La démocratisation réelle des distributions GNU/Linux sur le bureau de l’utilisateur personnel, un doux fantasme ?

Cela fait des années que je me bats avec mes humbles moyens pour faire progresser la cause du libre sur le bureau de « monsieur et madame tout-le-monde ». J’ai déjà dû consacrer de nombreux articles sur le sujet, mais ce sont deux commentaires de Berillions – et oui, je cite mes sources ! – sur deux vidéos mise en ligne début août 2017 qui m’ont permis de pointer le principal (ou l’un des principaux ?) problème à cette démocratisation qui serait la bienvenue.

Le premier commentaire est sur une vidéo où j’explique avec des mots simples la constitution et l’utilisation d’un PKGBUILD sous Archlinux et apparentés :

Le deuxième étant sous une vidéo consacrée à la migration plus que casse-bonbon d’une Manjaro Linux OpenRC vers l’Artix :

J’ai préféré faire des captures d’écran pour deux raisons. La première étant d’avoir une archive en cas de suppression, la deuxième étant pour montrer le texte d’origine avec ma réponse 🙂

Comme vous avez pu le constater, sur les deux commentaires, on en revient toujours au même point : la documentation via le wiki… Ah, la documentation et la lecture…

Il ne faut pas se voiler la face. Dans son livre de 2003, Eric S. Raymond déclare : « Unix is user-friendly — it’s just choosy about who its friends are. »

On peut traduire cette citation ainsi : « Unix est convivial (user friendly) – il est juste tatillon pour choisir ses utilisateurs. »

Même si les distributions GNU/Linux ne sont pas des unix à 100%, elles s’en inspirent largement. Débuter sur un unix, ce n’est pas facile. Même si MacOS-X depuis sa première version en 2001 est basé sur un unix, son interface graphique en cache toute la sublime et esthétique complexité.

Je pense que nous sommes face à un tournant en terme d’informatique personnelle.

Nombre de personnes qui ont commencé l’informatique à la maison dans les années 1980 et 1990 savaient qu’il fallait souvent potasser des documentations aussi complètes qu’aride pour faire la moindre chose. Je vous renvoie à cette vidéo du vidéaste américain Lazy Game Reviews qui montre la complexité d’ajouter une barrette de mémoire vive sur un IBM PC de la fin des années 1980… Bon appétit 🙂

Oui, je sais c’est en anglais avec un accent américain à couper au couteau, mais c’est vraiment très instructif.

Nous sommes ici sur le principal problème comme je l’avais annoncé plus haut. Qui irait se plonger dans un manuel de plusieurs dizaines de pages pour simplement installer une barrette de mémoire vive ? Qui aurait envie de fouiller dans un manuel aussi épais qu’un annuaire pour apprendre à appliquer quelques effets dans son logiciel de retouche d’images préféré ?

Plus grand monde de nos jours. Nous sommes dans une époque de l’instantanéité où l’on perd facilement patience au bout de cinq minutes. Que des personnes n’aient pas envie de se taper 15 opérations pour avoir un environnement graphique parle leur langue, je le comprend aisément. Même moi, ça me gonfle largement.

Nous sommes dans une informatique où les utilisateurs veulent rendre leur ordinateur payé plusieurs centaines d’euros / dollars / livre sterling / etc. aussi simple d’emploi qu’une cafetière électrique. Appuyer sur un bouton pour faire démarrer l’ensemble et basta !

Bien entendu, il y aura toujours des personnes qui auront envie de s’aventurer en coulisses pour savoir comment ça marche. Mais je pense que ce marché est déjà quasiment conquis pour le monde libre, que ce soit pour les distributions GNU/Linux ou les BSD libres.

Ensuite, il y a la grosse majorité des utilisateurs qui pourraient être conquis, mais qui sont effrayés par la complexité d’un unix-like. Qui ne cherchent qu’une informatique presse bouton. Qui n’auront jamais envie de s’aventurer en ligne de commande. Qui recherchent des outils à la Apple Store / Google Play Store pour rajouter au besoin des logiciels.

Cela Microsoft et Apple l’ont parfaitement compris et l’applique depuis des décennies. Le monde du libre refuse-t-il de voir cette vérité ? Ou considère-t-il que ce n’est pas la peine de faire des outils qui facilite la vie de l’utilisateur « monsieur tout-le-monde » ?

Ou est-ce le fait d’une minorité gueularde qui refuse de voir son jouet préféré devenir abordable ?

Je ne suis ni psychologue, ni psychiâtre, mais je me pose la question. J’ai eu l’impression que l’on est face à une guerre des générations, une génération ayant connu la distribution GNU/Linux qu’il fallait installer à la force du poignet en compulsant des centaines de pages de manuels – et dont j’ai fait partie – et une autre qui ne cherche qu’à utiliser les distributions.

Bien que faisant partie des anciens du monde GNU/Linux, je ne vois pas en quoi il est inutile de faire des vidéos pour rendre des pages de wiki plus abordables, et plus compréhensible par la suite. Mais ce doit être une forme d’altruisme incompris…

Comme je l’ai répondu, si on virait toutes les vidéos concernant une manière d’aborder plus ludiquement les pages de wiki qui sont aussi bien remplie qu’aride à lire, 95% des vidéos sur le monde GNU/Linux disparaîtraient.

De la même manière, doit-on réserver les plateformes vidéos pour y voir des défis à la con ? Doit-on enlever les chaines de vulgarisation scientifique ? De vulgarisation historique ou musicale ? Si oui, youtube ressemblerait à terme à une forme dégénérée des productions de Cyril Hanouna qui peut tout se permettre – et surtout le plus ignoble – car il est friqué à mort et couvert par une direction qui ne cherche que l’audimat à tout prix.

Désolé pour la digression de cette fin d’article. Mais tant que l’on voudra ne pas admettre que les générations d’utilisateurs passent et qu’il n’y aura toujours qu’une minorité de technophiles pour faire avancer la cause du bureau personnel libre, dans 30 ans, la situation sera la même qu’en 2017.

Y a-t-il un problème de compréhension de l’anglais technique dans le monde francophone libre ?

Note préliminaire : il y a trois vidéos qui illustrent cet article. Désolé, mais c’était nécessaire pour la cohérence du billet.

Je n’ai jamais été un grand cador dans le domaine de la compréhension et l’écriture de la langue anglaise. il faut dire que mon anglais était des plus limités quand je suis sorti du circuit scolaire après un cursus d’anglais en tant que première langue vivante entre la sixième et la terminale.

Quand je suis arrivé sur internet en 1997, il a fallu que je me sorte les doigts du fondement pour trouver les informations dont j’avais parfois besoin. Il faut dire qu’en 1997, les pages en français étaient plutôt rares, surtout quand Altavista était le moteur de recherche qui régnait sur la toile naissante.

Heureusement, 20 ans plus tard, les sources d’informations francophones se sont multipliées. Cependant, il ne faut pas oublier que l’anglais reste la langue maternelle de l’informatique libre ou privatrice.

