mais est-elle réaliste ? J’ai un léger doute. Je reste donc réservé sur le projet ArchMerge pour le moment.

On verra d’ici quelques mois comment la situation évoluera néanmoins.

Attention, la Viperr X pointe le bout de nez :)

S’il y a une distribution GNU/Linux que j’aime beaucoup, c’est la Viperr. Jadis développée par DarthWound, elle a été reprise par le duo Penthium2 et Azgarech. Pour la faire courte, c’est ce à quoi la Crunchbang ressemblerait si elle s’était basée sur Fedora au lieu de partir d’une Debian GNU/Linux.

La dernière version officielle, la 9 commence à faire son âge, surtout pour le monde de Fedora. En effet, je parlais de cette évolution du projet en août 2016.

Un an est passé, et sur le forum de la Viperr, la bonne nouvelle est arrivée. Une première version de développement de la Viperr X est disponible et se base sur la Fedora 26. Rien de mieux pour faire chauffer mon ami wget !

fred@fredo-arch ~ % wget -c https://repo.viperr.org/iso/Viperr10_alpha1_x86_64.iso
–2017-10-01 09:13:28– https://repo.viperr.org/iso/Viperr10_alpha1_x86_64.iso
Certificat de l’autorité de certification « /etc/ssl/certs/ca-certificates.crt » chargé
Résolution de repo.viperr.org… 62.210.222.203
Connexion à repo.viperr.org|62.210.222.203|:443… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 1204813824 (1,1G) [application/octet-stream]
Sauvegarde en : « Viperr10_alpha1_x86_64.iso »

Viperr10_alpha1_x86 100%[===================>] 1,12G 3,90MB/s ds 4m 59s

2017-10-01 09:18:27 (3,84 MB/s) — « Viperr10_alpha1_x86_64.iso » sauvegardé [1204813824/1204813824]

L’image est assez légère. À peine 1,1 Go. VirtualBox a pris le relai pour avoir un premier aperçu de ce nouveau serpent linuxien.

J’ai donc décidé d’installer lancer et d’installer cette première alpha de la Viperr X.

Comme d’habitude, c’est Anaconda qui nous accueille. Pas la peine de faire un long discours. L’installateur fait son boulot et il le fait bien.

Les réglages de base :

J’ai juste fait gaffe de rajouter un compte utilisateur.

Puis, j’ai décidé de lancer Simple Screen Recorder à la fin de l’installation pour voir ce que donne la post-installation et obtenir un premier aperçu de cette Viperr X.

Déjà premier point, on constate que le nom de code est parlant… J’avais un jour demandé à Azgarech – ou était-ce Penthium2 ? – quand le nom de code serait Shub-Niggurath. Je n’avais pas eu de réponse, et je comprends pourquoi.

L’ensemble de cette préversion est vraiment soigné. Le conky toujours aussi sympa. Évidemment, il n’y a pas de gestionnaire de logiciels en mode graphique, mais c’est pas grave, surtout quand on sait que le public visé n’est pas franchement l’utilisateur qui a peur de faire un clic droit avec la souris 🙂

Le script de post-installation ? Un vrai bonheur à utiliser. Ensuite, on peut ne pas aimer la base Fedora, mais au moins, on est certain d’avoir un minimum de fraîcheur. Toujours mieux si on a besoin de communiquer avec l’extérieur, ne serait-ce que pour des documents bureautiques. Pour les deux énormes bugs (navigation réseau et son) que j’ai pu constater, c’était de ma faute, des mauvais réglages au niveau de la machine virtuelle.

Un des points sensibles est la traduction complète par défaut. Cela fait plaisir de voir que ce n’est pas un problème. Évidemment, il reste des angles à arrondir, et je suppose que des modifications visibles et – d’autres moins – seront apportées d’ici la version finale. Comme l’extinction qui semble être un brin tatillonne 🙁

Mais en tout cas, une chose est certaine. Si je dois un jour migrer vers de l’OpenBox, la Viperr X sera une grande source d’inspiration 🙂

Guide d’installation d’Archlinux, version d’octobre 2017.

Voici la quarante-huitième version du tutoriel pour installer une Archlinux, que ce soit avec une machine virtuelle, utilisant un Bios ou un circuit UEFI. Cette version rend obsolète celle de septembre 2017.

