Presse du Passé : Tilt

C’est sans doute le titre mythique de la presse jeu vidéo française pour les années 80. En tout cas, c’est un de ceux qui accompagna pour enfance vidéo-ludique. Je ne suis pas assez vieux pour me souvenir du n°1, même si j’étais né en 1982. Je me suis replongé dans les premiers numéros sur ce site, pour savoir où j’avais commencé à le lire. ce doit être vers le numéro 45 que j’ai commencé à le feuilleter. Souvenez-vous qu’il y avait alorsJeux et Stratégie, aussi et que je n’avais pas encore mon premier ordinateur. Mais ça ne m’empêchait pas de m’intéresser à tout cela, notamment grâce aux bibliothèques de mon coin qui m’offrait la possibilité de lire ces magazines. Ce n’est que lorsque la couverture s’est parée de blanc, que j’ai vraiment été plus assidu, en 89. Mais c’est aussi là que le magazine déclinait déjà.

BD : Carnet de Guerre de Jacques Martin

Le Jacques Martin auteur de cet ouvrage est bien le dessinateur de BD, le papa d’Alix et Lefranc. Mais avant ses personnages, il y a l’homme, un jeune homme qui connut la seconde guerre mondiale d’une manière tabou : Il fut envoyé au STO.

L’ouvrage compile tous les croquis que Jacques Martin a réalisé en Allemagne quand il était employé par les usines Messerschmitt d’Augsbourg. Il faut rappeler ce qu’est le Service du Travail Obligatoire. Car le tabou vient de là : Après la défaite de 1940, l’Allemagne prend possession du nord de la France. Le conflit se prolonge avec d’un coté la bataille d’Angleterre puis s’étend sur le front de l’Est en Juin 1941. Les Etats-Unis entreront en guerre sur le front européen en Décembre 1941. L’Allemagne se retrouve en manque de main d’oeuvre dans ses usines dédiées à l’armement. Elle impose alors au reste de l’Europe d’envoyer ses hommes en age de travailler dans ses usines. Mais cela se fait de trois manière :

  • Les volontaires, motivés par de larges campagnes publicitaires
  • Les prisonniers de guerre, employés de force.
  • La mise en place d’un travail obligatoire par les gouvernements en place pour envoyer les jeunes gens en Allemagne.

Le volontariat a mobilisé peu de « collabos » mais a créé un amalgame donnera naissance à un tabou autour du STO. Il faut que les Allemands mettent la pression sur Laval, au pouvoir à ce moment, pour qu’une loi soit passée en 1942. Jacques Martin verra la gendarmerie venir le chercher à son travail pour l’envoyer prendre un train direction Paris puis l’Allemagne. Casterman a fait appel à Julie Maeck pour retracer l’historique en introduction de ce livre au format italien. L’ouvrage est complété par une interview de l’auteur par Patrick Weber.

Les dessins sont ceux d’un jeune homme qui n’est pas encore vraiment illustrateur ou dessinateur, sinon de dessin technique dans des bureaux d’étude. Ils sont donc très académiques avec un style parfois un peu plus dans ce qui se faisait dans les années 30. Ils illustrent la vie quotidienne, l’Allemagne vue de l’intérieur par des français. On y voit la vie des allemands à des milliers de kilomètres du front mais peu à peu sous les bombardements aveugles des américains. Car en étant dans les usines, les travailleurs du STO sont les premières victimes.

Si l’ouvrage m’a laissé sur ma faim pour son contenu historique pur, il reste un témoignage intéressant. J’ai été touché par ce sujet car mon propre grand-père fut envoyé en STO après avoir été emprisonné en France pour son activité syndicale. Il s’en sortira sain et sauf après avoir tout fait par résistance passive pour ne pas participer à l’effort de guerre allemand. Mais après guerre, il aura vu ceux qui l’avait dénoncé s’en sortir libre, après avoir retourné leur veste lorsque les Allemands ont été affaiblis. Les travailleurs revenus du STO cacheront souvent cette activité, de peur d’être confondus avec ceux qui sont partis volontairement. D’autres furent aussi traumatisés par les bombardements. Les dessins de Martin restent timides, laissant trop peu de place à ce sentiment d’isolement, de prison parfois sans barreaux, mais aussi ce sentiment de peur, ne serait-ce que celle de ne jamais rentrer.

