Blog : Pourquoi le logiciel libre ne dominera pas le monde (à moins que…)

C'est en parcourant des articles sur Mastodon, Cozycloud et autres que je me suis fait cette réflexion un point désespérante : Si logiciel libre voulait dominer le monde, c'est assez peu probable qu'il y arrive... Le professeur Borne, maître en poutrage d'ISO et de zombies, a eu l'occasion de chercher quelques solutions d'autohébergement, de NAS estampillées logiciel libre, sans trouver le truc clé en main qu'un utilisateur de solution privative chercherait. Admettons que ça se mérite, mais on a envie au moins d'avoir des hébergeurs proposant des solutions qui fonctionnent, surtout si ça vient du créateur du produit. L'exemple Cozy Cloud est frappant et Tristan Nitot est allé jusqu'à commenter un des articles parlant de son produit... Et pour moi, il n'a rien compris car il se place dans la position bancale qu'ont trop souvent les services commerciaux faisant appel à du logiciel libre.

Tuto : Du bon usage du courrier électronique

Envoyer un courrier électronique / email paraît si simple que l'on en oublie la méthode, la sécurité et tant d'autres petits détails. Genma a écrit un excellent article pour cela et dont je vais reprendre quelques notions importantes dans ce qui suit. Il faut déjà rappeler que le mail n'est qu'un équivalent dématérialisé de la bonne vieille lettre. Il constitue donc "un bon moyen de traçabilité : Il permet d’avoir une date et une preuve d’une demande par exemple", même si des juristes pourront apporter des précisions dans ce domaine. Mais dans un cadre professionnel mais aussi privé, on en reçoit énormément, ce qui impose de suivre quelques règles.

Presse du Passé : Tilt

C’est sans doute le titre mythique de la presse jeu vidéo française pour les années 80. En tout cas, c’est un de ceux qui accompagna pour enfance vidéo-ludique. Je ne suis pas assez vieux pour me souvenir du n°1, même si j’étais né en 1982. Je me suis replongé dans les premiers numéros sur ce site, pour savoir où j’avais commencé à le lire. ce doit être vers le numéro 45 que j’ai commencé à le feuilleter. Souvenez-vous qu’il y avait alorsJeux et Stratégie, aussi et que je n’avais pas encore mon premier ordinateur. Mais ça ne m’empêchait pas de m’intéresser à tout cela, notamment grâce aux bibliothèques de mon coin qui m’offrait la possibilité de lire ces magazines. Ce n’est que lorsque la couverture s’est parée de blanc, que j’ai vraiment été plus assidu, en 89. Mais c’est aussi là que le magazine déclinait déjà.

Souvenir de Gamer : Harvest moon

Qu’on se le dise, les jeux de ferme reviennent à la mode…. et pas pour le salon de l’agriculture. Mais un seul reste dans ma mémoire : La série Harvest Moon de Marvelous.

Sur quoi ai-je découvert ce jeu, déjà? Pas sur Super Nintendo, malgré sa sortie en Europe en 1998. Non, j’ai attendu la GBA en 2004 pour le « Friends of Mineral Town », même si le jeu est passé par le Gameboy Color et la Playstation. Un peu après, c’est l’épisode GameCube qui mettra encore un peu plus de couleur et de réalisme …. et une « Wonderful Life ». La série s’est aussi poursuivie sur la DS de Nintendo mais je n’ai pas poursuivi sur Wii ou 3DS. Marvelous a d’ailleurs abandonné la plateforme Sony Playstation (après Innocent Life sur PSP) pour se concentrer sur les machines de Nintendo. Mais le principe reste toujours un peu le même.

On est un jeune plein d’ambition qui hérite d’une ferme souvent à la dérive ou à reconstruire. On apprend peu à peu à s’occuper des plantations, de la basse-cour puis de l’étable. On vend sa production dans le village, on achète des graines, etc… Il y a des objectifs évidemment mais on est relativement libre de développer sa ferme comme on le veut, tant que ça reste rentable. Mais comme d’habitude dans les jeux de ferme, les animaux sont dans un monde de rêve, sans violence. On est loin de l’agriculture intensive évidemment, mais plus dans l’image d’épinal de la petite ferme traditionnelle. Ca fera plaisir à la confédération paysanne plus qu’à la FNSEA. Mais pas à L214 car on ne voit jamais d’abattage, d’insémination artificielle, de tonte qui tourne au dépecage, de tri de poussins males.

Ce jeu est un peu une alliance entre le jeu de gestion et un jeu éducatif. Il est le prolongement des livres d’enfants sur la découverte de la ferme, des petites figurines que nous avions petit, ou des playmobils. Sa valeur ludique reste importante et il continue à vivre sur chacune des plateformes….chacune? Non car Android ou iOS n’ont pas eu droit à une adaptation. Bizarrement, les tentatives de clonage se sont soldées par des échecs avec des trucs freemium pour se faire du fric rapidement coté éditeur mais sans aucun intérêt coté joueur. A la différence de Sim City, je n’ai pas retrouvé de jeu inspiré d’Harvest Moon qui vaille le détour.  Il n’y a plus qu’à espérer alors…

Blog : Le faux progrès et la fausse nouveauté

A l’heure où l’on a réussi à vendre des idées conservatrices emballées dans un beau « packaging » tout neuf, je trouve intéressant de se pencher sur ce conservatisme ambiant qu’on déguise en nouveauté dans tous les domaines.

Évidemment, je peux commencer par l’Automobile, où je me suis endormi depuis quelques années devant le manque d’innovation stylistique qui vient même dans les concept-cars. Moi qui ai acheté un véhicule qui avait presque 15 ans d’avance à l’époque, avec un style en « rupture », je m’entendais et m’entends encore dire dire que c’est moche par des gens qui achètent des choses qui ne comprennent aucune innovation, pas même technique et qui sont d’une banalité à (me) faire peur. A l’heure de la domination du SUV dans le monde, aucune tendance stylistique ne ressort vraiment de ces années 2000 et 2010. Les innovateurs ont été avalés et mis de coté pour mettre en place des codes plus rétros et une mise en avant du logo de la marque par rapport au style. Dans les marques leaders et particulièrement Volkswagen, et ses marques Audi, Skoda, on décline le même style décennies après décennies dans une épure et un classicisme déprimant comme un costume Hugo Boss. Chacun ses goûts, après tout…

Alfa Roméo Carabo, 1968…. à comparer aux supercars d’aujourd’hui

Mais dans des domaines plus techniques, comme l’informatique, a-t-on réellement vu de l’innovation ces dernières années? MacOS X ronronne désespérément et je cherche vraiment ce qu’a pu créer Apple depuis 15 ans en dehors de services. Ni le téléphone tactile, ni le téléphone connecté, ni le PDA …. (ah si, le Newton?). Google n’a pas fait mieux non plus entre ses chromebooks qui ne sont que des netbooks repackagés, et ses produits nexus sans âme. Continuons dans le Hardware où l’on se contente d’ajouter des coeurs aux processeurs, et des cellules aux disques durs, qui ont repris eux-même le principe des clés USB. On reste dans l’évolution pas dans la révolution coté architecture des ordinateurs personnels avec les mêmes goulots d’étranglement qu’on agrandit juste un peu plus à chaque fois parce qu’il y a plus de données à passer. Coté soft, a-t-on vu une révolution dans les interfaces ? Pas vraiment dans le classique PC avec même un repli stratégique de Windows qui a hésité dans la rupture. Coté GNU/Linux et ses desktop, je ne peux pas dire qu’on sorte un truc innovant (pas même Budgie desktop) et le tactile a maintenant stabilisé son interface. L’innovation est d’ailleurs souvent conspuée (Unity, Gnome3…). Là encore, ceux qui ont voulu innover (Microsoft, Ubuntu, Mozilla…avec modération) se sont cassés les dents devant le conservatisme de la clientèle. Et pourtant, on nous vend à chaque fois un nouvel android ou un nouvel ios qui ne change pas vraiment, se contentant de repeindre la façade, ou de reprendre une astuce apparue chez le concurrent. Le marketing, le mot « nouveau » matraqué, l’image de marque vont faire le reste.

