BD : Michel Vaillant – 1 Le Grand Défi de Jean Graton (1959)

Michel Vaillant, c’est un peu de ce qui m’a fait aimer l’automobile, sans doute. Pourtant, je suis né bien après lui. Ce premier épisode est-il encore « lisible » aujourd’hui ?

Si je possède beaucoup des premiers albums (réédités de nombreuses fois), cela fait un moment que je ne les ai pas réouverts. C’est un peu un voyage dans le temps, autant dans mon adolescence que dans l’histoire de la course automobile. Ce premier épisode date de 1959, et on peut dire que les voitures sont celles de la saison de formule 1 1957 (car on parle du titre de Fangio). On y croise en effet la Vanwall, première voiture anglaise championne du monde en … 1958. Mais c’est donc la première apparition de Michel Vaillant, le champion français, fils de la famille Vaillant qui construit les voitures de la marque … Vaillante. Et pour ce premier épisode, il va défier les pilotes américains, qui critiquent le championnat du monde, soit-disant pas représentatif. A cette époque, les pilotes de F1 courraient aussi en Endurance donc ce n’est pas une surprise de retrouver notre héros sur les 24h du Mans. On retrouve aussi le grand prix de Buenos Aires, de Francorchamp…normal pour le style franco-belge.

Le début est assez bavard avec de grosses bulles pour expliquer le contexte. Et peu à peu, on rentre dans l’action, dans les courses automobiles… mais aussi dans la France des années 50. Aujourd’hui, cela paraît démodé, notamment pour la place de la femme, pour la vision paternaliste du capitaine d’industrie. Il en était ainsi…Et puis il y a le dessin extrêmement réaliste et précis de Graton qui devient presque un reportage. Pourtant, le rythme de l’histoire est plus rapide que ce qu’il fera par la suite, passant rapidement d’une course à l’autre, sans trop de détails ou de rencontres avec les figures de l’époque. Graton est encore un débutant dans le journal de Tintin et son héros, un grand inconnu du Continental Circus. Ouvrir une telle BD, c’est accepter le voyage… ou pas.

Si j’oublie mon coté fan et nostalgique, je dois avouer que ça a vieilli et que Graton mettra plus de rythme ensuite, avec un scénario moins prévisible. Il y a des rebondissements, c’est sûr, l’angoisse de l’accident, et comme on sait maintenant qu’il sera copain avec Steve Warson, on se demande comme ces deux ennemis du premier épisode, vont travailler ensemble. Ce qui me plaisait aussi, c’étaient les créations automobiles de Graton, toujours un peu futuristes. Ici, c’est la Vaillante grand tourisme, une voiture qui a quelque chose d’Alfa Roméo et de Facel Vega, avec une bulle de verre et des improbables portes papillons (la Mercedes 300 SL étaient déjà sorties…). C’est irréaliste mais ça faisait rêver.

 

Aujourd’hui, c’est 35 ans de plus et je rêve pourtant encore, ce que les concept-cars ne font plus vraiment. Plus qu’une histoire en bande dessinée, ce premier épisode invitait au rêve, à la passion et ça me fait encore quelque chose de la relire. Je découvre maintenant que le fils de Jean Graton a relancé la série avec de nouveaux dessinateurs. Il faudra que je m’y penche, avec mon âme d’enfant. Un enfant d’aujourd’hui aura peut-être du mal à comprendre comment on pouvait courir avec un petit casque ridicule et en bras de chemise à 290km/h sur un anneau en ayant plus de 40 ans (l’age de Fangio était de 46 ans !). Oui, il fallait être fou et maintenant, les vieux Michel Vaillant sont aussi des témoignages. A suivre pour d’autres albums …


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Blog : Européen !

Je vous rassure, je ne souffre pas de Macronite aigüe comme beaucoup de mes concitoyens mais je réagis à froid sur les disparitions de Simone Veil et Helmut Kohl. Car, en dehors d’autres oeuvres politiques, ils ont participé, à leur manière, à construire un idéal européen, même s’il n’a pas été concrétisé comme on le voudrait. Ce qui me fait me sentir… Européen.

(Reuters)

Oh, je te vois venir, toi le souverainiste ou le critique de Bruxelles qui trolle à tour de bras les billets un peu politiques. Non, ce n’est pas de cette Europe dont je veux parler. Je veux parler d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural, une Europe de fraternité entre les peuples. Et j’ai l’impression que cela vient plus de mon éducation que de mon ascendance. Car évidemment, j’ai eu des ancêtres qui sont morts dans ces conflits européens en 1870-71, en 1914-18, plus les emprisonnements et déportations de 1939-1945. Alors l’Allemand n’était pas forcément bien vu à la base. Le Grand père aura bien du mal à visiter la Forêt noire sans penser à tout cela. Mon père était adolescent quand c’était le maquis….Mais après guerre, de grands Hommes (avec le H incluant des femmes …) ont permis cette réconciliation longue. Je me focalise essentiellement sur l’Allemagne et la France car c’est quand même ce qui a structuré cette Europe.

J’ai appris l’Allemand et forcément, ça aide pas mal ensuite à comprendre l’autre. C’était aussi avec la carotte du « niveau des classes », ce qui au final ne fait pas vraiment de différence après… Mais j’ai fait aussi des voyages scolaires et des séjours linguistiques dans ce pays. Ok, je ne suis pas très doué mais j’arrive quand même à comprendre un peu d’une conversation….moins qu’en Anglais par contre 😀 . Et puis, je suis forcément un enfant du Mitterandisme plus que de Giscard ou de Chirac. 14 ans de « règne » avec une complicité très forte avec l’Allemagne, ça marque une adolescence. Alors je me souviens des larmes d’Helmut Kohl à l’enterrement de Mitterrand et je ne peux m’empêcher d’avoir de la sympathie pour ce chancelier, même si à l’époque je ne connaissais pas grand chose de sa politique intérieure. Quant à Simone Veil, outre l’IVG, j’ai en mémoire son rôle dans la construction européenne et ses paroles, même si j’ai plus de souvenirs de Jacques Delors.