En duo avec Baba Orhum, j’ai enregistré un vidéo parlant d’un point de vue général sur le monde du libre en tant que vieux libriste.

Un des points abordés était la guerre sainte des systèmes d’initialisation, vous savez le genre de guerre que se font les technophiles souvent avec une vie sociale réduite à sa portion congrue.

Le dernier avatar de cette guerre étant la naissance du projet Artix, consécutif de la mise à mort de la Manjaro OpenRC. Le titre de la page est important, j’y reviens en fin d’article : « Artix Linux is a fork of Archlinux to use different init systems ». Besoin de traduire ? 🙂

J’en avais parlé dans cette vidéo du 29 juillet 2017.

C’est ici qu’intervient le problème de lecture de l’anglais technique que j’évoque en début d’article. En effet, sur le fil annonçant la fin du projet Manjaro OpenRC, Phil Müller alias Philm qui n’est autre que le papa de la Manjaro déclare :

From Manjaro side we will support OpenRC till this fall and remove all packages with i686 architecture all together from our repos. People using OpenRC will have a migration plan to move to the new project. All using i686 architecture however have to move to another distro as we won’t continue i686.

Ce qu’on peut traduire ainsi, ce n’est pas non plus de l’anglais de la haute société :

Du côté de la Manjaro, nous supporterons OpenRC jusqu’à cet automne et nous enleverons tous les paquets ainsi que ceux de l’architecture i686. Les personnes utilisant OpenRC auront un plan de migration pour aller vers le nouveau projet. Toutes les personnes utilisant l’architecture i686 devront aller sur une autre distribution car nous n’allons pas continuer le i686.

Donc, installer en ce début août 2017 une Manjaro OpenRC, que ce soit en dur ou en virtuel, c’est se condamner à se retrouver avec un projet qui ne pourra plus être mis à jour à compter de la fin septembre ou de début octobre. Un sacré cul-de-sac, non ?

De son côté, Artoo a annoncé la publication de l’ultime image ISO du projet Manjaro OpenRC :

C’est le post-scriptum qui est le plus intéressant :

If intending to migrate to Artix, I found doing a clean install and adapting it as per taste to be simpler / easier than migrating an existing install.

Ce que l’on peut traduire ainsi :

Si vous avez l’intention de migrer vers Artix, j’ai trouvé que faire une installation propre et l’adapter à vos goûts est plus simple / plus facile que de migrer une installation existante.

Il suffit de jeter un oeil sur la page de migration de Manjaro OpenRC vers Artix, qui est encore une version de travail au moment où je rédige cet article le 8 août 2017, et c’est encore assez sensible.

On y arrive – ma curiosité ayant pris le dessus – mais il faut faire gaffe à chaque étape. J’ai enregistré la dite migration, et j’ignore si elle sera publiée un jour sur ma chaîne.

Si vous avez envie d’installer une Manjaro OpenRC en ce mois d’août 2017, n’oubliez pas une chose : c’est une condamnée à mort. Elle a la tête sur le billot et la hache du bourreau va tomber sur sa nuque.

Quant à la Artix, je ne la vois pas vivre longtemps. Pourquoi ? Pour les raisons suivantes :

  1. Si je veux un duo OpenRC et paquets précompilés, je me tournerai vers une Calculate linux.
  2. Si je veux un duo RunIt et paquets précompilés, je me tournerai vers une Void linux.
  3. Si je veux un duo S6 et paquets précompilés, je me tournerai vers une Obarun S6.

Donc, le projet Artix s’attaque à des distributions qui existent depuis plusieurs années et qui sont bien installées auprès de leurs publics respectifs. Je ne demande cependant qu’à être démenti.

Pour conclure, je me demande ce qu’il y avait de compliqué en anglais dans les messages postés sur le projet Artix. À croire que l’anglais est encore et toujours l’ennemi du Français cherchant à combattre la perfide Albion 🙂

Quelques réflexions en passant sur le monde du libre…

Au début, le contenu de cet article devait être un ensemble de trois vidéos, mais ayant décidé de mettre en pause durant quelques temps mon activité sur Youtube, je préfère passer par l’écrit. Je suis au final plus à l’aise avec ce médium de toute façon.

Étant membre du monde du logiciel libre – pour mon outil informatique – depuis 1996 à temps partiel, à temps plein depuis 2006, j’ai pu connaître plusieurs périodes, et celle qui se profile depuis quelques années me laisse interrogatif pour ne pas dire pantois.

Il y a plusieurs points que je voudrais aborder rapidement. Le premier, c’est le discours aseptisé que nous servent certains acteurs du libre. Tellement aseptisé qu’un fromage blanc à 0% de matière grasse serait en comparaison en état de pourriture avancé.

Je me demande si le logiciel libre aurait atteint sa pénétration actuelle sans que quelques acteurs clés aussi bien doué pour le développement que pour ouvrir leurs grandes gueules quand c’était nécessaire n’avaient pas existé. Sans un Linus Torvalds qui se dispute gentiment avec Andrew Tannenbaum, sans l’imprimante du MIT, où on en serait-on ?

Que l’on aime ou pas des personnes comme Richard Matthew Stallman, Linus Torvalds ou encore Theo de Raadt, sans eux – et bien d’autres – sans elles, le logiciel libre et apparenté serait resté à l’état plus qu’embryonnaire et serait resté un joujou pour geek universitaire.

Ce qui me fait arriver à mon deuxième point. On assiste depuis quelques années à un retour d’une volonté de « techniciser » et de complexifier les distributions GNU/Linux. Je ne reviendrai pas sur la lascinante guerre des inits. Mais c’est sûrement l’expression la plus prégnante de cette volonté.

Un peu comme si on assistait à un mouvement de révolte contre ce qu’à fait Canonical à compter de 2004 : démocratiser pour de bon les distributions GNU/Linux avec des idées simples : un installateur en mode graphique, une logithèque bien fournie, des logiciels qui parlent directement dans la langue de l’utilisateur.

Ce qu’avait tenté de faire d’autres entreprises et communautés du libre sans avoir réussi à trouver la bonne recette au final, même si ce n’était pas faute d’avoir essayer de nombreuses fois. Ensuite que Canonical se soit fourvoyer dans la convergence des écrans durant des années, c’est un autre problème.

Dernier point, c’est le pacte faustien signé avec l’ennemi du logiciel libre, Microsoft. C’est vrai que l’on pourrait dire que cette volonté de la part de Microsoft de faire la paix avec ce qui était un cancer pour lui est une bonne chose.

On va dire que je vois les choses par le mauvais bout de la lorgnette, mais cette interopérabilité se fera sur le dos du logiciel libre.

N’aurait-il pas été plus intéressant pour conquérir l’un des derniers marchés qui échappe au logiciel libre, celui des utilisateurs qu’on les appelle Michu ou Lambda, en aidant au port de logiciels mythiques comme Adobe Photoshop ou du moins en améliorant son support via des technologies comme Wine.