1951… le rétrofuturisme pour nous asservir ?

Mais prenons ce qu’on annonce encore perpétuellement comme l’innovation : La réalité virtuelle ? Cela fait 20 ans qu’on parle de ça cycliquement, avec un échec tout aussi cyclique, que ça soit la Virtual Boy de 96 ou tant d’autres bricolages jusqu’à l’oculus rift et les ridicules « casques » en carton où mettre son téléphone. Par contre, cela fait bien plus de 10 ans qu’on l’utilise couramment en conception automobile mais le grand public c’est autre chose. On peut mettre aussi dans le lot tous les univers virtuels comme Second Life ou le Deuxième Monde. La nouveauté ne marche pas toujours, surtout quand il s’agit de faire vivre à l’utilisateur un monde trop proche du monde réel, avec les codes humanoïdes et de la gravité terrestre.

Il ne s’agit pas de mettre « nouvelle recette » sur un produit pour nous faire croire que c’est mieux. D’ailleurs dans l’agroalimentaire, c’est souvent beaucoup moins bien et l’occasion de se faire plus de marge. On nous rajoute du « produit de l’année » autoproclamé un peu partout et jusqu’en politique, donc. On aura quand même réussi à nous vendre un pain de mie sans croute, aberration consumériste qui fait oublier tout le gâchis qu’il y a avant. Là aussi, on fait croire à une innovation géniale qui cuirait le pain sans que ça crée une croute autour. On a aussi le lait sans lactose dont on fait croire que c’est une vache dans un champ qui le produit.  Et donc aujourd’hui on aura eu notre Twitter « nouvelle recette » « sans gluten », ou bien le Facebook sans OGM après le forum sans phosphate… suivez mon regard. Au cinéma, on enchaine les suites, les films de superhéros et les biopics et remakes. Le spectateur ne prend aucun risque, n’a aucun sentiment mais se distrait, en attendant le prochain, sans savoir vraiment pourquoi. Cyrille n’a pas accroché justement à Rogue One, quand j’y voyais moi même un bon produit mais sans plus.

Sur Diaspora, le « tout nouveau tout beau » a vécu depuis 2 ans, malgré des campagnes pour relancer…

On peut parler aussi de cela sur les réseaux sociaux….Et on peut le constater sur framasphere.org tout comme aujourd’hui sur mastodon: tout nouveau, tout beau. La nature humaine est ainsi faite à chercher des nouveautés tout en voulant se rassurer. On en aboutit à ces paradoxes de voir cycliquement des modes identiques, de reprendre de vieilles recettes habilement renouvelées sans que la nouvelle ne soit justement meilleure. La forme l’emporte sur le fond, ou alors le fond est travesti. On parle de réformer comme un bien, en oubliant que l’on peut changer en mieux mais aussi en pire, lorsque c’est un retour en arrière. Le futur d’aujourd’hui ne ressemble pas à celui d’hier, d’ailleurs.

On nous ressort souvent l’exemple du futur tel qu’on le voyait après guerre, les voitures volantes, etc… L’an 2000 me faisait rêver quand j’étais petit et maintenant j’y suis et je ne vois plus beaucoup de ces rêves pleins d’optimisme. Cousteau voulait conquérir l’Océan. Les séries nous montraient la colonisation de la Lune ou de Mars. Qu’est-ce que tout ça est devenu dans ces deux générations qui sont passées? Maintenant on rêve de produits, de fringues, d’écrans plus grands, de voitures plus grosses… ou juste de survivre, ou devenir riche mais plus d’aventure, de découverte, … J’ai grandi avec Jules Verne sur la table de chevet, puis avec Tolkien, Howard, Dick, Asimov, Moorcock, tout autant que Lovecraft, des visionnaires parfois anxiogènes, et qui ont été remplacés par d’autres dans les générations qui m’ont suivies, si on oublie les les plagiats manifestes et autres refontes de ces univers (vampires, dragons, magiciens, révoltés… des recettes qui marchent). L’âge et les responsabilités ont parfois tendance à faire oublier nos rêves d’enfance, à nous faire croire qu’il faut être raisonnable, jusqu’à ce qu’on le soit à l’excès. Nous nous interdisons de vivre, peu à peu, ou bien nous transferons nos rêves dans des objets plutôt que des actes, des créations. Et quand nous nous en aperçevons,  il est souvent trop tard. Je l’ai vu chez mes parents, mes grands parents…

Le futur vu par Virgilio Marchi en 1924 …

Demain sera robotisé avec des aides à notre image et à notre service, dit-on. La finance sera aussi robotisée (c’est déjà le cas), dictant ses prix par algorithmes, et ça c’est un peu moins drôle. Nos voitures iront là où on les a programmé, évitant soigneusement les chemins de traverse. Nos courses arriveront directement chez nous à l’heure programmée, nous inscrivant aussi dans des routines. Et ce temps qu’on nous fera gagner par ces nouveautés, à quoi allons nous le consacrer? Notre nature nous poussera à l’oisiveté, ou sinon à la drogue du travail, sans prendre simplement le temps de penser au chemin tracé par ces « nouveautés ». Je laisse la fin à Billy Idol

PS : si tu trouves qu’il y a trop de liens hypertextes dans cet article, c’est que tu n’as rien compris à internet et/ou que t’es trop vieux :p

Internet : Décentralisation et géopolitique de l’information

(Ce billet signe donc le retour de la géopolitique dans ce blog, chose qui était cantonnée dans l’ancien Icezine…) A bien observer le réseau des réseaux d’aujourd’hui, il semble qu’on aille de manière très désordonnée dans deux sens opposées. On verra que certains théoriciens ont déjà pensé l’après…

Si la mode est à l’exaltation sur un produit aujourd’hui, comme elle le fut pour d’autres par le passé, le point intéressant est de mettre en avant la structure et non l’utilité de l’outil. Tous les outils proposés aujourd’hui ne sont que des réinventions et ré-interprétations de ce qui existait à l’origine du réseau dans sa phase publique. Aujourd’hui Mastodon est un Twitter qui lui même est un mélange de flux RSS (partage de lien) de blog (partage d’humeur) et de messagerie instantanée. Son innovation, qui n’en est pas une (puisque GNU Social est passé avant, etc….), est de décentraliser les choses dans ce qu’on appelle des instances, c’est à dire des espaces partagés sur des serveurs. On a vu Diaspora* se monter aussi sur cette idée et quelques autres dont on peut dire qu’ils sont moribonds aujourd’hui. Diaspora* subsiste sur une communauté bien particulière qui n’est pas assez influenceuse (malgré le buzz du début, souvenez vous…). Cette communauté a pour avantage d’être calée techniquement, suffisamment pour créer son instance ou au moins en comprendre l’intérêt. Mais ce qu’elle n’a pas compris, c’est le besoin des autres utilisateurs, ceux qui ne voient pas le Réseau de la même manière.