J’avais sans doute l’espoir de voir un peu de ce que mon propre grand-père m’a raconté de son vivant, ce que je n’ai pas eu le temps de retranscrire. L’ouvrage est court, trop court pour un sujet qui demande beaucoup d’éclaircissements, de détails. Mais c’est déjà une petite pierre à l’édifice de mémoire.

Blog : Quand ça ne veut pas passer

Il y a parfois des lectures qui ne vont pas jusqu’à leur terme. Ah si seulement ce n’étaient que des mauvais livres, barbants, mal écrits. Mais même pas…

Le dernier livre qui m’a causé ce problème, c’est Le Soldat Oublié de Dimitri. Je devrais plutôt dire de Guy Sajer puisque c’est sous ce nom qu’il est publié en 1967. En réalité, il s’agit de Guy Mouminoux, connu sous le pseudo de Dimitri comme dessinateur de BD. Pourquoi un tel travestissement ? A cause du sujet :

Alsacien, de père français et de mère allemande,  le jeune Guy est enrôlé dans l’Arbeitsdienst puis dans la Wehrmacht. Il ne cache pas alors sa fascination pour la puissance de l’Allemagne. Il se retrouve en 1942 sur le front de l’Est à combattre les russes en Biélorussie puis en Russie, et notamment à Koursk avant de suivre la longue retraite allemande jusqu’à la capitulation.

C’est un gros pavé de plus de 500 pages mais ce n’est pas ça qui fait peur. Ce n’est pas non plus le style, qui n’a pas la naïveté du jeune homme de l’époque. L’éditeur de l’époque avait présenté cela comme un écrit d’un amateur, un témoignage. On se rend vite compte que Guy Sajer écrit plutôt bien, mais reste dans un style très descriptif, factuel, avec quand même des avis personnels sur la situation. Bref, ça m’intéressait de lire ce témoignage, comme j’ai pu le faire par le passé sur le conflit vietnamien avec des témoignages des deux camps, ou en lisant le fabuleux « A l’ouest rien de nouveau », d’Erich Maria Remarque.

J’ai comme un malaise en fait avec ce livre et j’ai donc moi même capitulé bien avant Stalingrad. Le témoignage est très brut, sans remord. Dimitri y décrit des horreurs, comme par exemple ces convois de prisonniers russes qui empilent des cadavres des leurs pour se protéger du froid. Mais on a l’impression que la grandeur de l’Allemagne excuse tout. Enfin c’est mon impression et je dois avoir déjà un blocage psychologique avec cela. Ou peut-être n’est-ce pas le moment ? Je ne sais pas. J’ai l’impression de déjà connaître la suite, de voir et d’entendre le fracas des armes, des bombes, les corps déchiquetés de ses compagnons, des civils, et de connaître l’issue. Et dans ce style, j’ai lu mieux…J’ai, et c’est certainement un tort, lu quelques critiques et j’y ai trouvé ce que je craignais sur les perceptions politiques de l’auteur. Oui, il était jeune, sans vraiment de repère et partiellement endoctriné. C’est compliqué.

En fin de compte, je ne peux pas conseiller ou déconseiller ce livre. Il reste un témoignage d’une période du front de l’est coté allemand, avec certainement une part de mensonge et/ou d’imprécision, comme tous les souvenirs. Ce livre n’était pas comme d’autres que je n’ai pas finis, gêné par un style ampoulé et pompeux, ou par la vacuité des propos. J’ai traité parfois des trucs malsains, coté cinéma (Human Centipede, Serbian Movie, par exemple) mais là, j’ai à la fois ce sentiment et aussi celui de l’ennui, d’une sorte d’équivalent d’un long service militaire que l’on fait vivre au lecteur. C’est un peu comme un livre que j’ai longuement écrit et que je n’ai jamais fini, parce que trop long, dès le début, parce que justement c’est hyper descriptif, et je sais qu’un lecteur moins impliqué dans l’histoire s’ennuiera.