Pour les captures d’écran, je suis parti d’une image ISO intermédiaire créée avec l’outil Archiso. Au moment où j’envoie l’article en ligne, le 1er octobre vers 07 h 15 du matin, l’ISO d’octobre 2017 n’est pas encore disponible.

Si vous avez besoin d’une image ISO en 32 bits, le projet archlinux32 vous en proposera une.

Côté environnements : Gnome 3.24.2, Plasma 5.10.x, Xfce 4.12.0 et Mate-Desktop 1.18.0 en gtk3. Merci à Nicolas pour un truc concernant les proxy, et énorme remerciement à Lagout pour me proposer une archive des tutoriels depuis le début sur son serveur 🙂

NB : si vous voulez faire une installation avec l’UEFI, il faut utiliser cgdisk, gfdisk ou gparted, et créer un partitionnement GPT. Sinon, ça plantera !

Ce n’est pas un tutoriel à suivre au pied de la lettre, mais une base pour se dégrossir. Le fichier au format zip contient :

  • La version odt
  • La version pdf
  • La version ePub
  • La version mobi (pour Kindle)

Le guide en question est sous licence CC-BY-SA 4.0 à compter du mois de mai 2016.

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire des retours en cas de coquilles !

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac. Pas très long, j’ai d’autres choses sur le feu en ce moment :]

Côté logiciel libre, informatique et internet ?

Côté culture ?

Bon week-end !

Bilan des prévisions pour 2017, dernier point d’étape.

Oui, je sais, l’article l’a joué Gaston Lagaffe, vraiment en retard.

Voici donc l’ultime point d’étape de mes prédictions pour 2017.

Revenons rapidement sur chaque point. L’une des sœurs ennemies descendante de la Mandrake Linux a fini par sortir sa version 6… Tant mieux pour elle… Bien du courage pour les développeurs et sortir la version 7 avant un an et demi 🙂

L’autre annonce la sortie d’une révision mineure 3.0.3 pour le 30 septembre 2017. Bref… Pas de quoi passer les pattes d’une troupe de canards 😀

La Trisquel GNU/Linux 8.0 prend un temps infini à sortir à cause de la petite de son équipe… Vous pouvez suivre l’avancement du projet sur cette page : https://trisquel.info/en/wiki/flidas-release-issues

Espérons que cette version de Trisquel basée sur la Ubuntu 16.04 LTS sorte avant la 18.04 LTS d’Ubuntu en avril 2018.

Les parts de marché de Mozilla Firefox ? Selon NetMarketShare, début septembre 2017, on arrive à 11,95%… Plus du double du navigateur Microsoft Edge, mais 4 à 5 fois moins que la part de marché de Google Chrome qui frôle les 59%…

En ce qui concerne la Manjaro Linux, je dirais qu’une seule chose : la gloire peut faire tourner les têtes, attention au retour de bâton…

Voila, c’est tout pour ce billet. Rendez-vous pour Noël et le bilan final de l’année 2017… Cela ne sera pas triste, je le sens 🙂

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac. Pas très long, j’ai d’autres choses sur le feu en ce moment :]

Côté logiciel libre, informatique et internet ?

  • La ArchBang officialise l’utilisation de la Artix Linux comme base avec l’arrivée d’une première image ISO, la archbang-artix-210917.iso.

Côté culture ?

Bon week-end !

Le petit monde des distributions GNU/Linux basées sur Archlinux devient-il frappadingue ?

J’écris cet article devant une tasse d’infusion pour calmer un mal de crâne naissant face aux évolutions et annonces récentes du petit monde « ArchLinuxien » auquel j’appartiens en tant que simple utilisateur depuis le début de l’année 2009.

Je m’aperçois d’une chose : il est franchement mauvais de vouloir profiter d’une nuit de sommeil un peu prolongée, surtout si on est atteint d’une forme de saturation par rapport aux concetés qui peuvent se propager dans le monde du libre au nom des saints canons qui le régisse.

J’ai parlé avec grand plaisir le 17 août 2017 de la ArchLabs, cinquième du nom.

J’avais adoré cet hommage à la BunsenLabs et hommage au deuxième degré à la feu CrunchBang Linux.

Ma conclusion était un peu trop enjouée même si je la conserverai en état si je devais l’écrire à nouveau :

Pour conclure : c’est vrai c’est une distribution pour geeks, mais elle a aussi compris quels sont les besoins de l’utilisateur lambda : aller sur la toile, retoucher des photos, ajouter son imprimante, taper des lettres ou encore graver des galettes plastifiées.