Permettre que bash – le shell mythique des distributions GNU/Linux – soit fonctionnel sur MS-Windows 10, c’est comme de dire : vous avez besoin de bash ? Pas la peine de vous ennuyer à installer une distribution GNU/linux, restez avec votre MS-Windows 10.

C’est encore une nouvelle fois la stratégie du EEE (Extend, Embrace, Extinguish) appliqué par Microsoft contre des concurrents comme Lotus (et son tableur 1-2-3), IBM (et OS/2), ou encore contre Netscape.

On me dira que je vois le mal partout, je répondrai : je suis juste prudent et je connais le passé – pour ne pas dire le passif – du géant de Seattle. Je demande juste à être démenti.

Exceptionnellement, les commentaires sur cet article seront ouvert jusqu’au 1er septembre, au lieu d’être clos au lieu de 10 jours.

Ah, le tabou de l’argent dans le monde du logiciel libre…

Oui, je sais, on va pouvoir me dire : qu’est-ce qu’il vient remettre cette histoire sur le tapis. Suite à une discussion, j’ai eu l’idée de la vidéo que vous pourrez visionner ci-après ce texte.

J’ai résumé plusieurs idées que je développe depuis des années : la dispersion des projets dans le monde du logiciel libre ce qui fait qu’une partie d’entre eux soient au ralenti faute de ressources humaines (codeurs, testeurs, etc.) ou financières. Faire vivre un projet sur ses fonds propres, on atteint rapidement les limites de ce qui supportable.

Reste donc le problème épineux des rentrées de finances : la publicité ? Trop aléatoire ne serait-ce qu’à cause de l’utilisation justifiée des bloqueurs de publicités. D’ailleurs, dès que l’on insère des publicités sur un site, on devient dépendant du ou des annonceurs qui sont friands à la limite de l’obésité des données de connexions des personnes venant sur le site. La confiance qui doit s’établir entre la personne qui visite le site et la personne qui s’occupe du dit site peut disparaître.

Bien entendu, les appels aux dons sont dépendantes des finances des personnes. Bref, on finit rapidement par tourner en rond. Mais je vous laisse regarder la vidéo avant de continuer la lecture de l’article.

Comme vous avez pu le voir, j’ai repris dans l’article une partie des arguments développés dans la vidéo. J’ai eu droit à des remarques sur la vidéo concernant l’accès gratuit à la documentation que je propose. Le proverbe « Toute peine mérite salaire » a été sorti. Si je suis d’accord sur le principe, j’ai des obligations légales qui m’obligent à déclarer toute arrivée d’argent sur mon compte en banque.

C’est pour cela que je n’ai jamais demandé la moindre forme de rémunération monétaire, ni même envisagé. J’ai déjà précisé que si vous appréciez mon travail et que vous voulez me remercier, il y a plusieurs options :

  1. La première étant un remerciement par un commentaire ou un courrier électronique
  2. La deuxième a été enlevée suite à une réflexion intense 😀

Il n’y a strictement aucune obligation de votre part, mais je vous dis simplement que ce sont les moyens de me remercier si vous en avez la possibilité.

Je ne demande rien. Les services que je propose, que ce soit sur mon blog, sur les espaces github et gitlab pour mes tutoriels ou mes vidéos sur youtube ne me coûte presque rien.

Sur ce, je vous laisse, j’ai pas mal de petites choses à boucler 🙂

Où en est la Trisquel GNU/Linux 8, 33 mois après la sortie de sa version 7 ?

La Trisquel GNU/Linux est sûrement la distribution GNU/Linux 100% libre la plus abordable selon les « saints canons » de la Free Software Foundation. En effet, elle se base sur une distribution qui est devenue pour le grand public synonyme de Linux (oui, je fais volontairement une métonymie ici), la Ubuntu.

La dernière fois que j’ai parlé dans un billet dédié de ce projet, c’était en août 2014 pour aborder une préversion de la version 7, basée sur la Ubuntu 14.04 LTS. La version 7.0 finale sortira 3 mois plus tard, en novembre 2014, dixit la page de téléchargement de Trisquel.

Trisquel 7.0 LTS Belenos

Date de sortie: 11/03/2014 – 18:09

Et oui, le format de date est celui employé par les anglophones à savoir mois / jour / année.

Entre temps, la base de la Trisquel GNU/Linux, à savoir la Ubuntu est arrivée dans une nouvelle version LTS, la 16.04. Cependant, il a fallu attendre quelques 6 mois pour qu’un fil annonce sur les forums de la Trisquel GNU/Linux la disponibilité d’une première version alpha installable.

En janvier 2017, le seul – à ce que j’ai compris, merci de me dire si je me plante ou pas dans les commentaires – développeur dédié au projet a lancé un fil dédié aux versions de développement de la version 8 de la Trisquel GNU/Linux.

J’ai donc récupéré la dernière image ISO de développement en date. Au moment où je rédige ce billet, le 30 juillet 2017, c’est une image ISO datée du 19 juin que j’ai pu récupérer.

J’ai lancé mon ami VirtualBox pour voir ce qu’a cette future version 8.0 dans le bide. Pour gagner du temps, j’ai pris l’option d’installer directement l’image ISO.

J’ai noté que l’installateur propose de chiffrer l’installation dès le départ. N’en ayant pas besoin dans le cadre de cet article, j’ai décoché les deux options. Mais il était intéressant de noter leur activation par défaut. Après une petite dizaine de minutes d’attente, j’ai pu redémarrer sur la Trisquel GNU/Linux 8 en développement.

Après le redémarrage, on se retrouve sous une base Mate-Desktop (1.12 apparemment) et une traduction complète dès le départ ou presque. 172 Mo de mise à jour sont à effectuer. Pour une image ISO vieille d’un mois et demi, c’est assez correct.

Une fois les mises à jour terminées et après avoir vérifié que tout se lançait bien, j’ai décidé de montrer la Trisquel GNU/Linux 8 en action.

Comme vous avez pu le voir dans la vidéo, pour montrer le saut qualitatif depuis la Trisquel GNU/Linux 7.0 j’ai été obligé de montrer les deux. Comme je l’ai précisé, la Trisquel GNU/Linux 7.0 est encore utilisable, mais elle fait vraiment son âge maintenant. Si vous avez du matériel trop récent, dommage pour vous.

Pour en revenir à la version 8 de la Trisquel GNU/Linux, ce serait vraiment bien pour le projet que la distribution rafraîchie sorte d’ici la fin de l’année, après avoir tué le bug de l’auto-démarrage du lecteur d’écran et de l’impossibilité d’installer des extensions dans Abrowser.

Si la Trisquel GNU/Linux 8 sort en 2018, elle laissera dans l’esprit des personnes pouvant être intéressées par ce genre de distribution l’idée que les dérivées 100% libres sont souvent vieillottes voire ancestrales sur le plan de leur logithèque.

Ensuite, on peut se dire que le retard pris est dû à un manque de main d’œuvre pour construire la nouvelle version. Une nouvelle preuve qu’une fragmentation excessive peut devenir une sacrée source d’emmerdements dont souffre les utilisateurs, qu’ils soient des super-technophiles ou des utilisateurs effrayés par l’idée de mettre à jour un logiciel.