Bon, voilà, je ne devais pas faire la chronique du bouquin mais j’en ai quand même fait une bonne partie. Alors depuis j’ai entamé autre chose, qui n’a rien à voir et je ne reviendrais pas sur cet échec. Je voulais continuer une autre lecture pour justement me prouver que ce n’était pas la simple lassitude de lire, comme ça arrive parfois. Mais non, pour l’autre, j’ai envie d’en connaître la suite, de passer les pages à la lumière de la lampe de chevet. Mais là, je n’arrivais simplement pas à me transposer dans l’histoire, comme si ma téléportation temporelle ne se concluait pas. En y repensant, j’ai eu d’autres livres ou même des films qui ont mis du temps à trouver en moi le courage d’aller au bout. Courage, je ne sais pas si c’est le mot, en fait. Cela tiendrait presque de l’alchimie ou de la magie, comme une rencontre qui peut se faire ou pas. Je connais certains critiques ou blogueurs littéraires qui se lâcheront volontiers sur ces échecs, sans même essayer d’analyser la raison de ceux-ci. Comme s’il fallait se venger de quelque chose… Pourquoi en vouloir à l’auteur ? Il a fait l’effort de témoigner, partager et le lien ne s’est simplement pas fait.

En général, je termine en musique, ce type de billet. Et je me dis justement qu’en musique on peut plus facilement prendre le temps de « rentrer » dans un album. Je ne pense pas, par exemple, que j’aurais pu apprécier certains albums Metal à des moments de ma vie, ou même certains albums d’Ambient. Et c’est donc par un titre fétiche que je vais conclure :

PS : ce blog me ressemblant enfin à peu près, j’ai enfin remis à jour la rubrique création, remis les billets les moins politiques et le plus géopolitiques d’icezine que je fermerai bientôt et presque fini avec les chroniques musicales. La boucle sera bouclée quand tout sera aussi « chez moi »…

Cinéma : Le Rebelle de King Vidor (1949)

Classique méconnu, The Fountainhead, curieusement appelé « Le Rebelle » en France, est un film pourtant remarquable, d’un réalisateur majeur : King Vidor. C’est sans doute son chef d’oeuvre, lui qui est aussi connu pour sa longue période dans le cinéma muet.

Le film est une adaptation d’un roman d’Ann Raynd, la Source vive (The Fountainhead … pourtant en anglais). « Le récit décrit la vie d’un architecte individualiste dans le New York des années 1920, qui refuse les compromissions et dont la liberté fascine ou inquiète les personnages qui le croisent.  » Mais le personnage du livre, tout autant que du film, est très inspiré par l’architecte Frank Lloyd Wright, l’un des plus prolifique et inventif du début du 20ème siècle. Cher lecteur, je te conseille vivement d’aller voir les oeuvres de Wright, histoire de comprendre un peu mieux ce qui fascinait nos auteurs de livre et de film.

Car, lorsque ce film sort, Wright est toujours vivant. Mais c’est au delà de la biographie qu’il faut aller voir. Howard Roark (Gary Cooper) est la figure de l’individualiste créatif, l’artiste maudit qui doit réussir malgré les obstacles. Il sera aussi un fondement d’une pensée, l’objectivisme, mais c’est une autre histoire. Car chez King Vidor, il prend une autre dimension, peut-être plus proche de la personnalité fantasque du cinéaste lui même. Vidor n’oublie pas d’utiliser des codes du film hollywoodien, avec une galerie du personnage plus orientée que dans le livre. L’histoire d’amour reste le fil rouge, Patricia Neal obtenant un rôle que toutes les grandes actrices du moment voulaient avoir. Car là aussi nous avons une figure de la femme libre et indépendante, moderne, ce qui rompt aussi avec le cliché habituel. Sans doute Vidor eut-il raison d’écarter la grande Barbara Stanwyck de ce rôle mais elle en avait la carrure. Face à nos deux héros, il faut aussi le méchant de l’histoire, le manipulateur, qu’est Ellsworth Toohey (Robert Douglas). Il représente le conformisme et les manipulations politiques évidemment et complète le tableau avec Gail Wynand (Raymond Massey), le riche propriétaire du journal symbole du pouvoir financier.

