Blog : De la valeur des choses

Parfois en regardant autour de soi, on s’interroge sur la valeur des choses. Et de la musique aux études en passant par l’industrie du web, il y a de quoi s’interroger sur la bonne marche de ce monde.

Musique et jeu, même combat?

Je poursuis donc le remplissage de ma base de données « discothèque » avec mes CD. Achetés entre 10 et 15 euros neufs, j’ai constaté que la plupart ne valent plus que 1 à 2 euros aujourd’hui. Et pendant ce temps là, on trouve ces mêmes albums en streaming ou bien en téléchargement légal à 9,90 ou moins. Bref, un mélomane intelligent ira acheter des tonnes de CD d’occasion pour les numériser lui même et cela en toute légalité. Il n’y a que quelques raretés qui côtent plus que le prix d’origine. Mais encore faut-il trouver le client (rou rou….)? C’est un peu la même chose dans le Rétrogaming où les jeux GBA, DS, PS2, XBOX sont aux côtes les plus basses. Par contre pour les consoles plus anciennes, il y a des prix qui remontent. Et les consoles récentes ont des jeux surcotés en occasion. Bref, c’est le royaume de la spéculation et tout cela est lié aux modes, au temps. Les plateformes dématérialisées essayent de profiter de cela en revendant des anciens titres portés/adaptés sur les nouvelles consoles. C’est plus ou moins bien fait et on peut s’interroger sur la valeur. Ainsi on a du Final Fantasy original sur Android vendu à plus de 15 Euros et quasi ininstallable sur la majorité des smartphones du marché. On a eu aussi des portages Sega sur XBOX 360 qui étaient baclés. Mais en général, les joueurs le font payer cher aux éditeurs en les boudant et on revient à un peu plus de réalisme de leur part.

une bonne affaire musicale se cache dans cette photo :p (wikimedia)

Mais coté Musique, il y a toujours des choses que je ne comprends pas… Je cherche souvent à savoir ce qui est disponible sur les plateformes légales (certains y renvoient depuis la fermeture du moribond T411) , dans les albums que je possède. Et sans arrêt je trouve des trucs illogiques. Par exemple, pour FFF, le groupe de Marco Prince et Yarol Poupaud, on trouve le fameux live Vivants, les deux premiers albums, une réédition des trois premiers mais dont l’album éponyme est modifié et tronqué, mais jamais le « Vierge » qui est sorti chez un autre label. De ce fait, ce dernier album se retrouve surcoté à la Fnac ou Amazon à plus de 25 euros parfois. Je ne parle même pas des prix des vinyls qui sont l’objet de spéculations peu en rapport avec la valeur musicale du bien. Et selon les accords avec une maison de disque, un album peut être disponible un jour et disparaître le lendemain, sachant en plus que les artistes gagnent encore moins qu’avant, pire encore en streaming.  Un peu comme pour l’art, il y a un fossé entre le mélomane et le collectionneur, le premier évitant le plus souvent les grands circuits de téléchargement légal, le supermarché de la musique. On pourrait parler de fossé entre la réalité et la valeur.

L’éducation à vendre

En prenant connaissance des frais de scolarité des grandes écoles, j’ai eu aussi ce sentiment. J’ai vraiment l’impression qu’il y a deux mondes : D’un coté les grandes écoles d’ingénieurs dont les frais peuvent aller jusqu’à 9000 Euros sur 3 ans. Et de l’autre, les écoles de commerce qui vont de 20000 à 45000 euros pour 3 ans (une nièce est en plein dedans…). On peut me dire ce qu’on veut mais tant au niveau qualitatif des profs que du coté du matériel disponible, rien ne justifie un tarif multiplié par 5. C’est en réalité un gros business derrière, avec des prêts étudiants qui seront remboursés par les premiers salaires qui sont aussi détachés de la réalité. Parce qu’on valorise plus celui qui vend par rapport à celui qui crée, dans ce monde. Sans créateur, sans ingénieur, le marketeux et le commercial seront bien dans la merde… Mais aujourd’hui, on s’oriente clairement vers une sélection par l’argent, à l’américaine, où les salaires ne parviennent même plus à rembourser les prêts. Pour faire joli, on donne quelques bourses à des exceptions de quartiers défavorisés mais c’est bien une politique de fond qui détruit le marché de l’emploi, indirectement. Et puis, bien souvent, le plus dur est dans la sélection de la première année. Je connais bien des écoles de commerce dont les lauréats sont très creux lorsqu’ils se retrouvent dans le monde du travail, faute de réelle préparation. Mais allez comprendre le classement de ces écoles… La réalité est loin de cela. (voir aussi l’article d’Agnès)

Le prix de l’info

Et dans la presse, c’est aussi la même chose. Deux journalistes français et un irakien sont morts à Mossoul. Ils risquaient leur vie pour ramener des images qui sont diffusées bien plus rarement que du divertissement et du people. Leur salaire n’a strictement rien à voir avec les stars du divertissement, les animateurs d’émission putassières. Le moindre chroniqueur de TPMP gagne plus qu’un grand reporter avec ses piges. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de grands reporters et de correspondants à l’étranger. Ce n’est pas qu’un phénomène français mais un phénomène dénoncé depuis longtemps aux USA. Dan Rather en avait fait état avant de partir à la retraite, par exemple. On préfère faire du divertissement, dépenser pour des scoops sur les stars que payer quelqu’un à parler des choses importantes qui se passent dans le monde. Les pays regardent leur nombril, ignorant leur voisin, même européen, bâtissant des murs et des barbelés. Les investisseurs derrière les titres de la presse et les chaines ne veulent pas qu’on dérange leurs business, souvent douteux (cf Bolloré en Afrique, le social chez Amazon/Jeff Bezos…).

Le prix du néant

heureusement qu’on a attendu Zenly pour ça!

Cette différence se rencontre aussi dans la cote des entreprises, leur valorisation boursière. Là, il y a deux mondes : Les entreprises du web ou dites « du numérique », et les autres. Snapchat vient de racheter la société française Zenly 300 Millions de dollars. Un certain Xavier Niel avait investi dans Zenly justement en pensant à la revente. Mais au fait, ils font quoi Zenly? Du mapping social… C’est à dire connaître où sont les gens pour les mettre en relation les uns les autres, et surtout avec des marques à proximité. Mi 2016, ils revendiquaient 350  000 utilisateurs et visaient le million, avec 80 000 utilisateurs journaliers. Ca fait cher l’utilisateur ! En réalité, Snapchat achète une technologie qui intéresserait des concurrents, fermera la boite et intégrera au mieux une partie du truc. Snapchat, c’est quand même une boite qui est moribonde pour pas mal d’investisseurs. Alors d’où viennent les 300 millions ? Pendant ce temps là, beaucoup de boites aimeraient avoir ces millions pour développer de l’économie réelle, payer des gens qui existent vraiment. Pendant ce temps là, on a démantelé quasiment tous les fondeurs et emboutisseurs en France (cf GM&S)…. La valorisation boursière de nos constructeurs automobile a été parfois divisé par 3. Allez comprendre… sinon qu’un jour cela explosera à nouveau.

