Blog : Génération(s)

Au départ, j’avais prévu de parler d’Algorithmes, les nouveaux bouc-émissaires pour tous nos problèmes, d’APB* à l’IA qui va tuer des métiers, en passant par celle des … jeux. Et puis mon petit sujet de la semaine m’est venu en discutant avec un collègue revenu d’une grosse semaine à Tokyo…

J’ai trouvé mon maître en émulation (ok, c’est pas dur)…. Le gars est tellement fan de Final Fantasy qu’il a tous les épisodes du 1 au IX en émulation sur son smartphone. Je rappelle quand même que le IX, c’était sur 4cd, à l’époque, ce qui fait plus de 2Go à chaque fois. Il a beau être plus jeune que moi, il a curieusement les mêmes références coté jeux vidéo. C’est étonnant comme cela sert parfois de passerelles entre générations. Je vois ce jeunot de Genma (:p) qui s’interroge là dessus, sur ce qu’il est, sur comment communiquer. Et bien parfois ça se présente comme ça, par hasard, par une passion, un hobby. Je parlais japon puis on est passé à Square Enix, Konami… et on parle alors comme des anciens combattants de la PSX (oui, ça s’appelait comme ça, à l’époque, la playstation). On a même parlé Bayonetta et Dark Souls, c’est dire comment ça dérive.

Dans mon article sur les émulateurs sur Android, je n’avais justement pas parlé de cette console emblématique d’une génération de joueurs : La Playstation. Déjà parce que je n’avais pas trouvé d’émulateur performant et « libre » ou gratuit. Qu’à cela ne tienne, je me suis fendu de quelques euros et j’ai mis en concurrence ePSXe et FPse (je n’ai pas encore décidé lequel est le mieux…) qui nécessitent tous les deux de récupérer un fichier de bios scph1001.bin. Une simple recherche vous amènera vers le fichier qui va bien, parce que je ne me vois pas récupérer ça dans ma console qui prend la poussière…. Pas plus que numériser mes ISO correctement d’ailleurs à partir de tous les CD originaux que j’ai gardés. Et me voilà donc à démarrer Gran Turismo d’un coté et Final Fantasy VII de l’autre. Pour le premier, il faut s’accrocher pour diriger avec précision une voiture en tactile sur un téléphone, même si j’ai passé la licence B et gagné une course après plusieurs essais. Mais pour le second, aucun problème et rien que la cinématique du début m’a donné des frissons avec la musique de Uematsu.

La première séquence de jeu de FFVII….sur mon mobile!

Ce n’est pas que de la nostalgie car c’est là qu’on remarque que ce qu’on vit dans son adolescence et sa vie de jeune adulte, marque durablement. Parfois c’est le grand frère qui refile sa vieille console et qui contamine le plus jeune. Idem pour la musique, les BD, les livres… On oublie comment cette transmission entre générations peut se faire. J’ai été surpris récemment par un gamin en apprentissage qui écoutait de vieux groupes et connaissait bien ses classiques, tout en écoutant la dernière merde chiée par NRJ. Ou bien on parle de Pokemon, les premiers épisodes pas le Go, un jeu dont l’age d’or a été il y a 15 ans…. C’est là aussi qu’on voit que le jeu vidéo s’est banalisé. Si ma génération a été la génération des gamers, ensuite on a une période plus casual, et maintenant plus mobile, avec des manières de jouer différentes. Si j’entreprends de parler de vieux jeux, avec quelques parallèles sur ce qui sort sur Mobile, c’est aussi parce qu’il y a des passerelles entre générations. Pas sur qu’on parlera avec autant de passion du temps passé sur Snapchat, Facebook, Twitter…. mais ce sont aussi des passerelles entre générations.

D’ailleurs, il y a des générations d’utilisateurs de réseaux sociaux aussi. Il y a ceux, comme moi, qui ont connu les débuts de ces trucs avant d’en voir les travers rapidement et de les fuir, au bout du compte. Il y en a d’autres qui sont arrivés alors que c’était bien installé et d’autres qui trouvent sans doute ça déjà « Has Been ». J’ai effectivement l’impression que ça se scinde beaucoup plus qu’avant, même si presque « tout le monde » a un compte de tortionnaire de caprin, histoire de…. Même les sites de rencontres se subdivisent en niches, générations, castes. Un anneau, pardon, un réseau pour les gouverner tous, disait un magicien. Je crois qu’on s’est bien planté. Alors pour réunir les générations, il vaut mieux aller voir du coté culturel et ludique.