Une partie des développeurs du logiciel libre prennent-ils les utilisateurs pour des snocs ?

Cette pensée m’est venue quand j’ai lu cet article du webzine OMG Ubuntu : « Ubuntu Is Now Uncertain about Using Wayland by Default » ce qu’on peut traduire par « Ubuntu n’est pas certain d’utiliser Wayland par défaut ».

On apprend en lisant l’article que les têtes pensantes de Canonical craignent que Wayland ne soit pas suffisament mature pour être proposé pour remplacer Xorg d’ici la sortie de leur prochaine distribution en support long terme, la 18.04 LTS.

Ma question sera simple ici. N’ont-ils pas aider à ce manque de maturation en développant durant des années un projet concurrent du nom de Mir ?

On peut lire ceci sur la page d’accueil du projet :

Mir is a next generation display server targeted as a replacement for the X window server system to unlock next-generation user experiences for devices ranging from Linux desktop to mobile devices powered by Ubuntu.

Besoin de traduire ? D’accord, je le fais pour les anglophobes :

Mir est un serveur d’affichage de nouvelle génération ciblé comme un remplacement pour le système de serveur X Window pour débloquer les expériences des utilisateurs de la prochaine génération pour les appareils allant du bureau Linux aux appareils mobiles alimentés par Ubuntu.

Dès mars 2013, une dépêche postée sur trollfr.org linuxfr.org s’interrogeait sur le projet et sur son utilité réelle.

Donc, on pourrait résumer la situation ainsi : on développe un projet concurrent pour succéder à Xorg durant 4 ans. On laisse tomber le projet car c’est trop lourd à gérer, on décide d’adopter le projet combattu durant des années et on se plaint qu’il n’est pas assez mâture…

Je comprends que les développeurs de logiciels et de pilotes aient préféré attendre que la situation s’éclaircisse. Pourquoi faire deux fois le même travail pour deux projets concurrents alors qu’on peut se gaver de popcorn et de soda en attendant de savoir qui survivra au final ?

Comme disent les anglophones dans un langage assez fleuri : « Are you f* kidding me? » qu’on peut traduire par : « Tu te fous de ma g* ? »

Je prendrai un deuxième exemple, c’est un billet de veille de Devil505, un camarade libriste que je connais depuis des années, quand il était mainteneur et empaqueteur pour l’intimiste Frugalware Linux, concurrente malheureuse de l’Archlinux qui n’a jamais su se vendre auprès des utilisateurs.

Il s’est ensuite investi auprès de la elementaryOS et de ses applications castrées via l’animation du site communautaire francophone… Réinventer l’ergonomie, ce n’est pas donné à tout le monde. Parfois la malchance, hein… On dit que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit pourtant !

Dans ce billet, il casse – à raison – le fait que System76 travaille sur son ubuntu 17.10 revampée. Il mentionne aussi que le community manager est salarié chez System76, et s’étonne qu’elementaryOS ne soit pas proposée par l’entreprise.

Peut-être est-ce que le community manager en question n’a nullement accès au département des décisions stratégiques de System76 ? Ou que System76 se soit aperçu que le projet elementaryOS est encore trop immature sur de nombreux points pour être imposé à leur clientèle ?

C’est une simple question que je me pose. En tout cas, j’ai comme l’impression que parfois certains développeurs sont tellement enfermés dans le code qu’ils ont tendance à oublier que le monde des utilisateurs n’est pas aussi idéal qu’imaginé.

Quant au terme employé dans le titre, je pense qu’il n’est pas besoin d’avoir postulé à Saint-Cyr pour le comprendre 🙂

La nostalgie en informatique libre, quel filon à exploiter :)

En jetant un œil discret aux marronniers de cette fin d’année scolaire, j’ai vu les images des lycéens et lycéennes qui exultent ou grimacent face aux résultats au bac.

Je me suis alors souvenu que cela fait bientôt un quart de siècle que j’ai passé le brevet d’aptitude au chômage comme disait Nagui quand il était plus jeune.

Cette crise de nostalgie m’a fait remarqué qu’elle touchait tous les domaines. Comme une mode. La plupart des quadras et des quinquas qui sont actuellement sur le grand nain ternet ont connu le réseau aux alentours du début des années 2000. Avec le RTC, la porteuse, le compteur de connexions et les factures de téléphones astronomiques.

Dans le monde informatique, certains projets n’existent principalement que pour des raisons historiques. Bien entendu, cela ferait mal au cœur de voir les descendantes spirituelles d’une distribution GNU/Linux née en 1998 avec comme nom le célèbre magicien de comics.

C’est à fond la nostalgie qui joue, et je dois dire qu’au moment où je rédige ce billet, j’ai le brouillon presque fini des épisodes 89, 90 et 91 (voire le 92 avec un peu de chance) de ma série vieux geek qui seront publiés à intervalles irréguliers cet été. Série qui joue à fond la nostalgie, mais sans en tirer le moindre profit sur le plan pécuniaire.

Bien entendu, cela me fait plaisir de retrouver des vieilleries qui ont bercé ma vie informatique il y a 5, 10, 15 voire 25 ans. Mais il faut savoir faire la part des choses.

Il y a des projets comme HaikuOS qui sont louables pour conserver en vie certains logiciels qui seraient bons pour le cercueil autrement. Mais en 2017, a-t-on besoin d’une réécriture libre de BeOS ?

Serait-il bon de faire renaître des distributions mythiques comme la Kaella, qui était une Knoppix francisée d’un niveau plus qu’honorable ? Ou encore la Nasgaia qui était un projet novateur à son époque et qui m’avait vraiment emballé ?

Que des projets qui survivent grâce à l’aura mythique de leur ancêtre, pourquoi pas ? Mais ne serait-il pas temps de se tourner vers des projets plus jeunes – ce n’est pas difficile – mais qui ont tout l’avenir devant eux ? Simple question rhétorique, bien entendu !

Si vous avez une réponse, je suis preneur 🙂

La rolling release, nouvelle mode dans le monde des distributions GNU/Linux ?

Il y a deux modèles dans le monde des distributions GNU/Linux : les fixed releases (basées sur une date plus ou moins fixée à l’avance) et les rolling releases (qui publie une image ISO d’installation à intervalles irréguliers et qui proposent des mises à jour en continu par la suite).

Historiquement ce sont les fixed releases qui se sont imposées. Le modèle rolling release n’est en effet apparu qu’avec l’Enoch Linux en 1999, plus connue sous le nom de Gentoo Linux, dont la version 1.0 est sortie en 2002.

