Un coup de gueule qu’on m’a demandé de relayer.

C’est la première fois que je relaye un coup de gueule d’une connaissance du monde du libre qui m’a demandé un coup de main au passage.

J’ai rédigé le message suivant à sa demande. Je le recopie verbatim. pour vous faire prendre conscience d’un problème chronique du monde du libre.


La communauté doit se réveiller : le cri du coeur d’un petit mainteneur !

Ceci est le cri d’un coeur d’un petit administrateur qui s’efforce de maintenir un service de qualité digne de ce nom.

Je trouve inadmissible que la Quadrature du net ou Framasoft soit obligés de faire régulièrement des appels au dons.

Je ne suis pas le seul à faire de l’hébergement gratuit de documentations et d’autres services. Ce qui n’est pas gratuit à entretenir et à maitenir en vie.

Il faut savoir que j’ai eu un retour presque nul sur les plus de 300 000 visiteurs uniques pour juin 2017.

Il m’est aussi impossible de réunir une somme d’environ 50€ pour financer les serveurs à compter de septembre 2017.

Au vu du manque de reconnaissance criant de la communauté qui préfère l’insulte, la critique et les guerres stériles plutôt que d’aider les administrateurs, les mainteneurs et associations oeuvrant pour le bien de tous, pas étonnant que certains abandonnent.

À titre d’exemple, nous avons OpenSSL. Le logiciel est géré par une petite équipe avec un budget ridicule en comparaison des services rendus et sans aucun rapport avec son importance et son emploi dans le domaine de la sécurité. Qui irait acheter en ligne sans passer par un site en https ? Et qui https dit généralement OpenSSL…

Je n’écarte pas la possibilité de fermer mes services, car je ne pourrais tenir éternellement avec mes finances. En effet la fréquentation monte en flèche et j’ai besoin de serveurs pour tenir la charge et continuer de proposer à un service digne de ce nom (chargement dans les 2 à 3 secondes qui suivent la demande).

Je tiens à préciser que Lagout.org n’est qu’un projet parmi d’autres comme l’hébergement des ISO de la Manjaro Tux’n’Vape et le petit forum de Parrains Linux.

J’espère que vous avez compris mon coup de sang qui est celui d’un petit admin parmi tant d’autres et qui n’est pas le seul à constater amèrement de ce manque de reconnaissance.

Librement votre,

Lagout.


Maintenant, vous êtes au courant. Comprenne qui voudra ou qui pourra !

Les projets un peu fou du logiciel libre, épisode 14 : Doomsday, le port deluxe pour Doom, Heretic et Hexen…

Pour noël 1997, l’équipe d’id Software rendit public le code source de Doom, en le plaçant sous GPLv2. Cela permit de porter le jeu un peu partout, que ce soit sur des ordinateurs censés ne pas le supporter – comme les Amiga par exemple – mais aussi d’améliorer les versions existantes : rajout de la vue à la souris, support de modèles 3D (comme ceux de Quake), textures lissées, graphismes haute-définition, et plein de bonnes choses.

Il y a eu des projets par la suite comme Freedoom (dont j’ai parlé dans le premier épisode de cette série) pour proposer en complément du moteur libéré des niveaux qui soit aussi libres (au sens entendu par la Free Software Foundation).

Parmi les ports des moteurs, on trouve des ports qui veulent reproduire les sensations de la version d’origine, comme Chocolate Doom mais aussi des ports qui veulent pousser l’expérience au maximum, et je demande ici Doomsday (anciennement JDoom).

Ici on tape dans le lourd. Si on pousse Doomsday dans ses derniers retranchements, à savoir : modèles en 3D, textures lissées en haute résolution, vue à la souris (comme pour Quake), il faut penser à passer au i7 avec une carte style Nvidia GTX 1080 et 16 Go de mémoire au minimum 🙂

On peut dire que ce port est très complet, voire même complexe. On peut tout configurer. Autre point intéressant, on peut faire fonctionner :

  1. Doom (version shareware et complète)
  2. Ultimate Doom (celle qui comprend le quatrième épisode, « Thy Flesh Consumed)
  3. Doom 2
  4. Final Doom
  5. Heretic (version shareware et complète)
  6. Heretic, Shadow of the Serpent Riders
  7. Hexen (version shareware et complète)
  8. Hexen, Deathkings Of The Dark Citadel
  9. Chex Quest

Et j’ai dû en oublier quelques uns. Mais le mieux est de vous montrer le monstre en action.

Comme vous avez pu le voir, Doomsday est vraiment un moteur luxueux pour les titres mythiques que sont Doom, Heretic et Hexen. Oui, ça ramait pas mal, est-ce liée à ma vieille machine ? À la gourmandise de Doomsday ? Aux deux ? En tout cas, c’est un boulot monstrueux qui a été abattu pour produire un tel logiciel… Après, je préfère encore ce bon vieux gzDoom qui fait tout aussi bien le boulot 🙂

Blog : Génération(s)

Au départ, j’avais prévu de parler d’Algorithmes, les nouveaux bouc-émissaires pour tous nos problèmes, d’APB* à l’IA qui va tuer des métiers, en passant par celle des … jeux. Et puis mon petit sujet de la semaine m’est venu en discutant avec un collègue revenu d’une grosse semaine à Tokyo…

J’ai trouvé mon maître en émulation (ok, c’est pas dur)…. Le gars est tellement fan de Final Fantasy qu’il a tous les épisodes du 1 au IX en émulation sur son smartphone. Je rappelle quand même que le IX, c’était sur 4cd, à l’époque, ce qui fait plus de 2Go à chaque fois. Il a beau être plus jeune que moi, il a curieusement les mêmes références coté jeux vidéo. C’est étonnant comme cela sert parfois de passerelles entre générations. Je vois ce jeunot de Genma (:p) qui s’interroge là dessus, sur ce qu’il est, sur comment communiquer. Et bien parfois ça se présente comme ça, par hasard, par une passion, un hobby. Je parlais japon puis on est passé à Square Enix, Konami… et on parle alors comme des anciens combattants de la PSX (oui, ça s’appelait comme ça, à l’époque, la playstation). On a même parlé Bayonetta et Dark Souls, c’est dire comment ça dérive.