Je lisais une interview de Matmatah qui revenait en festival cette année. Ils revoient des têtes connues dans les premiers rangs mais aussi des jeunes dont ils se demandent comment ils peuvent les connaître… La transmission est étonnante. Et blog, vidéos, podcasts sont aussi des moyens de transmissions entre générations. Si Cyrille utilise son marronnier habituel sur le sujet, je suis  moins pessimiste que lui sur l’avenir de l’écrit, comptant sur l’effet de mode. On appellera ça autrement que blog (ah les marketeux me feront toujours marrer), peut être mais ça reviendra en parallèle des autres médias, le temps de trouver la place. Je me vois mal faire une vidéo en improvisation totale comme ce billet, par exemple, ou parler à un micro avec ma voix de …. four à micro-ondes. (je vous laisse essayer l’immitation). Je vois que Frédéric, quand il n’écrit pas des sagas pour un futur feuilleton avec Ingrid Chauvin (:p), se consacre à faire découvrir des perles d’OS peu connus. Si ce n’était sa capture d’écran trop riquiqui et à mes yeux, je trouve ça parfait justement comme transmission… Surtout qu’on subit la dictature de la nouveauté dans les moteurs de recherche et … dans les normes du web.

Et il est temps de conclure, justement…Et dans transmission, il y a Trance (oui, elle est capilotractée, celle là)

*: Admission post bac, le bouc émissaire qui fait oublier qu’on n’a pas investi dans les universités pour créer des places, que les parents et les enfants sont souvent irréalistes et mal conseillés dans leur demande, allant dans des filières sans avenir ou débouchés suffisants et que les critères sont d’une hypocrisie crasse…


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Blog : Dépendance et isolement

J’ai fait un petit exercice l’autre jour, alors que j’étais dans le métro. J’ai regardé autour de moi, au lieu de rester rivé à mon écran de smartphone comme mes congénères. La moitié du wagon, au moins,  était à regarder un écran. 

Dans le métro de Pékin, c’est même pire. Pourtant, les parisiens adorent se renfermer, être désagréables et bousculer tout le monde (ok, les Pekinois, enfin les habitants pas les chiens, ne sont pas des exemples non plus). Mais il y a quelques années, ils avaient un journal, un livre, une pelote de laine, une console de jeu et un gros casque sur la tête… Aujourd’hui, il y a tout sur le même écran, cerveau compris. Je le sais, le mien est posé à coté de moi, pendant que j’écris cet article sur un autre écran.

Arrivé à la gare, je suis allé à la librairie presse. Oh, elle était bien déserte, je trouve par rapport à la cohue ordinaire. ça doit avoir quelque chose à voir avec cette habitude d’avoir tout sur l’écran. Forcément, on achète moins son quotidien, surtout dans une gare de Banlieue où l’on a des gratuits et un voyage durant parfois moins de 30 minutes. Je cherchais moi même un trimestriel (là t’es sûr que ça traite pas d’actualité!) et évidemment, il n’y était pas. Bilan, un peu plus tard, dans mon train, je me suis rabattu…..sur mon smartphone. Déjà parce que le paysage n’est pas très reluisant sur la ligne. Mais en plus, tu n’as pas l’air louche si tu observes tes compagnons d’infortune… ce que j’ai quand même fait :  Une dame avec un smartphone dont la coque avait des oreilles scintillantes jouait en écoutant de la musique. Un autre semblait corriger des notes manuscrites en tapotant sur sa tablette, le dernier pas avant le burn out. Un autre encore s’était barricadé avec son barda en écoutant de la musique avec ses écouteurs, comme si on allait lui piquer. Une jeune fille tapotait frénétiquement sur son smartphone avec un sourire niais toutes les 10 s. Sans écran, point de salut.

Distraction, outil de saisie, outil de communication, outil d’information… Avec tout ça, on se dit que forcément c’est mieux qu’avant. Le soir, j’ai utilisé mon deuxième cerveau pour me guider dans les embouteillages…Pas de miracle, c’était 1H30, le tarif. Et puis, il faut se méfier de cette dépendance. On se retrouve vite les yeux captés par cet écran plutôt que par la route. Parfois, on a le cycliste muni d’un casque audio, ou le piéton mélomane qui traverse sans se soucier du monde qui l’entoure. Je n’ai toujours pas rajouté d’autocollant « vieille dame » sur le flanc de mon véhicule, façon Papy Boyington (référence moisie assumée). Et le chemin indiqué obéit à un algorithme très stéréotypé qui fait qu’à un moment, tu es dans le même chemin tordu que l’ennemi d’à coté. Ton GPS hésite entre 2 solutions et bascule de l’une à l’autre dans un chaos infernal. A ce moment là, tu te souviens que ton cerveau est juste derrière tes yeux….ou pas. Mais comme maintenant t’es pas foutu de retenir ton propre numéro de téléphone, ton calepin d’avant c’est ton smartphone….qui transporte presque ta vie.