La première moitié des années 2000 a été très fécond en terme de distribution rolling release. Outre la première Gentoo Linux, on peut citer principalement :

Oui, il y a au moins deux distributions rolling qui soufflent cette année leurs 15 bougies. Ce qui en dit long sur la supposée instabilité chronique des distributions en publication continue 🙂

Il a fallu attendu la fin des années 2000 et le début des années 2010 pour voir apparaître quelques stars actuelles. J’ai nommé les :

  • Void Linux (née en 2008)
  • Manjaro Linux (juillet 2011, même si son envol réussi date d’un an plus tard avec la Manjaro 0.8.0 en août 2012)

J’aurai pu rajouter des projets comme l’installateur graphique pour Archlinux qu’est l’Antergos, le semi-graphique qu’est Arch-Anywhere, l’Archlinux libre à la sauce de la FSF alias Parabola GNU/Linux-Libre.

Ou encore la petite distribution qui monte, la Solus qui n’est officiellement qu’une rolling release depuis sa version 1.2 en juin 2016. Sans oublier la branche Tumbleweed d’OpenSuSE depuis 2014.

Autant dire que le modèle rolling semble être devenu le mot à la mode en ce moment. J’avoue que j’ai eu mal au ventre à force de rire en lisant l’annonce du projet FerenOS (une distribution basée sur la LinuxMint) de devenir une rolling release via un PPA…

Comment dire ? Autant vouloir greffer une tête de mouton sur un corps de gnou… Je ne sais pas si cela sera très fonctionnel.Mais ne soyons pas mauvaise langue. Attendons pour voir la gueule du résultat.

Après la mode des icones aplaties, des environnements plus ou moins légers basés sur QT5, la mode de la distribution en rolling release pour faire bien et moderne ? On verra combien de projets rolling release seront encore en vie l’année prochaine ou dans deux voire trois ans.

Peut-être sera-t-on passé à une nouvelle mode d’ici là ? On verra bien 🙂

Et si on faisait un bilan au de bout de 5 ans des distributions GNU/Linux ? Première partie.

En faisant des recherches sur le taux de survie des entreprises sur 5 ans – dans le cadre d’une future activité professionnelle – j’ai pu lire que seulement 50% des projets lancés soufflaient leur cinquième bougie.

J’ai eu donc envie de me plonger dans les archives de mon blog de l’année 2012, et voir dans les distributions GNU/Linux dont j’ai parlé celles qui sont encore vivantes en 2017. Étant donné que je rédige ce billet en juin 2017, je vais me concentrer sur les distributions dont j’ai parlé entre janvier et juin 2012. J’ai fait sauter les doublons, étant donné qu’il y a eu quelques répétitions à l’époque 🙂

Commençons par Janvier 2012.

  1. 9 janvier 2012 : la DreamLinux 5.0Abandonnée en octobre 2012
  2. 13 janvier 2012 : l’alpha 3 d’une certaine Mageia 2🙂
  3. 13 janvier 2012 : la 0linux epsilon. Dont le site semble mort en ce 2 juin 2017 🙁
  4. 18 janvier 2012 : la Parabola GNU/linux avant l’arrivée du détesté systemd Houla 🙂
  5. 19 janvier 2012 : une pré-alpha 2 de la Ubuntu 12.04🙂
  6. 29 janvier 2012 : une préversion de la Frugalware Linux 1.6rc2

Donc déjà deux distributions dont j’avais parlé il y a 5 ans et qui nous ont quitté. Passons donc au mois de février 2012.

  1. 8 février 2012 : Comice OS 4, le nom de ce qui a été PearOS par la suite… Racheté par une mystérieuse boite en janvier 2014 ?!
  2. 11 février 2012 : l’Asturix 4. Morte depuis. Je n’ai pas trouvé de date précis d’arrêt du développement.
  3. 17 février 2012 : la Sabayon 8… Toujours en vie, mais dans quel état ?
  4. 28 février 2012 : La LinuxMint Debian Edition 2011.09. Et oui, cela fait aussi longtemps qu’elle existe cette saveur de la LinuxMint 🙂

Encore deux distributions mortes dans la liste ? À ce rythme, on va arriver à la douzaine…  Attaquons mars 2012.

  1. 2 mars 2012 : La Fedora Linux 17 alpha. On attend la 26 béta en ce mois de juin 2017, non ?
  2. 6 mars 2012 : La Bridge Linux. Son site officiel a changé, mais aucune image ISO à télécharger… Projet moribond ?
  3. Pour le moment, le compteur reste à 4 distributions abandonnées. On va dire une dans le coma, la dernière Bridge Linux datant de février 2015, dixit Distrowatch.

Passons à avril 2012.

  1. 10 avril 2012 : un billet énamouré (ou pas) pour la Rosa Linux
  2. 13 avril 2012 : c’était au tour de la Bodhi Linux 1.4.0 avec l’environnement « Duke Nukem for ever » de l’époque, enlightenment 17.

C’était un mois calme 🙂

Mai 2012 ?

  1. 8 mai 2012 : je parle de la SolusOS (rien à voir avec le projet actuel à part une ressemblance au niveau du nom). Ce premier projet d’Ikey Doherty a été abandonné en 2013, dixit distrowatch.
  2. 11 mai 2012 : un article sur ce qui devait devenir quelques mois plus tard la Slackware 14.0

Oui, c’est tout en dehors des doublons. Distributions mortes ? On en est à 5.

Pour juin ? Rien à déclarer… Un mois d’un calme… J’ai parlé de 14 distributions différentes, 5 sont mortes et une sixième n’est pas vraiment dans un très bon état. On est proche des 50% de casse à 5 ans.

J’aurai pu remonter jusqu’au début du blog, mais j’ai pensé que 5 ans était déjà une bonne période pour faire un bilan, ayant abordé certaines antiquités comme la Freespire dans un billet vieux geek en novembre 2015.

Je compte faire un autre billet d’ici septembre pour balayer les mois de juillet à septembre 2012.

Et dire que je me plaignais récemment de mordant de l’actualité linuxienne…

Il faut le dire, depuis plusieurs semaines, l’actualité linuxienne était d’une platitude et d’un manque d’intérêt proche de celui de l’intrigue du 10000e épisode du soap opera « Les Feux de l’Amour » (épisode diffusé le 27 septembre 2012, la série ayant été lancée le 26 mars 1973 et toujours en tournage au moment où j’écris cet article, soit 44 ans plus tard).

Bref, vous voyez un peu l’ambiance… 🙂

Vous connaissez le proverbe : « Il faut se méfier de l’eau qui dort » ? La semaine qui vient de s’écouler vient de le prouver. Depuis le lundi 22 mai 2017, il y a eu trois annonces qui m’ont fait comprendre que les affaires recommençaient.

Commençons par la descendante de la distribution du célèbre magicien de comics, j’ai nommé la Mageia. Après des péripéties sur lesquelles je ne reviendrai pas, l’équipe a fini par accoucher de la release candidate de sa version 6… Comme je l’avais précisé dans mon billet du jeudi de l’Ascension, il venait de geler en Enfer. Depuis, les notes de publication sont disponibles en français.

Tant mieux pour elle, mais je dois préciser ceci : vu qu’elle n’est à la base d’aucune dérivée, quand elle disparaitra – car aucune distribution n’est éternelle – l’impact sera limité. Il y aura bien entendu les personnes qui l’utilisent qui se retrouveront le bec dans l’eau.

