Blog : Pourquoi le logiciel libre ne dominera pas le monde (à moins que…)

C'est en parcourant des articles sur Mastodon, Cozycloud et autres que je me suis fait cette réflexion un point désespérante : Si logiciel libre voulait dominer le monde, c'est assez peu probable qu'il y arrive... Le professeur Borne, maître en poutrage d'ISO et de zombies, a eu l'occasion de chercher quelques solutions d'autohébergement, de NAS estampillées logiciel libre, sans trouver le truc clé en main qu'un utilisateur de solution privative chercherait. Admettons que ça se mérite, mais on a envie au moins d'avoir des hébergeurs proposant des solutions qui fonctionnent, surtout si ça vient du créateur du produit. L'exemple Cozy Cloud est frappant et Tristan Nitot est allé jusqu'à commenter un des articles parlant de son produit... Et pour moi, il n'a rien compris car il se place dans la position bancale qu'ont trop souvent les services commerciaux faisant appel à du logiciel libre.

Piratage : Le jour où l’on découvrit notre dépendance…

... A l'informatique et aux réseaux est arrivé Vendredi. Enfin, presque, car je ne suis pas sûr que tout le monde réalise les dangers, tant qu'il n'y a pas été confronté. Pour savoir de quoi je parle, un petit détour vers un article peut aider... en voici un. On y voit que de l'opérateur réseau, au système de santé, en passant par un constructeur automobile ou un transporteur de colis, tout y est passé. Mais au lieu d'une classique attaque par déni de service (comme il y a eu cette semaine sur un noeud du réseau de la presse française, suffisamment stupide pour avoir un fournisseur de service unique), c'est passé par un ransomware qui s'est propagé d'une manière pas encore totalement identifiée. Un ransomware, pour faire simple, c'est un virus qui va vous empêcher d'accéder à vos fichiers et vous demander une rançon en échange. Celui ci, baptisé WCry, serait apparu un peu avant début février, sans doute, et exploite une faille windows qui a été rapidement corrigée

Blog : De la légitimité à parler de…

Lorsque l’on est blogueur, on parle de beaucoup de choses, bien plus souvent que ce qu’un journaliste fait, puisqu’on compare beaucoup (à tort) les deux. Se pose alors la légitimité à parler de différents sujets.

Pour reprendre la comparaison ci-dessus, on ne demande pas le pédigré d’un journaliste lorsqu’il parle d’un sujet. S’est on on demandé les études qu’ont fait Mac Lesgy ou Michel Chevalet pour parler de science ? (ndla : ingénieur pour les deux…) Sait-on forcément ce qu’a fait avant le chroniqueur musical ou culinaire d’un grand quotidien? Non, on fait confiance au périodique ou à la chaîne de télévision. Parfois on oublie un peu trop les liens avec certaines puissances (les journalistes économiques par exemple) mais globalement, ça semble marcher correctement…. Pourtant le public a une défiance de plus en plus marquée vis à vis de la profession.

Histozic, en 2013…

Dans le cas d’un blog, c’est différent puisque c’est le blogueur qui fait ce qu’il veut. Il peut dire des conneries comme révéler des vérités… on n’a aucun moyen de le savoir. C’est la même chose sur Youtube et c’est aussi le cas sur les réseaux sociaux qui n’en sont que le prolongement. De là, on en découvre le phénomène des fake news, les faux sites d’informations que j’ai dénoncé en d’autres temps et ailleurs, mais aussi les « haters » qui viennent agresser ceux qui essaient de dire des vérités en disant qu’ils ont tort, sans le moindre argument. Pour certains, la légitimité vient par la profession affichée. Je ne viendrais pas attaquer M. Borne sur les maths, c’est son job et il a connu aussi une « vie réelle ». Pour le logiciel libre, c’est plus compliqué car il n’y a pas un doctorat de la Free Software Foundation.  Pour Linux, on peut être sysadmin c’est sûr, mais aussi un passionné qui a appris à se démerder par lui même. Pour le cinéma, pas besoin d’une école de cinéma pour être critique et François Truffaut a commencé comme critique, après des petits boulots avant de devenir le cinéaste respecté que l’on connaît. Etc…

Mais cette légitimité, justement , ne cache pas le sexisme. Combien de blogueuses ou youtubeuses ne traitent que de la mode ou de cuisine alors qu’elles ont d’autres boulots et hobbies plus intéressants. Le documentaire ci-dessous traite de ce sujet et on voit que beaucoup ne pensaient pas avoir la légitimité à parler d’un sujet qu’elles connaissent pourtant bien. J’ai mis du temps à parler d’automobile, par exemple, car je connais mes lacunes. Mais après un petit détour dans les forums consacrés au sujet, j’ai vu aussi le monceau de conneries que l’on peut raconter, avec l’éternel problème de la grande gueule face aux gens respectueux dans ces lieux. Je vois des blogs plutôt pas mal sur le sujet mais pas exempts d’erreurs (qui peut être parfait) et je ne me vois franchement pas faire ça tous les jours, après mon boulot. Et en plus, c’est un des milieux les plus machos qui soit, donc je ne supporte pas cette ambiance.

Alors c’est vrai que je parle de passions que j’ai eues que j’ai encore. J’ai mis un peu de temps à parler de livres, parce que je préférais avoir pratiqué moi même suffisamment l’écriture. J’ai attendu d’avoir suffisamment de culture musicale avant d’en parler, d’abord sur des forums, puis dans histozic. C’est en voyant le manque de connaissances de mes semblables en géopolitique, et après bien des années d’intérêt, que j’ai pris la plume pour cela. Mais mon métier, c’est la mesure physique et tout ce qui a trait aux incertitudes de mesure. J’ai croisé des gens qui travaillent aujourd’hui dans les meilleurs laboratoires du LNE et aujourd’hui, je sais tout le chemin qu’il me reste à faire dans un nouveau service où je suis un peu « atypique ». Alors partant de là, je devrais parler de calculs d’incertitudes, de méthode GUM (pdf) , de dérive de capteur, de modélisation d’une erreur, bref, un peu ce que je fais en partageant le savoir au quotidien, auprès de ceux qui utilisent des matériels dont ils ne connaissent rien. C’est un métier très technique (cette semaine j’aurais pu parler de lissage des données d’une loi course/effort avec détection des points d’inflexion et calcul des raideurs…) et qui ne passionne pas les foules, contrairement à l’espace, par exemple, où excelle Florence Porcel, plus présente sur Youtube, ou à l’histoire, où même un acteur peut nous faire croire à des bobards et distordre la réalité des faits.