Dans mon article sur les émulateurs sur Android, je n’avais justement pas parlé de cette console emblématique d’une génération de joueurs : La Playstation. Déjà parce que je n’avais pas trouvé d’émulateur performant et « libre » ou gratuit. Qu’à cela ne tienne, je me suis fendu de quelques euros et j’ai mis en concurrence ePSXe et FPse (je n’ai pas encore décidé lequel est le mieux…) qui nécessitent tous les deux de récupérer un fichier de bios scph1001.bin. Une simple recherche vous amènera vers le fichier qui va bien, parce que je ne me vois pas récupérer ça dans ma console qui prend la poussière…. Pas plus que numériser mes ISO correctement d’ailleurs à partir de tous les CD originaux que j’ai gardés. Et me voilà donc à démarrer Gran Turismo d’un coté et Final Fantasy VII de l’autre. Pour le premier, il faut s’accrocher pour diriger avec précision une voiture en tactile sur un téléphone, même si j’ai passé la licence B et gagné une course après plusieurs essais. Mais pour le second, aucun problème et rien que la cinématique du début m’a donné des frissons avec la musique de Uematsu.

La première séquence de jeu de FFVII….sur mon mobile!

Ce n’est pas que de la nostalgie car c’est là qu’on remarque que ce qu’on vit dans son adolescence et sa vie de jeune adulte, marque durablement. Parfois c’est le grand frère qui refile sa vieille console et qui contamine le plus jeune. Idem pour la musique, les BD, les livres… On oublie comment cette transmission entre générations peut se faire. J’ai été surpris récemment par un gamin en apprentissage qui écoutait de vieux groupes et connaissait bien ses classiques, tout en écoutant la dernière merde chiée par NRJ. Ou bien on parle de Pokemon, les premiers épisodes pas le Go, un jeu dont l’age d’or a été il y a 15 ans…. C’est là aussi qu’on voit que le jeu vidéo s’est banalisé. Si ma génération a été la génération des gamers, ensuite on a une période plus casual, et maintenant plus mobile, avec des manières de jouer différentes. Si j’entreprends de parler de vieux jeux, avec quelques parallèles sur ce qui sort sur Mobile, c’est aussi parce qu’il y a des passerelles entre générations. Pas sur qu’on parlera avec autant de passion du temps passé sur Snapchat, Facebook, Twitter…. mais ce sont aussi des passerelles entre générations.

D’ailleurs, il y a des générations d’utilisateurs de réseaux sociaux aussi. Il y a ceux, comme moi, qui ont connu les débuts de ces trucs avant d’en voir les travers rapidement et de les fuir, au bout du compte. Il y en a d’autres qui sont arrivés alors que c’était bien installé et d’autres qui trouvent sans doute ça déjà « Has Been ». J’ai effectivement l’impression que ça se scinde beaucoup plus qu’avant, même si presque « tout le monde » a un compte de tortionnaire de caprin, histoire de…. Même les sites de rencontres se subdivisent en niches, générations, castes. Un anneau, pardon, un réseau pour les gouverner tous, disait un magicien. Je crois qu’on s’est bien planté. Alors pour réunir les générations, il vaut mieux aller voir du coté culturel et ludique.

Je lisais une interview de Matmatah qui revenait en festival cette année. Ils revoient des têtes connues dans les premiers rangs mais aussi des jeunes dont ils se demandent comment ils peuvent les connaître… La transmission est étonnante. Et blog, vidéos, podcasts sont aussi des moyens de transmissions entre générations. Si Cyrille utilise son marronnier habituel sur le sujet, je suis  moins pessimiste que lui sur l’avenir de l’écrit, comptant sur l’effet de mode. On appellera ça autrement que blog (ah les marketeux me feront toujours marrer), peut être mais ça reviendra en parallèle des autres médias, le temps de trouver la place. Je me vois mal faire une vidéo en improvisation totale comme ce billet, par exemple, ou parler à un micro avec ma voix de …. four à micro-ondes. (je vous laisse essayer l’immitation). Je vois que Frédéric, quand il n’écrit pas des sagas pour un futur feuilleton avec Ingrid Chauvin (:p), se consacre à faire découvrir des perles d’OS peu connus. Si ce n’était sa capture d’écran trop riquiqui et à mes yeux, je trouve ça parfait justement comme transmission… Surtout qu’on subit la dictature de la nouveauté dans les moteurs de recherche et … dans les normes du web.

Et il est temps de conclure, justement…Et dans transmission, il y a Trance (oui, elle est capilotractée, celle là)

*: Admission post bac, le bouc émissaire qui fait oublier qu’on n’a pas investi dans les universités pour créer des places, que les parents et les enfants sont souvent irréalistes et mal conseillés dans leur demande, allant dans des filières sans avenir ou débouchés suffisants et que les critères sont d’une hypocrisie crasse…


Tagged: émulateur, émulation, geek, jeu video, Réflexion

Vieux Geek, épisode 92 : Netscape 6.0, la pire erreur du petit monde des navigateurs internet.