Et là,  le drame, l’incident fatal. Tu le perds. Celui qui le récupère a ta vie dans ses mains, les clés de chez toi, de tes secrets intimes. T’as rien chiffré,  pas mis de mot de passe, évidemment. On se tape des pubs et émissions à longueur de journée sur les cambriolages de l’été mais rien sur les escrocs qui facturent nos cerveaux de rechange. C’est sur que si nous avions mieux utilisé le premier,  nous n’en serions pas là. Je plaide coupable aussi car je suis bien imprudent aussi. Il y a des failles car  qui aime vivre barricadé derrière une serrure qu’on ouvre avec deux ou trois clés,  où il faut ranger tout tout le temps au bon endroit. J’aimerai tant vivre portes et fenêtres ouvertes. Tout nous pousse à l’inverse, jusqu’à l’actualité où 14 juillet est synonyme de terrorisme et d’armée plutôt que de révolution et liberté.

Alors on ferme tout en plus de s’isoler et on communique avec ses proches par des onomatopées et des codes. On s’envoie des visages dessinés oubliant de regarder celui des autres. Et notre cerveau se démode, se déprécie en plus. Certains croient rester jeune en changeant tous les 6 mois, que pas cher c’est pas bien…ou très cher c’est mieux. La pression sociale pousse à utiliser la même chose que le voisin, pour se rapprocher. Tu te sens vite exclu si tu ne joue pas dans ton coin au même jeu que les collègues, si tu n’es pas dans le même réseau. Oh, ça valait déjà avant, à l’école. On a déplacé le problème.  On court à l’isolement et on partage sa vie. Curieux phénomène qui mène à une sorte de schizophrénie,  une mégalomanie où l’on redoute le « hater » inconnu plus que la remarque perfide d’un ami, où on collectionne de l’amitié comme des personnages d’un jeu vidéo.

Je n’aurai pas du prendre ce train, regarder le monde qui m’entoure. Rester entre soi et son jumeau cybernétique,  voilà la solution bien sûr ! J’ai programmé deux mois d’articles culturels et geeks, là,  histoire d’être tranquille pendant cette période de moindre fréquentation des blogs. Encore que je dois avoir de quoi terminer l’année pour un blogueur moyen… Comme je l’avais dit en début d’année, se recentrer sur soi apporte du temps pour lire, écrire,découvrir, et pourtant il reste encore des manques, des manqués,  des mantras….

Et hop, pirouette pour le titre de cette semaine après un billet venu comme ça, sans prévenir.

(dessins et photos…de moi)


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Blog : Européen !

Je vous rassure, je ne souffre pas de Macronite aigüe comme beaucoup de mes concitoyens mais je réagis à froid sur les disparitions de Simone Veil et Helmut Kohl. Car, en dehors d’autres oeuvres politiques, ils ont participé, à leur manière, à construire un idéal européen, même s’il n’a pas été concrétisé comme on le voudrait. Ce qui me fait me sentir… Européen.

(Reuters)

Oh, je te vois venir, toi le souverainiste ou le critique de Bruxelles qui trolle à tour de bras les billets un peu politiques. Non, ce n’est pas de cette Europe dont je veux parler. Je veux parler d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, une Europe de fraternité entre les peuples. Et j’ai l’impression que cela vient plus de mon éducation que de mon ascendance. Car évidemment, j’ai eu des ancêtres qui sont morts dans ces conflits européens en 1870-71, en 1914-18, plus les emprisonnements et déportations de 1939-1945. Alors l’Allemand n’était pas forcément bien vu à la base. Le Grand père aura bien du mal à visiter la Forêt noire sans penser à tout cela. Mon père était adolescent quand c’était le maquis….Mais après guerre, de grands Hommes (avec le H incluant des femmes …) ont permis cette réconciliation longue. Je me focalise essentiellement sur l’Allemagne et la France car c’est quand même ce qui a structuré cette Europe.