La gratuité du libre, mais pas à tout prix

Et puis on parle du logiciel libre, souvent considéré comme gratuit ce qui excuserait tout. Cyrille a soulevé le problème de la garantie du logiciel libre. Comme je le présentais, la nouvelle Debian Stretch déconne un peu dans ses premières versions et comme tout O.S., il faut se hâter d’attendre pour une machine « de production ». Malheureusement, le fait de pouvoir faire des mises à jour périodiques pousse de plus en plus à bacler des tests. On a connu ça sur les jeux vidéos, il n’y a pas de raison que ça n’arrive pas dans le libre, même chez les plus vertueux. Sauf que la garantie de se faire rembourser quelque chose de gratuit n’existe pas. La garantie du libre, c’est sa communauté d’utilisateurs et à force de la tirailler entre trop de projets, elle s’étire et disparaît. Si certains préfèrent gueuler contre les mécontents, libre à eux mais ils se trompent tellement de combat qu’ils resteront tous seuls avec leur jouet en pleurant sur le gâchis. Nous sommes pourtant nombreux à dire que l’on ne peut pas courir tous les chevaux à la fois et que si GNU/Linux a décollé un temps, c’est que l’arbre avait peu de branches à ce moment. Je serai Distrowatch, j’écrirais une charte pour savoir si une distrib  a un intérêt autre que la branlette… J’irai même jusqu’à interdire le repompage de code et d’outils chez 75% des distributions, jusqu’à virer la moitié des environnements pour qu’enfin on fignole les meilleurs…. Peut-être qu’on aurait une vraie distribution fiable pour malvoyants, si vous voyez ce que je veux dire, et pas des morceaux d’outils dans tous les sens. Mais bon, je ne suis qu’un modeste utilisateur qui ne connaît rien au code et à l’administration système, hein.

Alors comme on dit, dormez braves gens…


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Blog : De la légitimité à parler de…

Lorsque l’on est blogueur, on parle de beaucoup de choses, bien plus souvent que ce qu’un journaliste fait, puisqu’on compare beaucoup (à tort) les deux. Se pose alors la légitimité à parler de différents sujets.

Pour reprendre la comparaison ci-dessus, on ne demande pas le pédigré d’un journaliste lorsqu’il parle d’un sujet. S’est on on demandé les études qu’ont fait Mac Lesgy ou Michel Chevalet pour parler de science ? (ndla : ingénieur pour les deux…) Sait-on forcément ce qu’a fait avant le chroniqueur musical ou culinaire d’un grand quotidien? Non, on fait confiance au périodique ou à la chaîne de télévision. Parfois on oublie un peu trop les liens avec certaines puissances (les journalistes économiques par exemple) mais globalement, ça semble marcher correctement…. Pourtant le public a une défiance de plus en plus marquée vis à vis de la profession.

Histozic, en 2013…

Dans le cas d’un blog, c’est différent puisque c’est le blogueur qui fait ce qu’il veut. Il peut dire des conneries comme révéler des vérités… on n’a aucun moyen de le savoir. C’est la même chose sur Youtube et c’est aussi le cas sur les réseaux sociaux qui n’en sont que le prolongement. De là, on en découvre le phénomène des fake news, les faux sites d’informations que j’ai dénoncé en d’autres temps et ailleurs, mais aussi les « haters » qui viennent agresser ceux qui essaient de dire des vérités en disant qu’ils ont tort, sans le moindre argument. Pour certains, la légitimité vient par la profession affichée. Je ne viendrais pas attaquer M. Borne sur les maths, c’est son job et il a connu aussi une « vie réelle ». Pour le logiciel libre, c’est plus compliqué car il n’y a pas un doctorat de la Free Software Foundation.  Pour Linux, on peut être sysadmin c’est sûr, mais aussi un passionné qui a appris à se démerder par lui même. Pour le cinéma, pas besoin d’une école de cinéma pour être critique et François Truffaut a commencé comme critique, après des petits boulots avant de devenir le cinéaste respecté que l’on connaît. Etc…

Mais cette légitimité, justement , ne cache pas le sexisme. Combien de blogueuses ou youtubeuses ne traitent que de la mode ou de cuisine alors qu’elles ont d’autres boulots et hobbies plus intéressants. Le documentaire ci-dessous traite de ce sujet et on voit que beaucoup ne pensaient pas avoir la légitimité à parler d’un sujet qu’elles connaissent pourtant bien. J’ai mis du temps à parler d’automobile, par exemple, car je connais mes lacunes. Mais après un petit détour dans les forums consacrés au sujet, j’ai vu aussi le monceau de conneries que l’on peut raconter, avec l’éternel problème de la grande gueule face aux gens respectueux dans ces lieux. Je vois des blogs plutôt pas mal sur le sujet mais pas exempts d’erreurs (qui peut être parfait) et je ne me vois franchement pas faire ça tous les jours, après mon boulot. Et en plus, c’est un des milieux les plus machos qui soit, donc je ne supporte pas cette ambiance.

Alors c’est vrai que je parle de passions que j’ai eues que j’ai encore. J’ai mis un peu de temps à parler de livres, parce que je préférais avoir pratiqué moi même suffisamment l’écriture. J’ai attendu d’avoir suffisamment de culture musicale avant d’en parler, d’abord sur des forums, puis dans histozic. C’est en voyant le manque de connaissances de mes semblables en géopolitique, et après bien des années d’intérêt, que j’ai pris la plume pour cela. Mais mon métier, c’est la mesure physique et tout ce qui a trait aux incertitudes de mesure. J’ai croisé des gens qui travaillent aujourd’hui dans les meilleurs laboratoires du LNE et aujourd’hui, je sais tout le chemin qu’il me reste à faire dans un nouveau service où je suis un peu « atypique ». Alors partant de là, je devrais parler de calculs d’incertitudes, de méthode GUM (pdf) , de dérive de capteur, de modélisation d’une erreur, bref, un peu ce que je fais en partageant le savoir au quotidien, auprès de ceux qui utilisent des matériels dont ils ne connaissent rien. C’est un métier très technique (cette semaine j’aurais pu parler de lissage des données d’une loi course/effort avec détection des points d’inflexion et calcul des raideurs…) et qui ne passionne pas les foules, contrairement à l’espace, par exemple, où excelle Florence Porcel, plus présente sur Youtube, ou à l’histoire, où même un acteur peut nous faire croire à des bobards et distordre la réalité des faits.

Je m’interroge parfois sur la légitimité à parler de ces sujets. J’ai même mis des dessins à une époque, passion de jeunesse décidément trop endormie depuis 10 ans. Mais aujourd’hui je me contente de ce qu’il y a dans le menu sur le coté ou en haut. C’est déjà pas mal. Je me place non pas en tant que spécialiste, mais en tant que passionné ou amateur, celui qui aime, terme devenu péjoratif et pourtant bien meilleur que béotien (encore un mot détourné de son sens, toutefois). Je relate donc des essais de logiciels en me plaçant dans l’angle d’un utilisateur peu expérimenté (l’expérimenté trouvera plus facilement) et je crée des tutoriels dans ce sens… ce qui de toute façon reste formateur pour celui qui l’écrit et plutôt que de décortiquer une œuvre culturelle, je préfère donner à quelqu’un l’envie de la voir, l’entendre, la lire… La légitimité que je me donne ou pas, est masquée par la passion qui me fait écrire par plaisir. Le jour où je perds ce plaisir, je cesse d’écrire sur un sujet. C’est peut-être aussi ce qui m’a fait arrêter d’écrire dans un webzine, sur commande, sur des sujets qui s’éloignaient de mon intérêt, dictés par une ligne éditoriale de plus en plus différente de l’origine. D’un autre coté, je me réjouis de voir, par exemple, que Chaos invisible se lance dans des tutoriels, ou de voir des blogueuses BD se lancer dans des thèmes qu’elles connaissent moins. « c’est en forgeant qu’on devient…. »