L’Europe,  j’ai eu aussi la chance de la découvrir ailleurs….par les pays limitrophes. Et en France, on est gaté pour ça. Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Angleterre….Et par extension on peut pousser jusqu’au Portugal, l’Autriche, la Hollande. Sur ces pays, j’en ai bien visité les 3/4 ce qui forge aussi un sentiment d’appartenance européenne. Je n’ai pas fait Erasmus, par contre mais les correspondants, ça aide aussi. Là encore, ils furent plutôt allemands….Notamment un que j’avais rencontré juste après la chute du mur de Berlin. Hasard, je passais l’été en Forêt noire et Bavière et je voyais débarquer les allemands de l’est avec leurs Wartburgs et Trabants. J’ai sympathisé avec un jeune allemand de mon age qui venait de Dresde. On a correspondu quelques temps ensuite par courrier et puis ça s’est arrêté je ne sais plus trop pour quoi…L’Europe s’agrandissait alors avec de l’espoir. Et pour quelqu’un qui vient d’une « Banlieue rouge« , l’Europe c’était aussi des jumelages avec des villes du bloc de l’est. Je n’ai pas fait de voyage à Dessau à cette époque, mais il y a eu quelques uns de mes camarades de classe. Je me souviens juste d’avoir vu le rideau de fer un an et demi avant sa chute.

Il est pas beau le lycée? Du pailleron pur jus!

L’Europe, c’est aussi des cours de géographie et d’histoire au lycée. Nous avons eu l’honneur de décortiquer le traité de Maastricht l’année où il fut voté par référendum. Mon premier vote d’ailleurs… Preuve que la prof avait bien fait son boulot, l’écueil que je voyais par moi même au traité (pas d’uniformisation du social…) s’est révélé justement ce qui met en péril aujourd’hui la construction européenne. Les profs que j’ai eues, ont eu l’intelligence de ne pas nous orienter politiquement mais nous apprendre à réfléchir par nous même. Je ne pense pas que ça a marché pour tout le monde, si j’en crois ce que sont devenus certains 😀 Mais bon, je leur en suis reconnaissant. Plus qu’une Europe politique telle qu’on la voit uniquement aujourd’hui, elles parlaient aussi de toute la conception économique, les interactions, les flux migratoires et logistiques….Avec le recul, j’ai l’impression que ça durait plus que les autres cours.

Comme je collectionnais les timbres, j’ai aussi découvert l’Europe à travers cela. Mine de rien, quand on sort un timbre sur Adenauer et de Gaulle, on s’intéresse au sujet. On essaye aussi de comprendre et connaître les timbres des autres pays, les symboles, les fêtes, les grands personnages. Bon, d’accord, les timbres de Monaco et du Lichtenstein, c’est pas hyper européen. Mais pour le reste, ça m’a passionné, autant que la découverte de la peinture à travers le Musée imaginaire. Aujourd’hui, c’est un peu loin mais je pense que les années d’enfance et d’adolescence participent grandement à forger nos idéaux. Mon père ne parlait pas politique mais il aimait me faire découvrir cela, parler de qui étaient ces personnages. Alors cet ensemble de choses a sûrement façonné ce que je suis, vis à vis de l’Europe.

Bon, maintenant, l’Europe, c’est un truc lointain, une grosse machine qui sert de bouc-émissaire, avec raison et tort à la fois. C’est vrai que ma génération se sent aussi trahie. Après ces belles paroles, ces idéaux, on nous a filé l’Euro sans le reste. Le référendum sur la constitution européenne est une blessure qui ne guérira jamais, je pense. C’est là qu’à un moment la génération qui a suivi les fondateurs a perdu le fil. Mitterrand avait ses défauts mais finalement il n’était pas si éloigné de De Gaulle dans l’esprit européen. Les successeurs n’ont pas connu la même chose car ils avaient l’age de nos parents. Et nos enfants n’ont finalement connu qu’une Europe baclée, ce qui a tendance à m’inquiéter quand j’entends des discours haineux chez des gamins. Si je suis Européen aujourd’hui, je n’en ai pas moins une défiance vis à vis de la vision de l’Europe qu’ont beaucoup de dirigeants, cette vision utilitaire et égoïste plus que spirituelle et désintéressée…. même si l’origine reste le problème du charbon et de l’acier, face à la montée du bloc de l’est et l’indépendance vis à vis des USA. Mais pour la construction de grands projets, on est aussi en panne que pour le logiciel libre (qui au niveau européen est un peu moribond aussi)

Allez, terminons sur une note d’espoir venant de Suède…

Lus mais pas chroniqués : 

  • Levius  de Nakata Haruhisa : Un manga steampunk au style graphique époustouflant mais à l’histoire vraiment déjà vu, notamment dans Gunmm…. que j’avais trouvé trop long.
  • Panique de Jeff Abott : Un polar d’espionnage (!) qui démarre vraiment sur les chapeaux de roues avant de tirer en longueur jusqu’à l’ennui et le banal.

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BD : les Tuniques bleues 59 – Les Quatre évangélistes de Cauvin et Lambil (2015)

Je n’avais pas relu un tome des Tuniques Bleues depuis 20 ans, je pense. Avec 59 tomes, cela en fait une des séries BD franco-belge les plus prolifiques, surtout que c’est toujours le même scénariste, Raoul Cauvin, qui est au commande depuis 1968!