Dans l’épisode 28 de la série vieux geek sorti en 2014, je parlais des premiers Netscape que j’ai connu, dont Netscape 3 sorti en 1996…

Nous sommes dans la première guerre des navigateurs qui bat son plein. Netscape Corporation sort une horreur du nom de Navigator 4 alias Communicaor en 1997, ce qui forcera l’entreprise à ouvrir le code source de ce qui devait devenir Navigator 5.0 en mars 1998. Le code source de cette version 5 sera abandonné au bout de 6 mois, et ce qui devait devenir le moteur de rendu Gecko fut lancé.

Les mois passèrent et début 2000, toujours aucune nouvelle enthousiasmente de la part de l’équipe de Mozilla. Le projet avance à son rythme. AOL qui avait racheté Netscape fin 1998 perd patience.

Entre avril et novembre 2000, des bêtas de Netscape 6 sont publiées. Finalement, Netscape 6.0 sort… Et c’est une catastrophe. Le moteur est encore un peu jeune – il faut se souvenir que c’est basé sur Mozilla presque 0.6 ! – mais aussi lourd pour les machines de l’époque et pas franchement des plus stables. Mais il lui manque quelques fonctionnalités que l’on considère comme indispensables de nos jours… Mais autant vous montrer le monstre en question en vidéo. Pour rester homogène avec l’époque de sortie de Netscape 6.0, je me suis replié sur MS-Windows Millenium… Même si j’y ai échappé à l’époque, autant souffrir durant les quelques minutes qu’aura duré l’enregistrement de la vidéo 🙂

C’est un four monumental, surtout avec la palanquée de logiciels plus ou moins pourri fourni avec le navigateur… C’était sans compter sur la sortie d’Internet Explorer 6.0 durant l’été 2001…

Autant dire que si l’on voulait suicider ce qui restait de Netscape, AOL n’aurait pas fait mieux. Il faut attendre début 2002 pour que la première version considérée comme stable de Gecko sorte, comme je l’avais déjà dans l’épisode 13 de la série vieux geek publié en juin 2013.

Ah, l’erreur de vouloir analyser des notes de publications…

Vous trouverez juste après ce paragraphe mon analyse rapide en vidéo de l’annonce de publication de la sortie de la Mageia 6.

Je reviens ici sur certains points qui auraient pu être mal compris ou incompris.

Deux points me font dire que les notes de publication sont du plus pur langage marketing.  Du moins pour les technophiles 🙂

Le premier point concerne cette annonce, que je recopie ici verbatim, qui se situe aux alentours de 1 minute 45 de la vidéo :

GRUB2 comme chargeur d’amorçage par défaut

Une question me vient… Est-ce que Grub2 est à ce point récent que Mageia se vante d’y être passé avec sa nouvelle version ? Pas vraiment. Une recherche rapide m’a renvoyé vers un article de LinuxFr daté de juillet 2012 !

Une nouveauté vieille de 5 ans. Il faudra m’expliquer en quoi cette entrée est indispensable pour parler d’une distribution « fixed release » qui existe depuis juin 2011.

Je me doute que migrer un gestionnaire de démarrage ne doit pas être hyper simple, mais mettre 5 ans pour le faire, ça fait un peu long 🙁

Deuxième point, aux alentours de la 5e minute, c’est l’annonce suivante :

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouvelle fonctionnalité, Mageia 6 prend en charge plus de 25 environnements de bureau et gestionnaires de fenêtres (les détails seront disponibles lors d’une prochaine publication sur le blog) !

25 ? Rien que le nombre est effrayant… Peut-on assurer le même niveau de qualité quand on multiplie par 25 le nombre d’environnement graphique plus ou complet ? Ça me fait un peu peur. Je ne suis même pas certain de pouvoir en lister autant, même avec 20 ans de libre dans les pattes…

Dénombrons les principaux environnements de bureaux, par ordre alphabétique :

  1. Cinnamon
  2. Enlightenment
  3. Gnome
  4. Lxde
  5. LXQt
  6. KDE/Plasma
  7. Mate Desktop
  8. Xfce

Pour les gestionnaires de fenêtres, par ordre alphabétique :

  1. Awesome
  2. Budgie Desktop
  3. BspWM
  4. Dwm
  5. Fvwm
  6. FluxBox
  7. i3
  8. OpenBox
  9. PekWM
  10. WindowMaker

J’en ai trouvé 18, si d’autres vous viennent à l’esprit, je suis preneur…

Peut-on imaginer, si la liste officiellement supportée est couverte ici,  que toutes les interfaces graphiques utilisateurs peuvent avoir le niveau de finition de l’environnement Plasma  ? Malgré les dénégations des développeurs, KDE a été l’environnement primaire de Mandrake Linux, puis de Mandriva Linux, donc par extension des deux soeurs ennemies qui en sont issues ?