Alors entre parler de tout et parler de choses futiles, où est le juste milieu? Sans doute dans le fait de ne pas penser au regard des autres ou attendre qu’on vous donne une légitimité comme cadeau. « l’enfer, c’est les autres »  disait Sartre dans huis clos, et penser d’abord aux autres est parfois dangereux et castrateur, même si, dans le blog, on y pense forcément….Un peu. La légitimité finit par venir avec le temps, la pratique, même dans un cercle modeste. On peut être mauvais, aussi, sans que personne ne nous le dise, comme peut-être dans cet article de blog devenu une mise en abîme dont la fin s’improvise. Mais au moins a-t-on essayé… On peut faire de la psychologie à 2 balles sur ce besoin d’écrire/parler d’un sujet, qui n’est pas éloigné de celui d’écrire des histoires, des romans. C’est avant tout un partage et une envie de raconter. Chacun a quelque chose en lui à raconter et trouvera la manière qui lui sied le mieux (comme alterlibriste pour la radio…), qu’elle soit à travers des personnages d’un livre, d’une pièce, dans un blog, etc…

Je terminerai juste sur une lecture d’un livre d’anecdotes d’une hôtesse de l’air, que j’ai eu brièvement entre les mains (le livre, pas l’hôtesse, voyons!!!). C’était la retranscription d’un blog (les éditeurs manquent d’imagination…) et l’introduction parle justement des réseaux sociaux qui rapprochent ces personnes sans attaches de leurs « proches ». J’ai du mal à comprendre comment mettre un selfie de soi dans un hôtel de rêve rapproche, ou est-ce qu’il est légitime d’être narcissique. C’est un peu la limite que je me fixe dans un blog….où je sais déjà que j’abandonnerai peu à peu quelques sujets. J’en ai abandonné un, qui est très bien traité ailleurs, par des personnes qui ont..  La légitimité, qui est aussi celle d’agir localement.

ps : demain, pas de spécial Eurovision, pour un cru 2017 pas terrible, où l’anglais domine. Au pire, je voudrais la victoire de la Hongrie.


Tagged: éducation, blog, information, légitimité, partage, Réflexion

Blog : Interactif dans ta diversité, tu seras

Mais qu’est-ce que c’est que ce titre ? J’avoue que je ne savais pas trop quoi mettre parce que je vais parler de deux sujets différents mais liés…

Après quelques années où je faisais vivre en parallèle des blogs différents, j’ai enfin tout réuni, avec un peu de tri. Voilà donc le résultat : Un blog qui réunit mes écrits sur le cinéma, l’automobile, la musique, le logiciel libre, les tutoriels, la géopolitique la vie, ….depuis 10 ans et plus (j’ai fait du ménage). Bref, un peu tout ce qui me passe par la tête mais avec quand même une trame de fond. A un moment, je croyais que cette diversité perdrait un peu le lecteur dont j’avais tout scindé. Et puis, avec le temps, j’ai compris que de toute façon ça ne servirait à rien, sinon à perdre … du temps et que ce blog est à mon image. Donc il y a bien la possibilité de lire ce qu’on veut par des flux RSS séparés par thème, ou de prendre le truc brut. Et cette semaine j’ai enfin réécrit un vrai billet géopolitique, ce que je n’avais pas fait depuis 6 mois. Chassez le naturel, il revient au galop.

Quand je parle diversité, c’est donc dans les sujets que je traite. Je sais qu’en France (et ailleurs), on aime mettre des étiquettes et je déteste ça. A priori, je ne vois pas comment quelqu’un qui lit mes billets sur les BD, ou sur le cinéma va s’intéresser au sort de la Macédoine. C’est con, mais c’est typiquement le genre de chose que j’aimerai lire, ou que je lis (cf Gilles, Cyrille, Stéphane, …. ). Quand on regarde le JT, on va avoir des informations sérieuses, des infos plus peoples, culturelles. Quand on ouvre le journal quotidien, on a même parfois des BD, des mots croisés, des recette de cuisine. Bref, on trouve un peu tout ce qu’il y a dans une vie. Et là, sur un blog, un site internet, on devrait tout classer ? Tiens (et là je prépare une transition…), ceux qui vont sur les réseaux sociaux ne vont pas pour une raison bien précise. Ils prennent des informations, du divertissement, « likent » des restaurants, des marques de fringue, ou que sais-je encore. Alors comme je disais il y a quelques semaine, j’ai le droit de bloguer ce que je veux. Et le lecteur a le droit de piocher dans ce qu’il veut, selon le moment, son intérêt pour un sujet. Je ne serai jamais un spécialiste d’un des sujets évoqués et je préfère mettre des liens vers ceux qui sauront fournir un peu plus.

« tu te souviens papy de ta première souris? »

Et c’est là qu’intervient l’interactivité dans un blog, ou même un site. Pour avoir participé au lancement d’un webzine, à une époque, j’ai vu la proximité de ces deux mondes dans le relationnel avec le lecteur/internaute. Interactivité signifie « activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels, qui agissent en ajustant leur comportement. Elle est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine. » pour wikipedia….Ouh la, ça calme! Je la vois à deux niveaux dans un blog :

  • Les liens hypertextes : Ils permettent à la fois les liens avec d’autres blogs sur un même sujet, appuyés parfois par une lourde citation comme au dessus. Mais c’est aussi des moyens de rajouter des informations sans plagier ou faire du copier-coller, comme on rencontre trop souvent. J’ai la très nette impression que l’utilisation de ces liens se raréfie, coté utilisateur, et donc au final coté créateur de contenu. J’y vois là une tendance que je vais développer plus tard. Il s’agit pourtant d’une des bases du Web.
  • Les commentaires : Ils permettent au lecteur de réagir ou de poser des questions à l’auteur d’un billet. Ils peuvent élargir le sujet, apporter une information en plus. Mais ils peuvent aussi amener un « clash », une dispute, une critique non constructive qui va parfois jusqu’à faire oublier le sujet du billet. Là encore, il y a moins de commentaires aujourd’hui, du moins sur les blogs. Cyrille en a parlé et montré du doigt le comportement qui consiste à transférer l’interactivité ailleurs… Pour moi, discuter ailleurs que chez l’auteur, c’est un peu comme parler dans le dos de quelqu’un, même si c’est pour le complimenter.(Icezine reçoit depuis hier des centaines de visites sur un article polémique en provenance de facebook, par exemple)

Oui, je n’ai pas mis de troisième niveau d’interactivité, ce petit truc qu’on voit partout autour des sites, ces logos de toutes les couleurs, qu’ils soient vers facebook, twitter, pinterest ou même diaspora. Les réseaux sociaux, ce mal incarné, gnark gnark, qu’on dit incontournables aujourd’hui puisque plébiscités par le plus grand nombre. Le progrès, vous êtes sûr ? Juste une mode pour moi. Bon, j’ai tout essayé depuis leurs débuts et jusqu’à la fin de l’année dernière, donc je sais comment ça marche et comment ça évolue et le but de tout cela (créer un internet captif autosuffisant pour facebook, par exemple). Le problème est que ça n’a de sens que si l’auteur est sur ces mêmes réseaux, sinon c’est juste pour permettre une hypothétique diffusion plus large, à travers des bots. Le coté « oldschool », ce sont les sites de diffusions de liens, style le journal du hacker ou autrefois des sites comme boosterblog , ou même les shaarlis où il est possible de faire un peu d’interactivité. Qui a le plus à gagner dans tout cela ? Pas le blogueur pour moi, même si ça le met en lumière…D’autant que pour les réseaux sociaux, très peu des liens mis dans les posts sont lus, même avec un titre racoleur ou une image provocante. Ce sont les stats qui le disent.