De cet autre point de vue, des non-techniciens, il faut un point d’entrée, une adresse. Mastodon, comme Diaspora* ont tenté cela avec une instance principale qui a rapidement connu les affres du succès, à savoir des serveurs qui sautent, ou bien des fonctionnalités qui manquent. Ajoutez à cela que pour le coté « social », le monde appelle le monde et changer les habitudes est perçu comme un danger par beaucoup d’utilisateurs : Perdre des « contacts », des informations. Évidemment, si on y réfléchit, c’est un leurre car tout existe ailleurs pour les « sachants ». Mais les autres… Ils suivent aussi ces fameux influenceurs, qui créent les modes mais sautent aussi d’une lubie à l’autre mais surtout vont là où est le plus grand nombre. L’humain est ainsi à avoir peur de se distinguer. Pour eux, le réseau est un outil pour faire ses courses, pour trouver de l’information, pour se distraire, une sorte de télévision, un truc pour se croire aussi important avec l’affirmation de la prophécie d’Andy Warhol. Pour ces personnes, Internet est une entitée bien réglée et surtout très géocentrée sur l’occident. Ils croient que Facebook, Twitter et Google constituent le parangon de la réussite. Si les statistiques sont difficiles à contrôler, il semble qu’avec Youtube+Google, et Facebook, les leaders soient bien occidentaux, pour l’instant et visent à cette centralisation des données qu’on croit rassurante, disons confortable….ou au contraire inquiétante, selon sa prise de conscience. Mais derrière, on trouve tout de même Baidu et QQ, deux géants chinois, devant Yahoo, Amazon, Twitter, MSN. Alibaba et les autres BATX ne doivent pas être très loin avec leur extension en occident et je ne parle pas de déclinaisons locales de ces types d’outils en Russie, Inde, ou même Iran pour ne parler que des BRICS.  On entre alors dans l’aspect géopolitique des choses.

Avec notre vision exclusivement occidentale, nous ne voyons même pas le monde évoluer et les différentes interprétations de l’usage du réseau des réseaux. Moi qui suit plutôt d’obédience Neo-Réaliste dans la géopolitique, j’ai apprécié l’interview récente d’Hubert Védrine sur LCI (je vous laisse trouver le lien où vous voulez) qui a rappelé l’erreur que l’on fait trop souvent de ne voir le monde que par nos propres intérêts. Même s’il s’agissait là d’un sujet purement géostratégique, c’est valable pour le reste. C’est aussi le problème des tenants de cette décentralisation désordonnée et qui tourne très vite à l’entre-soi en quelques mois. A cela, Tim Berners-Lee, un des co-créateur de ce réseau que l’on connaît, tente de proposer une voie. Son concept, baptisé Solid est pour l’instant difficile à visualiser mais il faut comprendre qu’il s’agit pour l’utilisateur de choisir où il laissera ses données, ou plutôt qu’elles ne puissent plus appartenir à personne. Reste à rendre tout cela aussi transparent que peut l’être aujourd’hui l’utilisation d’internet pour tout un chacun. Des prototypes existent mais il manque maintenant le petit coup de pouce du destin et surtout l’infrastructure.

Car aujourd’hui, on ne pense même pas à ce problème toujours d’actualité dans les conférences internationales. L’ICANN n’est peut-être plus officiellement sous contrôle américain depuis Septembre dernier mais le changement de gouvernance n’a rien de clair . Si on entend parler de cela à travers la petite lutte entre Fournisseurs d’accès et fournisseurs de contenus (TFI compris…), d’une manière plus mondiale, les « tuyaux » restent répartis de manière disparate. Si on considère la carte du trafic en 2016, l’importance des USA diminue :

(source World Economic Forum)

La carte des câbles sous-marins montre l’ensemble du maillage et la propriété qui va avec. A l’heure où les réseaux sont utilisés de manière offensive, la possession physique des nœuds les plus importants est un enjeu majeur. Et dans ce sens, la décentralisation et la possession de ses propres données peut être vu autrement. Choisir sa localisation ou la propriété commerciale, c’est aussi penser un peu plus à ce que l’on met et à quel endroit. C’est aussi une manière d’être neutre ou pas. Pensons par exemple à ce qu’il arriverait en cas de coupure des liens avec le continent nord-américain et de certains services de DNS. La mondialisation des données, c’est aussi l’interdépendance des services. 

Voilà, alors, qui devrait plaider pour l’auto-hébergement des données? Oui mais à la condition de développer suffisamment de compétences chez l’utilisateur. Mais comme nous en sommes loin, l’idée de Berners-Lee apparaît pertinente, sur le papier. En attendant, c’est justement le moment de penser aux risques sans sombrer dans la paranoïa. Pour ma part, plutôt que de céder à la mode, je suis revenu à un ancien(!?) service un peu oublié (mais pas de tous, n’est ce pas….) : Seenthis. Quand on regarde cela, on retrouve finalement l’idée de Mastodon mais de manière centralisée (un point d’entrée), ce qui n’est pas foncièrement mauvais. Chacun l’utilisera comme il veut et pour moi, c’est orienté veille géopolitique (et un peu automobile). Et à ce sujet, j’ai rajouté ici à la fois des catégories, mais aussi proposé des flux RSS bien précis, pour ceux qui ne veulent pas tous les articles. C’est dans le menu sur le coté ainsi que dans le « à propos ».

 

Blog : A la recherche du CMS, pardon SGC perdu…

Comme j’ai décidé d’écrire en français du québec pour embêter Cascador, je vais donc parler de SGC (Système de Gestion de Contenu), c’est à dire de WordPress, PluXML, Dotclear, Spip… Je ne sais pas si c’est le printemps mais les envies de changement bourgeonnent.

Oui, je disais que j’avais envie de refaire un site bien à moi, donc de tester des moteurs concurrents à WordPress et PluXML qui sont les derniers que j’utilisais. Pour mémoire, j’ai donc commencé tout petit par du Spip il y a 11 ans environ, puis du WordPress 2, un peu de Dotclear 1.X, du WordPress 3 (joyeux végé est toujours propulsé par ça…) puis du PluXML. Le beau frère a eu beau essayé de me convaincre de faire du Drupal ou du Joomla, l’essai ne s’est pas avéré concluant pour mes maigres besoins, et même lui a laissé tomber. J’ai rejeté un oeil sur ce bon vieil écureuil (Spip…dans Spirou, oui, référence de ieuv!) et j’ai bien vu que ça ne ferait pas mieux que pluXML avec en plus un design à faire peur. Je veux bien faire oldschool mais là, c’est trop.

Me voilà donc à essayer Dotclear 2.x. J’avais vu des thèmes plutôt pas mal, de quoi faire ce que je voulais, c’est à dire une intégration de vidéo simplifiée, une édition quasi CQTVECQTA (oui, c’est le français de Wysiwyg ha ha ). Mais comme j’aime la difficulté, j’ai voulu tester ça sur une vieille page perso free inutilisée. Et vas-y que je demande une base PostgreSQL dans l’interface free, comme le dit le guide d’installation français. Et vas y que je sors mon filezilla préféré pour mettre tout ça en FTP, que je vérifie le .htaccess, les droits d’accès… Echec ! Oui, c’est couillon mais le « PHP 1 » dans le .htaccess n’est plus valable avec la dernière version de dotclear et donc ils devraient le virer du site et laisser juste le paragraphe suivant. Donc là ça marche et je teste un peu un thème que je télécharge, un plugin(oui je fais en anglais par ce que c’est marqué comme ça dans l’interface) pour intégrer les videos youtube/dailymotion. Bof, ça fait ce que je veux mais l’interface est rustinée dans tous les sens. Mais le pire est ailleurs pour moi : La version de base intègre déjà une floppée de plugins pour faire un tas de trucs, parfois en doublons et ça, désolé, mais ça fait bricolage. Et quand on bricole, souvent c’est la catastrophe dans les mises à jour, justement le mal chronique de Dotclear. Bref, un petit nettoyage dans l’interface de PostgreSQL (ça m’avait manqué) et…