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série (c’est possible ça??), il faut que je parle de Blutch et Chesterfield, deux cavaliers nordistes pendant la guerre de sécession. Nos deux héros n’en sont pas vraiment car le Caporal Blutch est traumatisé par les charges à cheval et tombe systématiquement avant d’arriver devant l’ennemi et ne désire qu’une chose : Déserter. Le Sergent Chesterfield est plus proche du héros, détestant justement les déserteurs est celui à qui il arrive toutes les crasses, notamment celle d’être avec Blutch. Et depuis 1968, ils ont tout connu. Cette BD m’a accompagné depuis mon enfance et adolescence et m’a initié à cette guerre méconnue chez nous. J’avais un copain de classe qui avait pratiquement l’intégrale et j’en empruntais d’autres à ma bibliothèque. Cette guerre, justement a pourtant une importance historique cruciale, notamment vis à vis de la première guerre mondiale pour l’armement et les tactiques employées. J’ai donc été familiarisé avec des éléments historiques, des batailles, des personnages, que l’auteur ne manque jamais de commenter, d’ailleurs.

C’est le cas ici encore dans ce tome 59 consacré au Capitaine Pendleton, un évangéliste sudiste qui troqua l’habit religieux pour l’uniforme. Il faut dire qu’il est issus de l’académie militaire de Westpoint. Évidemment, nos héros vont devoir détruire la batterie d’artillerie dirigée par Pendleton, en se faisant passer pour des prêtres. Et je m’attendais à pas mal de gags sur ce thème. Bon, …. je suis resté sur ma faim. Je m’attendais à une intrigue un peu plus évoluée, des rebondissements moins téléphonés et un humour plus percutant. Ca reste efficace mais moyen par rapport à l’ensemble de l’oeuvre. Je m’y attendais quand même un peu, car en 59 albums, on s’essouffle, c’est normal. Et pourtant j’ai retrouvé mes héros de jeunesse avec plaisir. Tant et si bien que maintenant, je vais ressortir les vieux albums de la naphtaline et parler des meilleurs, enfin, ceux qui m’ont marqué. Cela vaudra sûrement pour d’autres séries, d’ailleurs.

Cet album s’adresse quand même aux fans, rappelant des petits détails dans la vie de nos héros. Cauvin vit peut-être sur ses acquis mais c’est mérité car il ne sombre pas dans le ridicule, ne vend pas son âme au diable avec produits dérivés et adaptations. Et ça je respecte, comme il respecte son lecteur. Au moins, cela m’a fait découvrir ce Pendleton, que je rajoute à ma petite histoire intérieure de la guerre de Sécession. Il existe d’ailleurs d’excellents ouvrages sur le sujet, même si peu ont été traduits en Français. J’avais lu une bonne partie de celui de James McPherson, 1000 pages très détaillées, pesantes mais qui aident à mieux comprendre le conflit, ses racines et ses conséquences.

Et avec cet album, j’ai eu envie à un petit retour aux sources de la BD franco-belge qui a bercé mon enfance, pour cet été et un peu plus…à suivre.


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Blog : Montgallet est mort, une époque aussi

Cela faisait presque 10 ans que je n’étais pas retourné dans ce haut lieu de l’informatique à Paris. Je passais autour mais jamais à travers, comme si je voulais éviter tout retour nostalgique. Et puis j’en ai eu l’occasion… Mais entre temps, la population et le marché de l’informatique ont changé.

J’avais promis à un certain prof de math de raconter de ce qu’était devenu ce quartier, dont je parlais dans un historique. Il faut se souvenir de l’age d’or de ce quartier dans les années 90. Après le transfert de Surcouf rue Daumesnil, tout le monde venait là pour s’approvisionner en pièces informatiques au meilleur prix. C’est dommage, je n’ai pas de photos de l’époque, mais dès le matin, on voyait les livreurs qui approvisionnaient les magasins et les clients qui faisaient déjà le tour pour regarder les prix affichés partout pour la mémoire RAM, les disques durs, les dernières cartes mères ou cartes graphiques. Chaque magasin avait sa technique, entre les grosses feuilles A4 de couleur, les listes de prix façon cours de la bourse, les noms des marques phares en vitrine, etc… Il suffisait parfois de regarder où se trouvaient les files d’attente pour comprendre où était la bonne affaire. J’aimais justement bien cette ambiance du matin, du samedi matin même, où ça sentait le passionné de bricolage informatique à plein nez, et où tu repérais vite le néophyte. On croisait alors autant du jeune cadre dynamique que du retraité et de l’ouvrier autodidacte.

Il y a donc bien longtemps que je n’ai plus mes entrées chez le moindre vendeur. Je me souviens des 4U Computer, des aAC, des 3F, LCDI, car en plus de la Rue Montgallet, il y avait une bonne partie de la rue de Charenton. Une sorte de triangle d’or de l’informatique, en somme avec l’avenue Daumesnil. Cette vidéo allemande restranscrit bien l’ambiance :

Mais aujourd’hui alors, c’est comment ? 

Un peu comme Akihabara à Tokyo qui n’est plus comme avant à cause du jeu vidéo qui a changé, ce quartier a évolué. Aujourd’hui, plus personne n’achète des pièces en boutique pour monter sa « tour » sur mesure. Les grandes marques de carte mère vendent du PC portable, de la tablette et le passionné va se fournir au moins cher sur internet ou près de chez lui. Donc les boutiques ont changé d’activité. Je pense que près de 50% des boutiques ont disparu mais le quartier reste encore marqué par cette activité. Sauf qu’il n’y a plus aucune ambiance. C’est aussi mort que ce que peuvent l’être aujourd’hui Pigalle ou Barbes pour ceux qui ont connus ces quartiers dans les années 80. C’est bien simple, aux moments où je suis passé, je n’ai vu aucune file d’attente, aucune livraison, rien. Les affiches d’aujourd’hui sont des prix de PC portables, parfois d’occasion. Il y a encore quelques tours dans l’entrée mais elles prennent la poussière.