Si le livre original est plus un pladoyer pour une forme de libéralisme, le film de Vidor s’en détache pour parler d’art et de création (même si Ayn Rand reste au scénario). Roark ne veut faire aucun compromis dans son art, ne pense pas à un « goût » du public lorsqu’il crée ses immeubles. Il pense évidemment à la fonction, mais aussi à l’innovation, à la rupture, à bâtir le futur plutôt que de se retourner sur le passé. Il en est même prêt à crever plutôt que plier, comme son mentor l’a pourtant prévenu au début du film. S’en suivent des scènes qui tiennent presque de la comédie, comme la « modification » de son projet par les « client », ou encore la scène de la …. fontaine. Le casting, malgré les réticences de Gary Cooper au début, est impeccable, tout autant que la photographie noir et blanc de Robert Burks, qui travaillera ensuite pour Alfred Hitchcock.

Si le sujet principal reste l’architecture, le spectateur peut s’imaginer d’autres sujets artistiques. Dans un monde qui reste très conformiste, il est intéressant de regarder justement les immeubles bâtis aujourd’hui et les prises de risque très rares. On peut l’étendre à la sculpture, la peinture, le design automobile, …. Et les stars d’aujourd’hui sont parfois très proches du personnage de Keating, dans le film. Je vous en laisse la surprise.

Histoire : Ho Chi Minh de Pierre Brocheux

L’oncle Ho ou Ho Chi Minh est une figure incontournable au Vietnam. Mais derrière la légende intouchable, il y avait un homme qu’il est difficile de connaître, tant les écrits sont peu nombreux. Le livre de Pierre Brocheux tente de faire la synthèse et de savoir qui était Ho Chi Minh, dictateur ou bienfaiteur?

hochiminhIl faut resituer d’abord Ho Chi Minh pour celui qui ne connaît rien au Vietnam. Tout d’abord Ho Chi Minh n’est qu’un nom parmi d’autres que s’est donné Nguyễn Sinh Cung ou Nguyen Tât Thanh, né en 1890 dans ce que l’on appelle alors le Nord Annam. Car le Vietnam est un pays fruit d’une longue histoire, surtout la domination chinoise, de révoltes et guerres d’indépendances, mais qui est alors colonisé par les Français et divisé en trois régions : L’Annam au centre avec sa capitale impériale Hué, le Tonkin au nord et la Cochinchine au sud. Malgré cela, un fort sentiment nationaliste existe et survit du 19ème jusqu’au début du 20ème siècle. Le père de Nguyen Tât Thanh est un mandarin, lettré mais sera déchu de son titre, ce qui va marquer le jeune homme. Après des études dans la capitale impériale, il parcourt le monde, dès sa majorité acquise, même s’il fréquente déjà des idéologies nationalistes. Cela va alors le rapprocher d’autres idéologies comme le communisme, mais aussi le confronter avec d’autres réalités que celles de son propre pays, d’autres cultures. Brocheux s’emploie à montrer ce qui a forgé la personnalité de celui qui se fait alors appeler Nguyen ai Quoc (Nguyen le patriote). Au sortir de la première guerre mondiale, il écrit dans les publications communistes françaises et part à Moscou dans les années 20.