j’adore casser les bases sql…

Me voilà revenu au point de départ. Mais comme je suis un grand fou, j’ai voulu tester la possibilité d’utiliser le dernier wordpress sur une page free. Frederic me répondra que c’est possible…. hum, on peut dire ça, à condition d’avoir des besoins limités. Car les pauvres 32Mo de mémoire RAM alloués par Free sont bien vite bouffés par cette usine à gaz. J’ai viré tout ce que je pouvais virer, utilisé un des thèmes les plus légers mais il faut bien mettre un antipourriel, la galère des wordpress autohébergés. Donc ça rame vraiment trop à mon goût, ça bogue sans arrêt et on ne peut pas mettre de grosses images, et encore moins faire d’importations. Ah oui, un détail : Il vaut mieux créer un répertoire sessions et un répertoire tmp à la racine, et mettre aussi le truc pour le php 5.6 dans le .htaccess (voir plus haut sur dotclear pour le lien). Sinon, ça marche et si je n’avais pas la limitation des pages perso free, ça reste quand même la rolls des gestionnaires de contenu pour sa richesse fonctionnelle. Bref, la page me sert de sauvegarde du contenu présent ici, on ne sait jamais. Pour contourner les limites d’import de sauvegarde wordpress, j’ai fait des sauvegardes morcelées par années et ça marche. (accessoirement, on peut garder les fichiers XML chez soi)

Bon, alors il reste aussi la nouvelle version de PluXML dont je conseille encore l’utilisation. Cyrille s’inquiétait de deux choses : la limitation théorique à 9000 articles qui me paraît une inquiétude que la technique finira par repousser. Mon petit doigt me dit qu’un gentil développeur va solutionner ça. Et puis il y a ce problème d’export-import avec du wordpress sur lequel quelqu’un s’était penché il y a longtemps mais qui n’a pas été repris. C’est le problème de l’interopérabilité (si si, c’est français le mot) entre les SGC et vu que je suis déjà chiant sur ce thème lorsque je choisis un format de fichier ou une application, je prends garde à garder toujours une porte de sortie pour chaque solution. Bref, tout l’inverse des produits Apple, Microsoft, par exemple… PluXML continue donc de s’améliorer à son rythme mais pas sur que la « recherche interne » arrive car ça me paraît sujet à un alourdissement conséquent du produit. On verra bien…

Bilan de tout ça, je reste ici. J’ai un miroir du site en construction. J’ai fermé le site PluXML que j’avais car je ne me vois pas continuer ce roman pour l’instant. Je reviens sur ce que je disais sur poèmes et photos pour tout centraliser une bonne fois pour toute ici… en doublon donc. C’est aussi parce que j’ai toujours mis un peu de tout, même sur Diaspora* quand j’y étais… Mais pour revenir au sujet, paradoxalement, j’ai l’impression que le monde des SGC est moins riche (quoique la mode est au « sans base de données) qu’autrefois, mais aussi plus complet. Mes besoins sont orientés aujourd’hui vers le confort plus que la liberté de tout bricoler. Mais heureusement, c’est encore faisable et c’est ça l’essentiel.

 

Souvenir de Gamer : Lemmings, vers et autres bestioles

C’est en jouant à un nouveau titre sur Android (voir en fin de chronique), que je me suis remémoré plein de jeux où l’on dirige des êtres et animaux improbables

La liste pourrait-être plus longue que ce qu’elle va être ici. J’ai choisi les plus importants à mes yeux. Je commence donc par Lemmings, un jeu sorti en 1991 par DMA Design / Psygnosis et que j’ai connu d’abord sur Amiga. Le principe était de diriger des dizaines de petits êtres (les lemmings) dans des labyrinthes peuplés de pièges. Certains des lemmings ont des spécialités pour aider les autres qui se contentent de marcher dans une direction ou une autre. Par exemple, ils peuvent creuser, construire des échelles, etc…

Ce jeu de casse tête était addictif au possible et on avait hâte d’entendre le « ho ho » de ces petits êtres arrivés à bon port. La musique participait aussi à l’ambiance réussie du jeu. Pour la petite histoire, l’un des créateurs du jeu, David Jones, sera aussi à l’origine d’une autre série : Gran Theft Auto. Mais Lemmings demande aussi de la précision et jouer en tactile aujourd’hui n’aurait rien d’évident. Il existe pourtant un Wolrd of Lemmings sur Android qui n’est qu’un portage baclé.

Un peu plus tard, en 1994, sort Worms, un jeu qui nous propose de diriger des vers de terre. Team17 a exploité la licence jusqu’à la corde mais c’est bien le premier jeu qui est le meilleur. Cette fois, les vers sont belliqueux et doivent détruire les autres vers ennemis en utilisant des spécialités, au choix du joueur. Ils peuvent tirer simplement, se transporter à un autre endroit, utiliser un mortier, un missile… Si Lemmings était basé sur la réflexion, Worms accentue l’aspect tactique, surtout quand on y joue face à un humain. Là encore, il sort sur Amiga mais j’y jouerai plus en 1995 sur PC. Je vous passe les épisodes 2, open warfare sur console, et l’horrible adaptation 3D qui perdait de vue la jouabilité pour céder à la mode. Là aussi, il y a eu une adaptation sur Mobile mais par l’éditeur, cette fois. C’est plus adapté à une tablette et les tableaux sont moins étendus en largeur que par le passé.

Je saute quelques années pour passer à un jeu devenu culte sur le Gamecube de Nintendo : Pikmin. Le jeu arrive avec la console en 2001-2002, auréolé du nom de son créateur, Shigeru Miyamoto. Le concept est plutôt dur à décrire : « Le joueur dirige le capitaine Olimar dans sa recherche des pièces de son vaisseau. Olimar s’aide pour cela des Pikmin, créatures qui lui obéissent et qui ont diverses capacités qui dépendent de leur couleur. Ils l’assistent pour parvenir jusqu’à la pièce du vaisseau et pour la ramener à bon port. » Ce sont donc des pikmin de différentes couleurs que le joueur va devoir diriger dans un univers en 3D. Vendu quand même à 10 millions d’exemplaires, le jeu connaîtra une suite en 2004 sur la même machine mais fera l’impasse de la Wii pour aller sur WiiU 10 ans plus tard. J’avais moins accroché que les deux précédents, sans doute parce que le jeu était moins immédiat. Je le voyais plus comme une sorte de Godgame mêlé à un jeu de stratégie en temps réel (invasion d’ennemis). Il est pourtant très riche et se joue très bien si on possède encore son petit cube violet.

A ce moment, j’aurais aussi pu parlé des Lapins Crétins de Michel Ancel, bien moins intelligents que les Pikmin. Mais je trouve que le concept des mini jeux s’éloigne de mon sujet. Je préfère faire un petit parallèle avec le célèbre Angry Birds, qui lui est né sur mobile. Dès que j’ai vu ce jeu, j’ai pensé à Worms. C’est en effet un très habile clone puisqu’il s’agit d’une guerre entre deux factions. Mais Rovio avait eu la bonne idée de mettre un peu de « Puzzle Bobble » dedans, à savoir l’envoi d’un oiseau (à la place d’une boule) pour détruire un décor.

Et là, dernièrement je tombe sur Kotori, chicks’n cats. Là, pas de doute, c’est bien un lemmings like car on dirige des poulets stupides dans des labyrinthes pleins de danger jusqu’à leur faire trouver la sortie. Mais cette fois, ils n’ont aucune spécialité. Le joueur a le pouvoir de rajouter des éléments de décor. On comprend bien vite qu’il faut concentrer ses poulets dans certains endroits et procéder ainsi par étape. Il s’agit donc d’un pur jeu de réflexion, avec l’angoisse du chronomètre dans sa difficulté la plus élevée. Le jeu est sorti pour PC comme pour mobile, d’ailleurs et on retrouve tout à fait l’esprit de lemmings. Surprise, le développeur de la version Android est GlutSoft, situé à Bourg la Reine. Comme d’habitude, il y a des niveaux gratuits puis des niveaux à débloquer et des niveaux payants.