Je m’interroge parfois sur la légitimité à parler de ces sujets. J’ai même mis des dessins à une époque, passion de jeunesse décidément trop endormie depuis 10 ans. Mais aujourd’hui je me contente de ce qu’il y a dans le menu sur le coté ou en haut. C’est déjà pas mal. Je me place non pas en tant que spécialiste, mais en tant que passionné ou amateur, celui qui aime, terme devenu péjoratif et pourtant bien meilleur que béotien (encore un mot détourné de son sens, toutefois). Je relate donc des essais de logiciels en me plaçant dans l’angle d’un utilisateur peu expérimenté (l’expérimenté trouvera plus facilement) et je crée des tutoriels dans ce sens… ce qui de toute façon reste formateur pour celui qui l’écrit et plutôt que de décortiquer une œuvre culturelle, je préfère donner à quelqu’un l’envie de la voir, l’entendre, la lire… La légitimité que je me donne ou pas, est masquée par la passion qui me fait écrire par plaisir. Le jour où je perds ce plaisir, je cesse d’écrire sur un sujet. C’est peut-être aussi ce qui m’a fait arrêter d’écrire dans un webzine, sur commande, sur des sujets qui s’éloignaient de mon intérêt, dictés par une ligne éditoriale de plus en plus différente de l’origine. D’un autre coté, je me réjouis de voir, par exemple, que Chaos invisible se lance dans des tutoriels, ou de voir des blogueuses BD se lancer dans des thèmes qu’elles connaissent moins. « c’est en forgeant qu’on devient…. »

Alors entre parler de tout et parler de choses futiles, où est le juste milieu? Sans doute dans le fait de ne pas penser au regard des autres ou attendre qu’on vous donne une légitimité comme cadeau. « l’enfer, c’est les autres »  disait Sartre dans huis clos, et penser d’abord aux autres est parfois dangereux et castrateur, même si, dans le blog, on y pense forcément….Un peu. La légitimité finit par venir avec le temps, la pratique, même dans un cercle modeste. On peut être mauvais, aussi, sans que personne ne nous le dise, comme peut-être dans cet article de blog devenu une mise en abîme dont la fin s’improvise. Mais au moins a-t-on essayé… On peut faire de la psychologie à 2 balles sur ce besoin d’écrire/parler d’un sujet, qui n’est pas éloigné de celui d’écrire des histoires, des romans. C’est avant tout un partage et une envie de raconter. Chacun a quelque chose en lui à raconter et trouvera la manière qui lui sied le mieux (comme alterlibriste pour la radio…), qu’elle soit à travers des personnages d’un livre, d’une pièce, dans un blog, etc…

Je terminerai juste sur une lecture d’un livre d’anecdotes d’une hôtesse de l’air, que j’ai eu brièvement entre les mains (le livre, pas l’hôtesse, voyons!!!). C’était la retranscription d’un blog (les éditeurs manquent d’imagination…) et l’introduction parle justement des réseaux sociaux qui rapprochent ces personnes sans attaches de leurs « proches ». J’ai du mal à comprendre comment mettre un selfie de soi dans un hôtel de rêve rapproche, ou est-ce qu’il est légitime d’être narcissique. C’est un peu la limite que je me fixe dans un blog….où je sais déjà que j’abandonnerai peu à peu quelques sujets. J’en ai abandonné un, qui est très bien traité ailleurs, par des personnes qui ont..  La légitimité, qui est aussi celle d’agir localement.

ps : demain, pas de spécial Eurovision, pour un cru 2017 pas terrible, où l’anglais domine. Au pire, je voudrais la victoire de la Hongrie.


Tagged: éducation, blog, information, légitimité, partage, Réflexion

Blog : Interactif dans ta diversité, tu seras

Mais qu’est-ce que c’est que ce titre ? J’avoue que je ne savais pas trop quoi mettre parce que je vais parler de deux sujets différents mais liés…

Après quelques années où je faisais vivre en parallèle des blogs différents, j’ai enfin tout réuni, avec un peu de tri. Voilà donc le résultat : Un blog qui réunit mes écrits sur le cinéma, l’automobile, la musique, le logiciel libre, les tutoriels, la géopolitique la vie, ….depuis 10 ans et plus (j’ai fait du ménage). Bref, un peu tout ce qui me passe par la tête mais avec quand même une trame de fond. A un moment, je croyais que cette diversité perdrait un peu le lecteur dont j’avais tout scindé. Et puis, avec le temps, j’ai compris que de toute façon ça ne servirait à rien, sinon à perdre … du temps et que ce blog est à mon image. Donc il y a bien la possibilité de lire ce qu’on veut par des flux RSS séparés par thème, ou de prendre le truc brut. Et cette semaine j’ai enfin réécrit un vrai billet géopolitique, ce que je n’avais pas fait depuis 6 mois. Chassez le naturel, il revient au galop.

Quand je parle diversité, c’est donc dans les sujets que je traite. Je sais qu’en France (et ailleurs), on aime mettre des étiquettes et je déteste ça. A priori, je ne vois pas comment quelqu’un qui lit mes billets sur les BD, ou sur le cinéma va s’intéresser au sort de la Macédoine. C’est con, mais c’est typiquement le genre de chose que j’aimerai lire, ou que je lis (cf Gilles, Cyrille, Stéphane, …. ). Quand on regarde le JT, on va avoir des informations sérieuses, des infos plus peoples, culturelles. Quand on ouvre le journal quotidien, on a même parfois des BD, des mots croisés, des recette de cuisine. Bref, on trouve un peu tout ce qu’il y a dans une vie. Et là, sur un blog, un site internet, on devrait tout classer ? Tiens (et là je prépare une transition…), ceux qui vont sur les réseaux sociaux ne vont pas pour une raison bien précise. Ils prennent des informations, du divertissement, « likent » des restaurants, des marques de fringue, ou que sais-je encore. Alors comme je disais il y a quelques semaine, j’ai le droit de bloguer ce que je veux. Et le lecteur a le droit de piocher dans ce qu’il veut, selon le moment, son intérêt pour un sujet. Je ne serai jamais un spécialiste d’un des sujets évoqués et je préfère mettre des liens vers ceux qui sauront fournir un peu plus.

« tu te souviens papy de ta première souris? »

Et c’est là qu’intervient l’interactivité dans un blog, ou même un site. Pour avoir participé au lancement d’un webzine, à une époque, j’ai vu la proximité de ces deux mondes dans le relationnel avec le lecteur/internaute. Interactivité signifie « activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels, qui agissent en ajustant leur comportement. Elle est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine. » pour wikipedia….Ouh la, ça calme! Je la vois à deux niveaux dans un blog :

  • Les liens hypertextes : Ils permettent à la fois les liens avec d’autres blogs sur un même sujet, appuyés parfois par une lourde citation comme au dessus. Mais c’est aussi des moyens de rajouter des informations sans plagier ou faire du copier-coller, comme on rencontre trop souvent. J’ai la très nette impression que l’utilisation de ces liens se raréfie, coté utilisateur, et donc au final coté créateur de contenu. J’y vois là une tendance que je vais développer plus tard. Il s’agit pourtant d’une des bases du Web.
  • Les commentaires : Ils permettent au lecteur de réagir ou de poser des questions à l’auteur d’un billet. Ils peuvent élargir le sujet, apporter une information en plus. Mais ils peuvent aussi amener un « clash », une dispute, une critique non constructive qui va parfois jusqu’à faire oublier le sujet du billet. Là encore, il y a moins de commentaires aujourd’hui, du moins sur les blogs. Cyrille en a parlé et montré du doigt le comportement qui consiste à transférer l’interactivité ailleurs… Pour moi, discuter ailleurs que chez l’auteur, c’est un peu comme parler dans le dos de quelqu’un, même si c’est pour le complimenter.(Icezine reçoit depuis hier des centaines de visites sur un article polémique en provenance de facebook, par exemple)

Oui, je n’ai pas mis de troisième niveau d’interactivité, ce petit truc qu’on voit partout autour des sites, ces logos de toutes les couleurs, qu’ils soient vers facebook, twitter, pinterest ou même diaspora. Les réseaux sociaux, ce mal incarné, gnark gnark, qu’on dit incontournables aujourd’hui puisque plébiscités par le plus grand nombre. Le progrès, vous êtes sûr ? Juste une mode pour moi. Bon, j’ai tout essayé depuis leurs débuts et jusqu’à la fin de l’année dernière, donc je sais comment ça marche et comment ça évolue et le but de tout cela (créer un internet captif autosuffisant pour facebook, par exemple). Le problème est que ça n’a de sens que si l’auteur est sur ces mêmes réseaux, sinon c’est juste pour permettre une hypothétique diffusion plus large, à travers des bots. Le coté « oldschool », ce sont les sites de diffusions de liens, style le journal du hacker ou autrefois des sites comme boosterblog , ou même les shaarlis où il est possible de faire un peu d’interactivité. Qui a le plus à gagner dans tout cela ? Pas le blogueur pour moi, même si ça le met en lumière…D’autant que pour les réseaux sociaux, très peu des liens mis dans les posts sont lus, même avec un titre racoleur ou une image provocante. Ce sont les stats qui le disent.