Il suit alors les formations de l’internationale communiste (Komintern) mais j’arrête là sur les détails historiques. En effet, c’est la personnalité de Hô qui est intéressante car il ne cesse de vouloir enseigner aux autres, d’éduquer et pas seulement la ligne du parti. L’image de « père de la nation » vient sans doute déjà de cela. Mais c’est aussi un séducteur, un diplomate, un homme à femmes d’une certaine manière mais aussi un manipulateur politique qui tente de faire son chemin dans cette époque particulièrement complexe. En effet, en dehors de la colonisation française, il faut prendre en compte la montée du Japon et son influence panasiatique, les révoltes en Chine et la lutte entre nationalistes et communistes (qui aboutira à la cission et la séparation Chine Populaire / Taiwan). Il faut évidemment prendre en compte la lutte entre la Chine et la Russie qui ne sera véritablement importante qu’après 1950 lorsque la Chine communiste prendra son essor. En comprenant cela, et en rappelant les emprisonnements de Hô, on comprend la complexité de sa personnalité.

Il est acteur, aime jouer des rôles devant ses interlocuteurs, se travestir même. Bien que la biographie ne soit pas quelque chose de très asiatique, il forge sa légende dans des écrits sous des pseudonymes. Mais surtout il maneuvre dans des jeux d’alliances entre les grandes puissances de la région avec un but dans sa tête : L’indépendance de son pays. Brocheux examine même l’hypothèse selon laquelle il serait plus nationaliste que communiste. Je ne vous dévoile pas ici sa conclusion. Plus intéressant encore, il examine la position de Ho lors des purges et exécutions effectuées dans les dernières années de sa vie (il est mort en 69, avant de voir la réunification de son pays indépendant). Coincé entre les influences étrangères, la prise de pouvoir d’une ligne dure du parti, son action était visiblement guidée par le résultat, par la victoire finale. Il apparaît clairement que Hô était finalement prisonnier de lui même et écarté des décisions du parti.

L’ouvrage de Brocheux est un synthèse, assez courte à lire, mais qui se positionne factuellement, par rapport à des biographies littéraires comme celle de Jean Lacouture, et bien loin des propagandes que l’on trouve aujourd’hui dans les librairies vietnamiennes. On s’éloigne alors du manichéisme qui tend à classer les personnages historiques dans le bien ou le mal. Mais surtout, cela permet au lecteur de se poser à lui même la question essentielle : Qu’aurais-je fait moi même ? Ho Chi Minh restera une figure aussi symbolique que d’autres « libérateurs », mais bien différent d’un Castro, d’un Guevara ou d’un Lumumba, pour ne citer qu’eux.

Informatique, des années 80 à nos jours : 1995 – 1998

Dans le dernier article, nous en étions resté à la fin de l’Amiga et l’avènement du PC.

J’ai mis un peu de temps à écrire cette suite, car c’est aussi l’entrée dans la standardisation du PC, une impression de continuité avec aujourd’hui (dont on annonce sans arrêt la fin). Et pourtant, 20 ans se sont écoulés et ils méritent qu’on s’attarde dessus.

crédit : http://www.tomsguide.fr
crédit : http://www.tomsguide.fr

Donc, en 1995, premier PC d’un assembleur comme il y en avait beaucoup. A l’époque, Surcouf ouvrait à peine à Paris dans son adresse historique et la rue Montgallet n’était pas encore comme nous la connaissons aujourd’hui : le bazar de la pièce PC. OK, pour celui qui n’est pas parisien, il faut que j’explique. Surcouf a été un magasin spécialisé uniquement dans tout ce qui était informatique et qui était un grand bazar coloré avec un gros catalogue. Mais la concurrence des petites boutiques chinoises et d’internet a fini par avoir la peau de ce magasin qui était situé à Paris 12ème. Juste derrière, se situe la rue montgallet où prolifèreront des dizaines de boutiques dédiées aux pièces informatiques, avant qu’un opportuniste ne dépose le nom pour un comparateur de prix. Un an après mon achat de PC, repanne de contrôleur de disque dur, qui me flingue aussi le disque. La garantie fonctionne et j’ai une nouvelle carte et un disque dur de …. 1Go : Ouah ! Mais déjà on parle de la nouvelle génération des pentium à 200MHz et plus. Je feuillèterai quelques temps les petites annonces des magazines qui sont créés uniquement pour ça. Car pas d’internet signifie aussi qu’il faut téléphoner pour avoir les derniers tarifs de barettes mémoires, disques durs, processeurs. Dans le prochain épisode, je parlerai de cette ambiance du quartier où j’avais fini par avoir mes habitudes, mes vendeurs, dans une ou deux boutiques. Car avec les files d’attente, on pouvait observer des profils d’acheteurs, du jacky au csp+, comme on dit.