Son gros point noir, en dehors d’être un appeau à geek ? Le menu par défaut en anglais qu’il faut modifier à la main. Sinon, c’est du pur bonheur d’avoir une logithèque aussi complète sous la souris dès l’installation. Donc, bravo et merci Archlabs pour avoir compris que les geeks ont aussi parfois envie d’avoir du 100% utilisable dès l’installation 🙂

Le 17 septembre 2017, le projet a présenté une image ISO minimale, alias ArchLabs Linux Minimo. Dans un long billet de blog, le projet explique qu’il a voulu revenir à ses racines avec une image ISO plus légère. Un billet du 1er septembre 2017 explique que l’ISO précédente avait été accueillie froidement.

Après tout, pourquoi pas. C’est un choix que l’on peut comprendre. Mais cela ne fut pas du goût d’Erik Dubois apparemment. Je ne suis pas dans le secret des dieux, et j’ignore si la séparation s’est passée à l’amiable ou si des assiettes ont volé dans tous les sens.

C’est en examinant mes courriers électroniques via mon téléphone portable, ce qui m’a donné envie de rédiger ce billet, que j’ai appris qu’Erik Dubois demandait la destruction d’une bonne partie de ses recettes sur AUR.

Et un message pour l’exemple :

J’ai donc été voir sur le site d’Erik Dubois, et je me suis aperçu qu’il avait forké le projet ArchLabs pour continuer sa vision de la ArchLabs Linux. Le nom du projet ? ArchMerge.

Il a justifié son projet avec les points suivants qu’il a rajouté aux buts de la ArchLabs Linux avec une traduction rapide en dessous :

Provide Windows users a comfortable transition to the (Arch) Linux world.

À savoir : proposer aux utilisateurs de Windows une transition confortable vers le monde (Arch) Linux.

Provide a continues stream of tutorials/knowledge on ArchMerge.

À savoir : proposer un flux continu de tutoriels et de connaissances sur ArchMerge.

Ma remarque sera simple : pourquoi pas ? Mais ce ne sera que le énième projet à proposer une migration douce du monde Windows vers le monde Linux. Je lui souhaite bonne chance.

Deuxième élement qui a motivé la rédaction de ce billet tardif, c’est l’annonce de la disparition d’Arch-Anywhere au profit d’une nouvelle distribution basée sur Archlinux, la Anarchy Linux.

Je me tairais sur le nom un peu malheureux choisi pour le projet. Désormais, on peut lire sur la page d’accueil du projet :

Anarchy Linux is a distribution aimed at bringing the Linux revolution to the world. We believe that Linux is the way of the future for desktop computing and provide you with a platform to install a custom Arch based operating system just the way you like. Anarchy Linux is intended for both novice and advanced users alike. Simply write the Anarchy Linux ISO to a CD or USB and boot from your computer or VirtualBox.
[…]
A lightweight semi-graphical version of the installer is also available. It can be used for a quick and easy install when a full live GUI is not necessary. Anarchy Linux is installed using a package base from the official Arch repository and also features a custom repository with additional packages.

Anarchy Linux is based on Arch Linux, but not supported.

Ce que l’on peut traduire par :

Anarchy Linux est une distribution visant à apporter la révolution Linux au monde. Nous croyons que Linux est la voie de l’avenir pour l’informatique de bureau et nous vous proposons une plate-forme pour installer un système d’exploitation basé sur une Arch personnalisée comme vous le souhaitez. Anarchy Linux est destiné aux utilisateurs débutants et avancés. Il suffit d’écrire l’ISO d’Anarchy Linux sur un CD ou une clé USB et démarrer avec votre ordinateur ou VirtualBox.
[…]
Une version semi-graphique légère de l’installateur est également disponible. Elle peut être utilisé pour une installation rapide et facile lorsqu’une interface utilisateur en live n’est pas nécessaire. Anarchy Linux est installée à l’aide d’une base de paquets à partir du dépôt officiel Arch et dispose également d’un dépôt personnalisé avec des packages supplémentaires.

Anarchy Linux est basée sur Arch Linux, mais n’est pas prise en charge.

Première remarque : l’installateur semble avoir pris la grosse tête. Au moment où je rédige ce billet, le 18 septembre 2017, le dépot git n’a pas bougé. Le dernier commit concerne des modifications au fichier du fichier .bashrc disponible à l’installation.