Car même si on tombe sur un blog qui nous plaît à travers un article, fera-t-on l’effort de s’y abonner (par mailing ou flux RSS), ou continuera-t-on par le moyen habituel, ce tri prémaché par quelqu’un d’autre (l’algortihme de facebook ou la sélection d’un jdh…)? Pour le commentaire, on ira là où il y a du monde, si on a à commenter. J’ai déjà longuement expliqué pourquoi le +1 du forumeur qui s’est transformé en like a tué les discussions. Ancien « community manager » d’un forum il y a 15 ans, je faisais déjà la chasse à ces comportements passifs. Aujourd’hui je vois de l’étoile « automatique » et parfois il m’arrive de le faire aussi. Oui, on devient tous flemmards à ne pas dire « j’ai beaucoup aimé ton article / dessin qui m’a apporté un sourire, mais…. » et à cliquer sur la petite étoile., le pouce ou le smiley. D’où l’idée de constituer une petite communauté de blogueur et donc de centraliser des commentaires…Les deux concepts ne sont pas des inventions. J’en ai connu en « blogueur politique » pour le premier et pour le second, c’est un peu ce que faisait disqus. Reste pour moi deux problèmes : L’intégration automatique dans le blog existant, la cible du lien étant créée après la création du billet – Le fait que ça soit encore un autre outil dédié uniquement à cela et qui donc risque de devenir un point d’entrée… ou rien du tout. Nous sommes plusieurs à tester un truc centralisé à quelques blogs mais decentralisables (vous me suivez?… Un peu de tofu aux herbes?), sans inscription, mais je ne suis pas encore totalement convaincu.

ah, le premier site internet…. (capture inconnue)

En fait, ce qui me convaincra, c’est lorsque l’on réapprendra à utiliser internet*. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais il faut réapprendre l’outil. J’ai déjà préparé un billet sur l’utilisation du mail (et je reprends quelques éléments de Genma qui en a parlé récemment). J’en ferai un autre sur les liens hypertextes avec les navigateurs modernes, et surtout le mobile. En fait, tout une génération a découvert ce média autrement que nous, les « découvreurs », et n’a pas les mêmes codes, les mêmes réflexes. Personne ne l’apprend et j’avais déjà vécu cette différence d’utilisation lorsque le web est devenu véritablement grand public, ou lorsque j’ai du apprendre cela à mes parents. Ils ont été eux-même suffisamment curieux pour se documenter mais ce n’est pas le cas de tout le monde. On a simplement oublié que certains ont découvert internet par facebook, par exemple, donc dans une sorte de monde parallèle privatisé. A force de parler entre « spécialistes », on oublie même que la plupart des acronymes utilisés ne sont pas compris. C’est un peu comme ces publicitaires qui mettent de jolis mots en anglais dans leurs slogans, dans un pays qui n’en comprend pas un traître mot. (aujourd’hui, ce sont les ressources humaines qui sont contaminées…)

Alors, je ne changerai pas ce qu’il y a ici : Pas de liens de partage hors mail, pas de comptes sociaux et toujours des liens hypertextes un peu partout pour enrichir les articles. Ca me prend un peu plus de temps (et d’ailleurs wordpress a viré une fonction bien pratique autrefois…) mais ça va justement bien dans le sens du partage. Qu’on ne me dise pas que je ne vis pas avec mon temps… J’essaie justement, à mon petit niveau, de lui faire prendre conscience, à mon temps, qu’il passe à coté du principal. Et c’est justement le but de la diversité des sujets ici : Aller voir ailleurs ce qui s’y passe, comprendre ce qu’il y a derrière, m’aider moi même à apprendre des choses nouvelles dans … les commentaires, comme j’ai le plaisir souvent de lire. Alors même si ce billet ne se prête pas forcément aux commentaires, ne vous gênez pas pour interagir ici et ailleurs, en pensant au bien commun. Et vous ferez votre petite… révolution.

* petite dédicace à mon voisin qui a eu la bonne idée de mettre 12345678 comme mot de passe de son réseau wifi

Blog : Le faux progrès et la fausse nouveauté

A l’heure où l’on a réussi à vendre des idées conservatrices emballées dans un beau « packaging » tout neuf, je trouve intéressant de se pencher sur ce conservatisme ambiant qu’on déguise en nouveauté dans tous les domaines.

Évidemment, je peux commencer par l’Automobile, où je me suis endormi depuis quelques années devant le manque d’innovation stylistique qui vient même dans les concept-cars. Moi qui ai acheté un véhicule qui avait presque 15 ans d’avance à l’époque, avec un style en « rupture », je m’entendais et m’entends encore dire dire que c’est moche par des gens qui achètent des choses qui ne comprennent aucune innovation, pas même technique et qui sont d’une banalité à (me) faire peur. A l’heure de la domination du SUV dans le monde, aucune tendance stylistique ne ressort vraiment de ces années 2000 et 2010. Les innovateurs ont été avalés et mis de coté pour mettre en place des codes plus rétros et une mise en avant du logo de la marque par rapport au style. Dans les marques leaders et particulièrement Volkswagen, et ses marques Audi, Skoda, on décline le même style décennies après décennies dans une épure et un classicisme déprimant comme un costume Hugo Boss. Chacun ses goûts, après tout…

Alfa Roméo Carabo, 1968…. à comparer aux supercars d’aujourd’hui

Mais dans des domaines plus techniques, comme l’informatique, a-t-on réellement vu de l’innovation ces dernières années? MacOS X ronronne désespérément et je cherche vraiment ce qu’a pu créer Apple depuis 15 ans en dehors de services. Ni le téléphone tactile, ni le téléphone connecté, ni le PDA …. (ah si, le Newton?). Google n’a pas fait mieux non plus entre ses chromebooks qui ne sont que des netbooks repackagés, et ses produits nexus sans âme. Continuons dans le Hardware où l’on se contente d’ajouter des coeurs aux processeurs, et des cellules aux disques durs, qui ont repris eux-même le principe des clés USB. On reste dans l’évolution pas dans la révolution coté architecture des ordinateurs personnels avec les mêmes goulots d’étranglement qu’on agrandit juste un peu plus à chaque fois parce qu’il y a plus de données à passer. Coté soft, a-t-on vu une révolution dans les interfaces ? Pas vraiment dans le classique PC avec même un repli stratégique de Windows qui a hésité dans la rupture. Coté GNU/Linux et ses desktop, je ne peux pas dire qu’on sorte un truc innovant (pas même Budgie desktop) et le tactile a maintenant stabilisé son interface. L’innovation est d’ailleurs souvent conspuée (Unity, Gnome3…). Là encore, ceux qui ont voulu innover (Microsoft, Ubuntu, Mozilla…avec modération) se sont cassés les dents devant le conservatisme de la clientèle. Et pourtant, on nous vend à chaque fois un nouvel android ou un nouvel ios qui ne change pas vraiment, se contentant de repeindre la façade, ou de reprendre une astuce apparue chez le concurrent. Le marketing, le mot « nouveau » matraqué, l’image de marque vont faire le reste.

1951… le rétrofuturisme pour nous asservir ?

