Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 7 : les tests avant publication, c’est tellement dépassé…

Je comptais faire un article bilan, mais j’ai constaté une tendance lourde actuelle, celle d’oublier plus ou moins volontairement les tests d’avant publication pour les distributions GNU/Linux.

Je ne parle pas des distributions GNU/Linux établies, celles qui existent depuis des années et qui savent à quel point il est important de sortir quelque chose qui ne se plantera pas comme un MS-Windows Millenium sous amphétamine.

Mais chez les distributions un peu plus jeunes, on est dans une course à la sortie d’une image ISO quoiqu’il arrive. J’ai constaté cela dans deux vidéos récentes. Une sur une DGLFI de haut-vol du doux nom de la Condres OS GNU/Linux qui veut reprendre le flambeau de la feu Apricity OS :

La deuxième ? C’est sur une image ISO de la Artix Linux qui me fait dire que les développeurs étaient tellement dans une volonté de publier qu’ils ont oublié de faire une chose toute bête… Tester l’installateur dans une machine virtuelle pour savoir si ce dernier fait son travail.

Je sais que faire des tests en interne, voire demander à des personnes de s’y coller avant d’officialiser une image ISO, ça prend du temps. Mais n’est-il pas plus important de perdre quelques jours et avoir un produit un tant soit peu irréprochable que de se taper une mauvaise publicité qui ruinera vos efforts ?

Simple question sémantique, je ne considère pas avoir de réponse toute faite ici. Car il n’y en a pas à moins de considérer que les utilisateurs sont suffisamment cultivés pour corriger ce genre de bugs… Ce qui n’aiderait pas à une forme de démocratisation du logiciel libre, mais pourquoi le démocratiser au final ?

Comme je l’ai précisé dans l’épisode 2, c’est tellement mieux de rester dans le monde du joujou pour geeks 🙂

Allez, à la prochaine !

Le petit monde des distributions GNU/Linux basées sur Archlinux devient-il frappadingue ?

J’écris cet article devant une tasse d’infusion pour calmer un mal de crâne naissant face aux évolutions et annonces récentes du petit monde « ArchLinuxien » auquel j’appartiens en tant que simple utilisateur depuis le début de l’année 2009.

Je m’aperçois d’une chose : il est franchement mauvais de vouloir profiter d’une nuit de sommeil un peu prolongée, surtout si on est atteint d’une forme de saturation par rapport aux concetés qui peuvent se propager dans le monde du libre au nom des saints canons qui le régisse.

J’ai parlé avec grand plaisir le 17 août 2017 de la ArchLabs, cinquième du nom.

J’avais adoré cet hommage à la BunsenLabs et hommage au deuxième degré à la feu CrunchBang Linux.

Ma conclusion était un peu trop enjouée même si je la conserverai en état si je devais l’écrire à nouveau :

Pour conclure : c’est vrai c’est une distribution pour geeks, mais elle a aussi compris quels sont les besoins de l’utilisateur lambda : aller sur la toile, retoucher des photos, ajouter son imprimante, taper des lettres ou encore graver des galettes plastifiées.

Son gros point noir, en dehors d’être un appeau à geek ? Le menu par défaut en anglais qu’il faut modifier à la main. Sinon, c’est du pur bonheur d’avoir une logithèque aussi complète sous la souris dès l’installation. Donc, bravo et merci Archlabs pour avoir compris que les geeks ont aussi parfois envie d’avoir du 100% utilisable dès l’installation 🙂

Le 17 septembre 2017, le projet a présenté une image ISO minimale, alias ArchLabs Linux Minimo. Dans un long billet de blog, le projet explique qu’il a voulu revenir à ses racines avec une image ISO plus légère. Un billet du 1er septembre 2017 explique que l’ISO précédente avait été accueillie froidement.

Après tout, pourquoi pas. C’est un choix que l’on peut comprendre. Mais cela ne fut pas du goût d’Erik Dubois apparemment. Je ne suis pas dans le secret des dieux, et j’ignore si la séparation s’est passée à l’amiable ou si des assiettes ont volé dans tous les sens.

C’est en examinant mes courriers électroniques via mon téléphone portable, ce qui m’a donné envie de rédiger ce billet, que j’ai appris qu’Erik Dubois demandait la destruction d’une bonne partie de ses recettes sur AUR.

Et un message pour l’exemple :

J’ai donc été voir sur le site d’Erik Dubois, et je me suis aperçu qu’il avait forké le projet ArchLabs pour continuer sa vision de la ArchLabs Linux. Le nom du projet ? ArchMerge.

Il a justifié son projet avec les points suivants qu’il a rajouté aux buts de la ArchLabs Linux avec une traduction rapide en dessous :

Provide Windows users a comfortable transition to the (Arch) Linux world.

À savoir : proposer aux utilisateurs de Windows une transition confortable vers le monde (Arch) Linux.

Provide a continues stream of tutorials/knowledge on ArchMerge.

À savoir : proposer un flux continu de tutoriels et de connaissances sur ArchMerge.

Ma remarque sera simple : pourquoi pas ? Mais ce ne sera que le énième projet à proposer une migration douce du monde Windows vers le monde Linux. Je lui souhaite bonne chance.

Deuxième élement qui a motivé la rédaction de ce billet tardif, c’est l’annonce de la disparition d’Arch-Anywhere au profit d’une nouvelle distribution basée sur Archlinux, la Anarchy Linux.

Je me tairais sur le nom un peu malheureux choisi pour le projet. Désormais, on peut lire sur la page d’accueil du projet :

Anarchy Linux is a distribution aimed at bringing the Linux revolution to the world. We believe that Linux is the way of the future for desktop computing and provide you with a platform to install a custom Arch based operating system just the way you like. Anarchy Linux is intended for both novice and advanced users alike. Simply write the Anarchy Linux ISO to a CD or USB and boot from your computer or VirtualBox.
[…]
A lightweight semi-graphical version of the installer is also available. It can be used for a quick and easy install when a full live GUI is not necessary. Anarchy Linux is installed using a package base from the official Arch repository and also features a custom repository with additional packages.

Anarchy Linux is based on Arch Linux, but not supported.

Ce que l’on peut traduire par :

Anarchy Linux est une distribution visant à apporter la révolution Linux au monde. Nous croyons que Linux est la voie de l’avenir pour l’informatique de bureau et nous vous proposons une plate-forme pour installer un système d’exploitation basé sur une Arch personnalisée comme vous le souhaitez. Anarchy Linux est destiné aux utilisateurs débutants et avancés. Il suffit d’écrire l’ISO d’Anarchy Linux sur un CD ou une clé USB et démarrer avec votre ordinateur ou VirtualBox.
[…]
Une version semi-graphique légère de l’installateur est également disponible. Elle peut être utilisé pour une installation rapide et facile lorsqu’une interface utilisateur en live n’est pas nécessaire. Anarchy Linux est installée à l’aide d’une base de paquets à partir du dépôt officiel Arch et dispose également d’un dépôt personnalisé avec des packages supplémentaires.

Anarchy Linux est basée sur Arch Linux, mais n’est pas prise en charge.