Doit-on en déduire que l’ISO proposera Calamares pour une installation en mode graphique ? Ou que ce sera une image ISO live classique avec un installateur en parallèle ?

Deuxième remarque : pourquoi se lancer dans ce marché encombré ? J’avoue que je me demande si les raisons évoquées dans l’annonce postée le 16 septembre 2017 et qui évoque une potentielle violation des droits d’auteurs d’ArchLinux n’est pas au final qu’un prétexte…

Tant que l’on peut installer une Archlinux avec l’installateur que j’ai pris du plaisir à aider via des traductions et des rapports de bugs, tant mieux.

Sinon, tant pis. Dommage de voir un autre projet « prendre la grosse tête » et s’écrouler sous le poids d’ambitions un peu trop importantes 🙁

J’espère que je me trompe sur ma dernière réflexion, mais ne faisant pas partie du noyau dur de l’équipe de la feu Arch-Anywhere, j’ai conservé ma liberté d’expression et le droit de dire que si l’équipe fait des choix que je considère comme mauvais stratégiquement de le dire.

En tout cas, en ce moment, je ne sais pas ce qui se passe dans le monde des distributions basées sur Archlinux, mais c’est vraiment une sacrée tempête 🙁

Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 6 : l’utilisateur « michu », quantité négligeable…

Dans l’épisode 2, j’évoquais le fait que pour une partie du monde libre, il y a un mouvement que l’on peut qualifier de conservateur ou de réactionnaire (au sens politique du terme) qui freine des quatre fers en ce qui concerne la démocratisation du logiciel libre.

Dans l’épisode 5, j’évoquais en partant d’une vidéo intéressante d’Adrien Linuxtricks le côté casse-gueule de l’OEM pour les distributions GNU/Linux. Je disais en conclusion de l’épisode 5 :

C’est sur ce point concernant le manque d’applicatifs utilisables et ergonomiques qui sera abordé dans le sixième article de la série, consacré à ce qui est réduit à quantité négligeable, l’utilisateur « Michu ».

Chose promise, chose due. Voici donc le billet que je prend un plaisir non négligeable à poser sur du papier virtuel. Simple question pour finir l’introduction : au moment où je rédige ce billet, début septembre 2017, depuis combien de mois voire d’années, des logiciels comme VLC ou The Gimp tirent la langue pour sortir une nouvelle version majeure ?

Pas que les anciennes ne fonctionnent plus, mais c’est quand même mieux d’avoir des versions qui se basent sur des bibliothèques encore maintenues activement. VLC 3 avec QT5 au lieu du 2 avec QT4, c’est mieux, au moins sur le papier, non ? 🙂

Peut-on considérer que des logiciels de PAO comme Scribus peuvent concurrencer les étalons du domaine sur le plan ergonomique ? Idem pour des logiciels de CAO, de MAO, etc.

On pourrait continuer longtemps sur le manque de GUI supportables pour des logiciels qui sont souvent au niveau de la tuyauterie tout aussi bon que les outils privateurs (pour reprendre le terme de Richard Matthew Stallman).

Je suis d’accord qu’on ne pourra jamais forcer une personne qui développe à s’interesser à tel ou tel type de logiciels. Mais y aurait-il une forme de hiérarchie officieuse pour le prestige dans les domaines de l’informatique ?

Vous ne « vendrez » jamais un logiciel libre auprès des utilisateurs normaux – traduire non technophiles – si son interface graphique est imbuvable. Ce serait comme essayer de vendre une voiture haut de gamme avec une carosserie rouge et jaune à petits pois. Très facile, non ? 🙂

C’est vrai, ce n’est pas glamour de travailler sur l’interface d’un logiciel… C’est tellement mieux pour le CV de dire qu’on a travaillé sur le moteur d’un logiciel de rendu 3D ou encore sur le code du noyau Linux 🙂

Comme je l’ai déjà dit, je ne suis ni psychanalyste, ni psychiâtre. Mais il serait tentant de dire qu’une partie des développeurs n’en ont strictement rien à carrer des utilisateurs lambdas, oubliant volontairement qu’ils ont commencé l’informatique ainsi…

Ah, les problèmes d’amnésie sélective… 🙂

Je pense tout avoir dit, et le prochain billet sera des plus… acides 🙁