Mais prenons ce qu’on annonce encore perpétuellement comme l’innovation : La réalité virtuelle ? Cela fait 20 ans qu’on parle de ça cycliquement, avec un échec tout aussi cyclique, que ça soit la Virtual Boy de 96 ou tant d’autres bricolages jusqu’à l’oculus rift et les ridicules « casques » en carton où mettre son téléphone. Par contre, cela fait bien plus de 10 ans qu’on l’utilise couramment en conception automobile mais le grand public c’est autre chose. On peut mettre aussi dans le lot tous les univers virtuels comme Second Life ou le Deuxième Monde. La nouveauté ne marche pas toujours, surtout quand il s’agit de faire vivre à l’utilisateur un monde trop proche du monde réel, avec les codes humanoïdes et de la gravité terrestre.

Il ne s’agit pas de mettre « nouvelle recette » sur un produit pour nous faire croire que c’est mieux. D’ailleurs dans l’agroalimentaire, c’est souvent beaucoup moins bien et l’occasion de se faire plus de marge. On nous rajoute du « produit de l’année » autoproclamé un peu partout et jusqu’en politique, donc. On aura quand même réussi à nous vendre un pain de mie sans croute, aberration consumériste qui fait oublier tout le gâchis qu’il y a avant. Là aussi, on fait croire à une innovation géniale qui cuirait le pain sans que ça crée une croute autour. On a aussi le lait sans lactose dont on fait croire que c’est une vache dans un champ qui le produit.  Et donc aujourd’hui on aura eu notre Twitter « nouvelle recette » « sans gluten », ou bien le Facebook sans OGM après le forum sans phosphate… suivez mon regard. Au cinéma, on enchaine les suites, les films de superhéros et les biopics et remakes. Le spectateur ne prend aucun risque, n’a aucun sentiment mais se distrait, en attendant le prochain, sans savoir vraiment pourquoi. Cyrille n’a pas accroché justement à Rogue One, quand j’y voyais moi même un bon produit mais sans plus.

Sur Diaspora, le « tout nouveau tout beau » a vécu depuis 2 ans, malgré des campagnes pour relancer…

On peut parler aussi de cela sur les réseaux sociaux….Et on peut le constater sur framasphere.org tout comme aujourd’hui sur mastodon: tout nouveau, tout beau. La nature humaine est ainsi faite à chercher des nouveautés tout en voulant se rassurer. On en aboutit à ces paradoxes de voir cycliquement des modes identiques, de reprendre de vieilles recettes habilement renouvelées sans que la nouvelle ne soit justement meilleure. La forme l’emporte sur le fond, ou alors le fond est travesti. On parle de réformer comme un bien, en oubliant que l’on peut changer en mieux mais aussi en pire, lorsque c’est un retour en arrière. Le futur d’aujourd’hui ne ressemble pas à celui d’hier, d’ailleurs.

On nous ressort souvent l’exemple du futur tel qu’on le voyait après guerre, les voitures volantes, etc… L’an 2000 me faisait rêver quand j’étais petit et maintenant j’y suis et je ne vois plus beaucoup de ces rêves pleins d’optimisme. Cousteau voulait conquérir l’Océan. Les séries nous montraient la colonisation de la Lune ou de Mars. Qu’est-ce que tout ça est devenu dans ces deux générations qui sont passées? Maintenant on rêve de produits, de fringues, d’écrans plus grands, de voitures plus grosses… ou juste de survivre, ou devenir riche mais plus d’aventure, de découverte, … J’ai grandi avec Jules Verne sur la table de chevet, puis avec Tolkien, Howard, Dick, Asimov, Moorcock, tout autant que Lovecraft, des visionnaires parfois anxiogènes, et qui ont été remplacés par d’autres dans les générations qui m’ont suivies, si on oublie les les plagiats manifestes et autres refontes de ces univers (vampires, dragons, magiciens, révoltés… des recettes qui marchent). L’âge et les responsabilités ont parfois tendance à faire oublier nos rêves d’enfance, à nous faire croire qu’il faut être raisonnable, jusqu’à ce qu’on le soit à l’excès. Nous nous interdisons de vivre, peu à peu, ou bien nous transferons nos rêves dans des objets plutôt que des actes, des créations. Et quand nous nous en aperçevons,  il est souvent trop tard. Je l’ai vu chez mes parents, mes grands parents…

Le futur vu par Virgilio Marchi en 1924 …

Demain sera robotisé avec des aides à notre image et à notre service, dit-on. La finance sera aussi robotisée (c’est déjà le cas), dictant ses prix par algorithmes, et ça c’est un peu moins drôle. Nos voitures iront là où on les a programmé, évitant soigneusement les chemins de traverse. Nos courses arriveront directement chez nous à l’heure programmée, nous inscrivant aussi dans des routines. Et ce temps qu’on nous fera gagner par ces nouveautés, à quoi allons nous le consacrer? Notre nature nous poussera à l’oisiveté, ou sinon à la drogue du travail, sans prendre simplement le temps de penser au chemin tracé par ces « nouveautés ». Je laisse la fin à Billy Idol

PS : si tu trouves qu’il y a trop de liens hypertextes dans cet article, c’est que tu n’as rien compris à internet et/ou que t’es trop vieux :p

GNU/Linux : La voilà, la meilleure distribution !

Voilà enfin la réponse à la question ultime dans le monde du logiciel libre : Quelle est la meilleure distribution ? Du blogueur spécialisé (et influent) jusqu’au webzine en passant par la presse grand public, tout le monde y va de son conseil, de sa « shortlist »… Mais tout le monde a tort, car voilà la distribution parfaite.

Oh, je me suis creusé la cervelle, j’ai parcouru tout distrowatch, les moindres recoins de ftp jusqu’à trouver le Graal. Mais il me fallait un cahier des charges. Alors j’ai cherché la distribution pour débutant, mais aussi celle pour l’utilisateur chevroné qui a tout connu, tout essayé, jusqu’à se perdre. J’ai cherché la distribution qui convienne au 486DX mais aussi au Core i9 DualOctocore (comment ça, ça n’existe pas ??? mais si c’est le prochain de dans bientôt…). J’ai cherché la distribution qui possède l’interface la plus à la mode mais aussi qui convienne aux conservateurs, aux accrocs de la ligne de commande. Je voulais du tactile tout autant que du raccourci clavier et du tout souris (oui, sur un pingouin, on clique moins bien). Et puis surtout je voulais une communauté accueillante, serviable, francophone mais aussi anglophone. Je voulais pouvoir changer de matériel à la volée, brancher mon vieux Nokia N900, mon PDA Windows Pocket et mon Iphone 8SE (oui, Tim m’a confié le proto….). Et après des nuits blanches, j’ai trouvé la réponse, The Answer….

Le « barbu » ultime, qui a tout essayé !

TOUTES ! Oui, toutes car interrogez 100 utilisateurs du monde GNU/Linux et vous aurez 100 réponses différentes, à commencer par celle qu’ils utilisent. Cette question ne sert à rien, ou au moins autant que d’interroger un/une utilisateur/trice de Mac OSX ou de Windows sur la version qu’il/elle préfère : La sienne, évidemment. Ah si, ça sert à quelque chose : Gonfler ses statistiques de fréquentation puisqu’immanquablement, cela va tourner au pugilat entre trolls, influenceurs, gourous, talibans….typiquement l’article clickbait genre « les 5 meilleurs…. »  Alors quand j’écris un article sur un choix, il est contextualisé, limité à un type bien précis d’utilisation. Mais poser une question aussi vague que ça, c’est avoir une réponse encore plus vague…. ou n’avoir rien compris du tout à ce qu’est GNU/Linux.