Car même si on tombe sur un blog qui nous plaît à travers un article, fera-t-on l’effort de s’y abonner (par mailing ou flux RSS), ou continuera-t-on par le moyen habituel, ce tri prémaché par quelqu’un d’autre (l’algortihme de facebook ou la sélection d’un jdh…)? Pour le commentaire, on ira là où il y a du monde, si on a à commenter. J’ai déjà longuement expliqué pourquoi le +1 du forumeur qui s’est transformé en like a tué les discussions. Ancien « community manager » d’un forum il y a 15 ans, je faisais déjà la chasse à ces comportements passifs. Aujourd’hui je vois de l’étoile « automatique » et parfois il m’arrive de le faire aussi. Oui, on devient tous flemmards à ne pas dire « j’ai beaucoup aimé ton article / dessin qui m’a apporté un sourire, mais…. » et à cliquer sur la petite étoile., le pouce ou le smiley. D’où l’idée de constituer une petite communauté de blogueur et donc de centraliser des commentaires…Les deux concepts ne sont pas des inventions. J’en ai connu en « blogueur politique » pour le premier et pour le second, c’est un peu ce que faisait disqus. Reste pour moi deux problèmes : L’intégration automatique dans le blog existant, la cible du lien étant créée après la création du billet – Le fait que ça soit encore un autre outil dédié uniquement à cela et qui donc risque de devenir un point d’entrée… ou rien du tout. Nous sommes plusieurs à tester un truc centralisé à quelques blogs mais decentralisables (vous me suivez?… Un peu de tofu aux herbes?), sans inscription, mais je ne suis pas encore totalement convaincu.

ah, le premier site internet…. (capture inconnue)

En fait, ce qui me convaincra, c’est lorsque l’on réapprendra à utiliser internet*. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais il faut réapprendre l’outil. J’ai déjà préparé un billet sur l’utilisation du mail (et je reprends quelques éléments de Genma qui en a parlé récemment). J’en ferai un autre sur les liens hypertextes avec les navigateurs modernes, et surtout le mobile. En fait, tout une génération a découvert ce média autrement que nous, les « découvreurs », et n’a pas les mêmes codes, les mêmes réflexes. Personne ne l’apprend et j’avais déjà vécu cette différence d’utilisation lorsque le web est devenu véritablement grand public, ou lorsque j’ai du apprendre cela à mes parents. Ils ont été eux-même suffisamment curieux pour se documenter mais ce n’est pas le cas de tout le monde. On a simplement oublié que certains ont découvert internet par facebook, par exemple, donc dans une sorte de monde parallèle privatisé. A force de parler entre « spécialistes », on oublie même que la plupart des acronymes utilisés ne sont pas compris. C’est un peu comme ces publicitaires qui mettent de jolis mots en anglais dans leurs slogans, dans un pays qui n’en comprend pas un traître mot. (aujourd’hui, ce sont les ressources humaines qui sont contaminées…)

Alors, je ne changerai pas ce qu’il y a ici : Pas de liens de partage hors mail, pas de comptes sociaux et toujours des liens hypertextes un peu partout pour enrichir les articles. Ca me prend un peu plus de temps (et d’ailleurs wordpress a viré une fonction bien pratique autrefois…) mais ça va justement bien dans le sens du partage. Qu’on ne me dise pas que je ne vis pas avec mon temps… J’essaie justement, à mon petit niveau, de lui faire prendre conscience, à mon temps, qu’il passe à coté du principal. Et c’est justement le but de la diversité des sujets ici : Aller voir ailleurs ce qui s’y passe, comprendre ce qu’il y a derrière, m’aider moi même à apprendre des choses nouvelles dans … les commentaires, comme j’ai le plaisir souvent de lire. Alors même si ce billet ne se prête pas forcément aux commentaires, ne vous gênez pas pour interagir ici et ailleurs, en pensant au bien commun. Et vous ferez votre petite… révolution.

* petite dédicace à mon voisin qui a eu la bonne idée de mettre 12345678 comme mot de passe de son réseau wifi

Blog : Culture pas si générale

Il est si facile de se moquer des erreurs des autres, sur les réseaux sociaux, qu’on en oublie souvent ses propres ignorances. C’est ce que j’ai ressenti cette semaine.

Pourquoi ? Parce qu’un illustre candidat à la présidentielle a cumulé plusieurs erreurs de géographie. Un type qui sort quand même de la cuisse de jupiter, qu’on dit brillant et vif d’esprit, et qui est auréolé de diplomes prestigieux. Donc on se dit que ce type là doit savoir, à minima, tout ce qu’il faut sur la France. Et là, patatra : Il croit que Villeurbanne est dans le nord, que la Guyane est une île, …. Comme je ne le porte pas vraiment dans mon coeur, je suis tenté de me moquer, puisque moi « je sais ». Mais comme ce n’est pas mon genre de propager ce genre de truc, je me suis posé la question autrement :

« mais pourquoi ignorerait-il cela ? ». Ce qui m’a fait me demander à moi même comment je savais où était Villeurbanne et la Guyane. Pour la première, c’est très simple, je ne l’ai pas appris à l’école mais parce qu’à une époque, on parlait de cette ville en … Basket ball. Et puis je me souviens qu’on devait en parler aussi dans « Les Six Compagnons » de Paul Jacques Bonzon (on a le droit de préférer Nietzsche ou Machiavel), une série de romans pour ados. Pour le second aussi, c’est à travers des lectures que je l’ai su, et en m’intéressant à l’espace puisque la Guyanne, c’est Kourou, la fusée arianne… Mais la Guyanne, ce fut le bagne de Cayenne, et donc Jean Valjean dans les Misérables de Victor Hugo. Bon, il faut avoir la curiosité de regarder une carte tout de même mais une chose est sûre : On n’apprend pas ça à l’école, du moins jusqu’au bac. Je m’étonne un peu plus pour quelqu’un qui a fait des études plutôt littéraires et administratives mais bon. Par contre, parler d’expatriation pour quelqu’un qui part travailler en Guadeloupe relève d’une vision très particulière de la France, entre ethnocentrisme et néocolonialisme… Mais revenons au sujet.

Car j’ai aussi interrogé des proches pour savoir s’ils connaissaient Villeurbanne et la Guyanne. J’ai été étonné de retrouver le même genre d’erreurs. Mais en même temps, ils pourraient m’interroger sur leurs sujets de prédilection, que je pourrais répondre aussi des bêtises moi-même. Je n’ai, par exemple, aucune mémoire des noms de personnages dans quelques domaines. Ca ne s’explique pas rationnellement mais je connais des personnes incollables sur tous les membres des groupes de rocks des années 70 à nos jours. C’est aussi de la culture générale, toute aussi recevable que le reste. Je n’ai pas lu un certain nombre de romans devenus des classiques et avec les jours qui passent, ma culture évolue, s’amenuise dans certains domaines, augmente dans d’autres. Cela se fait par affinité et je suis donc plutôt calé en voitures anciennes, ce qui a un intérêt très relatif. On peut me demander le prix du pain au chocolat mais j’aurais du mal avec le prix du ticket de métro à Paris maintenant que je le prends moins. La culture est forcément orientée et on pourra piéger n’importe qui. On aurait pu lui demander la signification de l’acronyme TAAF, ou lui demander de situer les Kerguelen que le résultat aurait été le même.

Un indice : Les Kerguelen sont sur cette carte

La culture devient même générationnelle puisque les plus jeunes seront incollables sur des domaines totalement ignorés des plus agés. Est-ce mieux ou moins bien? Je ne saurais le dire de manière infaillible car cela dépendra du milieu dans lequel on va évoluer. C’est plus par la curiosité que ça va se jouer. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai appris certaines choses par moi-même, en regardant beaucoup de films classiques pour le ciné, en lisant, en m’intéressant à l’histoire, à la peinture, à la géopolitique, en dehors de toute demande scolaire. Cela a parfois étonné des profs au lycée, où je n’avais pas forcément les résultats en rapport. Je suis en train de lire une biographie de Winston Churchill. Je vous rassure, je ne me crois pas au niveau de ce grand homme (du point de vue de la place dans l’histoire), mais le jeune Winston était un cancre fini….vis à vis du système scolaire de l’époque, mais avait beaucoup de curiosité dans des sujets très variés, ce qui lui servit plus tard. Je pense même, au vu de son comportement, qu’il était ce qu’on appellerait aujourd’hui un surdoué. Mais il n’a pas trouvé facilement sa voie. Ce n’est pas le cas de l’homme politique que j’ai cité plus haut et qui s’est parfaitement conformé au moule voulu (et continue de le faire).

