Le monde du libre actuel part en couilles ? Bonus n°2 : le prétexte fallacieux du choix pour que rien ne bouge.

Je m’étais promis de ne plus faire de billets dans cette série, mais il faut parfois se faire violence.

Un des mantras que psalmodient la plupart des libristes, c’est que le libre, c’est la liberté du choix.

C’est vrai et c’est une bonne chose. Cependant, avec l’application pathologique du principe du fork – qui est une bonne chose au départ – on finit par se retrouver bloqué devant une telle tétrachiée de choix que l’on ne peut plus rien décider au final.

Avoir du choix, c’est nécessaire. Mais se retrouver avec plus de 250 ou 300 choix en terme de distributions à destination bureautique, c’est pas un brin excessif ?

On tombe dans ce que l’on appelle la loi de Hick-Hyman. On la résume ainsi : « Plus l’utilisateur à de choix, plus il prendra de temps à se décider. »

Une autre conséquence, c’est le distro-hopping. En clair, il y a tellement de choix qu’on peut changer de distributions presque chaque jour de l’année.

J’ai connu cette période durant plusieurs années. J’ai sauté de distributions en distributions. Plus j’ai fini par me poser sur Ubuntu (durant deux ans et demi) puis sur Archlinux depuis l’année 2009. J’ai trouvé une forme de stabilité bien que ce soit une rolling release.

Le problème est qu’avec le développement des réseaux sociaux que ce soit le fesseur de caprins, le fantômatique Google Plus ou encore Youtube, il est plus facile de dire tout et son contraire.

D’adorer une distribution le lundi et de la vouer aux gémonies le vendredi de la même semaine. Devenir une girouette et ne plus être crédible. Passer pour le clown de service et ridiculiser un peu plus le monde du libre qui n’en a pas vraiment besoin.

Le choix est nécessaire, mais tomber dans l’hypertrophie du choix, c’est contre productif au possible. Posez-vous seulement la question : pourquoi en un quart de siècle de distributions GNU/Linux, dont une grosse douzaine d’années avec des produits qui peuvent largement tenir la dragée haute à Microsoft et Apple, le bureau libre se traîne péniblement à 2% de parts de marché en bureautique.

Si cette politique du choix était vraiment fonctionnelle, le bureau linux serait plus dans les 10%… Je ne dis pas qu’il faut mettre à mort le choix, mais il faut se demander sur les 250 ou 300 distributions bureautiques indexée sur Distrowatch – car il faut bien une source pour en avoir la liste – combien pourrait disparaître sans que le monde du libre soit réellement en danger ?

Vous allez me dire que je radote et que je prèche pour la paroisse de l’équipe à laquelle j’appartiens en tant que bêta testeur. Dommage pour vous, voici le uname -a de mon ordinateur en ce 16 avril 2018.

Linux fredo-arch-mate 4.16.2-1-ARCH #1 SMP PREEMPT Thu Apr 12 13:51:26 UTC 2018 x86_64 GNU/Linux

Je peux vous dire une chose : cela fait 22 ans que je fréquente le monde du libre, dont 12 en mono-boot linuxien. Je ne reconnais plus le monde que j’ai connu au début, celui qui avait envie de faire avancer les choses. Celui qui ne se résumait pas à une bande de pseudo-geeks qui se la pètent car ils savent taper trois lignes de commandes dans un terminal.

Je sais très bien que cet article ne fera pas bouger les choses, mais au moins, il m’aura permis de dire les choses telle que je les conçois. Cela ne plaît pas ? Tant pis. Mais au moins, j’en ai ma claque de voir qu’une partie du monde du libre en arrive à faire des gorges profondes à Microsoft pour être intégré à WSL.

Continuez donc de tresser la corde qui va vous pendre. Microsoft a parfaitement vu ce qu’était les coulisses un brin dégueulasse de ce monde.

Dommage qu’à cause d’une minorité arquée sur son idéologie, des projets comme ceux développés par Framasoft ne servent pas à une majorité de gens qui en auraient bien besoin pour récupérer un minimum de contrôle sur les drôles de boîtes qui leur servent à aller sur Internet.