Par définition, c’est une base d’environnement qu’on va pouvoir adapter totalement à son utilisation. C’est aussi pour cela que je finis toujours par dire qu’après s’être fait la main sur quelques distributions, il faut revenir à la source, aux distributions « mères » comme Slackware, Centos, Fedora, Debian, SuSE, ArchLinux  voir Ubuntu/Mint, etc…et ensuite la mettre à sa sauce. Mais évidemment, cela ne va pas plaire à ceux qui veulent du clé en main et dans ce sens, un utilisateur Mac ou Windows pas très curieux n’a vraiment aucun intérêt à sauter le pas.  C’est bien simple : Si vous lui conseillez un truc, vous l’aurez sur le dos le reste de votre vie, qui peut se finir en tôle après l’avoir étouffé à l’aide d’une peluche Tux géante.Ce qui ne veut aucunement dire qu’il ne faut jamais parler de cette alternative. Donc oui, il y a des trucs pour débutants qui sont très bien, c’est sûr. Mais si cette personne ne veut pas chercher un peu par elle même, autant qu’elle reste dans le troupeau à regarder les chtis vs les marseillais…. pardon, je m’égare.

« une nuit à configurer ma Archlinux, mais ça marche! »

Alors bien sur, on a tous tendance à aller à la sécurité : Essayer la plus connue, ou celle qu’utilise un pote, une amie, …. Et bien allez, faut se lancer, si on est curieux, si on veut comprendre, maîtriser et puis casser, planter, tour recommencer jusqu’à avoir la tête de Fester Addams. Oui, toi aussi tu peux avoir cette bonne tête de séducteur, de geek averti et faire mentir la réputation de « barbu » qui date encore des Hackers du MIT. Tu pourras même créer un jour la distribution à ton nom, si ça te chante, dans l’espoir de devenir aussi célèbre que Norman… enfin à l’échelle du monde du libre. En attendant, le boulot, il est bien que la distribution de nos rêves fonctionne sur la machine de nos rêves. Et d’ailleurs, c’est quoi la machine dont tout le monde rêve ?

Oh, je les aligne, les questions stupides, vous voyez. C’est la même…. donc même réponse stupide : La mienne, la tienne, celle que tu as choisi, qu’on t’a offert. On n’en finira pas plus que pour le choix du smartphone parfait, de la voiture idéale ou de la cafetière ultime. Nous avons nos goûts, nos impératifs, nos contraintes, notre activité donc on peut tourner dans tous les sens, il faut montrer ce que ça sait faire d’abord et ne pas imposer un choix. Alors, lecteur plein d’espoir, te voilà bien avancé, maintenant. Tu peux retourner à tes lectures habituelles, à parcourir les astuces du journal du hacker, les articles des plus éminents spécialistes qui craqueront sur la nouveauté du moment (rendez vous demain, à ce sujet).

J’espère en tout cas avoir embrouillé tes certitudes, qui ne durent qu’un jour. Alors tu peux garder ce que tu utilises, faire du multiboot, tout changer toutes les semaines (on s’occupe comme on peut dans sa habitat troglodyte).ou garder tout éternellement à ta guise. Mais surtout partager ton choix en l’expliquant…Et toute la démarche qui a conduit à ce choix.

Une maison de Linuxien…avant que Mark Shuttleworth n’envoie l’armée (photo Fabienkahn sur Wikimedia)

Blog : Quand ça ne veut pas passer

Il y a parfois des lectures qui ne vont pas jusqu’à leur terme. Ah si seulement ce n’étaient que des mauvais livres, barbants, mal écrits. Mais même pas…

Le dernier livre qui m’a causé ce problème, c’est Le Soldat Oublié de Dimitri. Je devrais plutôt dire de Guy Sajer puisque c’est sous ce nom qu’il est publié en 1967. En réalité, il s’agit de Guy Mouminoux, connu sous le pseudo de Dimitri comme dessinateur de BD. Pourquoi un tel travestissement ? A cause du sujet :

Alsacien, de père français et de mère allemande,  le jeune Guy est enrôlé dans l’Arbeitsdienst puis dans la Wehrmacht. Il ne cache pas alors sa fascination pour la puissance de l’Allemagne. Il se retrouve en 1942 sur le front de l’Est à combattre les russes en Biélorussie puis en Russie, et notamment à Koursk avant de suivre la longue retraite allemande jusqu’à la capitulation.

C’est un gros pavé de plus de 500 pages mais ce n’est pas ça qui fait peur. Ce n’est pas non plus le style, qui n’a pas la naïveté du jeune homme de l’époque. L’éditeur de l’époque avait présenté cela comme un écrit d’un amateur, un témoignage. On se rend vite compte que Guy Sajer écrit plutôt bien, mais reste dans un style très descriptif, factuel, avec quand même des avis personnels sur la situation. Bref, ça m’intéressait de lire ce témoignage, comme j’ai pu le faire par le passé sur le conflit vietnamien avec des témoignages des deux camps, ou en lisant le fabuleux « A l’ouest rien de nouveau », d’Erich Maria Remarque.

J’ai comme un malaise en fait avec ce livre et j’ai donc moi même capitulé bien avant Stalingrad. Le témoignage est très brut, sans remord. Dimitri y décrit des horreurs, comme par exemple ces convois de prisonniers russes qui empilent des cadavres des leurs pour se protéger du froid. Mais on a l’impression que la grandeur de l’Allemagne excuse tout. Enfin c’est mon impression et je dois avoir déjà un blocage psychologique avec cela. Ou peut-être n’est-ce pas le moment ? Je ne sais pas. J’ai l’impression de déjà connaître la suite, de voir et d’entendre le fracas des armes, des bombes, les corps déchiquetés de ses compagnons, des civils, et de connaître l’issue. Et dans ce style, j’ai lu mieux…J’ai, et c’est certainement un tort, lu quelques critiques et j’y ai trouvé ce que je craignais sur les perceptions politiques de l’auteur. Oui, il était jeune, sans vraiment de repère et partiellement endoctriné. C’est compliqué.

En fin de compte, je ne peux pas conseiller ou déconseiller ce livre. Il reste un témoignage d’une période du front de l’est coté allemand, avec certainement une part de mensonge et/ou d’imprécision, comme tous les souvenirs. Ce livre n’était pas comme d’autres que je n’ai pas finis, gêné par un style ampoulé et pompeux, ou par la vacuité des propos. J’ai traité parfois des trucs malsains, coté cinéma (Human Centipede, Serbian Movie, par exemple) mais là, j’ai à la fois ce sentiment et aussi celui de l’ennui, d’une sorte d’équivalent d’un long service militaire que l’on fait vivre au lecteur. C’est un peu comme un livre que j’ai longuement écrit et que je n’ai jamais fini, parce que trop long, dès le début, parce que justement c’est hyper descriptif, et je sais qu’un lecteur moins impliqué dans l’histoire s’ennuiera.

Bon, voilà, je ne devais pas faire la chronique du bouquin mais j’en ai quand même fait une bonne partie. Alors depuis j’ai entamé autre chose, qui n’a rien à voir et je ne reviendrais pas sur cet échec. Je voulais continuer une autre lecture pour justement me prouver que ce n’était pas la simple lassitude de lire, comme ça arrive parfois. Mais non, pour l’autre, j’ai envie d’en connaître la suite, de passer les pages à la lumière de la lampe de chevet. Mais là, je n’arrivais simplement pas à me transposer dans l’histoire, comme si ma téléportation temporelle ne se concluait pas. En y repensant, j’ai eu d’autres livres ou même des films qui ont mis du temps à trouver en moi le courage d’aller au bout. Courage, je ne sais pas si c’est le mot, en fait. Cela tiendrait presque de l’alchimie ou de la magie, comme une rencontre qui peut se faire ou pas. Je connais certains critiques ou blogueurs littéraires qui se lâcheront volontiers sur ces échecs, sans même essayer d’analyser la raison de ceux-ci. Comme s’il fallait se venger de quelque chose… Pourquoi en vouloir à l’auteur ? Il a fait l’effort de témoigner, partager et le lien ne s’est simplement pas fait.