En parlant de moule, je ne vais pas parler cuisine, mais … informatiquement et librement parlant, nous avons aussi une forme de culture. On considère certaines choses comme acquises, comme par exemple la simple utilisation d’un clavier et d’une souris, alors qu’il y a de multiples manières de le faire (si, si … vous seriez étonnés). Nous considérons l’approche de l’informatique par notre propre lorgnette d’ancien utilisateur. Je me souviens des petits vidéos d’enfants placés devant des ordinosaures et qui ne savent même pas le démarrer, et donc encore moins les utiliser. Pas plus tard que cette semaine, j’ai du réutiliser un matériel de mesure avec… une disquette. Les seules que j’avais conservé pieusement n’étaient pas formatées et le matériel ne proposait pas cette fonction. J’ai ressorti un des vieux optiplex Pentium III que j’avais encore pour y arriver….pour m’apercevoir que ce foutu lecteur du matériel était HS. Mais j’imagine si j’avais filé ça à faire à un jeune né en 1997 et qui bosse aujourd’hui…Ce n’est pourtant  pas de sa faute.

J’ai l’impression qu’on ne cultive pas assez la curiosité mais ça ne vient pas de l’éducation nationale, qui a déjà beaucoup de demandes dans tous les sens. C’est plus sociétal et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont poussé à la lecture, à être curieux. Il y a bien-sûr une question de caractère, d’environnement. Parfois, les manques stimulent l’imaginaire et poussent à l’évasion.J’ai eu la chance d’avoir des grands parents avec moi, d’apprendre beaucoup de l’histoire contemporaine grâce à eux et ainsi de ne pas oublier … Mais est-ce que aujourd’hui ils ne m’auraient pas filé simplement une tablette? Je ne pense pas… mais l’outil ne fait pas l’utilisateur, malheureusement. Ce n’est peut-être pas pour rien que les enfants de Steve Jobs n’avaient pas les produits de leur père. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il faut rejeter les progrès techniques possibles, juste mieux les comprendre et donc montrer le coté positif et ouvert à la culture de l’outil. A un collègue dont le fils s’intéresse à l’art, je conseillais quelques applications lui permettant des visites virtuelles, par exemple, sorte d’équivalent de mes visites à la riche bibliothèque municipale de ma municipalité de la banlieue rouge, il y a 30 ans.

Souvent, on se dit, avec Madame, que nous aurions rêvé d’avoir internet dans la poche pour tout l’apport culturel, toute la curiosité que l’on peut assouvir d’un coup sur l’écran. Et paradoxalement, ce n’est plus ce que l’on met en avant, transformant tout cela en une télévision poubelle bis. C’est comme tout, on peut trouver du bon et du mauvais, quelque soit le média. Et si je lasse peut-être en faisant des posts « culturels » plutôt que techniques ou geek, c’est avec un peu d’illusion de procurer un peu de graines de curiosité aux lecteurs. Peut-être pas au point de créer des croisements bizarres comme je viens de le découvrir avec Orgueil-Préjugés-Zombie, mélange improbable entre l’oeuvre de Jane Austen et les zombies. On va certainement me répondre que c’est l’oeuvre d’un scénariste sous crack qui voulait faire découvrir ce chef d’oeuvre…. La diffusion de la culture n’excuse peut-être pas tout. Il fallait bien rattraper le coup avec l’excellent Rob Zombie, dont le clip est bourré de références cinéphiles… ha ha

ps : toi aussi gagne l’estime de tous en mettant des croix sur la carte pour situer les départements et territoires français et en la renvoyant en commentaire :p

 

Blog : Wikipedia et le libre, du problème de l’objectivité

On parle souvent de Wikipedia et de ses failles. Des profs vont jusqu’à déconseiller son utilisation. J’ai moi même corrigé certaines fautes dans des articles techniques, mais si faille il y a, il tient à chacun, selon ses capacités, à proposer des corrections. A moins qu’il s’agisse d’un problème d’objectivité. Car il faut bien avouer […]

Blog : Des jeunes … analogiques ?

Comme chaque année, j’ai ma petite provision d’apprentis pendant quelques semaines. Et chaque fois, je vais de surprises en suprises, bonnes ou mauvaises. Je n’ai jamais cru au mythe du digital native, parce que déjà dans mon adolescence, on croyait que tous les jeunes allaient être doués en informatique, etc…Ce n’était pas le cas pour […]

Kit d’apprentissage : clavier, souris, copier/coller, les bases.

J’ai passé pas mal beaucoup énormément trop d’heures à faire un kit d’apprentissage pour un atelier destiné aux membres de notre association Université Populaire du Numérique de Damgan. Comme j’ai pu le mettre à l’épreuve du feu et qu’il m’a semblé d’une efficacité non nulle, je me permets de le partager.

Il s’adresse à des plus ou moins grands débutants. Je pense qu’il peut aussi bien servir à expliquer des choses à un proche qu’à faire une formation pour un groupe.

Tout est disponible sur GitHub. Il n’a pas la prétention d’être parfait, mais devrait au moins pouvoir servir de bonne base.

Contenu du kit

Une présentation revealjs incluant des exercices pratiques à faire faire aux auditeurs : souris et clavier

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Une page d’accueil pour les auditeurs listant les différents exercices. Elle leur permet de démarrer facilement le bon exercice proposé par l’animateur.

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Bonus

Un article sur le blog de l’association détaille le clavier. Cet article est destiné aux débutants. Il a été revu, testé et validé par notre experte @GeekMamy qui assure, je cite, « avoir appris des choses ». Bref, c’est du lourd.

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Jeu Mobile : Euclidea ou la géométrie amusante

La géométrie est une matière qui a fait faire des cauchemars à bien des élèves. Mais alors qu’est-ce qui a pris à un développeur d’en faire un jeu ?

Car le but d’Euclidea, disponible sur Android et IOS, est de réaliser des formes géométriques avec l’équivalent d’une règle et d’un compas. J’aurais pu dire une corde et une craie aussi, comme le maçon, car souvent on ne voit pas le lien entre ces formes et le réel. Tout commence évidemment par un tutoriel qui va apprendre à utiliser les outils les plus simples. On va donc savoir tirer un trait, définir une intersection, construire une perpendiculaire, faire un angle de 60°, etc…

Le système de jeu est identique à tous les puzzle games d’énigmes, où il faut passer un niveau et où la simplicité de la solution donne des étoiles. Le nombre d’étoiles cumulées donne ensuite accès à d’autres niveaux et il y en a 131 à ce jour. La difficulté grimpe relativement vite dans le sens où on trouve toujours des solutions mais pour trouver la plus simple ce n’est pas si évident. Il n’y a aucune fonction « indice » pour mener sur la bonne voie et on peut le regretter. Il faut manipuler les outils dans tous les sens, tenter des solutions en pensant simple. On retombe un peu en enfance avec son équerre, sa règle et son compas, en repensant aux théorèmes, aux exercices de math. Mais le coté challenge ludique rend tout cela plus acceptable qu’à l’époque. Un jeu pour se prendre la tête et se souvenir que la géométrie est partout. Il manquerait des explications mathématiques derrière pour que ça devienne plus ludo-éducatif. Surtout que pour l’instant, c’est en anglais. (Cool, deux matières où les français sont mauvais…)

C’est gratuit et vous en saurez plus sur le site de l’application : https://www.euclidea.xyz/