Et puis l’autre activité concerne aujourd’hui la réparation des ordinateurs. Je n’ai pas vu beaucoup de clients avec leurs joujous sous le bras mais quelques petites boutiques de Daumesnil ont l’air de se résumer à cela. J’ai eu un petit problème avec mon smartphone et je n’ai donc pas fait de photos mais un petit tour sur le streetview de google rend l’ambiance : Glauque, morte, sinistre… ça m’a rendu triste de voir ce quartier autrefois vivant et bordélique, totalement éteint aujourd’hui.

Bref, ça ressemble au Montgallet du passé, mais ça n’en a plus aucune saveur. Mais les fautifs sont les clients, et certainement aussi un peu les habitants du coin qui ne devaient pas trop aimer l’afflux de camionnettes et les klaxons qui vont avec. On ne consomme plus l’informatique pareil et j’en suis le premier exemple. Ma tour a fini à la benne et je n’ai pas démarré l’Optiplex qui prend la poussière au sous sol depuis 2 ans. Même à mon boulot, les centrales d’acquisition ne ressemblent plus à des PC durcis mais à des racks branchables sur des zordiportables. Je m’attendais même à voir des revendeurs de tablettes chinoises ou de smartphones. Il y en a mais très peu. La dernière fois que j’ai retrouvé l’ambiance du passé, c’était dans le quartier informatique …. d’Hanoi au Vietnam. Forcément, on leur refourgue nos Optiplex et autres Thinkstation.

Je n’aurais pas du revenir sur ce passé qui me renvoie à moi même et ma propre évolution. Je vais faire mon vieux con mais c’est un peu comme acheter sa musique en dématérialisé : Il n’y a plus le plaisir de rompre le cellophane, de regarder le livret, lire les crédits. Acheter de l’informatique aujourd’hui m’ennuie profondément, autant que regarder les designs des smartphones et leurs caractéristiques. C’est toute une époque finalement éphémère, qui a disparu et ne sera même pas dans les livres d’histoire de Paris. Au moins avec le faubourg poissonnière ou Les Halles, on sait ce qui s’y était passé. Aujourd’hui, il n’y a d’ailleurs quasiment plus de quartiers ou de rues par métiers alors que j’en ai trouvé à New York, par exemple….Une époque qui meurt et la gentrification qui continue.


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Informatique, des années 80 à nos jours : 1998 – 2000

Dans le dernier article, nous en étions restés à l'arrivée de l'overclocking, des cartes 3D et l'age d'or de la bidouille PC.. Ma carte mère de Pentium étant en bout de course, je lorgne vers le nouvel arrivant : AMD et son tout nouveau K6. La promesse est d'en avoir plus pour le même prix et avec mes maigres moyens, je vais m'offrir le K6-300. A l'époque, le 300 voulait encore dire 300MHz avant que le marketing n'annonce des chiffres farfelus. Mais les 300MHz n'étaient pas vraiment des chevaux de course, mais des poney de compet qui, bien dressés, pouvaient envoyer du paté dans certaines circonstances

BD : Le Roman de Malemort d’Eric Stalner (1999)

Si je parle de cette série de BD (6 tomes ou une intégrale), ce n'est pas, pour une fois, pour la conseiller. C'est plutôt pour des raisons parallèles. A commencer par un sujet : Le Catharisme. Car cette série d'aventure nous mène en Occitanie pendant le moyen-âge, à une période où l'inquisition fait rage face à ceux que l'on nomme "Hérétiques", et qui sont pourtant des chrétiens.

Presse du Passé : Tilt

C’est sans doute le titre mythique de la presse jeu vidéo française pour les années 80. En tout cas, c’est un de ceux qui accompagna pour enfance vidéo-ludique. Je ne suis pas assez vieux pour me souvenir du n°1, même si j’étais né en 1982. Je me suis replongé dans les premiers numéros sur ce site, pour savoir où j’avais commencé à le lire. ce doit être vers le numéro 45 que j’ai commencé à le feuilleter. Souvenez-vous qu’il y avait alorsJeux et Stratégie, aussi et que je n’avais pas encore mon premier ordinateur. Mais ça ne m’empêchait pas de m’intéresser à tout cela, notamment grâce aux bibliothèques de mon coin qui m’offrait la possibilité de lire ces magazines. Ce n’est que lorsque la couverture s’est parée de blanc, que j’ai vraiment été plus assidu, en 89. Mais c’est aussi là que le magazine déclinait déjà.

BD : Carnet de Guerre de Jacques Martin

Le Jacques Martin auteur de cet ouvrage est bien le dessinateur de BD, le papa d’Alix et Lefranc. Mais avant ses personnages, il y a l’homme, un jeune homme qui connut la seconde guerre mondiale d’une manière tabou : Il fut envoyé au STO.

L’ouvrage compile tous les croquis que Jacques Martin a réalisé en Allemagne quand il était employé par les usines Messerschmitt d’Augsbourg. Il faut rappeler ce qu’est le Service du Travail Obligatoire. Car le tabou vient de là : Après la défaite de 1940, l’Allemagne prend possession du nord de la France. Le conflit se prolonge avec d’un coté la bataille d’Angleterre puis s’étend sur le front de l’Est en Juin 1941. Les Etats-Unis entreront en guerre sur le front européen en Décembre 1941. L’Allemagne se retrouve en manque de main d’oeuvre dans ses usines dédiées à l’armement. Elle impose alors au reste de l’Europe d’envoyer ses hommes en age de travailler dans ses usines. Mais cela se fait de trois manière :

  • Les volontaires, motivés par de larges campagnes publicitaires
  • Les prisonniers de guerre, employés de force.
  • La mise en place d’un travail obligatoire par les gouvernements en place pour envoyer les jeunes gens en Allemagne.