En général, je termine en musique, ce type de billet. Et je me dis justement qu’en musique on peut plus facilement prendre le temps de « rentrer » dans un album. Je ne pense pas, par exemple, que j’aurais pu apprécier certains albums Metal à des moments de ma vie, ou même certains albums d’Ambient. Et c’est donc par un titre fétiche que je vais conclure :

PS : ce blog me ressemblant enfin à peu près, j’ai enfin remis à jour la rubrique création, remis les billets les moins politiques et le plus géopolitiques d’icezine que je fermerai bientôt et presque fini avec les chroniques musicales. La boucle sera bouclée quand tout sera aussi « chez moi »…

Internet : Décentralisation et géopolitique de l’information

(Ce billet signe donc le retour de la géopolitique dans ce blog, chose qui était cantonnée dans l’ancien Icezine…) A bien observer le réseau des réseaux d’aujourd’hui, il semble qu’on aille de manière très désordonnée dans deux sens opposées. On verra que certains théoriciens ont déjà pensé l’après…

Si la mode est à l’exaltation sur un produit aujourd’hui, comme elle le fut pour d’autres par le passé, le point intéressant est de mettre en avant la structure et non l’utilité de l’outil. Tous les outils proposés aujourd’hui ne sont que des réinventions et ré-interprétations de ce qui existait à l’origine du réseau dans sa phase publique. Aujourd’hui Mastodon est un Twitter qui lui même est un mélange de flux RSS (partage de lien) de blog (partage d’humeur) et de messagerie instantanée. Son innovation, qui n’en est pas une (puisque GNU Social est passé avant, etc….), est de décentraliser les choses dans ce qu’on appelle des instances, c’est à dire des espaces partagés sur des serveurs. On a vu Diaspora* se monter aussi sur cette idée et quelques autres dont on peut dire qu’ils sont moribonds aujourd’hui. Diaspora* subsiste sur une communauté bien particulière qui n’est pas assez influenceuse (malgré le buzz du début, souvenez vous…). Cette communauté a pour avantage d’être calée techniquement, suffisamment pour créer son instance ou au moins en comprendre l’intérêt. Mais ce qu’elle n’a pas compris, c’est le besoin des autres utilisateurs, ceux qui ne voient pas le Réseau de la même manière.

De cet autre point de vue, des non-techniciens, il faut un point d’entrée, une adresse. Mastodon, comme Diaspora* ont tenté cela avec une instance principale qui a rapidement connu les affres du succès, à savoir des serveurs qui sautent, ou bien des fonctionnalités qui manquent. Ajoutez à cela que pour le coté « social », le monde appelle le monde et changer les habitudes est perçu comme un danger par beaucoup d’utilisateurs : Perdre des « contacts », des informations. Évidemment, si on y réfléchit, c’est un leurre car tout existe ailleurs pour les « sachants ». Mais les autres… Ils suivent aussi ces fameux influenceurs, qui créent les modes mais sautent aussi d’une lubie à l’autre mais surtout vont là où est le plus grand nombre. L’humain est ainsi à avoir peur de se distinguer. Pour eux, le réseau est un outil pour faire ses courses, pour trouver de l’information, pour se distraire, une sorte de télévision, un truc pour se croire aussi important avec l’affirmation de la prophécie d’Andy Warhol. Pour ces personnes, Internet est une entitée bien réglée et surtout très géocentrée sur l’occident. Ils croient que Facebook, Twitter et Google constituent le parangon de la réussite. Si les statistiques sont difficiles à contrôler, il semble qu’avec Youtube+Google, et Facebook, les leaders soient bien occidentaux, pour l’instant et visent à cette centralisation des données qu’on croit rassurante, disons confortable….ou au contraire inquiétante, selon sa prise de conscience. Mais derrière, on trouve tout de même Baidu et QQ, deux géants chinois, devant Yahoo, Amazon, Twitter, MSN. Alibaba et les autres BATX ne doivent pas être très loin avec leur extension en occident et je ne parle pas de déclinaisons locales de ces types d’outils en Russie, Inde, ou même Iran pour ne parler que des BRICS.  On entre alors dans l’aspect géopolitique des choses.

Avec notre vision exclusivement occidentale, nous ne voyons même pas le monde évoluer et les différentes interprétations de l’usage du réseau des réseaux. Moi qui suit plutôt d’obédience Neo-Réaliste dans la géopolitique, j’ai apprécié l’interview récente d’Hubert Védrine sur LCI (je vous laisse trouver le lien où vous voulez) qui a rappelé l’erreur que l’on fait trop souvent de ne voir le monde que par nos propres intérêts. Même s’il s’agissait là d’un sujet purement géostratégique, c’est valable pour le reste. C’est aussi le problème des tenants de cette décentralisation désordonnée et qui tourne très vite à l’entre-soi en quelques mois. A cela, Tim Berners-Lee, un des co-créateur de ce réseau que l’on connaît, tente de proposer une voie. Son concept, baptisé Solid est pour l’instant difficile à visualiser mais il faut comprendre qu’il s’agit pour l’utilisateur de choisir où il laissera ses données, ou plutôt qu’elles ne puissent plus appartenir à personne. Reste à rendre tout cela aussi transparent que peut l’être aujourd’hui l’utilisation d’internet pour tout un chacun. Des prototypes existent mais il manque maintenant le petit coup de pouce du destin et surtout l’infrastructure.

Car aujourd’hui, on ne pense même pas à ce problème toujours d’actualité dans les conférences internationales. L’ICANN n’est peut-être plus officiellement sous contrôle américain depuis Septembre dernier mais le changement de gouvernance n’a rien de clair . Si on entend parler de cela à travers la petite lutte entre Fournisseurs d’accès et fournisseurs de contenus (TFI compris…), d’une manière plus mondiale, les « tuyaux » restent répartis de manière disparate. Si on considère la carte du trafic en 2016, l’importance des USA diminue :

(source World Economic Forum)

La carte des câbles sous-marins montre l’ensemble du maillage et la propriété qui va avec. A l’heure où les réseaux sont utilisés de manière offensive, la possession physique des nœuds les plus importants est un enjeu majeur. Et dans ce sens, la décentralisation et la possession de ses propres données peut être vu autrement. Choisir sa localisation ou la propriété commerciale, c’est aussi penser un peu plus à ce que l’on met et à quel endroit. C’est aussi une manière d’être neutre ou pas. Pensons par exemple à ce qu’il arriverait en cas de coupure des liens avec le continent nord-américain et de certains services de DNS. La mondialisation des données, c’est aussi l’interdépendance des services. 