Voilà donc un panel de jeux totalement intemporels qui se réinventent au fil des plateformes. Comme quoi, le retrogaming n’est pas jouer dans le passé, mais aussi repenser l’avenir.

 

 

Souvenir de Gamer : Gryzor

On le connaît sous différents noms (Contra, Probotector, Gryzor selon la région du monde/plateforme) et ce fut l’un des meilleurs jeux de shoot/plateforme de son époque.

Sorti en 1987 sur borne d’arcade par Konami, je n’aurais le droit de le découvrir qu’en 1989 sur mon Amstrad CPC, le jeu étant adapté sur tous les ordinateurs 8 bits de l’époque par Ocean, studio spécialisé dans les licences arcades. La pochette n’est pas sans rappeler quelques films d’actions de l’époque, comme Predator par exemple. Mais je vous passe le scénario prétexte à tout cela. Bref on incarne un robot GI bodybuildé qui doit libérer la terre de la domination extra-terrestre. Et allez savoir pourquoi ça commence dans la jungle…

Sur le papier, rien de très novateur. Ca commence par une vue latérale, un personnage d’une taille correcte, pas vraiment en tenue camouflage, qui peut tirer des boules oranges…Il doit éviter les tirs des défenses ennemies pour entrer dans une base. Il peut sauter, se coucher mais il peut aussi améliorer ses armes et tirer en diagonale. Cela fait une petite différence par rapport au classique tir en face de soi et sera repris et amélioré dans Metal Slug, par exemple.

Mais lorsqu’il entre dans la base, il se retrouve dans une enfilade de couloir en perspective façon pseudo 3D, avant d’affronter un premier boss constitué de 4 canons. Suit une cascade où il faut grimper de plateformes en plateformes. Et ainsi de suite…. Je dis ça parce que je ne suis jamais arrivé au delà de ce niveau de la cascade donc je découvre la suite sur le longplay au dessus. Le fait d’alterner les vues a beaucoup aidé à rompre la monotonie de ce jeu plutôt difficile. A y regarder de plus près aujourd’hui, je le trouve plutôt assez lent mais cela tient aux tableaux fixes quand ensuite les jeux de ce type feront appel au scrolling différentiel. J’ai cité déjà Metal Slug qui arrivera quasiment 10 ans plus tard et reprendra un peu de cet ancêtre.

Malgré ce design daté, j’aime bien défier les canons de défense de cette base alien . Dommage qu’à l’époque il n’y avait pas de musique sur la version Amstrad. J’y ai rejoué sur MAME et c’est assez différent comme sensation. Le jeu est plus intense et rapide et puis cette fois, il y a de la musique pour rajouter à l’ambiance. On retrouve un peu de Cabal dans les phases de couloir, aussi. Un jeu donc tout à fait recommandable aujourd’hui, mais avec un joystick type arcade.

Contra/Gryzor de Konami sur Arcade, Famicom/NES, PlayChoice-10, MSX2, ZX Spectrum, Amstrad CPC, Commodore 64,  MS-DOS

Tuto : Les pièges du cloud sur l’archivage des photos et vidéos

Ce n’est pas vraiment un tutoriel que je vais proposer dans ce qui suit mais plus une série de conseils, de bon sens mais qui semblent échapper à beaucoup d’utilisateurs de smartphones.

L’idée m’est venue en lisant un article sur Zataz sur les petits problèmes d’Apple avec un groupe de pirates nommé Turkish Crime Family. Ceux-ci menacent apple de supprimer des millions de comptes icloud. Accessoirement, de nouvelles stars se sont encore fait piratées des photos très privées sur leur compte icloud. Je me suis demandé alors, comment on peut être assez con pour laisser trainer des photos très privées sur des comptes de cloud, après tout ce qui est arrivé à d’autres stars. Mais c’est connu, « ça n’arrive qu’aux autres ».

En fait, le problème vient de la méconnaissance de ce que fait un smartphone. Prenons l’exemple de l’Iphone : A la première photo prise par l’appareil, iOS propose de sauvegarder toutes les photos automatiquement sur icloud. Et par confort et fainéantise, l’utilisateur va répondre OUI dans ce qui lui est proposé. A ce moment là, tout va se retrouver sur icloud, même la photo qu’on a pris pour s’amuser dans un délire avec les potes… Attention Danger : c’est là qu’on va oublier pas mal de choses et cela intéressera des personnes mal intentionnées qui peuvent ensuite passer au chantage. C’est valable évidemment pour les photos comme pour les vidéos et tous les documents. On oublie que rien n’est infaillible en terme de sécurité, surtout pas les empreintes digitales ou même la rétine de l’oeil.

Mais l’iphone n’est pas le seul touché. Tous les clouds proposent des applications qui vont aussi faire le même genre de proposition d’archivage automatique. Je l’ai vu sur Flickr, sur Google Photo, sur les applications propres au constructeur du smartphone, sur Mega, sur Box, etc…. et même sur Owncloud ou Cozy Cloud . Oui, on déresponsabilise l’utilisateur qui ne se pose même plus la question de ce qu’il doit faire de ses photos. La bonne réponse est donc de dire NON à toute sauvegarde automatique.

 

On peut se fixer des petites règles simples pour sauvegarder correctement ses photos.

  • La périodicité sera à fixer selon chacun et on peut même se faire des rappels via l’agenda du smartphone par exemple.
  • Ensuite, il s’agit de faire le tri dans les dernières photos, entre ce que l’on veut garder ou pas. On supprime donc ce qui n’est pas à conserver.
  • Dans ce qui est à conserver, il faut faire le tri entre ce qui présente un « risque » ou pas. Par exemple, des photos à caractère confidentiel pour son entreprise, pour sa vie personnelle…
  • Ce qui présente un risque devra être sauvegardé dans un environnement non partagé sur l’extérieur, c’est à dire tout sauf un cloud. Cela peut-être un serveur personnel (NAS) qui reste partagé uniquement localement, mais attention aux mots de passe Wifi (WPA plutôt que WEP). Ne pas oublier la sauvegarde de la sauvegarde partagée localement.
  • Ce qui ne présente pas de risque pourra être mis sur un cloud, mais aussi sauvegardé ailleurs, si on juge que la perte est importante.

Avec un peu d’habitude, on s’apperçoit que ce n’est pas très contraignant. Je le fais par exemple tous les mois et ça suffit largement.

Donc maintenant, allez voir vos partages en cours sur votre smartphone et regardez aussi ce qui est déjà présent sur votre « nuage », car sinon d’autres profiteront de ce que vous faisiez quand vous étiez dans les nuages.

Informatique, des années 80 à nos jours : 1995 – 1998

Dans le dernier article, nous en étions resté à la fin de l’Amiga et l’avènement du PC.