PS : dites pas que je vous l’ai dit mais il existe des solutions complètes sur youtube…

Blog : Expérience(s)

Le mot expérience a bien des sens… Que j’ai pu éprouver ces derniers temps. De l’écriture, au logiciel libre, en passant par la politique, tout est ….expérience(s)

Je me suis lancé un défi personnel la semaine dernière : Ecrire une nouvelle sur un sujet choisi par des diasporiens et tout cela en 2 semaines. Nous arrivons au terme des deux semaines et je suis arrivé à 2/3 de ce que je voulais écrire, suite à quelques impairs de la vie réelle. A travers cette expérience, donc, je voulais montrer que pour un récit qui peut paraître court, il faut du temps, déjà. Je vous laisse lire un extrait (en pdf) de ce récit, brut, non relu. Il s’agit de montrer qu’il y a au moins plus de temps à passer dans les corrections de la cohérence, les relectures (des volontaires?), les ponctuations, fautes d’orthographe et grammaire, que dans l’écriture proprement dite. Je suis déjà revenu sur certains points du récit pour l’enrichir. Si je m’étais consacré à temps plein à cette activité, j’aurais certainement réussi à sortir un récit correct à cette date. Tout ça pour dire à ceux qui veulent se lancer dans l’écriture auto-éditée, que pour atteindre la qualité des meilleurs auteurs, il y a beaucoup de travail en amont, plus que la petite rédaction faite à l’école.

Et justement, en parlant d’école, mon collègue blogueur Cyrille se penche une énième fois sur le cas du logiciel libre à l’école. Il sait de quoi il parle, en étant à la fois prof et utilisateur de xubuntu/debian….Son constat est sans appel : Linux et le logiciel libre ne pourront pas exploser à l’école sans l’aide des institutions et des professionnels. Il a raison de souligner que l’école manque souvent de professionnels compétents pour gérer l’informatique de l’établissement/rectorat. On se retrouve alors, faute de connaissances, à des sous-traitances, des contrats avec des multinationales, etc… J’entendais cette semaine des témoignages d’élèves ou d’anciens élèves fraichement arrivés dans la vie active témoigner de ce qu’ils ont vécu en terme de formation aux outils informatiques de tous les jours. Je devrais dire « pas vécu » car souvent on considère qu’ils savent déjà tout, qu’ils sont nés avec smartphone/tablette ou ordinateur et donc savent taper des rapports, faire des calculs avec des tableurs, maîtrisent les présentations, les recherches documentaires, etc… Il y a urgence à démystifier cela, à battre en brèche le mythe de la génération Y ou digital natives. Pour le voir tous les jours, nous sommes en train d’avoir des ignares dans les domaines numériques si personne ne donne quelques clés de compréhension. Seuls les plus curieux s’en sortent, et on voit par ailleurs les classements internationaux dans la pratique de l’anglais ou des matières scientifiques où la France chute… Même dans la langue de Victor Hugo. Toutefois, il faut prendre ces classements avec des pincettes. On a tendance à vouloir faire des élèves, de bons petits soldats au service des entreprises, donc à vouloir les formater. C’est assez typiquement le format d’éducation retenu en Corée du sud ou au Japon, pays souvent en tête de ces classements, avec les dégats que l’on connaît (suicide, sélection par l’argent via les cours du soir, …). Je constate certes des déficits sur des basiques utilisables tous les jours, tout autant que dans la culture générale. Mais il y a aussi d’autres connaissances que j’appellerai générationnelles, comme j’avais à leur âge et que mes parents ne pouvaient comprendre. Faire des classements, c’est déjà entrer dans un moule et comme tout indicateur, il faut en comprendre la formulation et le but. D’où la volonté d’en créer d’autres mais cela devient alors de la politique. Pourtant,  et comme le dit Cyrille dans un autre billet, il y a un vrai problème d’apprentissage par le travail personnel et une perte du respect dû au corps enseignant. Et les discours politiques de tous bords ne vont pas dans le « bon sens ».

Et justement, cette semaine a été très marquée par la politique. Au point que mon collègue Frédéric s’est fendu d’un étonnant billet sur les primaires de droite. Ayant fermé Icezine, je me suis contenté d’un billet sur Diaspora*. Mon billet a attiré un troll soit-disant néo-libéral, mais surtout néo-creux (pas un argument mais une critique sur la forme). Celui de Frédéric a attiré aussi son lot de rageux, trolls-de-bas-étages sans faire avancer le débat pour un sou.  Infâmes gauchistes que nous sommes, ha ha…Il y a quelques temps, j’avais fait une autre expérience : Diffuser une image pour contrer les propagandes de extrême droite sur les réfugiés. Ces trois éléments réunis montrent que la société est devenue hystérique et qu’il est difficile de parler de vérités, notamment historiques. Dans les cas cités, les deux billets écrits convergeaient sur des faits historiques et une comparaison  avec l’hystérisation des années 20-30 et du traitement post-crise de 1929. Malheureusement, nous remarquons un manque de connaissances de certains des commentateurs, tant historiques que géopolitiques (Frédéric fait par exemple un excellent rappel sur le nombre réel d’élus aux Etats-Unis par rapport à la France, dans ses commentaires…), autant que de la prise de distance nécessaire pour s’éloigner de sa propre condition. Cette ignorance générale, ou cette volonté de ne pas rouvrir la plaie du régime de Vichy par exemple, amène à des absences de dialogue. On en revient donc à la nécessité d’éduquer (et non de réécrire l’histoire). En dehors de cela, l’image issue de mon billet expérimental n’a pas pu beaucoup essaimé en dehors de Diaspora*. Evidemment, beaucoup d’utilisateur ne sont pas ailleurs ou n’osent pas jeter de l’huile sur le feu twitter ou facebook, justement par peur d’un conflit. Et on en vient à de l’entre soi de plus en plus en cloisonnant nos réseaux. Pendant la campagne des primaires, on a vu par contre une diffusion très efficaces d’informations mensongères de la part de milieux d’extrème droite, et dont il est assez difficile aujourd’hui de mesurer l’impact sur le résultat. En Allemagne, Angela Merkel s’inquiète de ce type d’utilisation, vue aussi pendant les élections US. Ce n’est pas dans son coin que les choses changent mais la haine semble motiver plus que l’amour de son prochain. 

Si le petit microcosme diasporien français semble moins touché (bien que fortement infiltré par des partis à tendance conspirationniste), cela tient à la fois au recul de ses utilisateurs sur les informations et à la maturité numérique. Les autres réseaux tendent à une infantilisation de l’utilisateur, mais ce ne sont que des outils, peu différents les uns des autres. Genma parle aussi de sa vision de twitter… Et oublie peu à peu Diaspora sans regarder la vanité de cette diffusion évangélique. Autour des trois sujets que je viens d’évoquer, il y a donc un point commun : Il faut aller voir derrière le miroir numérique, derrière la facilité apparente des choses :  Il est facile en apparence d’écrire et de publier. Il est facile de dire que des outils libres sont disponibles. Il est facile de faire des indicateurs de performance et des classements. Il est facile de dire la vérité et encore plus le mensonge…. Mais il est moins facile de faire tout cela de manière efficace et pertinente.

Présentations et ressources graphiques en #cc0

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Hello camarade,

je produis des présentations pour notre Université Populaire du Numérique de Damgan. Du coup ça vaut ce que ça vaut mais j’ai du matériel à partager:

  • une présentation « Les forums » : voir en ligne
  • une présentation « Les données » (fichiers, programmes, numérique…) : voir en ligne
  • les ressources graphiques qui vont avec : les quelques photos viennent de pixabay ou autres fournisseur d’images CC0 mais les illustrations sont de moi ( sauf cat.gif, blabla.png , merci.png , et 4 avatars faits avec FaceYourManga  )

assets

Les présentations utilisent revealjs. Comme j’essaye d’être très light sur les slides, c’est sûr que ce n’est pas très intéressant sans la présentation orale qui va avec. Mais bon, y’a peut-être des choses à récupérer pour certains.