Voilà, alors, qui devrait plaider pour l’auto-hébergement des données? Oui mais à la condition de développer suffisamment de compétences chez l’utilisateur. Mais comme nous en sommes loin, l’idée de Berners-Lee apparaît pertinente, sur le papier. En attendant, c’est justement le moment de penser aux risques sans sombrer dans la paranoïa. Pour ma part, plutôt que de céder à la mode, je suis revenu à un ancien(!?) service un peu oublié (mais pas de tous, n’est ce pas….) : Seenthis. Quand on regarde cela, on retrouve finalement l’idée de Mastodon mais de manière centralisée (un point d’entrée), ce qui n’est pas foncièrement mauvais. Chacun l’utilisera comme il veut et pour moi, c’est orienté veille géopolitique (et un peu automobile). Et à ce sujet, j’ai rajouté ici à la fois des catégories, mais aussi proposé des flux RSS bien précis, pour ceux qui ne veulent pas tous les articles. C’est dans le menu sur le coté ainsi que dans le « à propos ».

 

Souvenir de Gamer : Lemmings, vers et autres bestioles

C’est en jouant à un nouveau titre sur Android (voir en fin de chronique), que je me suis remémoré plein de jeux où l’on dirige des êtres et animaux improbables

La liste pourrait-être plus longue que ce qu’elle va être ici. J’ai choisi les plus importants à mes yeux. Je commence donc par Lemmings, un jeu sorti en 1991 par DMA Design / Psygnosis et que j’ai connu d’abord sur Amiga. Le principe était de diriger des dizaines de petits êtres (les lemmings) dans des labyrinthes peuplés de pièges. Certains des lemmings ont des spécialités pour aider les autres qui se contentent de marcher dans une direction ou une autre. Par exemple, ils peuvent creuser, construire des échelles, etc…

Ce jeu de casse tête était addictif au possible et on avait hâte d’entendre le « ho ho » de ces petits êtres arrivés à bon port. La musique participait aussi à l’ambiance réussie du jeu. Pour la petite histoire, l’un des créateurs du jeu, David Jones, sera aussi à l’origine d’une autre série : Gran Theft Auto. Mais Lemmings demande aussi de la précision et jouer en tactile aujourd’hui n’aurait rien d’évident. Il existe pourtant un Wolrd of Lemmings sur Android qui n’est qu’un portage baclé.

Un peu plus tard, en 1994, sort Worms, un jeu qui nous propose de diriger des vers de terre. Team17 a exploité la licence jusqu’à la corde mais c’est bien le premier jeu qui est le meilleur. Cette fois, les vers sont belliqueux et doivent détruire les autres vers ennemis en utilisant des spécialités, au choix du joueur. Ils peuvent tirer simplement, se transporter à un autre endroit, utiliser un mortier, un missile… Si Lemmings était basé sur la réflexion, Worms accentue l’aspect tactique, surtout quand on y joue face à un humain. Là encore, il sort sur Amiga mais j’y jouerai plus en 1995 sur PC. Je vous passe les épisodes 2, open warfare sur console, et l’horrible adaptation 3D qui perdait de vue la jouabilité pour céder à la mode. Là aussi, il y a eu une adaptation sur Mobile mais par l’éditeur, cette fois. C’est plus adapté à une tablette et les tableaux sont moins étendus en largeur que par le passé.

Je saute quelques années pour passer à un jeu devenu culte sur le Gamecube de Nintendo : Pikmin. Le jeu arrive avec la console en 2001-2002, auréolé du nom de son créateur, Shigeru Miyamoto. Le concept est plutôt dur à décrire : « Le joueur dirige le capitaine Olimar dans sa recherche des pièces de son vaisseau. Olimar s’aide pour cela des Pikmin, créatures qui lui obéissent et qui ont diverses capacités qui dépendent de leur couleur. Ils l’assistent pour parvenir jusqu’à la pièce du vaisseau et pour la ramener à bon port. » Ce sont donc des pikmin de différentes couleurs que le joueur va devoir diriger dans un univers en 3D. Vendu quand même à 10 millions d’exemplaires, le jeu connaîtra une suite en 2004 sur la même machine mais fera l’impasse de la Wii pour aller sur WiiU 10 ans plus tard. J’avais moins accroché que les deux précédents, sans doute parce que le jeu était moins immédiat. Je le voyais plus comme une sorte de Godgame mêlé à un jeu de stratégie en temps réel (invasion d’ennemis). Il est pourtant très riche et se joue très bien si on possède encore son petit cube violet.

A ce moment, j’aurais aussi pu parlé des Lapins Crétins de Michel Ancel, bien moins intelligents que les Pikmin. Mais je trouve que le concept des mini jeux s’éloigne de mon sujet. Je préfère faire un petit parallèle avec le célèbre Angry Birds, qui lui est né sur mobile. Dès que j’ai vu ce jeu, j’ai pensé à Worms. C’est en effet un très habile clone puisqu’il s’agit d’une guerre entre deux factions. Mais Rovio avait eu la bonne idée de mettre un peu de « Puzzle Bobble » dedans, à savoir l’envoi d’un oiseau (à la place d’une boule) pour détruire un décor.

Et là, dernièrement je tombe sur Kotori, chicks’n cats. Là, pas de doute, c’est bien un lemmings like car on dirige des poulets stupides dans des labyrinthes pleins de danger jusqu’à leur faire trouver la sortie. Mais cette fois, ils n’ont aucune spécialité. Le joueur a le pouvoir de rajouter des éléments de décor. On comprend bien vite qu’il faut concentrer ses poulets dans certains endroits et procéder ainsi par étape. Il s’agit donc d’un pur jeu de réflexion, avec l’angoisse du chronomètre dans sa difficulté la plus élevée. Le jeu est sorti pour PC comme pour mobile, d’ailleurs et on retrouve tout à fait l’esprit de lemmings. Surprise, le développeur de la version Android est GlutSoft, situé à Bourg la Reine. Comme d’habitude, il y a des niveaux gratuits puis des niveaux à débloquer et des niveaux payants.

Voilà donc un panel de jeux totalement intemporels qui se réinventent au fil des plateformes. Comme quoi, le retrogaming n’est pas jouer dans le passé, mais aussi repenser l’avenir.

 

 

Travail : Les Réunions « skype » ou l’ingérable

Parlons un peu boulot et méthodes de travail. Car en dehors de la mode de l’open-space (qui est remis en cause par de nouvelles études), la mode est aux réunions à distance, via les outils de communication installés sur les PC. 

Avant, lorsque tu apprenais à conduire une réunion (et même maintenant), on te parlait regard, voix, attitude, gestion des perturbateurs, structures des documents. On te disait de faire couper les téléphones, fermer les PC. Autant de choses qu’on peut jeter à la poubelle dans un cas nouveau : Les réunions à distance ou visioconférences. C’est pratique dans les grandes entreprises réparties sur plusieurs sites, on peut réunir tout le monde grâce aux caméras installées sur les PC, aux micros ou « pieuvres » de la salle, avec des documents que l’on met en partage à travers le réseau, ou même des « tableaux blancs ». Plus besoin de payer de longs déplacements aux employés, cadres, avec les risques d’accidents, pour une réunion de une à deux heures. Sur le papier, tout est positif dans cette évolution. Mais c’était sans compter sur un facteur : l’humain et son manque de discipline.

Car ici, puisque tout passe par un ordinateur, difficile de dire à quelqu’un de le couper, même s’il se trouve dans la même salle. Oui, je suis de ceux qui demandent une attention de tous les instants dans mes présentations, aussi haut soit-il en hiérarchie par rapport à moi. Mais là…’on voit untel prendre des notes, une-telle rédiger ses mails, ou surfer sur un tout autre sujet. Tout le monde se retrouve distrait, ne participe pas vraiment et il ne restera d’actif que la personne motivée par le sujet. Car n’oublions pas que beaucoup de réunions sont polluées par des gens n’y ayant rien à faire.(là encore, je limite toujours le nombre dans mes invitations, même et surtout en formation). L’avantage reste aussi à ceux qui ont la supériorité du nombre dans une des salles de cette réunion à distance. On accentue encore plus l’effet de clan par ce type de réunion où l’on ressent les guerres de chapelles, de sites… De ce fait, il est illusoire d’avoir un animateur de site qui va répartir la parole, en étant aussi neutre que possible pour que chacun s’exprime. Ce rôle est quasi-absent dans les réunions en ligne, à moins de tomber sur une personne un peu plus chevronnée. Et puis vient aussi le problème du compte rendu. Il est parfois fait en même temps que la réunion, ce qui ralentit le rythme et pousse aussi à cette « non décision » fatale. Voir une conclusion écrite est parfois anxiogène chez les responsables qui n’osent trancher à ce moment, alors qu’oralement on aurait pu tirer un consensus.