Ouvrons une rapide parenthèse historique : Pour info, j’ai retrouvé cet article signé Gaël Duval pour Linux Weekly News datant de l’an 2000

Je cite l’article :

[…]At this time I also discovered a new graphical interface called KDE in it’s alpha stage of development. I kept on playing with Red Hat and KDE and in the same time I became more and more interested in learning how to rebuild a customized Linux distribution, with new packages and improvements. After a year of learning, and seeing that Red Hat definitely wouldn’t want to put KDE in their distribution I decided to release a new Linux distribution on the top of Red Hat Linux with KDE as default and several improvements that would make it easier to use. After all, it was GPLed so everyone could improve it and redistribute it! […]

Ce que l’on peut traduire par :

[…]À cette époque, j’ai également découvert une nouvelle interface graphique appelée KDE dans son stade alpha de développement. J’ai continué à jouer avec Red Hat et KDE et, en même temps, j’ai eu envie de plus en plus d’apprendre à reconstruire une distribution Linux personnalisée, avec de nouveaux paquets et des améliorations. Après une année d’apprentissage, et voyant que Red Hat ne voudrait certainement pas mettre KDE dans sa distribution, j’ai décidé de publier une nouvelle distribution Linux au dessus de Red Hat Linux avec KDE par défaut et plusieurs améliorations qui rendraient plus facile de utilisation. Après tout, c’était GPL pour que tout le monde puisse l’améliorer et le redistribuer![…]

Fermons cette parenthèse historique qui est un fait têtu. À moins d’avoir une équipe pléthorique digne de celle qui développe un OS comme MS-Windows, il faut répondre honnêtement par la négative. On ne peut pas assurer que toutes les interfaces seront impeccables et irréprochables.

Je concluais la vidéo en disant que cette version de la Mageia 6 est plus une volonté de rattraper le temps perdu suite à un développement torturé.

En lisant les notes de publications, j’ai été confirmé dans mon idée de ne pas consacrer un article complet et une vidéo sur la distribution en dehors de l’analyse fournie ici.

Cette distribution a son public ? Tant mieux pour elle. Cependant, j’ai comme l’impression que les notes de publication n’ont pas été suffisamment relues par les techniciens du projet. Sinon, ils auraient juste mis un truc du genre : « nous avons procédés à des mises à jour de certains composants clés, dont Grub2. »

Cela aurait moins fait langue de bois marketing… Enfin, je dis cela, mais je dis rien. N’étant pas dans le secret des dieux, ce n’est qu’une hypothèse que j’émets ici.

Je souhaite cependant le meilleur à la distribution, et surtout bien du courage aux mainteneurs pour sortir une Mageia 7 dans un délai de 18 mois, surtout si l’abandon des outils historiques comme la suite urpmi (qui date de la Mandrake Linux 7.0, vers 1999-2000) pour des outils plus modernes et plus adaptés comme dnf.

Mobile : De quoi se prendre la tête en vacances, avec … des jeux

OK, malgré le dernier article, vous ne pouvez définitivement vous passer de mobile en vacances. Mais j’espère au moins que ce n’est pas pour votre réseau social ou votre boulot. Donc autant se distraire et jouer…

Qui dit vacances, dit wifi hasardeux, panne de réseau. Alors il faut viser du jeu qui peut fonctionner offline. Et tant qu’à faire, en bon geek, on va se prendre un truc bien prise de tête, long… Tiens, un diablo-like, par exemple. Pour rappel, Diablo est un jeu de rôle de type Hack’n Slash où l’on parcourt des « donjons » pour massacrer du monstre à tour de bras. Et bien, il y a un clone de Diablo, fait vraisemblablement par des fans du jeu, tellement c’est ressemblant. Ca s’appelle Eternium, c’est gratuit et même sans pub. Enfin gratuit, presque car on peut acheter des bonus, armes etc dans le jeu. Sinon, il va falloir « leveler »et explorer les méandres de ces labyrinthes. Ce qui est appréciable ici, c’est l’interface. Pas de surcharge, pas de trucs trop petits (même si les menus…) et un système de commande pensé tactile avec des formes à dessiner sur l’écran pour faire des « combos », ou des assauts. Chose appréciable, après l’installation, il télécharge les données du jeu pour pouvoir jouer offline. Il faudra juste un peu de place sur la carte SD/Mémoire du téléphone. Sans être époustouflants, les graphismes restent fidèles à l’esprit de l’original. La vidéo suivante vous donne idée de ce que ça donne à haut niveau.

Ok, vous êtes plus dans la réflexion que l’action. Alors pourquoi pas un jeu de « cartes » en solo, un truc pour faire fonctionner votre vrai cerveau? Il y a Onirim pour cela. Bon, pour les règles, il y a un excellent tutoriel, sinon ça va être compliqué à détailler. Mettez du Uno, des Dominos, du Magic  et mélangez le tout…. Et là je simplifie. Par contre, le challenge est plutôt relevé pour les amateurs. Pour tout dire, il existe en jeu de carte normal, ce qui est expliqué dans la vidéo suivante :

Alors en sachant que le jeu mobile est tout à fait fidèle, et là encore sans pubs intempestives, vous serez peut-être tentés par le challenge. Effectivement, il y a du hasard, mais on peut mettre en place des stratégies pour arriver à « sortir du labyrinthe ».

Voilà, c’est tout, car avec ces deux là, ça doit suffire pour vos deux semaines réglementaires, voir trois ou quatre. Sinon, on va me dire que je pousse au vice.


Tagged: action rpg, android, geek, iOS, jeu de carte, jeu de role, mobile

Vieux Geek, épisode 91 : Plan 9 from Bell Labs, l’OS mythique !

Bell Labs est connu pour avoir été l’employeur des créateurs d’Unix. Mais pas seulement. Si la dernière version officielle de l’Unix original est le Système V Release 4 (sorti en 1988), les efforts de développement amenère au développement d’un OS entièrement nouveau, qui au principe du « tout est fichier » d’Unix rajouta un autre principe « tout est réseau ». Autant dire que c’était une petite révolution à l’époque, surtout que l’internet était encore balbutiant.