Le zip de la pres forums : télécharger forums.zip

Le zip de la pres données : télécharger données.zip

Quelques sources SVG

Des icônes « forum », « blog », « email » : télécharger icones.svg

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Des motifs paquets, données, …  : télécharger robot.svg

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Une illustration « factory » ( imaginons l’ordinateur comme une usine, programmes = machines outils, données = matières premières ) : télécharger factory.svg

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Si tu connais des endroits faits pour le partage de ressources éducatives libres, ça m’intéresse, pour prendre et pour donner.

Merci.

 

Blog : Tout, tout de suite…

Je ne sais pas si c’est générationnel ou pas mais entre les joueurs que je vois sur des applications « à la mode » et les apprentis qui passent entre mes mains griffues, je me pose des questions…

Ces temps-ci, j’observe (et surtout madame…) les nouveaux joueurs d’un jeu que nous avons commencé à ses débuts il y a 5 mois. Il a fallu passer tous les niveaux un à un pour avoir des personnages optimaux. L’éditeur met à jour régulièrement son jeu massivement multijoueur pour s’adapter à des joueurs de plus en plus puissants, empruntant d’ailleurs des techniques que je décrirais plus tard et qui posent bien des problèmes. Et puis il y a des nouveaux arrivants qui voudraient vaincre tout de suite ces boss temporaires, finir ces évènements. Ils ont la possibilité de se faire « accompagner » par des « amis », que l’on rajoute via des codes, ou suite aux propositions du jeu lui même. Mais pour éviter de tuer le jeu, le débutant n’a pas directement accès à des amis d’un niveau trop différent du sien. Pourtant, dans les forums, on voit ces « noob » geindre, grogner, chouiner après l’éditeur et les joueurs expérimentés qui ne les acceptent pas. C’est assez pitoyable car ils voudraient atteindre le niveau max en quelques jours, sans passer par ces étapes qu’on qualifierait d’initiatiques. Qu’importe l’aventure, la découverte, c’est le boss, le graal directement, comme si ça leur revenaient de droit.

J’ai connu aussi cela sur Real Racing, avec les fameuses épreuves chrono / en ligne que l’on ne peut remporter qu’en ayant les véhicules au top. Et pour avoir ces véhicules, il faut en chier des heures sur les pistes et épreuves, ….ou être très riche. (mais là, c’est un autre problème). Je n’ai jamais grogner contre cela et j’ai patiemment franchi les étapes jusqu’à pouvoir me frotter aux meilleurs, ce qui m’a bien pris près de 4 mois minimum. Heureusement que je n’ai pas fréquenté les forums et pages facebook du jeu à ce moment, je pense que ça m’aurait déjà fait bondir. J’en connais même qui avaient une version du jeu avec tous les véhicules débloqués à l’origine…. aucun intérêt pour moi. Et pour un joueur qui a connu les jeux d’arcades les plus difficiles (ghost n goblins, par exemple….), où il fallait s’obstiner, apprendre les séquences, jouer au millimètre, cet état d’esprit paraît bizarre. Je ne pense même pas qu’il s’agisse d’une attitude de la génération , X, Y ou Z, mais un problème plus général, lié aussi à la culture de l’immédiat.

Je parlais donc des apprentis qui passent entre mes mains griffues et acérées… gnark, gnark? Chaque année, j’ai un problème test que je leur pose et je regarde leur attitude. Je peux les classer en deux catégories, voir trois : Ceux qui ont de la curiosité et cherchent réellement, et les autres. Parmi ces autres, il y a ceux qui font semblant de chercher en balançant une solution simpliste dans les 2 minutes, et ceux qui attendent directement que je donne la solution, comme si c’était impossible pour eux de trouver. Pour une génération qui a aujourd’hui l’arme ultime de recherche dans sa poche, c’est assez désespérant de les voir ne pas l’utiliser une seconde, déjà. A croire que internet n’est qu’un loisir, pas un outil. Et pas plus tard que cette semaine, un collègue me posait un problème de physique …. de son fils lycéen. Le temps de se remémorer un peu , avec une petite recherche, le vocabulaire usuel de cette matière, j’ai bien fini par trouver comment expliquer la réponse au bout d’un petit quart d’heure. J’imagine sans internet, comment j’aurais galéré… sans bibliothèque à coté de moi.

Si l’on observe un peu plus ce qui se fait sur le net, et jusque dans le logiciel libre, d’ailleurs, on voit qu’il y a les sachants d’un coté et puis ceux qui apprennent, et chacun d’entre nous passe de l’un à l’autre. Mais combien de fois lit-on des questions particulièrement débiles ou simples auxquelles une simple recherche sur Qwant ou DDG aurait permis de répondre. Les sachants ne se gênent d’ailleurs pas pour le dire parfois. Je n’ai jamais le réflexe de me reposer sur un sachant si je n’ai pas longuement cherché par moi même en français, anglais…. Oui, ça aussi, ça ne tombe pas sous le sens de chercher dans une autre langue, surtout quand on la maîtrise mal. Et comme on est tous, avec le temps, un peu sachant, on en vient au problème du partage de la connaissance et à l’apprentissage. Sujet que je laisse volontiers aux représentants de l’éducation nationale qui me liront… Reste donc le comportemental, après, qui doit pourtant bien être lié à la fois au caractère et à l’éducation dans son sens large. Je vous laisse méditer sur le sujet, et je relève les copies dans ….

Blog : La nécessaire éducation au numérique 

Entre une discussion au boulot et un article bornien, j’ai trouvé intéressant de parler éducation au numérique. Attention, pas le numérique dans l’éducation qui est tout autre chose…

Même si le terme est un fourre tout, le numérique est partout dans notre vie. On utilise internet pour des achats, pour les administrations et celui qui n’a pas de terminal chez lui se condamne peu à peu à l’isolement, tout étant pensé (et parfois très mal) pour cela. On peut le regretter parfois, mais il va bien falloir faire avec. Sauf que les personnes concernées ne sont pas nées avec tout ça et même ma génération qui a connu les prémisses de l’informatique grand public, a bien du mal à s’y faire. Le problème est que l’éducation se fait souvent par mimétisme et donc, que les enfants actuels reproduisent les erreurs de leurs parents. Ces parents comptent trop souvent sur l’école pour récupérer toutes leurs erreurs mais c’est justement là l’erreur. Si effectivement l’école peut donner des pistes aux enfants, elle ne peut pas tout…. surtout dans un domaine où elle a déjà du mal à éduquer ses profs (cf articles Borniens de ces dernières semaines).

La première chose qui me choque souvent, c’est la place du téléphone dans notre société et maintenant du Smartphone. Du temps du seul téléphone fixe, il y avait deux sortes d’individus : ceux qui avaient un répondeur, avec donc la possibilité de vivre sans s’arrêter à un appel téléphonique, et les autres. Comme nous ne savions pas qui nous appelait, nous allions systématiquement répondre au téléphone, comme si c’était d’une importance vitale, de peur de rater une information importante, de la mort de tata lucienne au rendez vous avec l’ami de 30 ans qui nous appelle que quand il est dans la galère… Mais maintenant, nous avons la possibilité de voir le numéro, nous avons un répondeur inclus dans le forfait mobile et niveau informations, nous en sommes abreuvés. Alors pourquoi répondre systématiquement à tout appel, que ce soit pendant un repas ou toute activité ? Parce que nous avons gardé cette vieille habitude dépassée. Au cinéma, on nous demande de couper notre téléphone. Alors pourquoi ne le fait-on pas à d’autres moments de notre vie. Pour ma part, le smartphone est posé à mon retour chez moi et ne m’accompagne jamais pendant un repas. Je filtre selon les numéros qui s’affichent et ne répond jamais pendant que je conduis. Peut-être aussi parce que mes parents n’étaient pas trop du genre à répondre au téléphone n’importe quand. Dans le travail, on retrouve ce comportement en réunion. Quand j’en organise une (toujours moins d’une heure et avec un ordre du jour et un rappel sur la préparation nécessaire), je demande à ce que le téléphone soit coupé, et même l’ordinateur s’il n’est pas nécessaire. D’ailleurs, je n’emmène pas le mien partout, ne serait-ce que pour le risque que cela peut représenter pour l’accès aux données.