Il faut savoir connaître les limites de son influence. Bien sûr, cela me ferait mal de voir disparaître une distribution historique dont les origines remontent à 1998… Mais comme disait Georges Clemenceau : « Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés. »

La disparition de la Debian GNU/Linux ou encore de la Red Hat sera quand même plus douloureuse quand elle arrivera, non ?

Nous arrivons donc à la sortie de la Devuan GNU+Linux 1.0. Oui, le fork technico-rageux de la Debian GNU/Linux est enfin disponible dans sa première version stable. Faire un fork pour un des éléments les moins visibles d’un système d’exploitation avec le noyau lui-même, pourquoi pas…

Donc, la Devuan GNU+Linux 1.0 est sortie. Developpée depuis novembre 2014 (soit 2 ans et demi), elle pointe enfin le bout de son nez.

Pour compenser la sortie plus que tardive du projet, le projet annonce que ce sera une version LTS. Pourquoi pas ? Mais je pense qu’annoncer la sortie d’une première version finale à quelques semaines ou quelques mois de la sortie de la version majeure suivante de sa source, c’est un brin tardif.

Je comprends que des personnes par idéologie conchient systemd jusqu’à la quinzième génération de sa descendance. Chacun ses plaisirs après tout. « Peu importe que le chat soit blanc ou noir. Tant qu’il attrappe les souris, c’est un bon chat. » (Deng Xiao Ping)

Une phrase m’a fait tiquer dans l’annonce du projet Devuan.

[…]Our team will participate in providing patches, security updates, and release upgrades beyond the planned lifespan of Debian Jessie.[…]

Traduction rapide ?

[…]Notre équipe participera à la fourniture de correctifs, aux mises à jour de sécurité et à la mise à jour des mises à jour au-delà de la durée prévue de Debian Jessie.[…]

Il est vrai que sortir un fork pour uniquement remplacer le système d’initialisation et mettre deux ans à le faire, ça laisse dubitatif sur la taille de l’équipe de développement et sa disponibilité. Je ne demande qu’à y croire, mais je suis comme l’apôtre Thomas, je ne crois que ce que je vois.

Ce qui m’amène au dernier point, en relation avec l’annonce de la Devuan Jessie. Debian GNU/Linux, l’honorable ancêtre née en 1993, vient d’annoncer qu’une date de sortie prévisionnelle pour la Debian GNU/Linux 9 (alias Stretch) est prévue pour… le 17 juin 2017 !

Pour résumer l’annonce de l’équipe Debian :

  1. 3 juin 2017, dernière limite : les bugs restants marqués comme bloquants seront ignorés ou enlevés de la liste.
  2. 9 juin 2017 : la branche testing de Debian est gelé, et les correctifs ne passeront qu’au compte goutte.

Je sais très bien que les utilisateurs de Debian GNU/Linux ne sont pas des morfales qui se jettent sur la nouvelle version majeure stable dès sa sortie, et qu’attendre la sortie de la version x.1 est une bonne idée.

Cependant, cette annonce donne un sacré coup de pied dans les roustons du projet Devuan… Donc, en gros, la Devuan aura été à jour sur le plan de la version dite « stable » durant… moins d’un mois !

Autant dire que l’annonce de la deuxième bêta de la DFLinux « 2 » par Arpinux et sa fine équipe interpelle de plus en plus ma curiosité 🙂

J’attends donc de voir ce que la semaine du 29 mai 2017 va nous envoyer dans la tronche 🙂

Une semaine de retour aux sources linuxiennes ?

La première semaine du mois de mai 2017 a été celle d’une volonté de revenir aux sources de ma passion pour le libre. Malgré ma gueulante sur le monde du libre concernant ses problèmes d’accès aux novices (et je tiens à remercier les personnes qui ont commenté, spécialement « Le visiteur du soir » pour ses remarques), je pense tout faire pour rester dans le monde du libre.

Un dépannage spécialement laxatif sur une opération des plus simples, à savoir purger un document en attente bloqué sur le serveur d’impression de MS-Windows 10 – qui aurait pu se résoudre par un passage en force dans l’interface web de CUPS – m’a fait comprendre ma douleur.

Je me suis alors posé la question : quelle distribution pourrait me convenir si par malheur Archlinux disparaissait ? Surtout, une distribution mère en rolling release, car c’est le modèle de publication que j’affectionne et que je considère être le plus adapté à ma situation.

Cela excluait donc toutes les fixed releases comme la Slackware Linux (ma madeleine de Proust), Debian GNU/Linux, Fedora ou encore OpenSuSE (désolé, mais je ne peux pas supporter cette distribution, même en peinture).

Ne me restaient plus donc que les Funtoo Linux/Gentoo Linux (une solution envisageable, au prix d’un temps de compilation non négligeable et un certain retard, ne serait-ce qu’au niveau des environnements de bureaux), ou d’autres distributions GNU/Linux basées sur les sources comme les plus intimistes SourceMage GNU/Linux, Crux (dont le fondateur d’Archlinux, Judd Vinet a repris des idées), Lunar-Linux (dont la dernière d’installation date de 2014, du moins au moment où je rédige ce billet).

Pour la Crux, outre le fait que la documentation est inexistante, je me suis battu pour faire reconnaitre la locale fr_FR.UTF-8, et j’ai eu droit à un superbe bug de compilation de libmatekbd. Bref, suivante.

La SourceMage GNU/Linux ? Je n’ai pas réussi à dépasser l’étape de la première compilation de mise à jour. La faute à pas de chance. Vu la vitalité apparente du projet, j’ai préféré fuir.

Quant à la Lunar-Linux, après avoir réussi l’installation, ça fait presque une journée que les mises à jour primaites se compilent avec des pauses régulières. Mais j’avoue que le peu de communication de l’équipe ne me laissent pas trop d’espoir.

J’ai aussi décidé de mettre de côté les petites distributions comme NuTyX, Void Linux, ou encore Solus. Elles ont d’énormes qualités, mais ont une énorme faiblesse congénitale : la petitesse de leur logithèque.

Migrer vers un BSD libre ? Une possibilité, mais cela voudrait dire d’être super-exigeant au niveau du matériel, et de faire gaffe au niveau des ports de logiciels et compenser en cas de manque. Pas la joie.

Un retour aux sources donc, qui n’est pas des plus évidents, ayant connu les principales modes du logiciel libre depuis que j’ai commencé à m’y intéresser en 1996.

Vous comprendrez donc mon agacement quand je vois les 15 trillions de distributions qui n’apportent souvent rien d’autre qu’un nouveau jeu d’icones, un nouveau fond d’écran ou le support d’un logiciel non libre comme Steam ou Skype.

À moins qu’on finissent tous un jour ou l’autre sur MacOS comme l’avait déclamé Cyrille Borne ? Seul l’avenir nous le dira !

Le logiciel libre est-il à conseiller à des « novices » sous MS-Windows ?