Dans une équipe menée par Ken Thompson et Rob Pike, des nouveautés sont intégrées comme proposer une interface graphique dès le départ, le support du TCP/IP. Sans oublier des nouveautés qui ont été rétro-portés sur les Unix « vieille école » comme le standard Unicode pour permettre de simplifier la tâche des développeurs.

Entre 1992 et 2002, quatre éditions de Plan9 sortiront. L’université de Berkeley en 2014 fut autorisée à publier le code de la quatrième édition sous licence GPL v2.

On peut d’ailleurs récupérer une image ISO pour voir à quoi ressemble Plan9

J’ai donc récupéré l’image ISO et j’ai décidé de passer par Qemu. VirtualBox ne semble pas être le meilleur outil pour voir Plan9 en action.

Mais d’où vient le nom Plan9 ? Tout simplement du « pire film de tous les temps » (quoiqu’avec les productions à la « Bad Buzz » sorti en 2017) tourné en 1959 par Ed Wood.

Quant à Glenda, c’est un hommage à un autre film d’Ed Wood « Glen or Glenda » qui s’était penché – quoiqu’un peu tôt et avec maladresse – sur la transexualité. Sans oublier l’éditeur Acme qui est sûrement un clin d’oeil à la Acme Corporation qui peuple les épisodes des Looney Toons.

C’est vrai que c’est un système cryptique et j’avoue que je serai incapable de l’utiliser plus de quelques heures sans avoir envie de le balancer par la fenêtre… Mais cela montre aussi la culture et l’humour des développeurs… Qui sont allés un peu plus loin, car il s’appelle Inferno… Ah, ces développeurs 🙂

Blog : Dépendance et isolement

J’ai fait un petit exercice l’autre jour, alors que j’étais dans le métro. J’ai regardé autour de moi, au lieu de rester rivé à mon écran de smartphone comme mes congénères. La moitié du wagon, au moins,  était à regarder un écran. 

Dans le métro de Pékin, c’est même pire. Pourtant, les parisiens adorent se renfermer, être désagréables et bousculer tout le monde (ok, les Pekinois, enfin les habitants pas les chiens, ne sont pas des exemples non plus). Mais il y a quelques années, ils avaient un journal, un livre, une pelote de laine, une console de jeu et un gros casque sur la tête… Aujourd’hui, il y a tout sur le même écran, cerveau compris. Je le sais, le mien est posé à coté de moi, pendant que j’écris cet article sur un autre écran.

Arrivé à la gare, je suis allé à la librairie presse. Oh, elle était bien déserte, je trouve par rapport à la cohue ordinaire. ça doit avoir quelque chose à voir avec cette habitude d’avoir tout sur l’écran. Forcément, on achète moins son quotidien, surtout dans une gare de Banlieue où l’on a des gratuits et un voyage durant parfois moins de 30 minutes. Je cherchais moi même un trimestriel (là t’es sûr que ça traite pas d’actualité!) et évidemment, il n’y était pas. Bilan, un peu plus tard, dans mon train, je me suis rabattu…..sur mon smartphone. Déjà parce que le paysage n’est pas très reluisant sur la ligne. Mais en plus, tu n’as pas l’air louche si tu observes tes compagnons d’infortune… ce que j’ai quand même fait :  Une dame avec un smartphone dont la coque avait des oreilles scintillantes jouait en écoutant de la musique. Un autre semblait corriger des notes manuscrites en tapotant sur sa tablette, le dernier pas avant le burn out. Un autre encore s’était barricadé avec son barda en écoutant de la musique avec ses écouteurs, comme si on allait lui piquer. Une jeune fille tapotait frénétiquement sur son smartphone avec un sourire niais toutes les 10 s. Sans écran, point de salut.

Distraction, outil de saisie, outil de communication, outil d’information… Avec tout ça, on se dit que forcément c’est mieux qu’avant. Le soir, j’ai utilisé mon deuxième cerveau pour me guider dans les embouteillages…Pas de miracle, c’était 1H30, le tarif. Et puis, il faut se méfier de cette dépendance. On se retrouve vite les yeux captés par cet écran plutôt que par la route. Parfois, on a le cycliste muni d’un casque audio, ou le piéton mélomane qui traverse sans se soucier du monde qui l’entoure. Je n’ai toujours pas rajouté d’autocollant « vieille dame » sur le flanc de mon véhicule, façon Papy Boyington (référence moisie assumée). Et le chemin indiqué obéit à un algorithme très stéréotypé qui fait qu’à un moment, tu es dans le même chemin tordu que l’ennemi d’à coté. Ton GPS hésite entre 2 solutions et bascule de l’une à l’autre dans un chaos infernal. A ce moment là, tu te souviens que ton cerveau est juste derrière tes yeux….ou pas. Mais comme maintenant t’es pas foutu de retenir ton propre numéro de téléphone, ton calepin d’avant c’est ton smartphone….qui transporte presque ta vie.

Et là,  le drame, l’incident fatal. Tu le perds. Celui qui le récupère a ta vie dans ses mains, les clés de chez toi, de tes secrets intimes. T’as rien chiffré,  pas mis de mot de passe, évidemment. On se tape des pubs et émissions à longueur de journée sur les cambriolages de l’été mais rien sur les escrocs qui facturent nos cerveaux de rechange. C’est sur que si nous avions mieux utilisé le premier,  nous n’en serions pas là. Je plaide coupable aussi car je suis bien imprudent aussi. Il y a des failles car  qui aime vivre barricadé derrière une serrure qu’on ouvre avec deux ou trois clés,  où il faut ranger tout tout le temps au bon endroit. J’aimerai tant vivre portes et fenêtres ouvertes. Tout nous pousse à l’inverse, jusqu’à l’actualité où 14 juillet est synonyme de terrorisme et d’armée plutôt que de révolution et liberté.