De cette mauvaise habitude avec les appels sur les smartphones, découlent d’autres mauvaises habitudes. Au premier titre, il y a la notification, sorte d’appel d’une application. Pour ma part, je coupe la data quand je n’en ai pas besoin. Je regarde mes mails quand j’ai le temps de les lire (j’ai déjà assez à faire avec ceux du boulot), et je peux rater une information mondiale pendant quelques heures. Je me souviens qu’en 2001, j’ai attendu de rentrer chez moi pour voir des avions s’écraser sur des tours (dont le deuxième en direct)… Je n’ai finalement pas raté grand chose, malgré la rumeur qui courrait alors, etant donné la multiple diffusion de l’évènement. C’est encore pire aujourd’hui. Cette notion d’immédiateté devenue nécessaire est une des erreurs principales. Je vois souvent des collègues avoir des notifications de leur application l’équipe.fr ou 20minutes pour avoir les dernières infos du mercato de football…. Est-ce si important dans leur vie ? Pour d’autres ça sera les informations people, jeux vidéo, …. qu’importe. A moins de travailler dans le secteur, on peut quand même s’interroger. En parallèle, on peut aussi s’interroger sur le besoin d’avoir un smartphone à 600 euros pour finalement n’utiliser qu’un jeu comme Candy Crush, un flux d’information RSS et un GPS …chacun fait ce qu’il veut, bien sûr.

Le smartphone permet de recevoir des emails. Je ne parlerai pas du chiffrement et de la signature de ce courrier numérique, mais de la simple éducation à ce média. Ce n’est pas seulement avoir ou non du « push » pour recevoir ses mails plus vite que l’éclair. C’est aussi savoir rédiger, répondre, classer, gérer. On devient vite submergé de mails inutiles et dont le titre n’est pas parlant. Là aussi, nous avons appris par mimétisme, et parfois par celui de notre hiérarchie. Il est bien de faire des dossiers, pour mieux s’y retrouver. Il est bien de mettre un titre complet et informatif, sauf s’il y a des données confidentielles (auquel cas, il faudra passer au chiffrement). Il est bien de saluer les personnes comme dans un courrier manuscrit. Il est bien d’identifier les destinataires et les personnes en information. Il est bien d’utiliser la fonction « copie cachée » (cci) pour donner une information à quelqu’un sans en aviser les autres (un cahier des charges à plusieurs sociétés, par exemple). Toutes ces petites choses ne sont pas enseignées à l’école, évidemment.

Je pourrais parler de toutes les mauvaises habitudes prises sur internet et qui entrent dans le sujet de l’hygiène numérique. Le sujet sera long et est traité tant par des associations que des services de l’état qui viennent faire des conférences. Mais n’est-il déjà pas trop tard lorsque l’on a pris un mauvais pli depuis 10 ou 15 ans. Le rôle des parents et de l’école dans ce domaine est plus que flou. Comme je le disais, le mimétisme joue beaucoup et donc l’enfant reproduira aussi les mauvaises habitudes listées ci dessus. C’est donc la nécessité exemplarité des parents qui est complexe. Cyrile parlant du manque d’intérêt des parents pour les messages de l’école, le cahier de texte numérique, etc… Je m’interroge en effet sur ce que représente un enfant pour certains parents, quand celui-ci est laissé avec sa « nounou virtuelle », que représente la télévision ou la tablette aujourd’hui. Et comme justement les parents ne savent pas ce qu’il y a dans cette tablette, ses possibilités, ses failles, c’est parfois donner une bombe à retardement. Génération, X, Y….c’est du bidon pour marketing car on voit que derrière tout cela, ce sont des humains, avec leurs faiblesses, leurs erreurs dont savent profiter les plus malins (exemple, l’addiction au jeu d’argent par exemple, qui se niche jusque dans le moindre jeu mobile avec des achats « in app »). Lorsqu’on rappelle que Steve Jobs ne mettait pas de tablette dans les mains de ses enfants, on rigole. Mais derrière cette anecdote, il y a une réflexion à avoir sur l’éducation à cette révolution culturelle et technique que représente le numérique. Elle ne concerne pas seulement l’aspect fonctionnel auprès des enfants mais les parents, les enseignants à un niveau presque philosophique.

@disney Pixar dans Wall E : Serons nous ainsi dans 50 ans?
@disney Pixar dans Wall E : Serons nous ainsi dans 50 ans?

Quand les créateurs des ordinateurs ne voyaient autrefois qu’un intérêt scientifique, nous sommes aujourd’hui dans une vision totalement orientée vers le loisir et la distraction, oubliant souvent l’optimisation nécessaire de nos charges de travail. Il n’y a pas à refuser le progrès apporté par l’ordinateur, mais juste à réfléchir à ce que cela doit nous apporter réellement. Que cela soit dans l’activité domestique ou l’activité professionnelle, l’abus ou le refus du « numérique » ne sont que des moyens d’éviter la réflexion et la nécessaire éducation. Quant à savoir si l’éducation doit plus s’appuyer sur l’écrit ou sur le visuel, il y aura bien assez de temps pour en parler plus tard…ou ailleurs.

Cantines scolaires: l’Education Nationale signe un partenariat avec Mac Donald

junkerschoolC’est l’intérêt de tous: il faut soulager les collectivités territoriales en charge de l’organisation de la restauration scolaire. Nous n’avons plus les moyens de nous occuper de ces activités non rentables qui creusent les déficits.

Ca tombe bien de généreuses entreprises privées proposent de s’occuper de tout!

« Laissons faire les professionnels de la nutrition! » déclare-t-on au ministère.

« 5 frites et légumes par jour! » Nos chérubins sont entre de bonnes mains.

Ce nouveau partenariat Public/Privé fait suite à d’autres abandons de bon sens, comme par exemple dans le domaine du Numérique.

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Oui, pour les cantines c’est bidon. Fake, faux, sale blague, Complete Bullshit quoi.

Pour le reste hélas non. Si vous creusez un peu, vous pourriez découvrir que laisser rentrer des entreprises comme Microsoft dans les établissements publics d’enseignement est aussi violent que de confier l’équilibre alimentaire de nos enfants à des géants de la malbouffe.

Pourtant on ne manque pas de solutions éthiques et responsables, mais rien n’y fait le business commande, les héroïques défenseurs du commun sont condamnés, les vendus fossoyeurs des services publics siègent sur le trône d’une Europe sans cœur ni âme.

(Oui je suis un peu excessif mais je viens de lire le verdict #LuxLeaks, j’ai la rage 🙂 )

La privatisation des éducations nationales européennes est un marché gigantesque et tout le monde a bien l’intention de se goinfrer. Alors si tu as envie de résister, d’aider des gens qui se défoncent depuis 15 ans et qui sont dans la panade, et accessoirement d’avoir la chance de te dire « je ne suis pas de ceux qui auront honte », c’est facile, fouille et contribue! 🙂

Tout est là, n’attends pas!

 

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