Première remarque : l’installateur semble avoir pris la grosse tête. Au moment où je rédige ce billet, le 18 septembre 2017, le dépot git n’a pas bougé. Le dernier commit concerne des modifications au fichier du fichier .bashrc disponible à l’installation.

Doit-on en déduire que l’ISO proposera Calamares pour une installation en mode graphique ? Ou que ce sera une image ISO live classique avec un installateur en parallèle ?

Deuxième remarque : pourquoi se lancer dans ce marché encombré ? J’avoue que je me demande si les raisons évoquées dans l’annonce postée le 16 septembre 2017 et qui évoque une potentielle violation des droits d’auteurs d’ArchLinux n’est pas au final qu’un prétexte…

Tant que l’on peut installer une Archlinux avec l’installateur que j’ai pris du plaisir à aider via des traductions et des rapports de bugs, tant mieux.

Sinon, tant pis. Dommage de voir un autre projet « prendre la grosse tête » et s’écrouler sous le poids d’ambitions un peu trop importantes 🙁

J’espère que je me trompe sur ma dernière réflexion, mais ne faisant pas partie du noyau dur de l’équipe de la feu Arch-Anywhere, j’ai conservé ma liberté d’expression et le droit de dire que si l’équipe fait des choix que je considère comme mauvais stratégiquement de le dire.

En tout cas, en ce moment, je ne sais pas ce qui se passe dans le monde des distributions basées sur Archlinux, mais c’est vraiment une sacrée tempête 🙁

Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 6 : l’utilisateur « michu », quantité négligeable…

Dans l’épisode 2, j’évoquais le fait que pour une partie du monde libre, il y a un mouvement que l’on peut qualifier de conservateur ou de réactionnaire (au sens politique du terme) qui freine des quatre fers en ce qui concerne la démocratisation du logiciel libre.

Dans l’épisode 5, j’évoquais en partant d’une vidéo intéressante d’Adrien Linuxtricks le côté casse-gueule de l’OEM pour les distributions GNU/Linux. Je disais en conclusion de l’épisode 5 :

C’est sur ce point concernant le manque d’applicatifs utilisables et ergonomiques qui sera abordé dans le sixième article de la série, consacré à ce qui est réduit à quantité négligeable, l’utilisateur « Michu ».

Chose promise, chose due. Voici donc le billet que je prend un plaisir non négligeable à poser sur du papier virtuel. Simple question pour finir l’introduction : au moment où je rédige ce billet, début septembre 2017, depuis combien de mois voire d’années, des logiciels comme VLC ou The Gimp tirent la langue pour sortir une nouvelle version majeure ?

Pas que les anciennes ne fonctionnent plus, mais c’est quand même mieux d’avoir des versions qui se basent sur des bibliothèques encore maintenues activement. VLC 3 avec QT5 au lieu du 2 avec QT4, c’est mieux, au moins sur le papier, non ? 🙂

Peut-on considérer que des logiciels de PAO comme Scribus peuvent concurrencer les étalons du domaine sur le plan ergonomique ? Idem pour des logiciels de CAO, de MAO, etc.

On pourrait continuer longtemps sur le manque de GUI supportables pour des logiciels qui sont souvent au niveau de la tuyauterie tout aussi bon que les outils privateurs (pour reprendre le terme de Richard Matthew Stallman).

Je suis d’accord qu’on ne pourra jamais forcer une personne qui développe à s’interesser à tel ou tel type de logiciels. Mais y aurait-il une forme de hiérarchie officieuse pour le prestige dans les domaines de l’informatique ?

Vous ne « vendrez » jamais un logiciel libre auprès des utilisateurs normaux – traduire non technophiles – si son interface graphique est imbuvable. Ce serait comme essayer de vendre une voiture haut de gamme avec une carosserie rouge et jaune à petits pois. Très facile, non ? 🙂

C’est vrai, ce n’est pas glamour de travailler sur l’interface d’un logiciel… C’est tellement mieux pour le CV de dire qu’on a travaillé sur le moteur d’un logiciel de rendu 3D ou encore sur le code du noyau Linux 🙂

Comme je l’ai déjà dit, je ne suis ni psychanalyste, ni psychiâtre. Mais il serait tentant de dire qu’une partie des développeurs n’en ont strictement rien à carrer des utilisateurs lambdas, oubliant volontairement qu’ils ont commencé l’informatique ainsi…

Ah, les problèmes d’amnésie sélective… 🙂

Je pense tout avoir dit, et le prochain billet sera des plus… acides 🙁

Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 5 : ah, la fausse bonne idée de l’OEM…

Après un épisode consacré à Youtube, venons-en à la fausse bonne idée qu’est de proposer des ordinateurs pré-équipés de distributions GNU/Linux. L’épisode 5 approfondira un point survolé ici qui fait que l’OEM à base de GNU/Linux se cassera encore longtemps les dents.

Dans une bonne vidéo, mon camarade vidéaste Adrien LinuxTricks parlait du projet Manjaro SX et des limites liées à ce projet que vous trouverez ici : https://www.youtube.com/watch?v=gaCnJZk4kzs

Il aborde les problèmes liés à l’utilisation des distributions en rolling release pour de l’OEM. Ma seule remarque est qu’il y a un oubli de sa part : Manjaro Linux propose régulièrement des images ISO d’installation.

En dehors de celà, je suis entièrement d’accord, ne serait-ce que pour les mises à jour qui deviennent rapidement assez consistantes. Sans oublier l’absence d’une partition de récupération.

Cependant, je pense qu’Adrien a oublié quelque chose, c’est que cela concerne toutes les distributions GNU/Linux au final, même les LTS. J’ai décidé de prendre la LinuxMint 18.2 en édition Mate-Desktop, et je lui ai demandé de s’installer en mode OEM.

Une fois l’installation terminée, je suis dans une session pour OEM. Bien évidemment, un OEM responsable se débrouillera pour proposer une version contenant toutes les mises à jour pour que la personne qui achète l’ordinateur puisse l’utiliser dès le premier allumage sans avoir besoin de poirauter plusieurs minutes voire plusieurs heures avant de pouvoir travailler sur son équipement.

Au moment où j’ai rédigé ce billet, j’ai pu apprendre la présence de quelques 67 mises à jour. Si la moyenne mensuelle d’une trentaine de mises à jours reste constante, au bout d’un an, on arrive à 360 mise à jour à effectuer. Autant dire que la restauration au bout d’un an en cas d’ennuis, ça fera mal à la connexion réseau :/

Cela pourrait être pire en cas de changement de version – par exemple d’une 18.2 vers une 18.3… Je n’ose même pas imaginer le cas d’un saut vers une version majeure, étant donné que LinuxMint suit le rythme de publication des versions LTS de Canonical… Et comme la Ubuntu 18.04 LTS sort en avril 2018…

J’ai donc décidé de voir ce que donnerait une rolling release en OEM au bout d’un an, et comparer le résultat avec une fixed release.