Alors on ferme tout en plus de s’isoler et on communique avec ses proches par des onomatopées et des codes. On s’envoie des visages dessinés oubliant de regarder celui des autres. Et notre cerveau se démode, se déprécie en plus. Certains croient rester jeune en changeant tous les 6 mois, que pas cher c’est pas bien…ou très cher c’est mieux. La pression sociale pousse à utiliser la même chose que le voisin, pour se rapprocher. Tu te sens vite exclu si tu ne joue pas dans ton coin au même jeu que les collègues, si tu n’es pas dans le même réseau. Oh, ça valait déjà avant, à l’école. On a déplacé le problème.  On court à l’isolement et on partage sa vie. Curieux phénomène qui mène à une sorte de schizophrénie,  une mégalomanie où l’on redoute le « hater » inconnu plus que la remarque perfide d’un ami, où on collectionne de l’amitié comme des personnages d’un jeu vidéo.

Je n’aurai pas du prendre ce train, regarder le monde qui m’entoure. Rester entre soi et son jumeau cybernétique,  voilà la solution bien sûr ! J’ai programmé deux mois d’articles culturels et geeks, là,  histoire d’être tranquille pendant cette période de moindre fréquentation des blogs. Encore que je dois avoir de quoi terminer l’année pour un blogueur moyen… Comme je l’avais dit en début d’année, se recentrer sur soi apporte du temps pour lire, écrire,découvrir, et pourtant il reste encore des manques, des manqués,  des mantras….

Et hop, pirouette pour le titre de cette semaine après un billet venu comme ça, sans prévenir.

(dessins et photos…de moi)


Tagged: dépendance, drogue, geek, mobile, Réflexion, smartphone

En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac.

Je sais, je publie ce billet un jeudi, mais comme c’est un week-end prolongé qui s’annonce en France où j’habite – cela me rappelle un titre des années 1970… – autant en profiter.

Côté logiciel libre, informatique et internet, en dehors de la sortie médiatisée de la Fedora Linux 26 ?

Côté culture ?

Bon week-end prolongé !

Presse du Passé : Casus Belli (1980 à aujourd’hui)

Comment ? Presse du passé et pourtant ce magazine existe encore! Oui, mais non en fait puisque le Casus Belli actuel n’a rien à voir avec celui que j’ai connu jusqu’en 1999. D’ailleurs il ne fait que revenir et repartir depuis.

Après ma découverte du jeu de rôle et du wargame sur Jeux et Stratégie, je me suis retrouvé orphelin à sa disparition. Mais heureusement, il y avait Casus Belli, plus orienté JDR mais parlant pas mal d’autres jeux, d’heroic fantasy, de wargames (forcément, avec un tel nom…), etc …. Et le magazine a été créé en 1980, dans sa période fanzine par un certain François Marcela-Froideval, que les amateurs de BD connaissent pour le scénario des Chroniques de la lune noire. Comme il travaille dans la boutique parisienne Jeux Descartes, le magazine sera toujours très lié à ce distributeur éditeur. On retrouve aussi Didier Guiserix et il y a de forts liens avec J&S, au début….puisqu’en plus c’est Excelsior qui reprend le magazine avant de le fermer en 1999.

Ce magazine m’a accompagné donc entre le milieu des années 80 et le milieu des années 90. J’ai parfaitement en mémoire les magnifiques couvertures de 87 par exemple, où l’on peut voir l’une des mascottes, Kroc le bô créé par Chevalier et Ségur. On y parle de littérature sinon et j’y découvrirai le cyberpunk. On y parle jeu de figurines, et ça sera une de mes passions avec même une écriture d’une règle que j’ai du laissée dans des cartons. On y parle histoire, forcément, pour le wargame, mais aussi des tendances du moment, comme l’arrivée des Mangas. Je m’amuserai avec Car wars pour me prendre pour Madmax, avec Blood bowl pour enfin comprendre les règles du foot US, et j’en passe. Le jeu en encart y retrouvera aussi une existence et j’en ai collé des pions sur des feuilles cartonnées.

Et j’oubliais Formule Dé, un jeu de plateau que j’avais découvert dans un salon en prototype et qui sera ensuite édité et dont Casus Belli fournira un circuit. J’en avais décliné une version « Nascar » avec ma propre règle et mon propre ovale de vitesse. Mais en relisant tout cela, je m’aperçois aussi que j’ai arrêté de lire le magazine dans sa nouvelle formule de 1993. Cela tient plus aux études et à l’arrivée du jeu vidéo que d’un manque de qualité du magazine. C’est d’ailleurs ce qui va le tuer aussi car le jeu de rôle est devenu un jeu informatique, tout comme le wargame d’ailleurs. Les jeux de carte comme Magic ont tenu un peu de place mais il y avait aussi une presse spécialisée pour cela. Les jeux de plateau et le reste sont restés dans un microcosme qui subsiste encore de nos jours mais n’est plus ce qu’il était. A l’époque, on jouait dans les salles de permanence du lycée, que ça soit à Stormbringer ou à Magic.

Bref, ce magazine a été le témoin d’une époque, de ma jeunesse et ça fait vraiment bizarre de feuilleter un ancien numéro, maintenant. Nostalgie, quand tu nous tiens.

 

 


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Vieux Geek, épisode 90 : l’arche du Captain Blood, le jeu d’aventure sans fin ou presque ?