Le volontariat a mobilisé peu de « collabos » mais a créé un amalgame donnera naissance à un tabou autour du STO. Il faut que les Allemands mettent la pression sur Laval, au pouvoir à ce moment, pour qu’une loi soit passée en 1942. Jacques Martin verra la gendarmerie venir le chercher à son travail pour l’envoyer prendre un train direction Paris puis l’Allemagne. Casterman a fait appel à Julie Maeck pour retracer l’historique en introduction de ce livre au format italien. L’ouvrage est complété par une interview de l’auteur par Patrick Weber.

Les dessins sont ceux d’un jeune homme qui n’est pas encore vraiment illustrateur ou dessinateur, sinon de dessin technique dans des bureaux d’étude. Ils sont donc très académiques avec un style parfois un peu plus dans ce qui se faisait dans les années 30. Ils illustrent la vie quotidienne, l’Allemagne vue de l’intérieur par des français. On y voit la vie des allemands à des milliers de kilomètres du front mais peu à peu sous les bombardements aveugles des américains. Car en étant dans les usines, les travailleurs du STO sont les premières victimes.

Si l’ouvrage m’a laissé sur ma faim pour son contenu historique pur, il reste un témoignage intéressant. J’ai été touché par ce sujet car mon propre grand-père fut envoyé en STO après avoir été emprisonné en France pour son activité syndicale. Il s’en sortira sain et sauf après avoir tout fait par résistance passive pour ne pas participer à l’effort de guerre allemand. Mais après guerre, il aura vu ceux qui l’avait dénoncé s’en sortir libre, après avoir retourné leur veste lorsque les Allemands ont été affaiblis. Les travailleurs revenus du STO cacheront souvent cette activité, de peur d’être confondus avec ceux qui sont partis volontairement. D’autres furent aussi traumatisés par les bombardements. Les dessins de Martin restent timides, laissant trop peu de place à ce sentiment d’isolement, de prison parfois sans barreaux, mais aussi ce sentiment de peur, ne serait-ce que celle de ne jamais rentrer.

J’avais sans doute l’espoir de voir un peu de ce que mon propre grand-père m’a raconté de son vivant, ce que je n’ai pas eu le temps de retranscrire. L’ouvrage est court, trop court pour un sujet qui demande beaucoup d’éclaircissements, de détails. Mais c’est déjà une petite pierre à l’édifice de mémoire.

Blog : Quand ça ne veut pas passer

Il y a parfois des lectures qui ne vont pas jusqu’à leur terme. Ah si seulement ce n’étaient que des mauvais livres, barbants, mal écrits. Mais même pas…

Le dernier livre qui m’a causé ce problème, c’est Le Soldat Oublié de Dimitri. Je devrais plutôt dire de Guy Sajer puisque c’est sous ce nom qu’il est publié en 1967. En réalité, il s’agit de Guy Mouminoux, connu sous le pseudo de Dimitri comme dessinateur de BD. Pourquoi un tel travestissement ? A cause du sujet :

Alsacien, de père français et de mère allemande,  le jeune Guy est enrôlé dans l’Arbeitsdienst puis dans la Wehrmacht. Il ne cache pas alors sa fascination pour la puissance de l’Allemagne. Il se retrouve en 1942 sur le front de l’Est à combattre les russes en Biélorussie puis en Russie, et notamment à Koursk avant de suivre la longue retraite allemande jusqu’à la capitulation.

C’est un gros pavé de plus de 500 pages mais ce n’est pas ça qui fait peur. Ce n’est pas non plus le style, qui n’a pas la naïveté du jeune homme de l’époque. L’éditeur de l’époque avait présenté cela comme un écrit d’un amateur, un témoignage. On se rend vite compte que Guy Sajer écrit plutôt bien, mais reste dans un style très descriptif, factuel, avec quand même des avis personnels sur la situation. Bref, ça m’intéressait de lire ce témoignage, comme j’ai pu le faire par le passé sur le conflit vietnamien avec des témoignages des deux camps, ou en lisant le fabuleux « A l’ouest rien de nouveau », d’Erich Maria Remarque.

J’ai comme un malaise en fait avec ce livre et j’ai donc moi même capitulé bien avant Stalingrad. Le témoignage est très brut, sans remord. Dimitri y décrit des horreurs, comme par exemple ces convois de prisonniers russes qui empilent des cadavres des leurs pour se protéger du froid. Mais on a l’impression que la grandeur de l’Allemagne excuse tout. Enfin c’est mon impression et je dois avoir déjà un blocage psychologique avec cela. Ou peut-être n’est-ce pas le moment ? Je ne sais pas. J’ai l’impression de déjà connaître la suite, de voir et d’entendre le fracas des armes, des bombes, les corps déchiquetés de ses compagnons, des civils, et de connaître l’issue. Et dans ce style, j’ai lu mieux…J’ai, et c’est certainement un tort, lu quelques critiques et j’y ai trouvé ce que je craignais sur les perceptions politiques de l’auteur. Oui, il était jeune, sans vraiment de repère et partiellement endoctriné. C’est compliqué.

En fin de compte, je ne peux pas conseiller ou déconseiller ce livre. Il reste un témoignage d’une période du front de l’est coté allemand, avec certainement une part de mensonge et/ou d’imprécision, comme tous les souvenirs. Ce livre n’était pas comme d’autres que je n’ai pas finis, gêné par un style ampoulé et pompeux, ou par la vacuité des propos. J’ai traité parfois des trucs malsains, coté cinéma (Human Centipede, Serbian Movie, par exemple) mais là, j’ai à la fois ce sentiment et aussi celui de l’ennui, d’une sorte d’équivalent d’un long service militaire que l’on fait vivre au lecteur. C’est un peu comme un livre que j’ai longuement écrit et que je n’ai jamais fini, parce que trop long, dès le début, parce que justement c’est hyper descriptif, et je sais qu’un lecteur moins impliqué dans l’histoire s’ennuiera.