Même si les estimations pour la fixed release sont extrapolées, le constat est intéressant : que ce soit une fixed ou une rolling release, le principe d’une distribution GNU/Linux en OEM, c’est pas la joie 🙁

Ce qui découle du point abordé avant la vidéo, c’est de savoir sur 100 ordinateurs vendus pré-équipés d’une distribution GNU/Linux à la place du monopolistique MS-Windows, combien finiront à terme avec l’OS de Redmond ?

Une version installée par le petit neveu ou le petit cousin qui dira : « Tu vois bien que Linux c’est de la merde ! Tu ne peux rien faire avec… »

C’est sur ce point concernant le manque d’applicatifs utilisables et ergonomiques qui sera abordé dans le cinquième article de la série, consacré à ce qui est réduit à quantité négligeable, l’utilisateur « Michu ».

Allez à la prochaine pour la suite de la série 😉

Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 3 : la déconnexion du monde des développeurs et de celui des utilisateurs…

À l’origine, l’épisode 3 devait avoir un sujet tout autre, mais c’est suite à une engueulade avec des personnes qui ont pour métier de rédiger des applications que cet article impromptu m’est venu sur le clavier. Il faut dire aussi que j’étais réveillé depuis 4 h 30 du matin, et que le manque de sommeil m’avait rendu chatouilleux 🙁

Car j’ai constaté la déconnexion croissante entre le monde des développeurs et celui des utilisateurs. Comme deux clans qui fourbiraient leur armes pour se taper dessus à la moindre occasion au lieu de collaborer en toute intelligence.

À l’origine, cet épisode devait être le cinquième et qui va sûrement devenir le sixième, mais j’ai décidé de l’avancer. J’en reprends une partie pour cet article, même si l’épisode cinq approfondira un autre aspect. Le monde du libre a fait d’énormes progrès depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000. Installer une imprimante ne nécessite plus de sacrifier un poulet en psalmodiant des vers dans une langue obscure.

C’est du « plug’n’play » au sens entendu dès le milieu des années 1990 : « branche et ça fonctionne »… Du moins en théorie 😀

Ce qui a été oublié par la partie développeur du monde du libre, c’est que l’augmentation du nombre d’utilisateurs entraîne automatiquement l’arrivée d’une nouvelle génération : celle qui n’a pas forcément le réflexe de se plonger dans une documentation plus ou moins touffue, plus ou moins illustrée, plus ou moins absconse.

Que des RTFM, des « tu as lu tel man » ou « tu as lu telle page de wiki », ça ne passe plus trop. Il restera toujours des personnes curieuses. Mais il ne faut pas oublier que l’humain est un animal paresseux.

Qu’optimiser ses efforts pour en avoir le plus possible avec le minimum d’actions est son moteur.

Cela ne me gène pas de me plonger durant de longues minutes dans des dizaines de pages de documentation pour aider des personnes qu’elles soient sur LinuxMint, Archlinux, Manjaro, Solus voire Mageia (et oui, il faut savoir faire preuve de sacrifice).

Mais autant j’apprécie de mettre sous ma souris des distributions pour barbus dont l’attribut pileux descend jusqu’aux chevilles, autant j’apprécie des produits largement plus abordables.

Abordables sur le plan ergonomique ou sur le plan purement pratique. Je n’oublie pas que j’ai été un débutant. Que j’avais la trouille de faire une connerie à la moindre commande entrée sur mon clavier. C’est ce que semble oublier une partie des développeurs… Une amnésie étrangement bienvenue ?

C’est bien beau de vouloir gagner 15 millisecondes dans un moteur de jeu afficher un modèle 3D. Mais si personne n’utilise le moteur de jeu, ça sert à quoi ? C’est la même chose pour les distributions GNU/Linux.

Je reviendrai dans un épisode ultérieur sur un point faible du monde libre, les applicatifs. Mais pour en revenir au sujet de cet article, une partie des développeurs semble se couper du monde des utilisateurs.

Les dépots tiers sont des sources d’emmerdes potentielles. Que ce soit les PPA, AUR ou les dépots tiers d’autres distributions, il y aura toujours un moyen de foutre la merde.

Oui, l’offre centralisée proposée avec des interfaces à la « Logiciels » de Gnome, « Discover » de Plasma, la « Boutique » d’Ubuntu Mate ou encore Pamac pour Manjaro (pour citer les premiers exemples qui me viennent à l’esprit) partent de bonnes intentions.

Une personne qui a un tant soit peu de bouteille aura appris à son corps défendant qu’il ne faut pas faire n’importe quoi avec. Mais une personne qui débute risque peut-être de mal faire sans le vouloir. Le retour de bâton sera violent.

Pour un technophile qui a fait des sauvegardes – allez donc expliquer cela à un utilisateur qui n’a pas envie d’apprendre à utiliser un ordinateur – s’en sortira. Mais un « lambda » ou un « michu », ce sera pour lui l’occasion de dire : « C’est quoi cette merde ? Réinstalle-moi Windows. Au moins, ça fonctionne ! »

Je ne blâmerai pas cette personne. Je l’envierai même par moment. Je dois dire qu’au moment où je rédige ce billet, l’envie de bazarder mon installation d’Archlinux pour installer MS-Windows 10 et ne plus avoir à entendre parler des guerres intestines du libre me tente un peu.

Cependant, devoir me taper l’installation de l’antivirus, de l’anti-espiogiciel, d’un outil à la CCleaner, de devoir récupérer la totalité de ma logithèque en version MS-Windows me fait reculer.

Donc, pour conclure cet article : messieurs et mesdames qui êtes toute la journée en train de développer du code, n’oubliez pas que l’utilisateur final qui sera peut-être votre cible un jour ou l’autre n’en a rien à faire de la beauté du code.

Tout ce que cette personne veut, c’est une informatique presse-bouton pour aller voir les dernières concetés de la starlette de la TV Réalité à la mode.

La suite ? Au prochain épisode 🙂

Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 2 : Linux, un joujou pour geeks ?

Étant actuellement en déplacement, je n’ai pas l’occasion de proposer la mise à jour du tutoriel pour installer Archlinux sans prise de tête, je continue ma série de billets sur la tendance du monde du libre actuel à partir en gonade mal épilée.

Note : pour le tutoriel, ce sera pour le 3 septembre 2017 dans l’après-midi.

Après un premier épisode où je parlais de la culture du secret qui est à l’opposé des fondements du libre, parlons d’une tendance qui freine des quatre fers la démocratisation du logiciel libre sur le bureau.

On pourrait dire pour simplifier et résumer c’est : « On ne veut pas perdre notre joujou pour geeks ! »

J’ai connu Linux en 1996. À l’époque, c’était la merde noire et bien collante pour installer le moindre matériel, sans oublier que la configuration d’un écran tenait plus de la magie noire qu’autre chose. À moins que ce ne soit du Vaudou avec un sacrifice de poulet ? 😀

Heureusement, il y a eu des personnes qui ont eu envie d’aller un peu plus loin. Dans un premier temps dans un but « égoïste », mais ensuite, des outils simplificateurs sont apparus. Au fil des années, les évolutions sont apparus, et des distributions qui voulaient s’adresser à autre chose que des crétins boutonneux avec des lunettes avec des verres aussi épais que des culs de bouteilles.