Je sais ce que vous allez me dire : p’tain, il va nous la jouer laxatif avec un jeu d’aventure sorti il y a une grosse trentaine d’années… C’est en partie vrai, et en partie faux.

Si on parle de jeu d’aventure mythique, avec Zork, c’est un de ceux qui font partie des plus cités. Il a été publié par Ere Informatique qui deviendra Exxos puis Cryo par la suite.

Petite parenthèse : j’avais déjà parlé des jeux d’aventures d’Ere Informatique dans l’épisode 38 de la série vieux geek. Fermons la parenthèse.

Sorti en 1988 d’abord sur Atari ST, il a été porté sur Amiga, Amstrad CPC, Commodore 64, PC, Thomson et même Spectrum… Autant dire que ce fut un jeu multi-plateforme.

Le joueur incarne Bob Morlock, surnommé Blood, un programmeur qui vit dans la misère. Il décide de développer un jeu où l’on doit combattre des extra-terrestres. Suite à une fausse manipulation, il se retrouve enfermé dans son jeu. Devant prendre la fuite, un accident arrive, et le pauvre Bob est démultiplié en une trentaine d’exemplaires de lui-même. Il parcourt l’univers qu’il a créé pour retrouver ses clones et les réabsorber.

Au bout de 8 siècles de recherches, il n’en manque plus que les 5 derniers numéros à récupérer.

Le jeu a une surface de jeu assez grande pour l’époque : plus de 32 000 planètes sont visitables, mais une cinquantaine seulement est habitée par des êtres plus ou moins sympathique, plus ou moins diplomates.

Après avoir envoyé un Oorxx en éclaireur, il faut parfois se frayer des chemins sur des planètes minées. Ensuite, il faut papoter avec une interface à base d’icones pour se faire comprendre par les personnages que l’on peut rencontrer. Sans oublier que le temps est compté et quand la récupération d’un des numéros, le bras de Blood se met à souffrir de la maladie de Parkinson 🙁

J’ai uniquement connu le jeu sur Amstrad CPC, et c’est donc la version que je présente rapidement dans la vidéo ci-après.

Entre le sample d’Ethnicolor de Jean-Michel Jarre, les effets spéciaux portés sur Amstrad CPC, c’est un jeu qui est resté dans ma mémoire même si je n’en ai jamais vu la fin et que des outils aient été mis en place pour espionner les coordonnées intéressantes…

J’ai rajouté en fin de vidéo la version d’origine que j’ai réussi à faire fonctionner quelques heures après avoir enregistré la première partie.

Oui, c’est un peu une madeleine de Proust ici, mais est-ce mal d’avoir de la nostalgie d’un jeu qui était vraiment incroyable pour l’époque ? 🙂

Une partie des développeurs du logiciel libre prennent-ils les utilisateurs pour des snocs ?

Cette pensée m’est venue quand j’ai lu cet article du webzine OMG Ubuntu : « Ubuntu Is Now Uncertain about Using Wayland by Default » ce qu’on peut traduire par « Ubuntu n’est pas certain d’utiliser Wayland par défaut ».

On apprend en lisant l’article que les têtes pensantes de Canonical craignent que Wayland ne soit pas suffisament mature pour être proposé pour remplacer Xorg d’ici la sortie de leur prochaine distribution en support long terme, la 18.04 LTS.

Ma question sera simple ici. N’ont-ils pas aider à ce manque de maturation en développant durant des années un projet concurrent du nom de Mir ?

On peut lire ceci sur la page d’accueil du projet :

Mir is a next generation display server targeted as a replacement for the X window server system to unlock next-generation user experiences for devices ranging from Linux desktop to mobile devices powered by Ubuntu.

Besoin de traduire ? D’accord, je le fais pour les anglophobes :

Mir est un serveur d’affichage de nouvelle génération ciblé comme un remplacement pour le système de serveur X Window pour débloquer les expériences des utilisateurs de la prochaine génération pour les appareils allant du bureau Linux aux appareils mobiles alimentés par Ubuntu.

Dès mars 2013, une dépêche postée sur trollfr.org linuxfr.org s’interrogeait sur le projet et sur son utilité réelle.

Donc, on pourrait résumer la situation ainsi : on développe un projet concurrent pour succéder à Xorg durant 4 ans. On laisse tomber le projet car c’est trop lourd à gérer, on décide d’adopter le projet combattu durant des années et on se plaint qu’il n’est pas assez mâture…

Je comprends que les développeurs de logiciels et de pilotes aient préféré attendre que la situation s’éclaircisse. Pourquoi faire deux fois le même travail pour deux projets concurrents alors qu’on peut se gaver de popcorn et de soda en attendant de savoir qui survivra au final ?

Comme disent les anglophones dans un langage assez fleuri : « Are you f* kidding me? » qu’on peut traduire par : « Tu te fous de ma g* ? »

Je prendrai un deuxième exemple, c’est un billet de veille de Devil505, un camarade libriste que je connais depuis des années, quand il était mainteneur et empaqueteur pour l’intimiste Frugalware Linux, concurrente malheureuse de l’Archlinux qui n’a jamais su se vendre auprès des utilisateurs.

Il s’est ensuite investi auprès de la elementaryOS et de ses applications castrées via l’animation du site communautaire francophone… Réinventer l’ergonomie, ce n’est pas donné à tout le monde. Parfois la malchance, hein… On dit que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit pourtant !

Dans ce billet, il casse – à raison – le fait que System76 travaille sur son ubuntu 17.10 revampée. Il mentionne aussi que le community manager est salarié chez System76, et s’étonne qu’elementaryOS ne soit pas proposée par l’entreprise.