Bon, voilà, je ne devais pas faire la chronique du bouquin mais j’en ai quand même fait une bonne partie. Alors depuis j’ai entamé autre chose, qui n’a rien à voir et je ne reviendrais pas sur cet échec. Je voulais continuer une autre lecture pour justement me prouver que ce n’était pas la simple lassitude de lire, comme ça arrive parfois. Mais non, pour l’autre, j’ai envie d’en connaître la suite, de passer les pages à la lumière de la lampe de chevet. Mais là, je n’arrivais simplement pas à me transposer dans l’histoire, comme si ma téléportation temporelle ne se concluait pas. En y repensant, j’ai eu d’autres livres ou même des films qui ont mis du temps à trouver en moi le courage d’aller au bout. Courage, je ne sais pas si c’est le mot, en fait. Cela tiendrait presque de l’alchimie ou de la magie, comme une rencontre qui peut se faire ou pas. Je connais certains critiques ou blogueurs littéraires qui se lâcheront volontiers sur ces échecs, sans même essayer d’analyser la raison de ceux-ci. Comme s’il fallait se venger de quelque chose… Pourquoi en vouloir à l’auteur ? Il a fait l’effort de témoigner, partager et le lien ne s’est simplement pas fait.

En général, je termine en musique, ce type de billet. Et je me dis justement qu’en musique on peut plus facilement prendre le temps de « rentrer » dans un album. Je ne pense pas, par exemple, que j’aurais pu apprécier certains albums Metal à des moments de ma vie, ou même certains albums d’Ambient. Et c’est donc par un titre fétiche que je vais conclure :

PS : ce blog me ressemblant enfin à peu près, j’ai enfin remis à jour la rubrique création, remis les billets les moins politiques et le plus géopolitiques d’icezine que je fermerai bientôt et presque fini avec les chroniques musicales. La boucle sera bouclée quand tout sera aussi « chez moi »…

Cinéma : Le Rebelle de King Vidor (1949)

Classique méconnu, The Fountainhead, curieusement appelé « Le Rebelle » en France, est un film pourtant remarquable, d’un réalisateur majeur : King Vidor. C’est sans doute son chef d’oeuvre, lui qui est aussi connu pour sa longue période dans le cinéma muet.

Le film est une adaptation d’un roman d’Ann Raynd, la Source vive (The Fountainhead … pourtant en anglais). « Le récit décrit la vie d’un architecte individualiste dans le New York des années 1920, qui refuse les compromissions et dont la liberté fascine ou inquiète les personnages qui le croisent.  » Mais le personnage du livre, tout autant que du film, est très inspiré par l’architecte Frank Lloyd Wright, l’un des plus prolifique et inventif du début du 20ème siècle. Cher lecteur, je te conseille vivement d’aller voir les oeuvres de Wright, histoire de comprendre un peu mieux ce qui fascinait nos auteurs de livre et de film.

Car, lorsque ce film sort, Wright est toujours vivant. Mais c’est au delà de la biographie qu’il faut aller voir. Howard Roark (Gary Cooper) est la figure de l’individualiste créatif, l’artiste maudit qui doit réussir malgré les obstacles. Il sera aussi un fondement d’une pensée, l’objectivisme, mais c’est une autre histoire. Car chez King Vidor, il prend une autre dimension, peut-être plus proche de la personnalité fantasque du cinéaste lui même. Vidor n’oublie pas d’utiliser des codes du film hollywoodien, avec une galerie du personnage plus orientée que dans le livre. L’histoire d’amour reste le fil rouge, Patricia Neal obtenant un rôle que toutes les grandes actrices du moment voulaient avoir. Car là aussi nous avons une figure de la femme libre et indépendante, moderne, ce qui rompt aussi avec le cliché habituel. Sans doute Vidor eut-il raison d’écarter la grande Barbara Stanwyck de ce rôle mais elle en avait la carrure. Face à nos deux héros, il faut aussi le méchant de l’histoire, le manipulateur, qu’est Ellsworth Toohey (Robert Douglas). Il représente le conformisme et les manipulations politiques évidemment et complète le tableau avec Gail Wynand (Raymond Massey), le riche propriétaire du journal symbole du pouvoir financier.

Si le livre original est plus un pladoyer pour une forme de libéralisme, le film de Vidor s’en détache pour parler d’art et de création (même si Ayn Rand reste au scénario). Roark ne veut faire aucun compromis dans son art, ne pense pas à un « goût » du public lorsqu’il crée ses immeubles. Il pense évidemment à la fonction, mais aussi à l’innovation, à la rupture, à bâtir le futur plutôt que de se retourner sur le passé. Il en est même prêt à crever plutôt que plier, comme son mentor l’a pourtant prévenu au début du film. S’en suivent des scènes qui tiennent presque de la comédie, comme la « modification » de son projet par les « client », ou encore la scène de la …. fontaine. Le casting, malgré les réticences de Gary Cooper au début, est impeccable, tout autant que la photographie noir et blanc de Robert Burks, qui travaillera ensuite pour Alfred Hitchcock.

Si le sujet principal reste l’architecture, le spectateur peut s’imaginer d’autres sujets artistiques. Dans un monde qui reste très conformiste, il est intéressant de regarder justement les immeubles bâtis aujourd’hui et les prises de risque très rares. On peut l’étendre à la sculpture, la peinture, le design automobile, …. Et les stars d’aujourd’hui sont parfois très proches du personnage de Keating, dans le film. Je vous en laisse la surprise.