Oui, l’image est un brin caricaturale, mais était-elle complètement fausse ?

Le mouvement s’est accéléré en 2004 avec l’arrivée de Canonical. Mais comme le précise la troisième loi de Newton : « L’action est toujours égale à la réaction ; c’est-à-dire que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales et de sens contraires. »

En clair, dès qu’un mouvement pour faire avancer les choses pour démocratiser les distributions GNU/Linux, un mouvement opposé et de même puissance s’est mis en route.

Des distributions pour les « puristes », volontairement complexes et absconses ont vu le jour. Dès qu’une simplification apparaissait et se répandait, des développeurs se battaient pour tout recomplexifier.

De nos jours, cela a donné des distributions GNU/Linux comme Artix (anciennement Manjaro OpenRC), la Crux ou encore des distributions où il faut tout recompiler tout en restant nichesque comme la Lunar Linux ou l’Exherbo par exemple. Liste non exhaustive bien entendu !

Résultat des courses ? Cela fait plus de 20 ans que je suis libriste dans le sens utilisateur de logiciel libre. Autant d’années que je vois les mêmes recettes être appliquées en vain et la même volonté de réserver les distributions GNU/Linux à une pseudo-élite qui sait taper trois lignes de commandes dans un terminal…

Je ne suis ni psychanalyste, ni psychiâtre, mais je me demande si cette volonté de ne pas voir les distributions GNU/Linux plus répandues n’est pas liée à la peur de perdre un sentiment de supériorité technique.

Quoiqu’il en soit, pour finir, je vous renvoie à cette vidéo en duo enregistrée avec Baba où nous avons partagé nos souvenirs d’anciens linuxiens.

La suite ? Au prochain épisode 😀

Le monde du libre actuel part en couilles ? Épisode 1 : le culte du secret.

Le monde du libre de 2017 n’a plus rien à voir avec celui que j’ai connu à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Il y a des dérives qu’il faut dénoncer, la première étant la récupération du culte du secret qui est une caractéristique du monde « privatif » pour reprendre les termes de Richard Matthew Stallman.

Quand au début des années 1980, Richard Matthew Stallman lance le mouvement du logiciel libre, c’est à cause d’une saleté d’imprimante qui connaissait un peu trop souvent des bourrages papier.

Au lieu d’avoir accès au code du pilote pour résoudre le problème, on lui oppose une fin de non-recevoir. Le code devait rester secret. Ce qui est contraire à l’éthique de l’informatique jusqu’au début des années 1980. Il y a bien la célèbre gueulante de Bill Gates contre les personnes qui ont recopié illicitement le Basic pour Altair, mais c’est tout.

Les années 1980 ont été les années fric. C’est mon enfance et je me souviens du culte du pognon, du fric, du flouze, de l’argent qui sévissait. Ne serait-ce qu’avec l’émission télévisée de Bernard Tapie, « Ambitions ». Pour se faire du pognon, il faut pouvoir travailler derrière des murs, en secret, pour préparer un coup de poignard dans le dos des adversaires.

Microsoft en a été le spécialiste. Il suffit de se souvenir du destin tragique de Lotus 1-2-3 ou encore du projet OS/2 développé conjointement avec IBM.

Bref, tous les coups sont permis, spécialement les plus tordus. L’opposé du monde du libre de l’époque qui se débat durant les années 1980 pour proposer les outils nécessaires et proposer du logiciel utilisable tout en restant éthique.

Au début des années 1990, il ne manque plus qu’un noyau pour compléter l’OS libre rêvé par la Free Software Foundation. C’est Linus Torvalds qui ajoute cette pièce. Vous connaissez la suite de l’histoire.

Bref, quand je suis arrivé dans le monde du libre en 1996, il aurait été inconcevable de voir des distributions GNU/Linux travailler derrière des murs pour mettre au point des outils ayant pour but de trucider la concurrence.

L’ouverture est au centre du monde du libre. La coopération aussi, et si on se tapait dessus, ce n’était jamais au point de vouloir sortir la Tsar Bomba.

Depuis quelques années, on assiste au contraire à un cloisonnement du libre dans des chapelles qui font de plus en plus penser à des guerres de religion comme celle de l’époque de la Saint Barthélémy.

Travailler ensemble est devenu une grossièreté. Coopérer ? Une condamnation à mort. La mode est à l’opacité. Aux coup de buzz, comme avec le projet Manjaro SX qui se résume à produire une version adaptée (ou castrée en termes plus réalistes) de la Manjaro Linux pour une boite qui est née en juin 2017 et dont le capital de départ est inconnu 🙂

Voici ce qui se passe si on essaye de se renseigner sur certaines distributions. Il peut très bien arriver que la documentation soit insuffisante et que les forums apportent la solution que l’on cherche depuis un certain temps.

Il faut vraiment espérer que ce soit un bug. Dans le cas de la NuTyX, si vous n’êtes pas membre, c’est un superbe doigt d’honneur tendu en pleine face.

Alors que j’ai pu aller sur le forum de la mal communicante Mageia ou encore sur celle de l’OpenSuSE et consulter les archives sans entraves. Je croise les doigts pour que ce soit un bug. Mais avec l’affaire de la Manjaro Linux SX qui jouait partiellement le culte du secret ici aussi, on peut se dire que l’on a envie de rester dans son petit monde.

On pourrait presque parler de tendance sectaire, mais il ne faut pas pousser Tux dans les icebergs non plus !

Les Inconnus avaient décidément bien raison… Pourrait-on remplacer Skippy par la licorne de NuTyX ?

C’est officiel : désormais Archlinux devient une base pour faire des distributions inutiles :(

Ce rôle était depuis des années dévolu à Ubuntu, puis à sa fille Linux Mint. Étant abonné au Journal du Hacker, j’ai vu qu’Adrien alias LinuxTricks a fait le test d’une distribution qui applique les canons de la DGLFI à la règle ou presque.

C’est la Namib GNU/Linux. Selon l’article d’Adrien, on apprend que cette distribution hautement inventive propose les éléments suivants :

  1. Une base Archlinux
  2. Mate-Desktop
  3. Un thème à la mode, donc Arc avec des icones aussi développées que la poitrine de Jane Birkin
  4. Calamares
  5. Pamac-AUR

Donc à peu de chose près la même chose que la SwagArch GNU/Linux qui propose elle Xfce à la place de Mate-Desktop. Quelle inventivité 🙂

J’ai bien aimé l’article d’Adrien, mais il ne parle pas du point le plus critique, peut-être le fait-il dans sa vidéo, mais j’ai écouté « Mob Rules » de Black Sabbath alors que je surfais sur le net avant d’arriver sur l’article. Interrompre l’écoute de cet album aurait été un sacrilège, surtout quand Ronnie James Dio chante 🙂

En effet, je ne vois nulle par le fait que la base Archlinux n’est pas par définition adaptée pour des utilisateurs débutants. C’est une base qui peut nécessiter de mettre les mains dans le cambouis, et l’utilisateur lambda fuira ce genre de distributions comme la peste.

La Manjaro Linux qui est basée sur Archlinux rationalise la base en mettant en place un tampon avant de proposer les paquets. Ok, ça ne fonctionne pas tout le temps, mais cela permet de limiter la casse.