J’ai appris l’Allemand et forcément, ça aide pas mal ensuite à comprendre l’autre. C’était aussi avec la carotte du « niveau des classes », ce qui au final ne fait pas vraiment de différence après… Mais j’ai fait aussi des voyages scolaires et des séjours linguistiques dans ce pays. Ok, je ne suis pas très doué mais j’arrive quand même à comprendre un peu d’une conversation….moins qu’en Anglais par contre 😀 . Et puis, je suis forcément un enfant du Mitterandisme plus que de Giscard ou de Chirac. 14 ans de « règne » avec une complicité très forte avec l’Allemagne, ça marque une adolescence. Alors je me souviens des larmes d’Helmut Kohl à l’enterrement de Mitterrand et je ne peux m’empêcher d’avoir de la sympathie pour ce chancelier, même si à l’époque je ne connaissais pas grand chose de sa politique intérieure. Quant à Simone Veil, outre l’IVG, j’ai en mémoire son rôle dans la construction européenne et ses paroles, même si j’ai plus de souvenirs de Jacques Delors.

L’Europe,  j’ai eu aussi la chance de la découvrir ailleurs….par les pays limitrophes. Et en France, on est gaté pour ça. Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Angleterre….Et par extension on peut pousser jusqu’au Portugal, l’Autriche, la Hollande. Sur ces pays, j’en ai bien visité les 3/4 ce qui forge aussi un sentiment d’appartenance européenne. Je n’ai pas fait Erasmus, par contre mais les correspondants, ça aide aussi. Là encore, ils furent plutôt allemands….Notamment un que j’avais rencontré juste après la chute du mur de Berlin. Hasard, je passais l’été en Forêt noire et Bavière et je voyais débarquer les allemands de l’est avec leurs Wartburgs et Trabants. J’ai sympathisé avec un jeune allemand de mon age qui venait de Dresde. On a correspondu quelques temps ensuite par courrier et puis ça s’est arrêté je ne sais plus trop pour quoi…L’Europe s’agrandissait alors avec de l’espoir. Et pour quelqu’un qui vient d’une « Banlieue rouge« , l’Europe c’était aussi des jumelages avec des villes du bloc de l’est. Je n’ai pas fait de voyage à Dessau à cette époque, mais il y a eu quelques uns de mes camarades de classe. Je me souviens juste d’avoir vu le rideau de fer un an et demi avant sa chute.

Il est pas beau le lycée? Du pailleron pur jus!

L’Europe, c’est aussi des cours de géographie et d’histoire au lycée. Nous avons eu l’honneur de décortiquer le traité de Maastricht l’année où il fut voté par référendum. Mon premier vote d’ailleurs… Preuve que la prof avait bien fait son boulot, l’écueil que je voyais par moi même au traité (pas d’uniformisation du social…) s’est révélé justement ce qui met en péril aujourd’hui la construction européenne. Les profs que j’ai eues, ont eu l’intelligence de ne pas nous orienter politiquement mais nous apprendre à réfléchir par nous même. Je ne pense pas que ça a marché pour tout le monde, si j’en crois ce que sont devenus certains 😀 Mais bon, je leur en suis reconnaissant. Plus qu’une Europe politique telle qu’on la voit uniquement aujourd’hui, elles parlaient aussi de toute la conception économique, les interactions, les flux migratoires et logistiques….Avec le recul, j’ai l’impression que ça durait plus que les autres cours.

Comme je collectionnais les timbres, j’ai aussi découvert l’Europe à travers cela. Mine de rien, quand on sort un timbre sur Adenauer et de Gaulle, on s’intéresse au sujet. On essaye aussi de comprendre et connaître les timbres des autres pays, les symboles, les fêtes, les grands personnages. Bon, d’accord, les timbres de Monaco et du Lichtenstein, c’est pas hyper européen. Mais pour le reste, ça m’a passionné, autant que la découverte de la peinture à travers le Musée imaginaire. Aujourd’hui, c’est un peu loin mais je pense que les années d’enfance et d’adolescence participent grandement à forger nos idéaux. Mon père ne parlait pas politique mais il aimait me faire découvrir cela, parler de qui étaient ces personnages. Alors cet ensemble de choses a sûrement façonné ce que je suis, vis à vis de l’Europe.

Bon, maintenant, l’Europe, c’est un truc lointain, une grosse machine qui sert de bouc-émissaire, avec raison et tort à la fois. C’est vrai que ma génération se sent aussi trahie. Après ces belles paroles, ces idéaux, on nous a filé l’Euro sans le reste. Le référendum sur la constitution européenne est une blessure qui ne guérira jamais, je pense. C’est là qu’à un moment la génération qui a suivi les fondateurs a perdu le fil. Mitterrand avait ses défauts mais finalement il n’était pas si éloigné de De Gaulle dans l’esprit européen. Les successeurs n’ont pas connu la même chose car ils avaient l’age de nos parents. Et nos enfants n’ont finalement connu qu’une Europe baclée, ce qui a tendance à m’inquiéter quand j’entends des discours haineux chez des gamins. Si je suis Européen aujourd’hui, je n’en ai pas moins une défiance vis à vis de la vision de l’Europe qu’ont beaucoup de dirigeants, cette vision utilitaire et égoïste plus que spirituelle et désintéressée…. même si l’origine reste le problème du charbon et de l’acier, face à la montée du bloc de l’est et l’indépendance vis à vis des USA. Mais pour la construction de grands projets, on est aussi en panne que pour le logiciel libre (qui au niveau européen est un peu moribond aussi)