Peut-être est-ce que le community manager en question n’a nullement accès au département des décisions stratégiques de System76 ? Ou que System76 se soit aperçu que le projet elementaryOS est encore trop immature sur de nombreux points pour être imposé à leur clientèle ?

C’est une simple question que je me pose. En tout cas, j’ai comme l’impression que parfois certains développeurs sont tellement enfermés dans le code qu’ils ont tendance à oublier que le monde des utilisateurs n’est pas aussi idéal qu’imaginé.

Quant au terme employé dans le titre, je pense qu’il n’est pas besoin d’avoir postulé à Saint-Cyr pour le comprendre 🙂

Les projets un peu fou du logiciel libre, épisode 13 : SeaMonkey, la continuation de la Suite Mozilla…

Pour le treizième épisode de cette série, parlons d’un logiciel mythique du monde de l’informatique libre, la Suite Mozilla.  Quelques repères temporels pour se remettre dans le contexte pour la suite du billet.

31 mars 1998, Netscape libère le code source de la version pré-alpha de ce qui devait être Netscape Navigator 5.0.

Octobre 1998 : après quelques mois à travailler sur le code source libéré en mars 1998, l’équipe laisse tomber et se replie sur un nouveau projet, NGLayout (Next Generation Layout) qui deviendra Gecko.

Novembre 2000 : sous la pression d’AOL qui a racheté Netscape fin 1998, Netscape 6.0 sort. C’est une horreur et une erreur stratégique qui scelle le sort de la première guerre des navigateurs. Faudra que je revienne sur cette chose dans un billet dédié, tiens 🙂

5 Juin 2002 : la Suite Mozilla 1.0 sort enfin. Comme le projet d’origine, elle comprend le navigateur, le client courrier et forums, un client d’IRC et un éditeur de pages HTML.

Septembre 2002 : un petit groupe de développeur décide de scinder le navigateur du reste du code de la suite. C’est le projet Phoenix qui vient de naître.

9 Novembre 2004 : Mozilla Firefox 1.0, descendant de Phoenix sort enfin.

Mars 2005 : la Fondation Mozilla décide ne plus travailler sur le code source de la suite pour se concentrer sur le duo Mozilla Firefox et Mozilla Thunderbird.

Juillet 2005 : le SeaMonkey Council annonce que la suite continuera de survivre sous le nom de SeaMonkey.

30 janvier 2006 : SeaMonkey 1.0 est publié.

Au moment où je rédige cet article, le 10 juillet 2017, la dernière version disponible de SeaMonkey est la version 2.46, sorti en décembre 2016.

Étant fan des versions de développement, j’ai donc récupéré le code de SeaMonkey – dont le dépôt est commun avec celui de Mozilla Thunderbird – puis je l’ai fait recompilé. Je sais, j’aurai pu prendre une version pré-compilée, mais j’aime les binaires créés maison 🙂

J’ai aussi récupéré les images ISO de la Slackware Linux 10.2 sortie en septembre 2005. Cela permettra de comparer sur le plan purement graphique les différences entre les deux projets. Ça peut toujours être intéressant à voir, non ? 🙂

Comme vous avez pu le voir, les différences sont surtout au niveau du moteur de rendu, et un peu au niveau graphique. Si vous aimez les outils tout-en-un, SeaMonkey est un projet potentiellement intéressant.

On peut être nostalgique, mais il faut savoir rester pragmatique. Après, chaque personne trouve midi à sa porte, après tout ! 🙂

Et si on faisait un bilan au de bout de 5 ans des distributions GNU/Linux ? Deuxième partie.

Le 2 juin 2017, j’avais décidé de voir au bout de 5 ans quels projets de distributions GNU/Linux dont j’avais parlé en 2012 étaient encore en vie.

Même si je comptais faire un billet pour le mois de septembre, j’ai préféré prendre un rythme mensuel jusqu’en décembre 2017.

Voyons donc de quoi je parlais en juillet 2012…

2 juillet 2012 : je parlais de la Viperr qui proposait sa deuxième version. J’attends encore la Viperr basée sur la Fedora 25, mais le projet était encore bien portant aux dernières nouvelles 🙂

6 juillet 2012 : c’est la naissance de la fondation OpenMandriva... Quand on sait l’état des deux projets concurrents descendant de la Mandriva, 5 ans plus tard on se dit que l’auto-destruction mutuelle n’est pas uniquement théorique…

15 juillet 2012 : le projet Emmabuntus avec sa version 2… Autant dire que cela fait plaisir de se souvenir que cette distribution vraiment utile est aussi âgée que cela 🙂

20 juillet 2012 : c’était au tour de la bêta 1 de PC-BSD 9.1 qui existe de nos jours sous l’appellation de TrueOS. Décidément les projets ne s’en tirent pas trop mal !

28 juillet 2012 : autre projet basé sur FreeBSD, GhostBSD à l’époque de sa 3 bêta 1. Le projet est toujours vivant de nos jours.

30 juillet 2012 : tiens, la Calculate Linux de l’époque… Je ne me souvenais plus que j’en avais parlé en 2012. Et déjà à l’époque, je me plaignais de l’absence d’un outil de gestion graphique des paquets… Comme quoi 🙂

31 juillet 2012 : c’était au tour d’une distribution basée sur la CentOS 6 de passer sous ma souris. Le projet continue d’exister, une version 6.5 étant sorti en août 2015.

Donc, mise à part le coup de Jarnac de Mandriva qui se paye cash quelques années plus tard, le mois de juillet 2012 est assez positif avec 5 ans de recul. On verra le mois prochain 🙂