Je dirai que non si on parle de distributions GNU/Linux. Bien au contraire. Vouloir arriver en cette année 2017 dans le monde des distributions GNU/Linux est une énorme erreur. Pour plusieurs raisons. Je vais les détailler.

La première, c’est l’immaturité intellectuelle et la haine qui se dégage du monde francophone du libre. Entre les youtubeurs qui changent d’avis comme de chemise comme Seb alias Actualia66 qui m’a tellement lassé à force de modifier son opinion sur les mêmes produits en l’espace d’une semaine voire de 15 jours que je me suis désabonné de sa chaîne.

Comment oublier les blogs où les trolls prospèrent au grand dam des blogueurs et qui justifie une modération a-priori ? Ou encore les guerres intestines entre les pro-« une technologie donnée » et les anti-« une technologie donnée », on se demande ce qui pourra sauver le monde du logiciel libre.

Le monde du logiciel libre a toujours été un champ de confrontation des idées. Mais entre la nécessaire liberté d’expression et les torrents de haine qui sont déversés presque quotidiennement, il y a quand même une sacrée différence.

J’en arrive presque à me demander si cela ne se terminera pas à grand coup de Kalachnikov AK-47 au détour d’une ruelle sombre. J’exagère ? Dirons-nous que je prends un peu d’avance.

Le deuxième point, je l’ai déjà abordé, c’est la dispersion constante des énergies et des ressources pour réinventer constamment la roue. On peut appeler ceci des forks compulsifs ou encore rageux, mais réinventer 15 fois la roue ne permettra pas forcément de l’améliorer.

Cela me fait mal au coeur de voir des projets qui sont de parfaites copies conformes se taper sur la gueule à grand coup de mauvaise foi pour s’annihiler mutuellement et disparaître de la circulation.

Je reviendrai une ultime fois sur la seule statistique valide de Distrowatch, à savoir le nombre de distributions GNU/Linux indexées par leur soin et encore en vie.

On arrive presque – au 26 avril 2017 – à un ratio d’une distribution en vie pour deux mortes. Pour être plus précis, 288 vivantes pour 507 déjà mortes.

Pourquoi est-ce que l’image du plateau de Craonne – comme celui de la chanson de 1917 – me vient à l’esprit d’un coup ?

Ce n’est pas Georges Clemenceau qui a déclaré : « Les cimetières sont pleins de gens irremplacables, qui ont tous été remplacés » ?

Ce qui reflète parfaitement mon état d’esprit sur le monde libre. Je ne prétends pas être irremplaçable, et encore moins détenir la vérité. Sinon, je me serai déjà engagé en politique.

J’avais déjà déconseillé temporairement la Manjaro Linux suite aux événements de fin mars-début avril 2017.

Je vais maintenant plus loin. Je déconseille franchement aux personnes qui s’intéressent au logiciel libre d’installer actuellement une distribution GNU/Linux.

Ce n’est pas la réaction d’une personne qui voudrait conserver son côté grand gourou car il sait maitriser la ligne de commande et sait lire de la documentation en anglais.

Je déconseille la migration pour éviter d’avoir à affronter des conflits inutiles et sans fin sur le moindre point. Le monde libre francophone est en train de s’auto-détruire à petit feu en oubliant que nous sommes en 2017.

Je dirai donc – et jusqu’à nouvel ordre – aux personnes en ayant marre de MS-Windows et de ses bugs : économisez et achetez un Mac. Oui, c’est cher, oui, c’est bridé, mais au moins, ça fonctionne. Au pire, si vous avez la possibilité et les connaissances, sans oublier pas mal de temps libre, montez-vous un hackintosh.

Mon ordinateur ne sera pas éternel et quand j’en changerai, je prendrais un PC dans mon hypermarché local, à 400€ et je pense que cette fois, je ne ferai pas sauter le MS-Windows préinstallé. Pourquoi ? Par lassitude, par écoeurement envers l’aveuglement du monde libre francophone qui vit dans sa bulle et est incapable de voir qu’il est son pire ennemi.

Évidemment, cela me fera mal au postérieur dans un premier temps. Mais je n’ai plus envie de me faciliter le transit à aider des personnes qui utilise du GNU/Linux pour être remercier en étant traîné dans la boue par une partie du monde francophone.

Oui, c’est un propos d’une cruauté monstrueuse, mais c’est la version douce de cette gueulante où j’ai un brin perdu mon calme.

Oui, je suis une personne qui se laisse dominer par ses émotions, et oui, je suis ultra-émotif. Et après ? C’est ma vie, et elle est ainsi.

En tout cas, une chose est certaine : quand je repasserai dans quelques mois sous MS-Windows suite à un changement complet de matériel, mon ultra-émotivité sera sûrement calmée, n’ayant plus à affronter les querelles intestines et constantes du monde libre.

C’est vrai, je perdrai en terme de qualité de vie privée, mais j’y gagnerai en tranquillité d’utilisation.

Continuez-donc, messieurs et mesdames du logiciel libre, vous ne provoquerez qu’une chose au final : un rejet du logiciel libre !

C’est mon opinion, celle d’une personne qui cotoie ce monde depuis 1996 et qui se demande si au final, il n’a pas perdu énormément de temps durant toutes les années qui viennent de s’écouler !

Combien faudra-t-il d’ArkOS pour que le monde du libre ait – enfin – une prise de conscience ?

Je l’ai appris via un billet de Carl Chenet sur le réseau social encore plus fantômatique que google plus, à savoir la framasphere*, qui reprenait un article de Phoronix.

Vous ne connaissiez pas ArkOS ? Moi non plus jusqu’à aujourd’hui. Pour tout dire, je ne m’intéressais pas à des projets proposant des distributions pour l’auto-hébergement, n’ayant pas ni la bande passante ni le matériel nécessaire pour l’envisager.

Même si j’ai lu l’excellent livre de Thuban dont la version 3 est disponible depuis le 22 avril 2017, et que je connaissais déjà de nom le projet yunohost, j’avoue que l’annonce de l’abandon du projet ArkOS ne m’étonne qu’à moitié.

En effet, on tombe encore une fois dans le même travers : avoir les yeux plus gros que le ventre et dans son corollaire… Ignorer l’existant et réinventer encore une fois la roue.

Nombre de projets – que ce soit des distributions GNU/Linux ou encore des logiciels de plus haut niveau comme des lecteurs de vidéo, des navigateurs (qui se résument 95% du temps à une interface enrobant qtwebkit ou webkitgtk) – sont sous-alimentés en terme de nombre de développeurs pouvant s’en occuper.

Résultat des courses ? On se retrouve avec des dizaines de projets laissés plus ou moins à l’abandon avec les utilisateurs se retrouvant le bec dans l’eau, faute d’avoir misé sur le mauvais cheval 🙁

Je sais que certaines personnes vont m’intimer l’ordre de fermer mon clapet – dans des termes largement moins courtois – mais il faut le dire ainsi : nombre de projets dans le libre sont condamnés par un manque de responsabilité des développeurs enfermés dans un individualisme mâtiné d’une version extrémisée des saints canons de la FSF dont on attend toujours le noyau GNU/Hurd soit dit en passant. Désolé, je nettoyais le clavier et le coup est parti tout seul 🙂

Plus j’observe les projets du logiciel, plus je vois une tendance à se disperser, comme s’il fallait démultiplier les efforts à l’infini pour les mêmes outils. Il y a d’autres exemples récents de prises de conscience comme Canonical qui a débranché la prise du projet Unity8 et par la suite de Mir.

