Reconstruire le monde

De nombreux ami·e·s-s sont en désarroi et je les comprends. Il est vrai qu’il est difficile de choisir entre un capitalisme haineux envers les pauvres et un fascisme haineux envers les étrangers. En somme, des idéologies rejetant l’altérité, et voulant un conformisme parfait. Doit-on subir ces injonctions « souhaite être milliardaire », « soit patriote ». C’est dur de choisir, parce qu’elle remet en cause quelque chose d’essentiel lorsqu’on est humain : la solidarité. Lorsqu’il y a haine, la solidarité s’étiole.

Les aspirations de notre génération sont l’antithèse de ces paradigmes. Nous nous considérons comme citoyens du monde. Nous souhaitons découvrir l’autre. Nous ne souhaitons pas être riches, mais heureux. Nous voulons préserver la planète des ravages de l’humain. Nous voulons être libres : libre de l’asservissement de la société de consommation, libre d’un nationalisme diviseur, libre de penser ce que l’on veut, libre de s’aimer. Nous voulons plus de justice sociale, car pour nous un humain reste un humain, qui doit rester digne et ne pas être essentialisé à sa force de travail ou à son statut de minorité. Nous voulons une répartition juste des richesses, car nous pensons qu’il y a des riches tellement riches qu’ils ne pourront pas tout dépenser en une seule vie, et des pauvres tellement pauvres qui ne savent pas s’ils pourront survivre le lendemain. Nous voulons que « liberté, égalité, fraternité » ne soit plus seulement des mots, mais se traduisent aussi en actes.

Nous ne voulons pas de cette société. Nous la refusons. Nous la rejetons. Il y a un moyen de lutter contre cela. Cela ne passe pas par les urnes : vous pensez vraiment résoudre un problème par ce qui l’a engendré ? Il faudra néanmoins voter pour le moins mauvais, cette fois. Mais on trouvera d’autres moyens de changer le monde.

Non, ça se passe par ce qui est plus profond en nous : la spiritualité. Nous devons tisser des liens d’amitié durables avec nos ami·e·s. Créer des havres de paix, où l’unité et la concorde seraient les valeurs cardinales. Créer des refuges dans ce monde de brutes, pour pouvoir survivre.

Nous devons réinventer le monde, et surtout agir. Victor Hugo disait que l’utopie était le futur en devenir. Imaginons de nouveaux modes de partage, de pensée… Bref, reconstruisons le monde ! Détachons-nous de ces ruines encore chaudes, de ce chaos. Mettons en culture ces friches, tant agricole qu’intellectuelle ! Le changement du monde passe par l’éducation : apprenons à nous frères, à nos sœurs, à nos enfants, à nos parents… ces valeurs qui nous animent. Inventons les alternatives pour changer ce monde ! Entraidons-nous pour recréer un tissu d’humanité dont l’étoffe nourrira nos espoirs.

Je voudrais vous partager un petit texte qui me touche particulièrement, et qui me sert de cap : « L’amélioration du monde peut s’accomplir par des actes purs et bons, par une conduite louable et convenable. »