Histoire : Ho Chi Minh de Pierre Brocheux

L’oncle Ho ou Ho Chi Minh est une figure incontournable au Vietnam. Mais derrière la légende intouchable, il y avait un homme qu’il est difficile de connaître, tant les écrits sont peu nombreux. Le livre de Pierre Brocheux tente de faire la synthèse et de savoir qui était Ho Chi Minh, dictateur ou bienfaiteur?

hochiminhIl faut resituer d’abord Ho Chi Minh pour celui qui ne connaît rien au Vietnam. Tout d’abord Ho Chi Minh n’est qu’un nom parmi d’autres que s’est donné Nguyễn Sinh Cung ou Nguyen Tât Thanh, né en 1890 dans ce que l’on appelle alors le Nord Annam. Car le Vietnam est un pays fruit d’une longue histoire, surtout la domination chinoise, de révoltes et guerres d’indépendances, mais qui est alors colonisé par les Français et divisé en trois régions : L’Annam au centre avec sa capitale impériale Hué, le Tonkin au nord et la Cochinchine au sud. Malgré cela, un fort sentiment nationaliste existe et survit du 19ème jusqu’au début du 20ème siècle. Le père de Nguyen Tât Thanh est un mandarin, lettré mais sera déchu de son titre, ce qui va marquer le jeune homme. Après des études dans la capitale impériale, il parcourt le monde, dès sa majorité acquise, même s’il fréquente déjà des idéologies nationalistes. Cela va alors le rapprocher d’autres idéologies comme le communisme, mais aussi le confronter avec d’autres réalités que celles de son propre pays, d’autres cultures. Brocheux s’emploie à montrer ce qui a forgé la personnalité de celui qui se fait alors appeler Nguyen ai Quoc (Nguyen le patriote). Au sortir de la première guerre mondiale, il écrit dans les publications communistes françaises et part à Moscou dans les années 20.

Il suit alors les formations de l’internationale communiste (Komintern) mais j’arrête là sur les détails historiques. En effet, c’est la personnalité de Hô qui est intéressante car il ne cesse de vouloir enseigner aux autres, d’éduquer et pas seulement la ligne du parti. L’image de « père de la nation » vient sans doute déjà de cela. Mais c’est aussi un séducteur, un diplomate, un homme à femmes d’une certaine manière mais aussi un manipulateur politique qui tente de faire son chemin dans cette époque particulièrement complexe. En effet, en dehors de la colonisation française, il faut prendre en compte la montée du Japon et son influence panasiatique, les révoltes en Chine et la lutte entre nationalistes et communistes (qui aboutira à la cission et la séparation Chine Populaire / Taiwan). Il faut évidemment prendre en compte la lutte entre la Chine et la Russie qui ne sera véritablement importante qu’après 1950 lorsque la Chine communiste prendra son essor. En comprenant cela, et en rappelant les emprisonnements de Hô, on comprend la complexité de sa personnalité.

Il est acteur, aime jouer des rôles devant ses interlocuteurs, se travestir même. Bien que la biographie ne soit pas quelque chose de très asiatique, il forge sa légende dans des écrits sous des pseudonymes. Mais surtout il maneuvre dans des jeux d’alliances entre les grandes puissances de la région avec un but dans sa tête : L’indépendance de son pays. Brocheux examine même l’hypothèse selon laquelle il serait plus nationaliste que communiste. Je ne vous dévoile pas ici sa conclusion. Plus intéressant encore, il examine la position de Ho lors des purges et exécutions effectuées dans les dernières années de sa vie (il est mort en 69, avant de voir la réunification de son pays indépendant). Coincé entre les influences étrangères, la prise de pouvoir d’une ligne dure du parti, son action était visiblement guidée par le résultat, par la victoire finale. Il apparaît clairement que Hô était finalement prisonnier de lui même et écarté des décisions du parti.

L’ouvrage de Brocheux est un synthèse, assez courte à lire, mais qui se positionne factuellement, par rapport à des biographies littéraires comme celle de Jean Lacouture, et bien loin des propagandes que l’on trouve aujourd’hui dans les librairies vietnamiennes. On s’éloigne alors du manichéisme qui tend à classer les personnages historiques dans le bien ou le mal. Mais surtout, cela permet au lecteur de se poser à lui même la question essentielle : Qu’aurais-je fait moi même ? Ho Chi Minh restera une figure aussi symbolique que d’autres « libérateurs », mais bien différent d’un Castro, d’un Guevara ou d’un Lumumba, pour ne citer qu’eux.

Informatique, des années 80 à nos jours : 1995 – 1998

Dans le dernier article, nous en étions resté à la fin de l’Amiga et l’avènement du PC.

J’ai mis un peu de temps à écrire cette suite, car c’est aussi l’entrée dans la standardisation du PC, une impression de continuité avec aujourd’hui (dont on annonce sans arrêt la fin). Et pourtant, 20 ans se sont écoulés et ils méritent qu’on s’attarde dessus.