Allez, terminons sur une note d’espoir venant de Suède…

Lus mais pas chroniqués : 

  • Levius  de Nakata Haruhisa : Un manga steampunk au style graphique époustouflant mais à l’histoire vraiment déjà vu, notamment dans Gunmm…. que j’avais trouvé trop long.
  • Panique de Jeff Abott : Un polar d’espionnage (!) qui démarre vraiment sur les chapeaux de roues avant de tirer en longueur jusqu’à l’ennui et le banal.

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Blog : Montgallet est mort, une époque aussi

Cela faisait presque 10 ans que je n’étais pas retourné dans ce haut lieu de l’informatique à Paris. Je passais autour mais jamais à travers, comme si je voulais éviter tout retour nostalgique. Et puis j’en ai eu l’occasion… Mais entre temps, la population et le marché de l’informatique ont changé.

J’avais promis à un certain prof de math de raconter de ce qu’était devenu ce quartier, dont je parlais dans un historique. Il faut se souvenir de l’age d’or de ce quartier dans les années 90. Après le transfert de Surcouf rue Daumesnil, tout le monde venait là pour s’approvisionner en pièces informatiques au meilleur prix. C’est dommage, je n’ai pas de photos de l’époque, mais dès le matin, on voyait les livreurs qui approvisionnaient les magasins et les clients qui faisaient déjà le tour pour regarder les prix affichés partout pour la mémoire RAM, les disques durs, les dernières cartes mères ou cartes graphiques. Chaque magasin avait sa technique, entre les grosses feuilles A4 de couleur, les listes de prix façon cours de la bourse, les noms des marques phares en vitrine, etc… Il suffisait parfois de regarder où se trouvaient les files d’attente pour comprendre où était la bonne affaire. J’aimais justement bien cette ambiance du matin, du samedi matin même, où ça sentait le passionné de bricolage informatique à plein nez, et où tu repérais vite le néophyte. On croisait alors autant du jeune cadre dynamique que du retraité et de l’ouvrier autodidacte.

Il y a donc bien longtemps que je n’ai plus mes entrées chez le moindre vendeur. Je me souviens des 4U Computer, des aAC, des 3F, LCDI, car en plus de la Rue Montgallet, il y avait une bonne partie de la rue de Charenton. Une sorte de triangle d’or de l’informatique, en somme avec l’avenue Daumesnil. Cette vidéo allemande restranscrit bien l’ambiance :

Mais aujourd’hui alors, c’est comment ? 

Un peu comme Akihabara à Tokyo qui n’est plus comme avant à cause du jeu vidéo qui a changé, ce quartier a évolué. Aujourd’hui, plus personne n’achète des pièces en boutique pour monter sa « tour » sur mesure. Les grandes marques de carte mère vendent du PC portable, de la tablette et le passionné va se fournir au moins cher sur internet ou près de chez lui. Donc les boutiques ont changé d’activité. Je pense que près de 50% des boutiques ont disparu mais le quartier reste encore marqué par cette activité. Sauf qu’il n’y a plus aucune ambiance. C’est aussi mort que ce que peuvent l’être aujourd’hui Pigalle ou Barbes pour ceux qui ont connus ces quartiers dans les années 80. C’est bien simple, aux moments où je suis passé, je n’ai vu aucune file d’attente, aucune livraison, rien. Les affiches d’aujourd’hui sont des prix de PC portables, parfois d’occasion. Il y a encore quelques tours dans l’entrée mais elles prennent la poussière.

Et puis l’autre activité concerne aujourd’hui la réparation des ordinateurs. Je n’ai pas vu beaucoup de clients avec leurs joujous sous le bras mais quelques petites boutiques de Daumesnil ont l’air de se résumer à cela. J’ai eu un petit problème avec mon smartphone et je n’ai donc pas fait de photos mais un petit tour sur le streetview de google rend l’ambiance : Glauque, morte, sinistre… ça m’a rendu triste de voir ce quartier autrefois vivant et bordélique, totalement éteint aujourd’hui.