Le Socket 7....
Le Socket 7….

Le changement de carte mère aura eu un avantage : ouvrir la possibilité de mettre un processeur plus puissant sur le socket 7 et ce cera donc un Pentium 200, accompagné plus tard d’une nouvelle carte graphique et évidemment un disque dur de … 4Go avec 32Mo de RAM EDO pour couronner le tout. De quoi envisager les derniers jeux qui envahissent enfin windows 95 plutôt que le DOS avec un truc qu’on appelle DirectX qui facilite grandement la programmation et l’exploitation des matériels. Mais ma carte graphique n’est pas vraiment au top, quand tout le monde se rue sur les cartes 3DFX. Je préfère déjà la polyvalence pour continuer à tater de l’image de synthèse, de l’open GL, du graphisme et je reste donc avec une carte Diamond Stealth S220 à base de processeur Rendition V2100…. une erreur sans doute mais il a eu ses fans, ce bazar là. J’ai gardé mon boitier et aucun problème de refroidissement à l’époque. Je suis d’un oeil un système dont on parle : Linux avec la Slackware et je parfais mes compétences en formatage, partitionnage, etc…

diamondstealthLa « 3D » a définitivement bousculé le marché et on parle déjà du futur windows. Mes maigres deniers (je suis étudiant encore) ne me permettent pas de changer tout ce que je veux. Mais tant que j’ai une machine qui tourne et permet de faire tourner mes vieilleries que sont GP2 et Frontier Elite, ça me va. J’utilise POVRay pour créer des objets 3D même si ça tient un peu du bricolage, et à l’époque, il fallait bien avoir des produits microsoft pour la burautique. Mon Works d’origine me suffisait amplement pour les rapports de stage, même si je me retrouvais avec des Word au boulot. Coté musique, le CD inséré dans le lecteur balançait un son acceptable sur les enceintes et il ne me serait pas venu à l’idée de stocker de la musique sur un disque dur, en dehors des « Modules » provenant des démos. (voir épisode précédent). Et puis voilà qu’on commence à parler d’une nouvelle technique pour augmenter les performances de son ordinateur : l’overclocking…

On a même des théories sur le rodage des processeur, une manière de les faire chauffer petit à petit pour en tirer la quintescence. A l’époque, l’overclocking se fait en ouvrant le capot de la machine et en tripotant les petits cavaliers autour du socket du processeur. Il n’y a pas de sauvegarde de bios, pas de droit à l’erreur et la notice de la carte mère est en bon papier qu’il ne faut pas perdre. Mon vénérable P200 finira par tourner à 233 MHz, sans broncher, 240 pendant quelques minutes. De quoi gagner quelques images par seconde sur un jeu, ou se dire que oui, on l’a fait. Internet arrive avec des sites qui recensent ces performances. Mais pour moi, ce n’est encore qu’à travers le papier d’une presse informatique qui change, que je le vois. Il me faudra une autre machine, un autre windows pour découvrir cela, au prochain épisode…avec un trublion qu’on appelle AMD.

Youtube, ce n’est pas que Cyprien et Squeezie ! ;)

Dernier billet d’une série plus ou moins culturel qui ont émaillé le week-end. Je dois dire que j’adore passer des heures sur youtube… Non pas pour regarder Squeezie hurler comme un goret qu’on égorge devant un jeu qu’il démontera ou pas.

Non, pour moi, youtube est une source de connaissances et de partage. Voici donc la liste des youtubeurs et youtubeuses que je vous conseille.

Une sorte du meilleur de youtube en quelque sorte. Liste tout sauf exhaustive !

Honneur aux personnes dites du beau sexe. Il y a deux chaines que je vais citer ici par ordre alphabétique.