Même dans cette pub, on voit deux personnes qui pensent à autre chose que la réunion.

Dans tout ce processus, il subsiste aussi des dangers techniques qui tiennent aux outils. Bienvenue dans le monde merveilleux des multinationales de l’informatique. Je connais par exemple un sous-traitant qui fait ses réunions par Skype, un produit Microsoft donc avec tout ce que cela suppose en terme de fuite des données. Si l’utilisation du VPN se démocratise, encore faut-il savoir où transitent les données et les noeuds du réseaux sont parfois de jolies passoires à données. Skype dispose d’une fonction qui détecte les « bruits forts » et cède la parole selon les prouesses d’une Intelligence artificielle.  Ca fait froid dans le dos pour la gestion du dialogue. Mais on a aussi d’autres produits dérivés qui ont plusieurs utilités. Ainsi Microsoft propose Lync dont on sait les possibilités en espionnage des employés. IBM a le sien avec Sametime et j’en passe. On trouve évidemment peu de solutions libres et autohébergées par les entreprises. Je vois quand même des logiciels de VNC (Virtual Network Computing ou prise de contrôle à distance) qui le sont et ça rassure quand même. Mais alors pourquoi ne pas continuer la démarche pour le reste ?
Comme on l’a vu récemment avec l’affaire de la mairie de Munich, le choix d’un logiciel tient à peu de chose. Quand je débutais, je me suis fait imposer un logiciel dans une réunion, justement. J’étais le seul à avoir émis des réserves mais elles n’ont pas été notées. Plus tard j’ai appris les liens entre le patron de l’entreprise et certains des décideurs et moi, tout jeune embauché, sans soutien hiérarchique, j’allais au casse-pipe. Aujourd’hui, la réunion se serait faite à distance et le résultat aurait été plus rapide, pire, même si j’avais eu la bonne idée d’être dans la bonne salle, celle des décideurs et pas des consultés. On peut me dire que cela tient plus au comportement et la culture d’entreprise qu’à l’outil. Sans doute surtout que le comportement français s’accommode mal de tout cela. Pour obtenir un résultat rapide, efficace, il faut « animer » sans relâcher son attention et vite recadrer.

Alors c’est vrai, tout ça fait gagner de l’argent dans les indicateurs comptables qui éclipsent toutes les réalités. Mais cela accentue de fait un management plus dictatorial, une « réunionite » aigüe encore plus présente avec le tempérament latin des français et leurs spécificités linguistiques. Dans des entreprises mondiales, on fait des réunions avec l’autre bout du monde, sans se connaître vraiment donc sans se comprendre véritablement dans nos complexités culturelles. La technique fait oublier l’humain, pourtant si important dans ces moments. J’ai pratiqué déjà cela avec la Chine où se trouvaient des correspondants français et chinois et il en est rarement ressorti quelque chose, par la faute de l’impréparation d’un des deux interlocuteurs, ce qui tient aussi au décalage horaire. Et puis, un jour peut-être, on nous demandera de « liker » des décisions sur des questionnaires à choix multiples.(on vient de lancer un « réseau social » d’entreprise dans ma boite, made by microsoft…)

allez, soyez bien sage :

Blog : Ecrire et réécrire

J’ai entrepris (enfin) de reprendre de vieux textes d’il y a presque 15 ans. Et de là, d’écrire à nouveau, ou de relire et réécrire. Mais se posent alors bien des questions

En les relisant, je retrouve ces moments particuliers de l’écriture, des moments très personnels, parfois liés à une musique. Ce sont des poèmes mais ils sonnent parfois comme des chansons et j’aimerai presque leur ajouter des images. Pourtant, pour la plupart, j’ai la sensation de ne plus « me reconnaître ». Les tournures de phrases me surprennent, autant que les sujets. Et je retrouve ce que j’aime dans l’écriture, c’est à dire faire ressortir ce qui est enfoui en soi. Dans ces moments de relecture, c’est parfois difficile de ne pas retenir une larme. Il y a des instants de souffrance, des choses intimes à mes yeux qui ne seront pas perçues de la même manière par un autre lecteur. J’ai souvent expérimenté cette différence et cette distance qui peut s’installer pour avoir des surprises. Les mots deviennent alors des lames à double tranchant.

A la relecture, le plus simple est de voir les fautes d’orthographe, de syntaxe, de ponctuation. Je n’ai d’ailleurs jamais été très fan de la ponctuation en poésie, laissant parfois la liberté au lecteur de la placer où il veut, comme un double sens à manier. Le plus dur est de revoir des choix de mots, parfois maladroits. Ils sont mal choisis dans leur sonorité et ça devient compliqué de changer cela sans rompre l’équilibre de l’édifice que constitue le texte. Mais ce sont aussi des sens peu pertinents qui emmènent sur de fausses pistes, si au moins j’ai emprunté la bonne à la relecture.

Mon autre problème avec tout cela est de savoir quoi en faire. Ils ont dormi parfois plus de 10 ans dans une succession de fichiers et brouillons. Je pourrais simplement les rajouter au fil de l’eau ici, mais j’ai peur de rompre un peu le style du blog qui déjà se divise en plusieurs blocs. Je pourrais le faire à travers un autre site, mais ça me saoule d’avoir encore un autre truc à gérer. Et puis sinon, je peux créer des fichiers en epub/pdf téléchargeables librement, en licence creative commons, que je mettrai en lien dans la rubrique Mes Créations. Le temps que je relise ces 200 textes, ça peut faire long, c’est sûr. Et en même temps, partir dans tous les sens, c’est tellement moi, et comme c’est « Chez Iceman », je fais un peu ce que je veux, non? Comme je n’oblige personne à lire chaque article de mon flux RSS, si toi lecteur, tu trouves ça nase, tu zappes et on n’en parle plus. Ou au pire, tu me dis « non, mais t’arrêtes un peu avec tes merdes qui n’intéressent personne ». Et puis j’ai toujours aimé l’idée d’une pause contemplative dans un fil d’information. Il y en a déjà au moins une avec les photos. A bien y réfléchir c’est sur mon portfolio que ça collerait le mieux puisque la poésie suscite des images de l’esprit.

De la même manière, reprendre tout ça et mettre ça sur un vrai site à ma pogne me trotte sans arrêt dans la tête. ça me pousserait à un sacré boulot mais bon, j’arrête pas de tout casser depuis 15 ans et de reconstruire, avec moins de succès que d’autres, il est vrai. En général, c’est en Aout que je craque,donc vous voilà prévenu. Faut juste que je trouve le juste milieu entre un CMS pas très bien vu par Free, un CMS devenu usine à gaz (celui que vous lisez) et un CMS trop limité…. ou pas. Bref, je sens que je vais refaire du spip ou du dotclear, comme il y a …10-15 ans. Argh.

Et pour terminer en musique, je voulais mettre ce titre d’un chanteur qui me donne toujours envie de réécrire.