Je vais être un peu dur, mais c’est presque irresponsable de produire de telles distributions sans prévenir. Et ce n’est pas le cas sur le site de la distribution en question. On peut y lire ce genre de discours marketing qui est une hérésie technique :

It provides all the benefits of cutting edge software combined with a focus on user-friendliness and accessibility, making it suitable for newcomers as well as experienced Linux users.

Traduction rapide :

Elle offre tous les avantages d’un logiciel de pointe combiné à l’accent mis sur la convivialité et l’accessibilité, ce qui le rend adapté aux nouveaux arrivants ainsi qu’aux utilisateurs expérimentés de Linux.

À la première mis à jour un peu délicate, la distribution pourra partir en gonade mal épilée laissant les utilisateurs peu technophiles dans les ennuis jusqu’au cuir chevelu.

ArchLinux n’est pas et ne sera jamais pour un utilisateur débutant qui ne sait pas ce qu’est une rolling release et les dangers inhérents à ce modèle. Désolé pour le coup de gueule, mais en parler sans évoquer les dangers, c’est risquer de planter des utilisateurs à terme.

Ce qui est contre-productif si on veut démocratiser le logiciel libre… Enfin, ce n’est ici que l’avis d’une personne qui est dans le monde Archlinuxien depuis… début 2009…

La démocratisation réelle des distributions GNU/Linux sur le bureau de l’utilisateur personnel, un doux fantasme ?

Cela fait des années que je me bats avec mes humbles moyens pour faire progresser la cause du libre sur le bureau de « monsieur et madame tout-le-monde ». J’ai déjà dû consacrer de nombreux articles sur le sujet, mais ce sont deux commentaires de Berillions – et oui, je cite mes sources ! – sur deux vidéos mise en ligne début août 2017 qui m’ont permis de pointer le principal (ou l’un des principaux ?) problème à cette démocratisation qui serait la bienvenue.

Le premier commentaire est sur une vidéo où j’explique avec des mots simples la constitution et l’utilisation d’un PKGBUILD sous Archlinux et apparentés :

Le deuxième étant sous une vidéo consacrée à la migration plus que casse-bonbon d’une Manjaro Linux OpenRC vers l’Artix :

J’ai préféré faire des captures d’écran pour deux raisons. La première étant d’avoir une archive en cas de suppression, la deuxième étant pour montrer le texte d’origine avec ma réponse 🙂

Comme vous avez pu le constater, sur les deux commentaires, on en revient toujours au même point : la documentation via le wiki… Ah, la documentation et la lecture…

Il ne faut pas se voiler la face. Dans son livre de 2003, Eric S. Raymond déclare : « Unix is user-friendly — it’s just choosy about who its friends are. »

On peut traduire cette citation ainsi : « Unix est convivial (user friendly) – il est juste tatillon pour choisir ses utilisateurs. »

Même si les distributions GNU/Linux ne sont pas des unix à 100%, elles s’en inspirent largement. Débuter sur un unix, ce n’est pas facile. Même si MacOS-X depuis sa première version en 2001 est basé sur un unix, son interface graphique en cache toute la sublime et esthétique complexité.

Je pense que nous sommes face à un tournant en terme d’informatique personnelle.

Nombre de personnes qui ont commencé l’informatique à la maison dans les années 1980 et 1990 savaient qu’il fallait souvent potasser des documentations aussi complètes qu’aride pour faire la moindre chose. Je vous renvoie à cette vidéo du vidéaste américain Lazy Game Reviews qui montre la complexité d’ajouter une barrette de mémoire vive sur un IBM PC de la fin des années 1980… Bon appétit 🙂

Oui, je sais c’est en anglais avec un accent américain à couper au couteau, mais c’est vraiment très instructif.

Nous sommes ici sur le principal problème comme je l’avais annoncé plus haut. Qui irait se plonger dans un manuel de plusieurs dizaines de pages pour simplement installer une barrette de mémoire vive ? Qui aurait envie de fouiller dans un manuel aussi épais qu’un annuaire pour apprendre à appliquer quelques effets dans son logiciel de retouche d’images préféré ?

Plus grand monde de nos jours. Nous sommes dans une époque de l’instantanéité où l’on perd facilement patience au bout de cinq minutes. Que des personnes n’aient pas envie de se taper 15 opérations pour avoir un environnement graphique parle leur langue, je le comprend aisément. Même moi, ça me gonfle largement.

Nous sommes dans une informatique où les utilisateurs veulent rendre leur ordinateur payé plusieurs centaines d’euros / dollars / livre sterling / etc. aussi simple d’emploi qu’une cafetière électrique. Appuyer sur un bouton pour faire démarrer l’ensemble et basta !

Bien entendu, il y aura toujours des personnes qui auront envie de s’aventurer en coulisses pour savoir comment ça marche. Mais je pense que ce marché est déjà quasiment conquis pour le monde libre, que ce soit pour les distributions GNU/Linux ou les BSD libres.

Ensuite, il y a la grosse majorité des utilisateurs qui pourraient être conquis, mais qui sont effrayés par la complexité d’un unix-like. Qui ne cherchent qu’une informatique presse bouton. Qui n’auront jamais envie de s’aventurer en ligne de commande. Qui recherchent des outils à la Apple Store / Google Play Store pour rajouter au besoin des logiciels.

Cela Microsoft et Apple l’ont parfaitement compris et l’applique depuis des décennies. Le monde du libre refuse-t-il de voir cette vérité ? Ou considère-t-il que ce n’est pas la peine de faire des outils qui facilite la vie de l’utilisateur « monsieur tout-le-monde » ?

Ou est-ce le fait d’une minorité gueularde qui refuse de voir son jouet préféré devenir abordable ?

Je ne suis ni psychologue, ni psychiâtre, mais je me pose la question. J’ai eu l’impression que l’on est face à une guerre des générations, une génération ayant connu la distribution GNU/Linux qu’il fallait installer à la force du poignet en compulsant des centaines de pages de manuels – et dont j’ai fait partie – et une autre qui ne cherche qu’à utiliser les distributions.

Bien que faisant partie des anciens du monde GNU/Linux, je ne vois pas en quoi il est inutile de faire des vidéos pour rendre des pages de wiki plus abordables, et plus compréhensible par la suite. Mais ce doit être une forme d’altruisme incompris…

Comme je l’ai répondu, si on virait toutes les vidéos concernant une manière d’aborder plus ludiquement les pages de wiki qui sont aussi bien remplie qu’aride à lire, 95% des vidéos sur le monde GNU/Linux disparaîtraient.

De la même manière, doit-on réserver les plateformes vidéos pour y voir des défis à la con ? Doit-on enlever les chaines de vulgarisation scientifique ? De vulgarisation historique ou musicale ? Si oui, youtube ressemblerait à terme à une forme dégénérée des productions de Cyril Hanouna qui peut tout se permettre – et surtout le plus ignoble – car il est friqué à mort et couvert par une direction qui ne cherche que l’audimat à tout prix.