J’ai mis un peu de temps à écrire cette suite, car c’est aussi l’entrée dans la standardisation du PC, une impression de continuité avec aujourd’hui (dont on annonce sans arrêt la fin). Et pourtant, 20 ans se sont écoulés et ils méritent qu’on s’attarde dessus.

crédit : http://www.tomsguide.fr
crédit : http://www.tomsguide.fr

Donc, en 1995, premier PC d’un assembleur comme il y en avait beaucoup. A l’époque, Surcouf ouvrait à peine à Paris dans son adresse historique et la rue Montgallet n’était pas encore comme nous la connaissons aujourd’hui : le bazar de la pièce PC. OK, pour celui qui n’est pas parisien, il faut que j’explique. Surcouf a été un magasin spécialisé uniquement dans tout ce qui était informatique et qui était un grand bazar coloré avec un gros catalogue. Mais la concurrence des petites boutiques chinoises et d’internet a fini par avoir la peau de ce magasin qui était situé à Paris 12ème. Juste derrière, se situe la rue montgallet où prolifèreront des dizaines de boutiques dédiées aux pièces informatiques, avant qu’un opportuniste ne dépose le nom pour un comparateur de prix. Un an après mon achat de PC, repanne de contrôleur de disque dur, qui me flingue aussi le disque. La garantie fonctionne et j’ai une nouvelle carte et un disque dur de …. 1Go : Ouah ! Mais déjà on parle de la nouvelle génération des pentium à 200MHz et plus. Je feuillèterai quelques temps les petites annonces des magazines qui sont créés uniquement pour ça. Car pas d’internet signifie aussi qu’il faut téléphoner pour avoir les derniers tarifs de barettes mémoires, disques durs, processeurs. Dans le prochain épisode, je parlerai de cette ambiance du quartier où j’avais fini par avoir mes habitudes, mes vendeurs, dans une ou deux boutiques. Car avec les files d’attente, on pouvait observer des profils d’acheteurs, du jacky au csp+, comme on dit.

Le Socket 7....
Le Socket 7….

Le changement de carte mère aura eu un avantage : ouvrir la possibilité de mettre un processeur plus puissant sur le socket 7 et ce cera donc un Pentium 200, accompagné plus tard d’une nouvelle carte graphique et évidemment un disque dur de … 4Go avec 32Mo de RAM EDO pour couronner le tout. De quoi envisager les derniers jeux qui envahissent enfin windows 95 plutôt que le DOS avec un truc qu’on appelle DirectX qui facilite grandement la programmation et l’exploitation des matériels. Mais ma carte graphique n’est pas vraiment au top, quand tout le monde se rue sur les cartes 3DFX. Je préfère déjà la polyvalence pour continuer à tater de l’image de synthèse, de l’open GL, du graphisme et je reste donc avec une carte Diamond Stealth S220 à base de processeur Rendition V2100…. une erreur sans doute mais il a eu ses fans, ce bazar là. J’ai gardé mon boitier et aucun problème de refroidissement à l’époque. Je suis d’un oeil un système dont on parle : Linux avec la Slackware et je parfais mes compétences en formatage, partitionnage, etc…

diamondstealthLa « 3D » a définitivement bousculé le marché et on parle déjà du futur windows. Mes maigres deniers (je suis étudiant encore) ne me permettent pas de changer tout ce que je veux. Mais tant que j’ai une machine qui tourne et permet de faire tourner mes vieilleries que sont GP2 et Frontier Elite, ça me va. J’utilise POVRay pour créer des objets 3D même si ça tient un peu du bricolage, et à l’époque, il fallait bien avoir des produits microsoft pour la burautique. Mon Works d’origine me suffisait amplement pour les rapports de stage, même si je me retrouvais avec des Word au boulot. Coté musique, le CD inséré dans le lecteur balançait un son acceptable sur les enceintes et il ne me serait pas venu à l’idée de stocker de la musique sur un disque dur, en dehors des « Modules » provenant des démos. (voir épisode précédent). Et puis voilà qu’on commence à parler d’une nouvelle technique pour augmenter les performances de son ordinateur : l’overclocking…

On a même des théories sur le rodage des processeur, une manière de les faire chauffer petit à petit pour en tirer la quintescence. A l’époque, l’overclocking se fait en ouvrant le capot de la machine et en tripotant les petits cavaliers autour du socket du processeur. Il n’y a pas de sauvegarde de bios, pas de droit à l’erreur et la notice de la carte mère est en bon papier qu’il ne faut pas perdre. Mon vénérable P200 finira par tourner à 233 MHz, sans broncher, 240 pendant quelques minutes. De quoi gagner quelques images par seconde sur un jeu, ou se dire que oui, on l’a fait. Internet arrive avec des sites qui recensent ces performances. Mais pour moi, ce n’est encore qu’à travers le papier d’une presse informatique qui change, que je le vois. Il me faudra une autre machine, un autre windows pour découvrir cela, au prochain épisode…avec un trublion qu’on appelle AMD.

Souvenir de Gamer : Les jeux de Scooter des mers

C’est en jouant à Riptide GP sur mon androphone (test à la fin), que je me suis souvenu de tous les autres jeux de scooter des mers auxquels j’ai pu jouer.

Seadoo, motomarine, scooter des mers, jetski…. ce drôle d’engin a eu des périodes de mode chez les gamers. Mais il faut bien avouer qu’il souffre d’un gros handicap : l’eau ! Non, le programmeur sait nager en code trouble mais programmer de l’eau a longtemps été quelque chose de délicat, comme tous les autres fluides. Aussi, on a souvent fait une eau qui ressemblait à une route bleue. Ce fut d’abord pour des bateaux, avant que l’on invente cet engin diabolique, croisement entre la moto et le bateau.

Il a donc fallu attendre les consoles 32 bits pour que l’on commence à se dire qu’il était possible de faire un jeu de scooter des mers intéressant, c’est à dire avec autre chose qu’une surface plane. Sur la première playstation j’ai un très vague souvenir d’avoir vu Sea-Doo Hydrocross. Mais c’est avec la Playstation 2 qu’est arrivé Splashdown. Pour la première fois, on pouvait faire des sauts, sur une eau qui ressemblait à de l’eau avec des figures et une rapidité à couper le souffle. Bien sûr, maintenant, on trouvera l’eau un peu trop régulière mais c’était déjà une révolution.

Mais Nintendo a aussi dégainé son jeu avec Wave race, dont ou oubliera la version Game Boy pour passer directement à celle de la Nintendo 64. Comme souvent, ce sont deux philosophies qui s’opposent. Nintendo pense plus à la course pure, non sans fun, tandis que Splashdown fait penser à un SSX sur eau. Le rendu est différent avec des couleurs plus flashy sur wave race. Avec le temps, j’aurais tendance à préférer Splashdown.

Mais pour avoir des sensations, il fallait aussi se tourner vers les salles d’Arcade. Namco a sorti Aqua Jet avant ces deux jeux, en 1996.  Le joueur est sur une réplique de jetski et joue à un classique jeu de course en 3D avec quelques sauts dans un environnement marin. L’eau n’est pas particulièrement réaliste mais qu’importe, le fun est là. Le jeu étant encombrant, il est assez rare à trouver mais j’en ai le souvenir dans une salle d’arcade parisienne.

Puis ce fut l’éclipse…. Il m’a fallu attendre que le studio Vector Unit (dont j’ai parlé pour Beach Buggy) développe un moteur graphique pour l’adaptation d’Hydro thunder sur Xbox360, le vector engine. Je dois dire que j’avais été bluffé par Hydro Thunder à l’époque, mais que je l’ai été encore plus quand j’ai découvert Riptide GP1 sur Android. Faire rentrer tout ça dans moins de 150Mo, c’est à saluer à une époque où les programmeurs de jeu n’en ont vraiment rien à foutre de l’espace disque sur smartphone. C’est la preuve que leur moteur est vraiment bien pensé car cette fois, ça secoue méchamment. Le jeu est payant mais peu cher, et il n’y a pas de pub intenpestive. Je regrette le choix d’un environnement post-apocalyptique,  ce qui donne des décors parfois trop tristes (sans parler des menus), mais à jouer, c’est un bonheur. On retrouve l’aspect course de Wave Race et le fun des tricks de Splashdown. Depuis, ils en ont sorti un N°2 sur toutes les plateformes mobiles et de salon (XboxOne et PS4), et ça envoie du paté… avec ce vector engine 4.

Actuellement, je ne vois aucune concurrence pour ce jeu de niche. Sachant qu’on peut y jouer online (très peu de joueurs) et en splité en 4 joueurs !  Pour l’un ou l’autre, si vous aimez les jeux de course et de cascade un peu originaux, vous ne devriez pas être déçu. Et en plus, vous ne vous mouillerez pas… alors, elle est pas belle la vie ?