Bref, ça ressemble au Montgallet du passé, mais ça n’en a plus aucune saveur. Mais les fautifs sont les clients, et certainement aussi un peu les habitants du coin qui ne devaient pas trop aimer l’afflux de camionnettes et les klaxons qui vont avec. On ne consomme plus l’informatique pareil et j’en suis le premier exemple. Ma tour a fini à la benne et je n’ai pas démarré l’Optiplex qui prend la poussière au sous sol depuis 2 ans. Même à mon boulot, les centrales d’acquisition ne ressemblent plus à des PC durcis mais à des racks branchables sur des zordiportables. Je m’attendais même à voir des revendeurs de tablettes chinoises ou de smartphones. Il y en a mais très peu. La dernière fois que j’ai retrouvé l’ambiance du passé, c’était dans le quartier informatique …. d’Hanoi au Vietnam. Forcément, on leur refourgue nos Optiplex et autres Thinkstation.

Je n’aurais pas du revenir sur ce passé qui me renvoie à moi même et ma propre évolution. Je vais faire mon vieux con mais c’est un peu comme acheter sa musique en dématérialisé : Il n’y a plus le plaisir de rompre le cellophane, de regarder le livret, lire les crédits. Acheter de l’informatique aujourd’hui m’ennuie profondément, autant que regarder les designs des smartphones et leurs caractéristiques. C’est toute une époque finalement éphémère, qui a disparu et ne sera même pas dans les livres d’histoire de Paris. Au moins avec le faubourg poissonnière ou Les Halles, on sait ce qui s’y était passé. Aujourd’hui, il n’y a d’ailleurs quasiment plus de quartiers ou de rues par métiers alors que j’en ai trouvé à New York, par exemple….Une époque qui meurt et la gentrification qui continue.


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Blog : De la valeur des choses

Parfois en regardant autour de soi, on s’interroge sur la valeur des choses. Et de la musique aux études en passant par l’industrie du web, il y a de quoi s’interroger sur la bonne marche de ce monde.

Musique et jeu, même combat?

Je poursuis donc le remplissage de ma base de données « discothèque » avec mes CD. Achetés entre 10 et 15 euros neufs, j’ai constaté que la plupart ne valent plus que 1 à 2 euros aujourd’hui. Et pendant ce temps là, on trouve ces mêmes albums en streaming ou bien en téléchargement légal à 9,90 ou moins. Bref, un mélomane intelligent ira acheter des tonnes de CD d’occasion pour les numériser lui même et cela en toute légalité. Il n’y a que quelques raretés qui côtent plus que le prix d’origine. Mais encore faut-il trouver le client (rou rou….)? C’est un peu la même chose dans le Rétrogaming où les jeux GBA, DS, PS2, XBOX sont aux côtes les plus basses. Par contre pour les consoles plus anciennes, il y a des prix qui remontent. Et les consoles récentes ont des jeux surcotés en occasion. Bref, c’est le royaume de la spéculation et tout cela est lié aux modes, au temps. Les plateformes dématérialisées essayent de profiter de cela en revendant des anciens titres portés/adaptés sur les nouvelles consoles. C’est plus ou moins bien fait et on peut s’interroger sur la valeur. Ainsi on a du Final Fantasy original sur Android vendu à plus de 15 Euros et quasi ininstallable sur la majorité des smartphones du marché. On a eu aussi des portages Sega sur XBOX 360 qui étaient baclés. Mais en général, les joueurs le font payer cher aux éditeurs en les boudant et on revient à un peu plus de réalisme de leur part.

une bonne affaire musicale se cache dans cette photo :p (wikimedia)

Mais coté Musique, il y a toujours des choses que je ne comprends pas… Je cherche souvent à savoir ce qui est disponible sur les plateformes légales (certains y renvoient depuis la fermeture du moribond T411) , dans les albums que je possède. Et sans arrêt je trouve des trucs illogiques. Par exemple, pour FFF, le groupe de Marco Prince et Yarol Poupaud, on trouve le fameux live Vivants, les deux premiers albums, une réédition des trois premiers mais dont l’album éponyme est modifié et tronqué, mais jamais le « Vierge » qui est sorti chez un autre label. De ce fait, ce dernier album se retrouve surcoté à la Fnac ou Amazon à plus de 25 euros parfois. Je ne parle même pas des prix des vinyls qui sont l’objet de spéculations peu en rapport avec la valeur musicale du bien. Et selon les accords avec une maison de disque, un album peut être disponible un jour et disparaître le lendemain, sachant en plus que les artistes gagnent encore moins qu’avant, pire encore en streaming.  Un peu comme pour l’art, il y a un fossé entre le mélomane et le collectionneur, le premier évitant le plus souvent les grands circuits de téléchargement légal, le supermarché de la musique. On pourrait parler de fossé entre la réalité et la valeur.