Cela n’a pas empếché des personnes de reprendre le code d’Unity 8. Qui parie que dans 6 à 12 mois, le projet sera tombé dans les oubliettes de l’histoire du logiciel libre ?

Dans ce phénomène de dispersion, je rajouterai le projet Solus qui a décidé de produire une image ISO avec une version assez maintenable de Gnome. J’avoue que je n’ai pas vraiment compris le pourquoi d’une telle saveur, alors que le projet a annoncé que la version 11 de Budgie-Desktop se baserait sur QT5

Je pense faire un billet sur la nouvelle version des images ISO du Solus Project dans le courant de la semaine du 24 avril 2017.

Une volonté de s’attirer quelques utilisateurs de plus ? Il n’aurait pas été plus bénéfique de faire grossir la logithèque un peu maigrichonne du projet avant d’ajouter un nouvel environnement ?

Enfin, je dis ça, mais je dis rien. Je dois être particulièrement bête pour penser que l’union fait la force et que mutualiser les efforts permettrait de faire avancer le schmilblick et faire monter d’un cran la qualité des logiciels libres, du moins en dehors du monde conquis – pour le moment ? – des serveurs.

S’occuper des interfaces pour les utilisateurs lambda, c’est dégradant ? Désolé de poser la question, mais quand on voit le nombre de projets qui ont des interfaces dont l’ergonomie est repoussante, on se demande s’il n’y aurait pas besoin de se concentrer sur ce point précis, au lieu de vouloir réinventer une nouvelle fois la roue dans un domaine plus technique, comme les gestionnaires de paquets, un système d’initialisation ou une bibliothèque graphique.

Dans une vidéo, j’ai parlé de mes débuts avec GNU/Linux en 1996… Attention, ça pique les yeux par moment 😉

D’énormes progrès ont été faits sur les tripes, c’est incontestable. Mais si maintenant, les développeurs se regroupaient, unissaient leurs forces et s’occupaient de la façade pour changer ?

Je sais très bien que je ne serais pas entendu, mais au moins, ça fait du bien de l’écrire 🙂

Allez, bonne journée !

Canonical annonce la fin d’Unity pour Ubuntu 18.04… Ce n’est vraiment pas une surprise…

J’avoue quand j’ai appris le 5 avril 2017 l’abandon annoncé d’Unity pour la version LTS 18.04 d’Ubuntu, je n’ai été qu’à moitié étonné, contrairement à nombre d’articles sur le sujet. L’article le plus marrant a été celui d’OSNews :

Mark Shuttleworth, dropping a bombshell on a boring Wednesday:

Traduction rapide :

Mark Shuttleworth, déposant une bombe sur un mercredi ennuyeux :

En effet, c’est vrai qu’en ce moment, l’actualité du libre est ennuyeuse. Je ne reviendrai pas sur la langue luxueuse de bois les explications justifiant l’abandon du projet.

Mais pour qui avait récolté longuement les pièces du puzzle, c’était franchement  prévisible.

En février 2017, Mark Shuttleworth déposait un indice qui en disait long sur la survie potentielle d’unity, du moins dans sa version 8, dans un article du Register.

Un passage a rappelé une dure réalité. Cela faisait au moins 7 fois qu’Unity 8 était reportée à la sortie de la 16.10 ? Cela fait remonter le projet à l’époque de la… 13.10 alias Saucy Salamander

Ubuntu 16.10, October 2016, marked the seventh stab at a pre-release version of Unity 8 but no actual final product.

que l’on peut traduire plus socialement par :

Ubuntu 16.10, en octobre 2016, a marqué la septième retard dans une version préliminaire d’Unity 8, mais aucun produit final réel.

Toujours en février 2017, j’écrivais un article de blog concernant le marche des OS mobiles. En rappellant que ce marché est tellement verrouillé que s’y lancer en 2017, ce serait du suicide commercial.

L’abandon d’Unity 8 – et de mir par extension ? – envoie la convergence des écrans à ses chères études. Proposer la même interface graphique d’un écran de téléphone « intelligent » (d’une diagonale de 5 pouces) à celle d’un écran de PC fixe (19 pouces et plus), c’est vraiment imaginable ?

Je n’y ai jamais cru pour une simple et bonne raison. Microsoft s’y est cassé les dents avec la génération MS-Windows 8.x, et Apple n’a pas – encore – fusionné iOS et MacOS.

Dommage pour les utilisateurs qui aiment Unity, mais au moins, ils auront leur interface supportée avec la ubuntu 16.04 jusqu’en avril 2021, non ? C’est toujours un avantage non négligeable d’une fixed release ici 🙂

Y a-t-il une tendance à nier les problèmes au niveau de la Manjaro Linux en ce moment ?

Une partie de l’équipe de Manjaro Linux reconnaient les problèmes remontés par les utilisateurs et les projets complémentaires, une autre qui est placée au plus haut de la hiérarchie semble minimiser tout. On est dans le typique « tout va très bien Madame La Marquise »… Comme l’entourage de Louis XVI le 13 juillet 1789 ?

Que ce soit le paquet de mise à jour du 2 avril 2017, ou encore des bugs largement plus ennuyeux comme l’impossibilité de démarrer une ISO image officielle Xfce 17.01 sur un eeePC pur 32 bigs ou en VirtualBox avec un modèle Archlinux 32 bits, cf les photos et la vidéo ci-après.

Et les photos :

NO SUITABLE KERNEL AVAILABLE = aucun noyau adapté n’est disponible !

N’étant pas utilisateur de Manjaro Linux, j’ai passé plus d’une heure de mon temps tout en restant bénévole pour faire une vidéo pour expliquer le contournement de la mise à jour qui a laissé nombre d’utilisateurs avec un écran noir de la mort.

C’est terrible de voir à quel point le projet semble partir à vau-l’eau. Les utilisateurs sont victimes d’un aveuglement technique.

Ce qui m’a conduit à enregistrer la vidéo suivante, chose que j’ai fait vraiment à contre-coeur :

J’ai rarement vu un projet aussi prometteur accumuler les erreurs techniques comme on enfile des perles.

Est-ce temporaire ? Est-ce le début de la fin ? Je l’ignore, et j’espère que cette période ne sera que passagère, ne serait-ce que pour respecter les personnes qui ont décidé d’installer la Manjaro Linux.

Il est dommage de voir un projet qui avait de l’or dans les mains se retrouver à la place avec du plomb. Je n’ai vraiment pas envie d’écrire un billet « Requiescat in pace Manjaro »… Pitié, que je ne sois pas obligé de l’écrire !