  • 911 avocat : chaine qui parle du droit sur Youtube. Passionnant et toujours agréable à lire.
  • Florence Porcel : ce fut une des premières youtubeuses que j’ai suivi. Si vous aimez l’espace, l’astrophysique, et les personnages plus fous les uns que les autres, foncez !

Les chaines masculines, par ordre de bazar, j’ai pas envie de me prendre la tête ici. On va essayer de ranger par catégories.

Pour l’histoire :

  • Nota Bene avec Bénabarbe, toujours passionnant et bon vivant.
  • Histony pour des analyses poussées et très argumentées.
  • Dave Sheik pour ses explications simples de choses complexes, ses dessins et son éternel noeud papillon !

Tout ce qui est science :

Le fourre-tout :

Je pense que j’ai pris les principales chaînes qui me permettent de me cultiver sans me prendre la tête. Déjà pas mal, non ?

J’ai du en oublier encore un sacré paquet. Ce sera pour un deuxième article, d’accord ? 🙂

Cadeau bonus ? La réponse de Linguisticae sur le terrible combat « au temps / autant pour moi » 😉

Bonne semaine !

La Scène Demo – Oxygene

Quand on parle de la Scène Demo, on pense trop souvent aux nordiques, aux allemands et on oublie les petits français. Car on a eu des groupes de valeurs, à commencer par Oxygene.

Le groupe comprend, dans ces années 80-90, un certain Christophe Balestra, alias Oxbab, qu’on connaît aujourd’hui comme directeur du studio Naughty Dog (Uncharted…), et Mathieu Berthaud, alias Clawz, pour les musiques. Ce dernier participera à pas mal de groupes de l’époque, comme Bomb, Complex, Digital ou Phantasm pour ne citer que ceux-là…pour finir dans les Assurances. Oui, ça fait moins rêver, mais replongeons nous dans les créations de ce groupe éphémère….enfin pas tant que ça puisque le groupe continue de produire des démos sur Atari ST, bien que les membres soient très différents.

Si j’ai choisi de parler d’Oxygene, c’est en partie pour la fameuse démo Control sortie sur Amiga en 1995. Déjà la machine de Commodore sentait le sapin. On y retrouvait alors les graphistes Made (Carlos Pardo ), Spiral (Alexandre Illic ), Niko (Nicolas Carre) et MoN (Nicolas Simon ). Si Made a poursuivi dans le groupe Bomb jusqu’à aujourd’hui, MoN et Spiral ont continué le groupe Oxygene jusqu’à nos jours, passant de l’Amiga au MSDOS, à Windows puis finalement à l’Atari ST. La scène démo revient aujourd’hui sur des machines Retro. Mais entre temps, nos compères ont écrit quelques pages de l’histoire française de la scène démo. Control obtiendra la 1ère place à la GASP 1995. Les effets de lumières sur les formes géométriques avec le plus de polygones possibles étaient dans la tendance de l’époque. Il faut se souvenir qu’il n’y avait pas encore de cartes 3D sur les PC (1996 pour la Voodoo 1 de 3DFX), alors imaginez sur le Motorola 680xx de l’Amiga.

En cette même année, le groupe sortira aussi Vision à The Party. Le gros point fort du groupe était aussi dans les logos, ce qui ne se voyait pas dans Control. La course de vaisseau façon « Wipe Out » avant l’heure était pour le moins impressionnantes à l’époque. Et on voit que le groupe avait trouvé un juste équilibre entre musique, graphisme et coding pure. Pourrait-on parler de french touch? En tout cas, la démo gagnante, Closer de Juliet & Case était peut être plus impressionnante sur les effets graphiques mais moins équilibrée. Le débat sur les places et les votes dans les démos a toujours été sans fin, déjà à l’époque. 1996 marque le passage du groupe au MSDOS avec Bomb où Gengis (Frederic Heintz ) prend la place d’Oxbab au code. Un passage éphémère puisque Oxbab revient sur la magnifique Solex.