Chiffrement : ProtonMail après 1 an et demi 

Cela fait donc 1 an et demi que j’ai commencé à utiliser Protonmail. De quoi voir une évolution réfléchie de ce mail chiffré accessible au plus grand nombre, et certains de mes camarades blogueurs y passer…

Comme on dit souvent, Un mail = Une utilisation. Il est fini le temps où nous n’avions qu’une boite mail. Aussi, je conserve différentes boites, entre Protonmail, mon FAI (Free) et Gmail que je conserve uniquement pour le pourriel qui est lié aux achats en ligne. Oui, google…. car après tout, Alphabet vend nos données aux commerces , alors autant utiliser leur moteur antispam pour ce qu’ils génèrent. Evidemment, cela me fiche un peu plus, quoique même avec nos smartphone android, ils n’ont qu’à se baisser, même avec un firewall ou une rom alternative. Ce n’est pas mieux chez la concurrence, ou alors juste un peu moins pire. Donc mon mail de FAI me sert pour mes contacts usuels et depuis le passage à Roundcube, on peut utiliser le chiffrement. Reste à convaincre ses contacts maintenant car rien n’est simple. Mais surtout, toutes nos conversations n’ont pas forcément à être chiffrées. L’ingéniérie sociale a beau fonctionner, c’est surtout une réflexion à avoir sur ce que l’on donne comme information dans un mail et le niveau de protection adéquat. Parfois on envoie une carte postale sans enveloppe, parfois on met une enveloppe fortement cachetée pour une lettre importante. C’est la même chose pour le mail.

Protonmail me sert uniquement pour les données sensibles, c’est à dire ce qui touche à l’officiel : banques, impots, assurances, …  En version standard gratuite, il n’y a qu’ 1Go de données, ce qui est largement suffisant, quand je regarde au bout d’un an de fonctionnement plus approfondi. Mais en payant 4€/mois, on peut avoir accès à l’utilisation d’un domaine, à 5Go de données et quelques à coté plutôt intéressants pour une utilisation professionnelle. Je n’ai pas testé donc je ne peux me prononcer sur la pertinence de la solution. Ce que j’ai testé, c’est d’envoyer des mails chiffrés à des interlocuteurs néophytes. Et de ce coté là, ça marche très facilement avec le système des mots de passe temporaire. Pas de problème non plus entre utilisateurs protonmail, évidemment.

protonmail

Mais ce que j’ai apprecié, c’est l’évolution du produit. Déjà en version Web avec une interface simple, sans fioriture, qui vise à l’efficacité plutôt qu’au clinquant (coucou Gmail). L’essentiel y est pour moi avec une gestion des contacts maintenant (import/export). Et puis il y a l’utilisation de clés personnelles, l’import-export de clé qui est arrivé et continue de s’améliorer petit à petit. L’autre manque qu’il y avait au début, c’est qu’il n’y avait pas d’application mobile, ce qui était compensé par une interface « mobile friendly ». Cela fait bien un an que j’utilise l’application sans problème…. MAIS, Dada relève un problème quand on a viré les applis-google de son androphone, un message intempestif qui s’affiche. A suivre donc… L’appli, en tout cas a pris le temps de sortir en étant fiable et je préfère cela à un produit bancal et mal fini. Je n’ai pas ressenti le besoin d’une importation de compte Pop3 ou Imap pour l’instant, mais je peux en comprendre le besoin pour qui veut en faire son compte principal. L’intégration à des clients mails existants est évidemment problématique, dans le sens où ça complexifie la chose et que protonmail est pensé pour simplifier le chiffrement. Mais ça avance aussi de ce coté là, donc patience.

Je m’y retrouve bien, actuellement, dans mon utilisation basique. Je n’ai rencontré aucune panne (même si protonmail a fait l’objet d’attaques), ce qui est appréciable, et aucun bug ou temps de réponse anormal. Le produit fonctionne par les dons et les comptes payants et ça semble tenir la route niveau finance (ah, ces suisses….). Évidemment, pour le non anglophone, il risque d’y avoir un problème, l’interface étant en anglais mais plus pour longtemps si l’on en croit les développements en cours. Un moindre mal pour un bon service, pour qui veut protéger ses données dans ce monde obscur. J’ai donc confiance dans les développements à venir pour que dans un an, ça soit encore mieux. Qui vivra verra

BD : L’Incal de Moebius et Jodorowsky

C’est curieux mais depuis que cette série est sortie (1980…), je n’avais jamais pris la peine de la lire. Quand j’étais petit, j’étais trop jeune pour la lire. Et puis ensuite, j’ai préféré d’autres auteurs, dessinateurs. Pourtant Moebius, quoi….

Jean Giraud, donc. Et Alejandro Jodorowsky. Ah si, j’avais mis un pied dans l’univers de l’Incal avec la Caste des Meta-Barons, du même Jodorowsky avec le dessin fabuleux de Juan Gimenez. Jodo sait s’entourer, c’est sûr. Mais il fallait que je reprenne le fil de tout cela avec les premiers opus, ceux sortis à l’époque de Metal Hurlant, dans les années 80. Car en réalité, l’Incal, ce sont les aventures de John Difool, anti-héros et détective minable qui se trouve embarqué dans une machination dont la science-fiction onirique de Jodorwsky a le secret.

Dans un futur éloigné et dystopique, le détective privé John Difool reçoit l’Incal lumière, une pyramide blanche aux pouvoirs extraordinaires, des mains d’un Berg (extraterrestre venu d’une autre galaxie) mourant. L’Incal est recherché par de nombreuses factions qui veulent l’utiliser pour leur intérêt propre : les Techno-Technos (une secte de scientifiques) ; le Préz et ses bossus (le Prez est le chef d’État-dictateur de la planète) ; l’Impéroratriz : chef androgyne (siamois homme-femme relié par le dos) de la galaxie et les Bergs. En s’échappant, Difool se retrouve entraîné malgré lui dans une aventure qui le dépasse totalement et qui le transforme en sauveur de deux galaxies. (Wikipedia)

Aujourd’hui l’ensemble de l’oeuvre relié à L’Incal, est devenu une sorte de Mythe tout comme Jean Giraud. Pourtant, comme toutes les anciennes BD de science-fiction, l’aspect daté du visuel est problématique. Il y a un style très marqué par les années 70/80 qui peut gêner un lecteur d’aujourd’hui. Il y a également des éléments de décors, d’accessoires qui peuvent faire sourire. Et pourtant il faut passer outre et entrer dans l’histoire, dans l’univers de cette planète où règne une dictature de caste.. et apprécier la qualité du dessin de Giraud.

Je ne vais pas résumer ici cet univers complexe, tenter de faire un parallèle avec les dictatures qui avaient cours à cette époque. J’ai mis quelques pages avant de m’y faire et cela m’a rappelé les Eaux de Mortelune, (à voir dans une prochaine chronique) sorti en 86 pour cette peinture d’une planète dévastée par la radioactivité et la pollution. On pense aussi à Soleil Vert (film de 1973) lorsqu’on entre dans la ville des Technos. La science-fiction se réinvente sans cesse en piochant dans d’autres oeuvres. Jodorowsky y apporte d’autres choses, comme le Shamanisme, l’Alchimie, la psychanalyse de Jung, l’oeuvre de Carlos Castaneda, ce qui rajoute à l’onirisme de l’oeuvre. Jean Giraud était lui même dans cette approche à cette époque et on retrouve déjà certains de ces thèmes dans Blueberry.