crédit : http://www.tomsguide.fr
crédit : http://www.tomsguide.fr

Donc, en 1995, premier PC d’un assembleur comme il y en avait beaucoup. A l’époque, Surcouf ouvrait à peine à Paris dans son adresse historique et la rue Montgallet n’était pas encore comme nous la connaissons aujourd’hui : le bazar de la pièce PC. OK, pour celui qui n’est pas parisien, il faut que j’explique. Surcouf a été un magasin spécialisé uniquement dans tout ce qui était informatique et qui était un grand bazar coloré avec un gros catalogue. Mais la concurrence des petites boutiques chinoises et d’internet a fini par avoir la peau de ce magasin qui était situé à Paris 12ème. Juste derrière, se situe la rue montgallet où prolifèreront des dizaines de boutiques dédiées aux pièces informatiques, avant qu’un opportuniste ne dépose le nom pour un comparateur de prix. Un an après mon achat de PC, repanne de contrôleur de disque dur, qui me flingue aussi le disque. La garantie fonctionne et j’ai une nouvelle carte et un disque dur de …. 1Go : Ouah ! Mais déjà on parle de la nouvelle génération des pentium à 200MHz et plus. Je feuillèterai quelques temps les petites annonces des magazines qui sont créés uniquement pour ça. Car pas d’internet signifie aussi qu’il faut téléphoner pour avoir les derniers tarifs de barettes mémoires, disques durs, processeurs. Dans le prochain épisode, je parlerai de cette ambiance du quartier où j’avais fini par avoir mes habitudes, mes vendeurs, dans une ou deux boutiques. Car avec les files d’attente, on pouvait observer des profils d’acheteurs, du jacky au csp+, comme on dit.

Le Socket 7....
Le Socket 7….

Le changement de carte mère aura eu un avantage : ouvrir la possibilité de mettre un processeur plus puissant sur le socket 7 et ce cera donc un Pentium 200, accompagné plus tard d’une nouvelle carte graphique et évidemment un disque dur de … 4Go avec 32Mo de RAM EDO pour couronner le tout. De quoi envisager les derniers jeux qui envahissent enfin windows 95 plutôt que le DOS avec un truc qu’on appelle DirectX qui facilite grandement la programmation et l’exploitation des matériels. Mais ma carte graphique n’est pas vraiment au top, quand tout le monde se rue sur les cartes 3DFX. Je préfère déjà la polyvalence pour continuer à tater de l’image de synthèse, de l’open GL, du graphisme et je reste donc avec une carte Diamond Stealth S220 à base de processeur Rendition V2100…. une erreur sans doute mais il a eu ses fans, ce bazar là. J’ai gardé mon boitier et aucun problème de refroidissement à l’époque. Je suis d’un oeil un système dont on parle : Linux avec la Slackware et je parfais mes compétences en formatage, partitionnage, etc…

diamondstealthLa « 3D » a définitivement bousculé le marché et on parle déjà du futur windows. Mes maigres deniers (je suis étudiant encore) ne me permettent pas de changer tout ce que je veux. Mais tant que j’ai une machine qui tourne et permet de faire tourner mes vieilleries que sont GP2 et Frontier Elite, ça me va. J’utilise POVRay pour créer des objets 3D même si ça tient un peu du bricolage, et à l’époque, il fallait bien avoir des produits microsoft pour la burautique. Mon Works d’origine me suffisait amplement pour les rapports de stage, même si je me retrouvais avec des Word au boulot. Coté musique, le CD inséré dans le lecteur balançait un son acceptable sur les enceintes et il ne me serait pas venu à l’idée de stocker de la musique sur un disque dur, en dehors des « Modules » provenant des démos. (voir épisode précédent). Et puis voilà qu’on commence à parler d’une nouvelle technique pour augmenter les performances de son ordinateur : l’overclocking…

On a même des théories sur le rodage des processeur, une manière de les faire chauffer petit à petit pour en tirer la quintescence. A l’époque, l’overclocking se fait en ouvrant le capot de la machine et en tripotant les petits cavaliers autour du socket du processeur. Il n’y a pas de sauvegarde de bios, pas de droit à l’erreur et la notice de la carte mère est en bon papier qu’il ne faut pas perdre. Mon vénérable P200 finira par tourner à 233 MHz, sans broncher, 240 pendant quelques minutes. De quoi gagner quelques images par seconde sur un jeu, ou se dire que oui, on l’a fait. Internet arrive avec des sites qui recensent ces performances. Mais pour moi, ce n’est encore qu’à travers le papier d’une presse informatique qui change, que je le vois. Il me faudra une autre machine, un autre windows pour découvrir cela, au prochain épisode…avec un trublion qu’on appelle AMD.

Youtube, ce n’est pas que Cyprien et Squeezie ! ;)

Dernier billet d’une série plus ou moins culturel qui ont émaillé le week-end. Je dois dire que j’adore passer des heures sur youtube… Non pas pour regarder Squeezie hurler comme un goret qu’on égorge devant un jeu qu’il démontera ou pas.

Non, pour moi, youtube est une source de connaissances et de partage. Voici donc la liste des youtubeurs et youtubeuses que je vous conseille.

Une sorte du meilleur de youtube en quelque sorte. Liste tout sauf exhaustive !

Honneur aux personnes dites du beau sexe. Il y a deux chaines que je vais citer ici par ordre alphabétique.

  • 911 avocat : chaine qui parle du droit sur Youtube. Passionnant et toujours agréable à lire.
  • Florence Porcel : ce fut une des premières youtubeuses que j’ai suivi. Si vous aimez l’espace, l’astrophysique, et les personnages plus fous les uns que les autres, foncez !

Les chaines masculines, par ordre de bazar, j’ai pas envie de me prendre la tête ici. On va essayer de ranger par catégories.

Pour l’histoire :

  • Nota Bene avec Bénabarbe, toujours passionnant et bon vivant.
  • Histony pour des analyses poussées et très argumentées.
  • Dave Sheik pour ses explications simples de choses complexes, ses dessins et son éternel noeud papillon !

Tout ce qui est science :

Le fourre-tout :

Je pense que j’ai pris les principales chaînes qui me permettent de me cultiver sans me prendre la tête. Déjà pas mal, non ?

J’ai du en oublier encore un sacré paquet. Ce sera pour un deuxième article, d’accord ? 🙂

Cadeau bonus ? La réponse de Linguisticae sur le terrible combat « au temps / autant pour moi » 😉

Bonne semaine !