Cela sera son chant du Cygne. Ensuite le groupe revient épisodiquement sur la scène Demo de l’Atari ST/STE, machine très adaptée à la musique…. donc de Clawz. En voici une des dernières productions :

Le style a un peu changé, forcément, puisque le codeur n’est pas d’Oxbab ou Gengis mais de Leonard (Arnaud Carré ), autre membre fondateur.Tant mieux car il s’est passé près de 20 ans. Nous sommes donc en 2015 et on voit que, même si chacun a aujourd’hui un métier, les membres du groupe Oxygene continuent pour la passion de la Demo. L’esprit de la scène demo des années 80-90 perdure donc encore, avec ce petit aspect retro et grospixels totalement à la mode, finalement. Longue vie à Oxygène!

sources : Demozoo, Hall of Light, Pouet, Linked In, …

La Scène Demo : Spaceballs

Si une démo a marqué particulièrement ma jeunesse, c’est bien State of the Art. Mais je n’avais pas forcément le souvenir de son auteur : Spaceballs!

Rien de mieux pour introduire ce groupe de démo Amiga, que de mettre cette démo qui a largement inspirée une des premières pubs Apple  pour l’ipod. Mais si, vous savez le petit truc où on mettait sa musique dans les années 2000 avec une molette ronde vachement pratique. Oui bon, revenons à cette démo mythique et ses silhouettes. Il va sans dire que l’adéquation avec la musique techno joue pour beaucoup dans l’efficacité. A l’époque, seuls les nostalgiques de la machine de Commodore connaissaient la similitude.

Car il s’est écoulé déjà près de 10 ans après cette démo de 1992. Mais déjà à l’époque, ils utilisent de la capture vidéo pour ensuite digitaliser le tout et donner cette fluidité incomparable, même si aujourd’hui les polygones paraissent trop visibles. On retrouve ce style dans la démo 9fingers :

Elle est sortie l’année suivante mais n’arrivera que 4ème à la Party 93, ce festival annuel de démo situé au Danemark et qui avec Assembly et The Gathering, étaient les trois évènements phares de la scène démo. Dans les deux, on retrouve un certain Travolta à la musique, le code étant de Lone Starr et Major Asshole, le graphisme de TMB Designs. Ces personnes ont ensuite quitté le groupe Spaceballs qui a continué pourtant sous ce nom jusque dans les années 2010. Le groupe est aussi norvégien (de Halden) qu’un groupe de Black Metal, et leur site revient sur cette période faste . Apparemment, il y a eu des arrivées dans le groupe en même temps que des projets commerciaux, ce qui a créé des tensions et explique finalement l’inactivité et la baisse de qualité. Ca n’en reste pas moins le plus ancien groupe de démo de Norvège.

Pour le musicien, Rune Svendsen (Travolta), difficile de savoir ce qu’il fait aujourd’hui. Par contre pour l’origine du nom du groupe, il suffit de taper Major Asshole et Spaceballs et ….vous trouverez « La folle histoire de l’espace » de Mel Brooks, connu sous le titre original de Spaceballs et sorti justement en 1987, année de la fondation du groupe. Et ce serait Lone Starr (frère du fondateur…Dark Helmet) qui aurait codé un outil pour « numériser » et vectoriser de la vidéo, à l’époque, ce qui déjà suscitait des critiques par rapport au code pur et au travail de graphiste. Il faut dire que derrière l’acronyme TMB Designs, il semble qu’il n’y avait pas grand chose, sinon Tore Blystad . Il a travaillé ensuite sur des jeux, notamment des adaptations de Disney et travaille aujourd’hui chez IO Interactive. Pour les autres, pas de trace….sinon des souvenirs visuels et acoustiques dans nos mémoires, encore vives.

Le groupe continue de bosser sur Amiga, d’ailleurs, et voici une des dernières productions. On voit qu’il reste une ligne directrice après tout ce temps.

Je vous conseille la lecture du site ADA, par exemple, pour vous replonger dans l’ambiance de l’époque, ou bien encore scenemusic. Et de relire l’article sur Future crew, pendant qu’on y est.