L’éducation à vendre

En prenant connaissance des frais de scolarité des grandes écoles, j’ai eu aussi ce sentiment. J’ai vraiment l’impression qu’il y a deux mondes : D’un coté les grandes écoles d’ingénieurs dont les frais peuvent aller jusqu’à 9000 Euros sur 3 ans. Et de l’autre, les écoles de commerce qui vont de 20000 à 45000 euros pour 3 ans (une nièce est en plein dedans…). On peut me dire ce qu’on veut mais tant au niveau qualitatif des profs que du coté du matériel disponible, rien ne justifie un tarif multiplié par 5. C’est en réalité un gros business derrière, avec des prêts étudiants qui seront remboursés par les premiers salaires qui sont aussi détachés de la réalité. Parce qu’on valorise plus celui qui vend par rapport à celui qui crée, dans ce monde. Sans créateur, sans ingénieur, le marketeux et le commercial seront bien dans la merde… Mais aujourd’hui, on s’oriente clairement vers une sélection par l’argent, à l’américaine, où les salaires ne parviennent même plus à rembourser les prêts. Pour faire joli, on donne quelques bourses à des exceptions de quartiers défavorisés mais c’est bien une politique de fond qui détruit le marché de l’emploi, indirectement. Et puis, bien souvent, le plus dur est dans la sélection de la première année. Je connais bien des écoles de commerce dont les lauréats sont très creux lorsqu’ils se retrouvent dans le monde du travail, faute de réelle préparation. Mais allez comprendre le classement de ces écoles… La réalité est loin de cela. (voir aussi l’article d’Agnès)

Le prix de l’info

Et dans la presse, c’est aussi la même chose. Deux journalistes français et un irakien sont morts à Mossoul. Ils risquaient leur vie pour ramener des images qui sont diffusées bien plus rarement que du divertissement et du people. Leur salaire n’a strictement rien à voir avec les stars du divertissement, les animateurs d’émission putassières. Le moindre chroniqueur de TPMP gagne plus qu’un grand reporter avec ses piges. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de grands reporters et de correspondants à l’étranger. Ce n’est pas qu’un phénomène français mais un phénomène dénoncé depuis longtemps aux USA. Dan Rather en avait fait état avant de partir à la retraite, par exemple. On préfère faire du divertissement, dépenser pour des scoops sur les stars que payer quelqu’un à parler des choses importantes qui se passent dans le monde. Les pays regardent leur nombril, ignorant leur voisin, même européen, bâtissant des murs et des barbelés. Les investisseurs derrière les titres de la presse et les chaines ne veulent pas qu’on dérange leurs business, souvent douteux (cf Bolloré en Afrique, le social chez Amazon/Jeff Bezos…).

Le prix du néant

heureusement qu’on a attendu Zenly pour ça!

Cette différence se rencontre aussi dans la cote des entreprises, leur valorisation boursière. Là, il y a deux mondes : Les entreprises du web ou dites « du numérique », et les autres. Snapchat vient de racheter la société française Zenly 300 Millions de dollars. Un certain Xavier Niel avait investi dans Zenly justement en pensant à la revente. Mais au fait, ils font quoi Zenly? Du mapping social… C’est à dire connaître où sont les gens pour les mettre en relation les uns les autres, et surtout avec des marques à proximité. Mi 2016, ils revendiquaient 350  000 utilisateurs et visaient le million, avec 80 000 utilisateurs journaliers. Ca fait cher l’utilisateur ! En réalité, Snapchat achète une technologie qui intéresserait des concurrents, fermera la boite et intégrera au mieux une partie du truc. Snapchat, c’est quand même une boite qui est moribonde pour pas mal d’investisseurs. Alors d’où viennent les 300 millions ? Pendant ce temps là, beaucoup de boites aimeraient avoir ces millions pour développer de l’économie réelle, payer des gens qui existent vraiment. Pendant ce temps là, on a démantelé quasiment tous les fondeurs et emboutisseurs en France (cf GM&S)…. La valorisation boursière de nos constructeurs automobile a été parfois divisé par 3. Allez comprendre… sinon qu’un jour cela explosera à nouveau.