(c) Les Humanoides associés
(c) Les Humanoides associés

Ce qui est étonnant, c’est de voir à quel point l’oeuvre de Giraud a influencé des films et BD de SF sortis dans les deux décénies suivantes. Ainsi, les machines des Technos font penser à bien des chaines de robots dans le futur avec ce coté organique. Et puis, comme Giraud a participé lui même à des films, on retrouve des liens avec Le Cinquième Element de Besson, pour ne cite que celui là. Mais John Difool n’a rien à voir avec Bruce Willis. Il n’est pas le héros sauveur du monde mais l’anti-héros tombé là par hasard (et c’est le cas de le dire). Dans cet univers qui est sans doute baigné d’une ambiance ‘no future » de la fin des années 70 / début 80, on finit par s’identifier à ce looser et à sa mouette Deepo, le faire-valoir animal du héros. Un Deepo bien plus héroique que Difool parfois.

Malgré la patine du temps et les défauts qui apparaissent aujourd’hui, l’Incal-première série, qui s’étale sur 6 albums, est très recommandable et donne envie de se pencher sur les autres séries, Avant-L’incal et Après-L’incal jusqu’à L’incal-final. J’ai pourtant ressenti un peu d’ennui dans les tomes 4 et 5. Je me suis aussi délecté de la satire sociale si contemporaine ou dans le basculement très Space Opera de la série. Peut-on pourtant considérer que cette série est terminée? Sans-doute pas mais le décès de Giraud en a peut-être décidé autrement. Un classique incontournable, donc.

ps : les dernières éditions ont été recolorisées… ce qui peut choquer les puristes. 

Web : et si nous étions rétribués pour nos données ?

Aujourd’hui, nous savons tous que nos données sont exploitées, la plupart du temps à notre insu. Il n’y a que les spécialistes qui peuvent être certains à 99% de tout maîtriser. Alors, y-a-t-il place pour une autre solution accessible à tous ?

En lisant cet article, vous donnez sans doute des données à un moteur statistique. Même si j’ai supprimé les boutons facebook et compagnie, vous utilisez aussi un ordinateur ou un terminal mobile qui peut fournir des données à leurs concepteurs/fournisseurs de système d’exploitation. Il est possible que les backdoors des routeurs, par lesquels transitent vos données, soient utilisées aussi pour vous espionner. Ici, ça ne vous semble pas grave, mais pourtant, des sociétés gagnent de l’argent en utilisant votre profil de consommateur, vos goûts. Vous travaillez pour eux, sans le savoir et sans rien toucher.

Vous n’avez pourtant rien signé d’explicite, si je vous pose la question. Mais c’était caché dans ce que vous avez validé dans les conditions générales d’utilisation. Aujourd’hui, ce pouvoir va très loin, à travers de l‘intelligence articificielle et une manière de présenter le monde, comme le rappelle ce récent article du Monde Diplomatique. D’où une idée qui se rapprocherait du revenu universel si à la mode, Rétribuer l’utilisateur à travers un contrat explicite et bilatéral. Nous aurions le choix entre donner accès à nos informations ou pas, et donc de toucher une rétribution en échange. Évidemment, cette vision des choses est proche de l’utopie. Car pour cela, il faudrait exercer une pression sur ces sociétés toutes puissantes, à l’égal d’états comme la Chine qui donnent accès ou pas à leur réseau national. Cela mettrait aussi en cause la fameuse neutralité du net, toute aussi utopique. Et donc cela reviendrait à …. nous surveiller en contrôlant que nous ne sommes pas surveillés. Paradoxal !

Se poserait d’abord le problème du contrôle. Comment vérifier à notre niveau qu’une société appliquerait bien notre refus de céder nos données? Il faut avoir de l’expertise pour « scanner » ce qui transite à partir d’un terminal. On ne pourrait demander cela à notre opérateur, déjà débordé par de multiples demandes légales et qui n’est pas neutre. Pourtant, il y aurait nécessiter à procéder à des échantillonages sur les données qui transitent pour vérifier le bon fonctionnement d’un tel système. Le coût d’un tel organisme serait aussi conséquent (quand on connait le nombre de fonctionnaires chinois employés à cela…) et là intervient la politique. Quand le gouvernement chinois impose une censure avec un coût important, on s’offusque. Mais quand il s’agit de rétablir la balance dans le bon sens, c’est plus compliqué évidemment.

En réalité, nous sommes face à une sorte d’« Uberisation » des données, et c’est la gratuité d’un service qui serait notre monnaie d’échange : gratuité du moteur de recherche (mais alors est-ce qu’Altavista était payant autrefois ? ), gratuité du système d’exploitation de son mobile (mais pas du terminal….), …. Ce serait donc ça notre rétribution, puisque nous avons accepté les CGU. Sauf que comme Uber ou blablacar avec ses chauffeurs, la marge a évolué avec le temps et si c’est toujours gratuit pour nous, la rentabilité, coté utilisateur de nos données, a grimpé. Le cours de la données a augmenté et je suis même persuadé que nous n’avons pas tous le même cours, selon notre pays d’origine, notre métier, et … qui sait, notre ethnie? Le cynisme règne dans ce domaine. Surtout que maintenant, nos données transitent par des objets connectés et les constructeurs automobiles tout autant que les assurances s’y préparent déjà, soit pour leur compte, soit en sous-traitant, avec un propriétaire de véhicule qui n’a pas vu de réduction à l’achat pour cela. Pire même, il paye en plus pour être connecté, tout ça pour écouter sa musique en streaming ou envoyer ses données de navigation pour un service de géolocalisation avec info-trafic ou pour trouver un restaurant, voir pour agrémenter son statut de réseau social par une jolie photo prise par sa voiture.

Fixer les règles pourrait aussi éviter cette spéculation latente qui a lieu sur notre dos. Mais aussi aurions-nous un intérêt géopolitique à voir cela s’installer…. dans un monde utopique où tout le monde suit les règles évidemment. Car quand on regarde bien, l’utilisation de nos données est un abus et un détournement du contrat, la plupart du temps. L’utilisateur de nos données dit le faire pour « notre bien », pour « améliorer son service », une notion floue qui évolue unilatéralement, comme quand Facebook a mis en place la timeline et trié les flux d’informations à sa guise. Mais après tout, nous avons aussi le choix parfois, celui de couper ces services pour en utiliser d’autres, plus respectueux. Un choix qui se restreint, dans la téléphonie mobile, dans tout le microcosme du « connecté’ où le pillage est devenu généralisé et « normal ». Le marché de la donnée est totalement dérégulée, façon finance, faisant la réjouissance des penseurs de l’ultralibéralisme, finalement. Mais vouloir le réguler peut être aussi une tentation vers un totalitarisme de la pire espèce.

L’utopie réside plus, finalement, dans la liberté que nous retrouverions à gérer ou pas ce que nous émettons. Il faudrait alors que dès la conception de nos terminaux et périphériques, ou à l’achat, nous puissions dire où doivent transiter ces données. La rétribution pour nous serait alors de pouvoir choisir sa plateforme, entre privé, association, soi-même (auto-hébergement). Une révolution de pensée évidemment et qui conduirait les Fournisseurs d’Accès à proposer des formules pour cela, mais qui conduirait aussi à détruire le fondement des puissances actuelles d’internet (Google et Facebook essentiellement en occident…). Une démarche qui ne pourrait être unilatérale…Imaginez demain un système d’exploitation pour les français avec des hébergements pour les francais, d’autres pour les allemands avec d’autres règles, ou bien encore un service européen si tout le monde était d’accord… Oui, cela revient finalement à repenser la propriété de ce réseau international. Un réseau pensé par des scientifiques et des militaires et qui redevient un enjeu géopolitique. Autant dire que nous ne sommes par près de toucher un centime pour notre octet de donnée personnelle. A moins de faire autre chose individuellement…