Désolé pour la digression de cette fin d’article. Mais tant que l’on voudra ne pas admettre que les générations d’utilisateurs passent et qu’il n’y aura toujours qu’une minorité de technophiles pour faire avancer la cause du bureau personnel libre, dans 30 ans, la situation sera la même qu’en 2017.

Y a-t-il un problème de compréhension de l’anglais technique dans le monde francophone libre ?

Note préliminaire : il y a trois vidéos qui illustrent cet article. Désolé, mais c’était nécessaire pour la cohérence du billet.

Je n’ai jamais été un grand cador dans le domaine de la compréhension et l’écriture de la langue anglaise. il faut dire que mon anglais était des plus limités quand je suis sorti du circuit scolaire après un cursus d’anglais en tant que première langue vivante entre la sixième et la terminale.

Quand je suis arrivé sur internet en 1997, il a fallu que je me sorte les doigts du fondement pour trouver les informations dont j’avais parfois besoin. Il faut dire qu’en 1997, les pages en français étaient plutôt rares, surtout quand Altavista était le moteur de recherche qui régnait sur la toile naissante.

Heureusement, 20 ans plus tard, les sources d’informations francophones se sont multipliées. Cependant, il ne faut pas oublier que l’anglais reste la langue maternelle de l’informatique libre ou privatrice.

En duo avec Baba Orhum, j’ai enregistré un vidéo parlant d’un point de vue général sur le monde du libre en tant que vieux libriste.

Un des points abordés était la guerre sainte des systèmes d’initialisation, vous savez le genre de guerre que se font les technophiles souvent avec une vie sociale réduite à sa portion congrue.

Le dernier avatar de cette guerre étant la naissance du projet Artix, consécutif de la mise à mort de la Manjaro OpenRC. Le titre de la page est important, j’y reviens en fin d’article : « Artix Linux is a fork of Archlinux to use different init systems ». Besoin de traduire ? 🙂

J’en avais parlé dans cette vidéo du 29 juillet 2017.

C’est ici qu’intervient le problème de lecture de l’anglais technique que j’évoque en début d’article. En effet, sur le fil annonçant la fin du projet Manjaro OpenRC, Phil Müller alias Philm qui n’est autre que le papa de la Manjaro déclare :

From Manjaro side we will support OpenRC till this fall and remove all packages with i686 architecture all together from our repos. People using OpenRC will have a migration plan to move to the new project. All using i686 architecture however have to move to another distro as we won’t continue i686.

Ce qu’on peut traduire ainsi, ce n’est pas non plus de l’anglais de la haute société :

Du côté de la Manjaro, nous supporterons OpenRC jusqu’à cet automne et nous enleverons tous les paquets ainsi que ceux de l’architecture i686. Les personnes utilisant OpenRC auront un plan de migration pour aller vers le nouveau projet. Toutes les personnes utilisant l’architecture i686 devront aller sur une autre distribution car nous n’allons pas continuer le i686.

Donc, installer en ce début août 2017 une Manjaro OpenRC, que ce soit en dur ou en virtuel, c’est se condamner à se retrouver avec un projet qui ne pourra plus être mis à jour à compter de la fin septembre ou de début octobre. Un sacré cul-de-sac, non ?

De son côté, Artoo a annoncé la publication de l’ultime image ISO du projet Manjaro OpenRC :

C’est le post-scriptum qui est le plus intéressant :

If intending to migrate to Artix, I found doing a clean install and adapting it as per taste to be simpler / easier than migrating an existing install.

Ce que l’on peut traduire ainsi :

Si vous avez l’intention de migrer vers Artix, j’ai trouvé que faire une installation propre et l’adapter à vos goûts est plus simple / plus facile que de migrer une installation existante.

Il suffit de jeter un oeil sur la page de migration de Manjaro OpenRC vers Artix, qui est encore une version de travail au moment où je rédige cet article le 8 août 2017, et c’est encore assez sensible.

On y arrive – ma curiosité ayant pris le dessus – mais il faut faire gaffe à chaque étape. J’ai enregistré la dite migration, et j’ignore si elle sera publiée un jour sur ma chaîne.

Si vous avez envie d’installer une Manjaro OpenRC en ce mois d’août 2017, n’oubliez pas une chose : c’est une condamnée à mort. Elle a la tête sur le billot et la hache du bourreau va tomber sur sa nuque.

Quant à la Artix, je ne la vois pas vivre longtemps. Pourquoi ? Pour les raisons suivantes :

  1. Si je veux un duo OpenRC et paquets précompilés, je me tournerai vers une Calculate linux.
  2. Si je veux un duo RunIt et paquets précompilés, je me tournerai vers une Void linux.
  3. Si je veux un duo S6 et paquets précompilés, je me tournerai vers une Obarun S6.

Donc, le projet Artix s’attaque à des distributions qui existent depuis plusieurs années et qui sont bien installées auprès de leurs publics respectifs. Je ne demande cependant qu’à être démenti.

Pour conclure, je me demande ce qu’il y avait de compliqué en anglais dans les messages postés sur le projet Artix. À croire que l’anglais est encore et toujours l’ennemi du Français cherchant à combattre la perfide Albion 🙂

Quelques réflexions en passant sur le monde du libre…

Au début, le contenu de cet article devait être un ensemble de trois vidéos, mais ayant décidé de mettre en pause durant quelques temps mon activité sur Youtube, je préfère passer par l’écrit. Je suis au final plus à l’aise avec ce médium de toute façon.

Étant membre du monde du logiciel libre – pour mon outil informatique – depuis 1996 à temps partiel, à temps plein depuis 2006, j’ai pu connaître plusieurs périodes, et celle qui se profile depuis quelques années me laisse interrogatif pour ne pas dire pantois.

Il y a plusieurs points que je voudrais aborder rapidement. Le premier, c’est le discours aseptisé que nous servent certains acteurs du libre. Tellement aseptisé qu’un fromage blanc à 0% de matière grasse serait en comparaison en état de pourriture avancé.

Je me demande si le logiciel libre aurait atteint sa pénétration actuelle sans que quelques acteurs clés aussi bien doué pour le développement que pour ouvrir leurs grandes gueules quand c’était nécessaire n’avaient pas existé. Sans un Linus Torvalds qui se dispute gentiment avec Andrew Tannenbaum, sans l’imprimante du MIT, où on en serait-on ?

Que l’on aime ou pas des personnes comme Richard Matthew Stallman, Linus Torvalds ou encore Theo de Raadt, sans eux – et bien d’autres – sans elles, le logiciel libre et apparenté serait resté à l’état plus qu’embryonnaire et serait resté un joujou pour geek universitaire.

Ce qui me fait arriver à mon deuxième point. On assiste depuis quelques années à un retour d’une volonté de « techniciser » et de complexifier les distributions GNU/Linux. Je ne reviendrai pas sur la lascinante guerre des inits. Mais c’est sûrement l’expression la plus prégnante de cette volonté.

Un peu comme si on assistait à un mouvement de révolte contre ce qu’à fait Canonical à compter de 2004 : démocratiser pour de bon les distributions GNU/Linux avec des idées simples : un installateur en mode graphique, une logithèque bien fournie, des logiciels qui parlent directement dans la langue de l’utilisateur.