La gratuité du libre, mais pas à tout prix

Et puis on parle du logiciel libre, souvent considéré comme gratuit ce qui excuserait tout. Cyrille a soulevé le problème de la garantie du logiciel libre. Comme je le présentais, la nouvelle Debian Stretch déconne un peu dans ses premières versions et comme tout O.S., il faut se hâter d’attendre pour une machine « de production ». Malheureusement, le fait de pouvoir faire des mises à jour périodiques pousse de plus en plus à bacler des tests. On a connu ça sur les jeux vidéos, il n’y a pas de raison que ça n’arrive pas dans le libre, même chez les plus vertueux. Sauf que la garantie de se faire rembourser quelque chose de gratuit n’existe pas. La garantie du libre, c’est sa communauté d’utilisateurs et à force de la tirailler entre trop de projets, elle s’étire et disparaît. Si certains préfèrent gueuler contre les mécontents, libre à eux mais ils se trompent tellement de combat qu’ils resteront tous seuls avec leur jouet en pleurant sur le gâchis. Nous sommes pourtant nombreux à dire que l’on ne peut pas courir tous les chevaux à la fois et que si GNU/Linux a décollé un temps, c’est que l’arbre avait peu de branches à ce moment. Je serai Distrowatch, j’écrirais une charte pour savoir si une distrib  a un intérêt autre que la branlette… J’irai même jusqu’à interdire le repompage de code et d’outils chez 75% des distributions, jusqu’à virer la moitié des environnements pour qu’enfin on fignole les meilleurs…. Peut-être qu’on aurait une vraie distribution fiable pour malvoyants, si vous voyez ce que je veux dire, et pas des morceaux d’outils dans tous les sens. Mais bon, je ne suis qu’un modeste utilisateur qui ne connaît rien au code et à l’administration système, hein.

Alors comme on dit, dormez braves gens…


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Mobile : Google Opinion Rewards ou la méthode sournoise et pas chère pour récupérer des données

Je regardais le top 100 des applications téléchargées et je tombe sur ce truc qui propose de rémunérer l'utilisateur pour des sondages. Ce n'est pas nouveau mais cette fois, c'est Google qui s'y colle... ...et pas tout seul car il y a un gros logo Paypal dès le début, la société assurant les paiements. Ouah, le top de la silicon valley s'intéresse à moi !

Blog : Doit-on vraiment héberger son site wordpress ?

Derrière cette question, il y a la propriété de ses écrits. Est-ce que tout ce que vous trouverez ici est ma propriété ou celle de la société propriétaire de Wordpress.com ? Le Creative Commons n'aurait pas une grande force si demain on s'emparait de cela... C'est un peu pour cela que j'ai remis en place un blog Wordpress à son emplacement initial et qui me sert de "backup". Cela m'a permis de peser le pour et le contre des deux solutions, selon le temps que l'on veut passer à tout cela

Blog : Déchets ou l’effet papillon qu’on ignore

L'effet papillon, c'est "« Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » (Edward Lorenz). En ce qui concerne nos déchets, je dirais plutôt : "Est-ce que notre consommation peut provoquer une pollution sur une petit île du pacifique ? " La réponse est oui, si on regarde l'île Henderson qui possède la densité de déchets la plus importante au monde. Si on rajoute le fait qu'elle soit inhabitée et inhabitable, on voit bien que le problème vient bien d'ailleurs

Réflexion : Quand le monde du travail oublie la passion

Ce billet m'est venu en lisant l'expérience de Genma et après une situation vécue à mon travail où je croise apprentis et jeunes diplômés de grandes écoles. Il est aujourd'hui très dur de faire comprendre les attentes de terrain aux services des ressources humaines. Le sujet est complexe et j'avais même eu à parler passion et travail dans un sujet de philosophie au bac...alors parlons de la réalité.

Blog : Pourquoi le logiciel libre ne dominera pas le monde (à moins que…)

C'est en parcourant des articles sur Mastodon, Cozycloud et autres que je me suis fait cette réflexion un point désespérante : Si logiciel libre voulait dominer le monde, c'est assez peu probable qu'il y arrive... Le professeur Borne, maître en poutrage d'ISO et de zombies, a eu l'occasion de chercher quelques solutions d'autohébergement, de NAS estampillées logiciel libre, sans trouver le truc clé en main qu'un utilisateur de solution privative chercherait. Admettons que ça se mérite, mais on a envie au moins d'avoir des hébergeurs proposant des solutions qui fonctionnent, surtout si ça vient du créateur du produit. L'exemple Cozy Cloud est frappant et Tristan Nitot est allé jusqu'à commenter un des articles parlant de son produit... Et pour moi, il n'a rien compris car il se place dans la position bancale qu'ont trop souvent les services commerciaux faisant appel à du logiciel libre.