Ce qu’avait tenté de faire d’autres entreprises et communautés du libre sans avoir réussi à trouver la bonne recette au final, même si ce n’était pas faute d’avoir essayer de nombreuses fois. Ensuite que Canonical se soit fourvoyer dans la convergence des écrans durant des années, c’est un autre problème.

Dernier point, c’est le pacte faustien signé avec l’ennemi du logiciel libre, Microsoft. C’est vrai que l’on pourrait dire que cette volonté de la part de Microsoft de faire la paix avec ce qui était un cancer pour lui est une bonne chose.

On va dire que je vois les choses par le mauvais bout de la lorgnette, mais cette interopérabilité se fera sur le dos du logiciel libre.

N’aurait-il pas été plus intéressant pour conquérir l’un des derniers marchés qui échappe au logiciel libre, celui des utilisateurs qu’on les appelle Michu ou Lambda, en aidant au port de logiciels mythiques comme Adobe Photoshop ou du moins en améliorant son support via des technologies comme Wine.

Permettre que bash – le shell mythique des distributions GNU/Linux – soit fonctionnel sur MS-Windows 10, c’est comme de dire : vous avez besoin de bash ? Pas la peine de vous ennuyer à installer une distribution GNU/linux, restez avec votre MS-Windows 10.

C’est encore une nouvelle fois la stratégie du EEE (Extend, Embrace, Extinguish) appliqué par Microsoft contre des concurrents comme Lotus (et son tableur 1-2-3), IBM (et OS/2), ou encore contre Netscape.

On me dira que je vois le mal partout, je répondrai : je suis juste prudent et je connais le passé – pour ne pas dire le passif – du géant de Seattle. Je demande juste à être démenti.

Exceptionnellement, les commentaires sur cet article seront ouvert jusqu’au 1er septembre, au lieu d’être clos au lieu de 10 jours.

Ah, le tabou de l’argent dans le monde du logiciel libre…

Oui, je sais, on va pouvoir me dire : qu’est-ce qu’il vient remettre cette histoire sur le tapis. Suite à une discussion, j’ai eu l’idée de la vidéo que vous pourrez visionner ci-après ce texte.

J’ai résumé plusieurs idées que je développe depuis des années : la dispersion des projets dans le monde du logiciel libre ce qui fait qu’une partie d’entre eux soient au ralenti faute de ressources humaines (codeurs, testeurs, etc.) ou financières. Faire vivre un projet sur ses fonds propres, on atteint rapidement les limites de ce qui supportable.

Reste donc le problème épineux des rentrées de finances : la publicité ? Trop aléatoire ne serait-ce qu’à cause de l’utilisation justifiée des bloqueurs de publicités. D’ailleurs, dès que l’on insère des publicités sur un site, on devient dépendant du ou des annonceurs qui sont friands à la limite de l’obésité des données de connexions des personnes venant sur le site. La confiance qui doit s’établir entre la personne qui visite le site et la personne qui s’occupe du dit site peut disparaître.

Bien entendu, les appels aux dons sont dépendantes des finances des personnes. Bref, on finit rapidement par tourner en rond. Mais je vous laisse regarder la vidéo avant de continuer la lecture de l’article.

Comme vous avez pu le voir, j’ai repris dans l’article une partie des arguments développés dans la vidéo. J’ai eu droit à des remarques sur la vidéo concernant l’accès gratuit à la documentation que je propose. Le proverbe « Toute peine mérite salaire » a été sorti. Si je suis d’accord sur le principe, j’ai des obligations légales qui m’obligent à déclarer toute arrivée d’argent sur mon compte en banque.

C’est pour cela que je n’ai jamais demandé la moindre forme de rémunération monétaire, ni même envisagé. J’ai déjà précisé que si vous appréciez mon travail et que vous voulez me remercier, il y a plusieurs options :

  1. La première étant un remerciement par un commentaire ou un courrier électronique
  2. La deuxième a été enlevée suite à une réflexion intense 😀

Il n’y a strictement aucune obligation de votre part, mais je vous dis simplement que ce sont les moyens de me remercier si vous en avez la possibilité.

Je ne demande rien. Les services que je propose, que ce soit sur mon blog, sur les espaces github et gitlab pour mes tutoriels ou mes vidéos sur youtube ne me coûte presque rien.

Sur ce, je vous laisse, j’ai pas mal de petites choses à boucler 🙂

Où en est la Trisquel GNU/Linux 8, 33 mois après la sortie de sa version 7 ?

La Trisquel GNU/Linux est sûrement la distribution GNU/Linux 100% libre la plus abordable selon les « saints canons » de la Free Software Foundation. En effet, elle se base sur une distribution qui est devenue pour le grand public synonyme de Linux (oui, je fais volontairement une métonymie ici), la Ubuntu.

La dernière fois que j’ai parlé dans un billet dédié de ce projet, c’était en août 2014 pour aborder une préversion de la version 7, basée sur la Ubuntu 14.04 LTS. La version 7.0 finale sortira 3 mois plus tard, en novembre 2014, dixit la page de téléchargement de Trisquel.

Trisquel 7.0 LTS Belenos

Date de sortie: 11/03/2014 – 18:09

Et oui, le format de date est celui employé par les anglophones à savoir mois / jour / année.

Entre temps, la base de la Trisquel GNU/Linux, à savoir la Ubuntu est arrivée dans une nouvelle version LTS, la 16.04. Cependant, il a fallu attendre quelques 6 mois pour qu’un fil annonce sur les forums de la Trisquel GNU/Linux la disponibilité d’une première version alpha installable.

En janvier 2017, le seul – à ce que j’ai compris, merci de me dire si je me plante ou pas dans les commentaires – développeur dédié au projet a lancé un fil dédié aux versions de développement de la version 8 de la Trisquel GNU/Linux.

J’ai donc récupéré la dernière image ISO de développement en date. Au moment où je rédige ce billet, le 30 juillet 2017, c’est une image ISO datée du 19 juin que j’ai pu récupérer.

J’ai lancé mon ami VirtualBox pour voir ce qu’a cette future version 8.0 dans le bide. Pour gagner du temps, j’ai pris l’option d’installer directement l’image ISO.

J’ai noté que l’installateur propose de chiffrer l’installation dès le départ. N’en ayant pas besoin dans le cadre de cet article, j’ai décoché les deux options. Mais il était intéressant de noter leur activation par défaut. Après une petite dizaine de minutes d’attente, j’ai pu redémarrer sur la Trisquel GNU/Linux 8 en développement.

Après le redémarrage, on se retrouve sous une base Mate-Desktop (1.12 apparemment) et une traduction complète dès le départ ou presque. 172 Mo de mise à jour sont à effectuer. Pour une image ISO vieille d’un mois et demi, c’est assez correct.

Une fois les mises à jour terminées et après avoir vérifié que tout se lançait bien, j’ai décidé de montrer la Trisquel GNU/Linux 8 en action.

Comme vous avez pu le voir dans la vidéo, pour montrer le saut qualitatif depuis la Trisquel GNU/Linux 7.0 j’ai été obligé de montrer les deux. Comme je l’ai précisé, la Trisquel GNU/Linux 7.0 est encore utilisable, mais elle fait vraiment son âge maintenant. Si vous avez du matériel trop récent, dommage pour vous.

Pour en revenir à la version 8 de la Trisquel GNU/Linux, ce serait vraiment bien pour le projet que la distribution rafraîchie sorte d’ici la fin de l’année, après avoir tué le bug de l’auto-démarrage du lecteur d’écran et de l’impossibilité d’installer des extensions dans Abrowser.

Si la Trisquel GNU/Linux 8 sort en 2018, elle laissera dans l’esprit des personnes pouvant être intéressées par ce genre de distribution l’idée que les dérivées 100% libres sont souvent vieillottes voire ancestrales sur le plan de leur logithèque.

Ensuite, on peut se dire que le retard pris est dû à un manque de main d’œuvre pour construire la nouvelle version. Une nouvelle preuve qu’une fragmentation excessive peut devenir une sacrée source d’emmerdements dont souffre les utilisateurs, qu’ils soient des super-technophiles ou des utilisateurs effrayés par l’idée de mettre à jour un logiciel.

Une partie des développeurs du logiciel libre prennent-ils les utilisateurs pour des snocs ?

Cette pensée m’est venue quand j’ai lu cet article du webzine OMG Ubuntu : « Ubuntu Is Now Uncertain about Using Wayland by Default » ce qu’on peut traduire par « Ubuntu n’est pas certain d’utiliser Wayland par défaut ».

On apprend en lisant l’article que les têtes pensantes de Canonical craignent que Wayland ne soit pas suffisament mature pour être proposé pour remplacer Xorg d’ici la sortie de leur prochaine distribution en support long terme, la 18.04 LTS.

Ma question sera simple ici. N’ont-ils pas aider à ce manque de maturation en développant durant des années un projet concurrent du nom de Mir ?

On peut lire ceci sur la page d’accueil du projet :

Mir is a next generation display server targeted as a replacement for the X window server system to unlock next-generation user experiences for devices ranging from Linux desktop to mobile devices powered by Ubuntu.

Besoin de traduire ? D’accord, je le fais pour les anglophobes :

Mir est un serveur d’affichage de nouvelle génération ciblé comme un remplacement pour le système de serveur X Window pour débloquer les expériences des utilisateurs de la prochaine génération pour les appareils allant du bureau Linux aux appareils mobiles alimentés par Ubuntu.

Dès mars 2013, une dépêche postée sur trollfr.org linuxfr.org s’interrogeait sur le projet et sur son utilité réelle.

Donc, on pourrait résumer la situation ainsi : on développe un projet concurrent pour succéder à Xorg durant 4 ans. On laisse tomber le projet car c’est trop lourd à gérer, on décide d’adopter le projet combattu durant des années et on se plaint qu’il n’est pas assez mâture…

Je comprends que les développeurs de logiciels et de pilotes aient préféré attendre que la situation s’éclaircisse. Pourquoi faire deux fois le même travail pour deux projets concurrents alors qu’on peut se gaver de popcorn et de soda en attendant de savoir qui survivra au final ?

Comme disent les anglophones dans un langage assez fleuri : « Are you f* kidding me? » qu’on peut traduire par : « Tu te fous de ma g* ? »

Je prendrai un deuxième exemple, c’est un billet de veille de Devil505, un camarade libriste que je connais depuis des années, quand il était mainteneur et empaqueteur pour l’intimiste Frugalware Linux, concurrente malheureuse de l’Archlinux qui n’a jamais su se vendre auprès des utilisateurs.

Il s’est ensuite investi auprès de la elementaryOS et de ses applications castrées via l’animation du site communautaire francophone… Réinventer l’ergonomie, ce n’est pas donné à tout le monde. Parfois la malchance, hein… On dit que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit pourtant !

Dans ce billet, il casse – à raison – le fait que System76 travaille sur son ubuntu 17.10 revampée. Il mentionne aussi que le community manager est salarié chez System76, et s’étonne qu’elementaryOS ne soit pas proposée par l’entreprise.

Peut-être est-ce que le community manager en question n’a nullement accès au département des décisions stratégiques de System76 ? Ou que System76 se soit aperçu que le projet elementaryOS est encore trop immature sur de nombreux points pour être imposé à leur clientèle ?

C’est une simple question que je me pose. En tout cas, j’ai comme l’impression que parfois certains développeurs sont tellement enfermés dans le code qu’ils ont tendance à oublier que le monde des utilisateurs n’est pas aussi idéal qu’imaginé.

Quant au terme employé dans le titre, je pense qu’il n’est pas besoin d’avoir postulé à Saint-Cyr pour le comprendre 🙂

La nostalgie en informatique libre, quel filon à exploiter :)

En jetant un œil discret aux marronniers de cette fin d’année scolaire, j’ai vu les images des lycéens et lycéennes qui exultent ou grimacent face aux résultats au bac.

Je me suis alors souvenu que cela fait bientôt un quart de siècle que j’ai passé le brevet d’aptitude au chômage comme disait Nagui quand il était plus jeune.

Cette crise de nostalgie m’a fait remarqué qu’elle touchait tous les domaines. Comme une mode. La plupart des quadras et des quinquas qui sont actuellement sur le grand nain ternet ont connu le réseau aux alentours du début des années 2000. Avec le RTC, la porteuse, le compteur de connexions et les factures de téléphones astronomiques.

Dans le monde informatique, certains projets n’existent principalement que pour des raisons historiques. Bien entendu, cela ferait mal au cœur de voir les descendantes spirituelles d’une distribution GNU/Linux née en 1998 avec comme nom le célèbre magicien de comics.

C’est à fond la nostalgie qui joue, et je dois dire qu’au moment où je rédige ce billet, j’ai le brouillon presque fini des épisodes 89, 90 et 91 (voire le 92 avec un peu de chance) de ma série vieux geek qui seront publiés à intervalles irréguliers cet été. Série qui joue à fond la nostalgie, mais sans en tirer le moindre profit sur le plan pécuniaire.

Bien entendu, cela me fait plaisir de retrouver des vieilleries qui ont bercé ma vie informatique il y a 5, 10, 15 voire 25 ans. Mais il faut savoir faire la part des choses.

Il y a des projets comme HaikuOS qui sont louables pour conserver en vie certains logiciels qui seraient bons pour le cercueil autrement. Mais en 2017, a-t-on besoin d’une réécriture libre de BeOS ?

Serait-il bon de faire renaître des distributions mythiques comme la Kaella, qui était une Knoppix francisée d’un niveau plus qu’honorable ? Ou encore la Nasgaia qui était un projet novateur à son époque et qui m’avait vraiment emballé ?

Que des projets qui survivent grâce à l’aura mythique de leur ancêtre, pourquoi pas ? Mais ne serait-il pas temps de se tourner vers des projets plus jeunes – ce n’est pas difficile – mais qui ont tout l’avenir devant eux ? Simple question rhétorique, bien entendu !

Si vous avez une réponse, je suis preneur 🙂